V. — Evacuation de la Rhénanie
Pour répondre au désir exprime par mes amis au lendemain de notre grand deuil, pour répondre aux sollicitations qui depuis que mon nom fut jeté se firent de plus en pks pressantes, pour répondre à l’appel de mon Parti, je dois faire abstraction de ma quiétude relative, de tout ce qui m est personnel, de ma présence aux choses qui me sont chères pour accepter d’être le candidat du Parti aux élections législatives prochaines.
C est le devoir. Il est pénible. Je secs ce qu’il comporte. J en accepte la charge. Puisse ma peine etre utile là comme elle put 1 etre ailleurs, 1 ous mes efforts y tendront. Candidat, Je n ai pas recherché cet Honorable poste dans la lutte, mais il comporte en soit des choses que je crains bien ne point comprendre comme d’autres.
J irai dans les 81 communes de l'arrondissement. J'irai y exposer le programme de mon Parti, ly développer, quitte à faire suivre mes explications de mes idées, de mes espoirs. Les temps sont trop tristes pour que l’on en rie toujours. Les électeurs sont majeurs et doivent prendre position en toute liberté d’esprit sans que les arguments de l’un ou de l’autre des candidats en présence soient sujets h des plaisanteries.
Pour ces raisons, dans les réunions électorales, je me refuse à faire de la démagogie. Je me refuse à faire des promesses qui dépasseraient mon effort personnel et si, après m’avoir compris, les électeurs jugeant l’homme, faisaient de moi le député de la circonscription, tout l’honneur serait pour mon Parti,
Ceci étant acquis, je m'engage à venir annuellement rendre compte aux électeurs du mandat qu’ils m’auraient confié. D’essayer de leur expliquer les problèmes qui se présen-
Arsène GROS
Candidat socialise S, F. I* O.
dans la circonscription do Saint-Claude,
tèrent entre temps à mon examen et la façon dont je pris mes responsabilités en face des questions soumises aux décisions du Parlement, Puis, quand en fin de mandat, sera donné le résumé des travaux entrepris, des positions prises, les électeurs pourront en toute connaissance de cause se prononcer et donner le quitus sollicité s'il est mérité,
Cest dans cette disposition d'esprit que j'entre en campagne électorale. Je ne m’attendais pas à l'honneur qui m est fait, je nj suis point préparé, mais je ferai de mon mieux pour que mes amis soient satisfaits de leur candidat et que mon cher vieux Maître regretté dorme bien tranquille dans son éternel ■ sommeil.
Chers Concitoyens,
Elu député* au scrutin départemental* le 11 mai 1924, avec mes amis Bouyssou, Deyris et Lalanne* je sollicite aujourd’hui de vous le grand honneur de représenter au Parlement les six cantons de Gaslels, Dax, Peyrehorade, Saint-Marlin-de-Seignanx, Saiot- Vineent-de-Tyrosse et Sous tons, qui forment, en vertu de la loi électorale nouvelle, la première circonscription de Dax.
* La France a traversé, au cours de la dernière législature, une crise monétaire des plus graves, Les causes en sont connues ; échéances massives des bons et obligations à court terme, désertion criminelle de plus de 25 milliards de francs de capitaux, pression scandaleuse exercée sur les détenteurs de bons de la Défense nationale, les incitant à ne laisser an Trésor aucune de leurs disponibilités. Les responsabilités sont également bien déterminées ; elles ne pèsent pas sur les partis de gauche dont Faction tendait uniquement à assurer, dans Tordre et la légalité, par la justice fiscale et la réorganisation de là production, la restauration financière et économique du pays.
Profondément convaincu qu'à l'heure présente le programme sanctionné en 1924 parla grande majorité des électeurs landais, demeure aujourd’hui comme hier le plus conforme aspirations et aux intérêts essentiels de notre patrie, c’est en toute confiance, mes chers concitoyens, que je ïe soumets de nouveau h votre approbation.
L’adhésion absolue et sans réserve au principe de la laïcité de F État et de la neutralité, de l'école constitue à mes yeux la pierre de touche de l’esprit républicain.
Respectueux de la liberté de conscience, de la liberté de pensée et de croyance, de 3a liberté de pratiquer un culte ou de s’en abstenir, je veux maintenir le statut laïque de là IIP République, assurer l’égalité des enfants devant Finslrucüon et, par l’école unique, permettre Faccession des jeunes gens, suivant leur intelligence et leurs aptitudes et non d’après leur fortune, à tous les degrés de l’enseignement secondaire, supérieur, technique ou professipnne .
À u point de vue fiscal, je considère que les ressources nécessaires pour la couverture des dépenses permanentes et la constitution d’une dotation régulière destinée à la Caisse d’amortissement peuvent et doivent être trou vées^daus le cadre de l’impôt général sur le revenu et de la taxe successorale.
L’impôt sur les successions devra faire l’objet d’une révision comportant un dégrève-
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ment pour les héritages en ligne directe et, par contre, des charges plus importantes pour les successions entre collatéraux éloignés et surtout entre étrangers.
Quant à l'impôt général sur ïe revenu, correction équitable de la progression à rebours des taxes indirectes, it est nécessaire et urgent d'en exiger l'application intégrale eu instituant le contrôle efficace permettant la répression impitoyable des fraudes fiscales.
11 conviendra, d autre part, en vue d'aménager l'impôt d’une manière plus rationnelle : p de prévoir pour les impôts exiges des agriculteurs, des industriels et des commerçants, un abattement à la base respectant ce qui est nécessaire à 3a vie de chacun; 2J d établir une taxe di lié rente sur les revenus du travail et sur les revenus du: capital ; 3* d'instituer une progression réelle adaptant l'impôt aux facultés de chaque contribuable*
Doté ainsi de recettes plus importantes, le budget national pourra supporLer une réduction des impôts indirects qui pèsent surtout sur le peuple, et dont l’incidence sur la consommation empêche la diminution do coût de Ja vie*
Pour avoir une industrie active, un commerce prospère, il est indispensable de no pas leur imposer des charges trop lourde*, et aussi d'éviter tout système fiscal susceptible de gêner et d entraver les transactions. Dans cet ordre d'idées, je demanderai de nouveau la substitution à la taxe sur le ch i lire d'affaires, d'une taxe unique à la production ou à ta première transformation.
Au point de vue économique, l'œuvre de réorganisation ne pourra être féconde que si un droit de contrôle et de gestion est donné aux producteurs, aux créateurs de richesses.
Les monopoles d Etat peuvent être utilement réorganisés, mais ils doivent être strictement maintenus et je demeurerai l'adversaire irréductible de toute cession d'une parcelle d a pa trim o i ne u a ti o n al .
L'Etat doit exercer son contrôle sur toute* les industries qui bénéficient d'un monopole de fait et sur les établissements de crédit* Il a aussi le devoir de protéger la production française contre les trusts, l'accaparement, la spéculation, et la finance internationale si dangereuse pour la paix du monde*
La prospérité de l'agriculture est un élément essentiel de. notre équilibre économique. Pour l'assurer et la développer, il fauL avoir une politique agricole clairvoyante ; éviter qu’une législation douanière imprudente, des prohibitions, des taxations excessives ne viennent compromettre 1 effort des producteurs ruraux ; réduire les prix de transport des matières premières, diminuer le prix des engrais, en contrôlant les grandes firmes qui en ont actuellement le monopole ; diffuser l'énergie électrique dans nos campagnes jusque dans les Fermes les plus reculées ; développer renseignement agricole ; favoriser l'accession dos travailleurs à la propriété; aider à la sélection des semences; arrêter les ravages de. la tuber. eufose bovine par la vaccinât ian pratiquée avec le concours financier de T État*
11 convient aussi d'encourager les coopératives, les syndicats dont l'action doit tendrai une meilleure organisation du crédit agricole, au déloppoment des assur mues; a la mise à la disposition des cultivateurs modestes, petits propriétaires, fermiers, métayers, des moyens techniques et des facilités commerciales qui sont aujourd'hui l'apanage de la grande propriété terrienne.
Enfin, ü est indispensable, si l'on veut parer au grave danger de l'exode rural, de donner aux travailleurs de la terre des condi Liions de vie acceptables.
G est dans ce but qpo mes collègues et moi, avons déposé sur le bureau de la Chambre des Députés une proposition de loi élaborée en accord avec la Confédération générale dit travail et portant réforme du statut du métayage. Cette proposition, dont je demanderai te vote dès la rentrée des Chambres, présente les trois caractéristiques suivantes : fixation de la durée minima des baux à trois ans ; codification et révision, des usages locaux par des commissions paritaires cantonales, composées par part égale de représentants de propriétaires et de représentants de métayers; attribution éventueHe d'une indemnité de plus-value au métayer sortant.
Au point de vue social, je sois profondément attaché ati principe de la propriété indiyi-
duelle, mais je m'élève contre les abus qui pourraient en faire contester la légitimité et contre l'exploitation du travail par le capitalisme.
Partisan de révolution du salariat vers la coopération et la propriété ; considérant qUe ce mode de rétribution du travail humain doit être dénoncé si le salaire n’est pas librement débattu et sérieusement garanti, je donne mon adhésion au programme de la G, G. T. - Application de la loi sur les assurances sociales avec le corps nécessaire du corps médical des pharmaciens, des mutualistes, et qui devra être complété par l'institution de l’assurancechômage obligatoire.
Respect absolu de la loi de huit heures. Développement des contrats collectifs du travail, hygiène des ateliers assurée par la réorganisation de l'inspection du travail et l'institu* tion de délégués ouvriers à la sécurité. Ratification des conventions internationales du travail. Reconnaissance légale des syndicats de fonctionnaires, Application de toutes les lois sociales aux travailleurs agricoles. Extension des attributions du Conseil national économique sous la réserve du maintien intégral des droits du Parlement, à qui il appartient de sauvegarder d'intérêt général, en demeurant l'arbitre entre les intérêts particuliers, individuels ou corporatifs.
Nous avons le devoir de pratiquer une politique du logement assurant aux familles ouvrières et paysannes des conditions de vie convenables. Il faut encourager et favoriser les familles nombreuses par la réduction des impôts qui les frappent et en les faisant bénéficier, dans tous les domaines, de mesures qui ne constituent pas des faveurs, mais sont h juste récompense des charges qui pèsent sur elles.
Les mutilés et victimes de la guerre, créanciers de la Nation, ont droit au rajustement de leurs pensions au coût de la vie.
Le législateur doit se préoccuper de fortifier l’action des offices des mutilés et des pupilles de la Nation. L'institution d’un office national des combattants a été des plus heureuses* £' conviendra de prévoir une participation plus importante de l'Etat aux œuvres d'assurance mutuelle déjà créées au profit des anciens combattants non pensionnés.
Les retraités attendent t1 inscription dans le budget de 1929 des crédits nécessaires pour assurer l'application intégrale du principe de la péréquation, ÏI serait inadmissible de provoquer une nouvelle déception chez ceux qui ont toujours été de bons et fidèles serviteurs de la Nation, je m'emploierai de toutes mes forces à la réalisation immédiate de cette œimc de justice.
Les fonctionnaires ont droit h des traitements en rapport avec le coût delà vie. Il sera nécessaire d'examiner attentivement les conclusions des commissions spéciales et de redresser les erreurs ou les injustices qui pourraient être commises.
Les salaires des cheminots doivent, eux aussi, correspondre aux nécessités actuelles de l'existence. Le Parlement et les assemblées départementales auront le devoir de veiller à f application, par les compagnies de chemins de fer, de ce principe d'élémentaire équité.
J'ai voté la réforme des conseils de guerre dont la suppression devra être effectué.
J'ai voté l'abrogation des lois scélérates.
Je considère que le règlement de notre dette politique extérieure doit être lié à fciéeut ion du plan Dawes, de manière à ne payer en aucun cas, au delà de ce que nous recevrons nous-mêmes de l'Allemagne.
Fermement résolu dans l’intérêt même de la civilisation, à sauvegarder l'existence de notre Patrie, je suis de ceux qui pensent que la défense nationale doit être assurée par une organisation rationnelle de toutes tes forces du pays, avec un service militaire réduit au minimum. J'ai voté la loi d’un an. Avec mes amis de gauche, j'exigerai son application pour a date prevue. Il faut qu'à partir de novembre 1929 vos enfants ne restent pas plus de douze mois à la caserne. i
Au point de vue extérieur, la politique de paix, que nous avons défendue devant voua eu 1924, patiemment et courageusement poursuivie depuis quatre années par Herrlot, A nstide Briand. Paul-Boncour a produit les plus heureux effets.
J y demeurererai obstinément fidèle ayant la conviction profonde que pour réaliser
la formule de la France : arbitrage, sécurité, désarmement.
Tout r effort de redressement financier, de réorganisation économique demeurerait
fa tâche la plus urgente sera de transformer la stabilité de fait de notre monnaie en une stabilité de droit.
Fn ce qui concerne les intérêts régionaux, en accord avec mes amis, j'assurerai la mise en régie des forêts domaniales; je veillerai à Inapplication du règlement d'administration ublicnie relatif au litrage des barriques ; je demanderai la suppression de l'adjudication du droit de chasse dans le domaine de l’Etat ; j’interviendrai dès la rentrée des Chambres pour obtenir le rétablissement du tribunal de Dax; je défendrai de toutes mes forces les droits des inscrits maritimes ; je m'opposerai, le cas échéant, avec énergie, à tout projet de mise en adjudication des baros.
Comme par le passé, je m’attacherai à la sauvegarde des coutumes et des tolérances locales, notamment pour la chasse et la pcclie.
Comme par le passé également, je soutiendrai les intérêts de l'industrie et du commerce des bouchons, des bois et des résineux.
Tel est le programme, mes chers concitoyens, que je présente h vos libres suffrages.
C!est le programme des adversaires irréductibles de toute dictature, d’où qu’elle vienne : du militarisme, du cléricalisme, du capitalisme ou du prolétariat.
IJ est basé sur la laïcité et îa justice fiscale ; il a pour but ^organisation de la paix et l'amélioration du sort des classes laborieuses.
Je compte, pour les faire triompher, sur tous les travailleurs, sur toute la classe moyenne et sur tous les hommes de sens droit et d'esprit juste qui veulent garantir la paix sociale.
Républicains, je fais appel à votre vigilance 3
Tous aux urnes le 22 avril I
Pour la République contre la réaction !
Vive la première circonscription de Dax !
Vive la République laïque, démocratique et sociale î
Roheut LASSA L LE
Député sortant.
Secrétaire du Comité exécutif
du Parti républicain radical et radical-socialiste. Chevalier de la Légion d] Honneur.
Docteur m droit.
Membre de la Commission des Finances
Rapporteur des budgets du Ministère dea Régions libérées
et du Ministère de l'Intérieur.
Conseil! 3r municipal île Soustons.
Conseiller général des Landes.
circonscription de MONT-DE-MARSAN,
M. Léo BOUYSSOU
Élu au premier tour de scrutin, — 1 i voix.
H viens pour la sixième fois solliciter vos libres suffrages. Je me présente, à nouveau devant vous, le front haut et le cœur tranquille, avec la conscience cia devoir accompli
Depuis bientôt un quart de siècle que les Landes m'ont investi d’an mandat législatif je n’ai jamais failli à mes engagements.
Je suis toujours resté le radical-socialiste des premiers jours, soucieux de ) amélioration du sort de la démocratie travailleuse » avec la conviction toujours accrue que ce n'est que par la légalité et sans violence qu’on peut détruire les privilèges autoritaires et les préjugés oumteurs, renverser les dernières oppressions de classe et de fortune qui empêchent Taché- Vj^menl de l'œuvre de la Révolution, et la légitime floraison de ses principes généreux.
Pendant vingt-cinq ans, j'ai défendu sans relâche et avec succès, les résiniers, les métayers, les ouvriers de toutes catégories, les cheminots, les cantonniers, les fonction mures, les retraités de tous ordres, tout le prolétariat de la terre, de Tu sine et de l'administration, afin de l'arracher à toutes les servitudes et rie lui assurer un meilleur sort.
Je me suis toujours efforcé de sauvegarder les droits des commerçants, des artisans, et les intérêts primordiaux de nos éleveurs et de nos agriculteurs.
Avec la même sollicitude j’ai défendu aussi, comme un devoir sacré, les mutilés* \m invalides, toutes les malheureuses victimes de la guerre qui, en toute justice, ont droit à la sécurité de demain par 3a; « réparation intégrale ». des lourds dommages qu’ils ont éprouvés.
J’ai volé, avec tous les partis d’avant-garde, l’ensemble des lois sociales, destinées à donner au peuple plus dfintellectualité, de dignité et de bien-être : la loi de huit heures, toutes les lois et les libertés syndicales, la loi d’un an, la réforme des conseils de guerre et les assurances sociales.
J’ai voté pour la complète laïcité de l’État, et pour la réalisation de la justice fiscale.
JTai fait, avec mes collègues landais et les partis de gauche, une énergique opposition quand j’ai senti cette fiscalité . devenir de plus en plus arbitraire, injuste et inextricable. On augmente les impôts indirects et de consommation ; on accable le petit commerce, on exige de l’ouvrier Tlmpôt sur le salaire, on frappe le métayer d’un impôt sur les bénéfices agricoles, basé sur des coefficients inconsidérés, sans même se demander si le produit de son travail est un bénéfice, et sans tenir le moindre compte de ses charges de famille.
Pendant ce temps? comme contre-partie, et par une sorte de défi, sous la pression des partis de droite, on dégrève les grosses fortunes par une réduction de 30 0/0 du taux de 1 impôt sur le revenu, et par une diminution non moins sensible des fortes taxes successorales.
Nous restons dans notre devoir en réclamant, au contraire, qu’on dégrève le travail et la consommation, qu’on applique strictement Timpôt sur le revenu, qu’on réprime les fraudes fiscales, qu’on frappe l’évasion des capitaux, et qu’on demande à la fortune acquise ia juste part qu’elle doit payer.
?£e pouvant exposer tout un programme dans le cadre d'une profession de foi, je me bornerai à citer encore, au nombre des plus urgentes, quelques réformes de premier plan.
Il faut donner au travailleur rural, des routes meilleures, des voies faciles de communication, et les bienfaits de l’énergie électrique. Je puis dire, à cet égard, qu’avec la double autorité de vice-président de la Chambre des députés et de président du Conseil générai des Landes, je me suis employé, avec succès, grâce à la bonne volonté et à l' intelligente initiative de tous mess collègues de l'Assemblée départementale, à la réalisation des projets d’électrification rapide de toutes les communes du département*
II faut tendre et an î ver parle crédit agricole ou tous autres moyens, à faire de l’ouvrier des champs ou du métayer un propriétaire exploitant, et mettre à la disposition de la propriété terrienne, tous les progrès delà science et de la technique moderne*
Pour l’ouvrier, il importe de faire disparaître la servitude des bas salaires et dos logements insalubres, La maison saine apparaît indispensable pour former une saine population,
11 fauL, pour les travailleurs ouvriers ou paysans, réorganiser la production, les échanges et îa> capacité de consommation, par la stricte application de la belle formule de la Confédération générale du travail, que nous acceptons sans réserve : « Maximum de production dans le minimum de temps, pour le maximum de salaire j*.
Nous demandons, en conséquence, le développement des contrats collectifs, la reconnaissance formelle du droit syndical, I restitution du contrôle ouvrier, la participation élargie du travail h la gestion ei aux bénéfices des entreprises, et le fon et i on n ornent régulier du Conseil national économique, qui est une création du Cartel, et qui permettra d’étudier et d’adapter h la vie économique française, tous ces programmes nouveaux
Il faut âtccordep à la femme, à la mère surtout, quelle que soit sa condition, la protection et les soins auxquels elle a droit, et réagir contre l'indigne préjugé qui atteint encore la fille-mère.
Il convient enfin d'organiser dans notre pays la lutte contre la tuberculose, le cancer, la syphilis et le dégradant alcoolisme*
A cette lutte générale de la vie contre la mort* tous les partis démocrates doivent se vouer sans réserve, sans répit et à n’importe quel prix.
Le salut de la natalité en dépend, avec le salut de la France.
Il ne faudra pas hésiter à demander au luxe, à la fortune, à l'oisiveté, les ressources nécessaires pour mener cette croisade et sauver nue race ancienne.
Je ne conçois pas enfin un régime où la propriété serait abolie, mais je croîs à une évolution continuelle de ce régime de propriété vers des fins plus justes et plus humaines, grâce à l’effort combiné du devoir collectif eL de la liberté individuelle*
« Gomme on a pu passer de l’esclavage an servage, pourquoi ne passerait-on pas du travail salarié au travail associé », a dit uti homme d’Etat averti*
Ce sera là l’œuvre de demain, le couronnement, de l’action démocratique qui tend h l’accession de tous à la propriété. C’est, la seule manière de mettre fin à la lutte théorique ou réelle des classes, brisées, en droit, par la Révolution, mais maintenues, en fait, par les i n éga 1 i lés é cou o m iques .
Nous n’arrêterons la lutte entre le prolétariat et le capital, quVn restant attentifs aux besoins de ce prolétariat, en exhaussant sa condition, et en lui assurant une plus juste part dans la répartition des richesses.
Nous calmerons ainsi les impatiences, les mécontentements, et nous briserons les intrigues du communisme trompeur qui ne peut séduire que des esclaves, des illuminés ou des naïfs, parce qu’il supprime la propriété, la famille et la liberté, et qu’il traîne toujours après lui la misère et la servitude, la guerre civile et la famine chez les peuples désemparés,
A cette société, ainsi rénovée et rajeunie, il faut donner une nouvelle éducation*
Son école sera l’école unique, dans laquelle la sélection des élèves s’opérera par le mérite et non par la fortune. Toutes les professions libérales (médecins, avocats, notaires, etc.),
toutes les hautes fonctions publiques doivent être accessibles aux enfants du peuple comme â ceux des classes fortunées. C'est surtout, dès l'enfance, qu'il convient d'entre prendre V abolition de la notion des classes sociales.
L'école unique nous donnera ce résultat, en fondant notre régime d'enseignement sur le mérite et sur l'équité.
Mais toutes ces réformes seraient vaines si elles ne se réalisaient pas dans la paix et si nous ne pouvions arriver à les mettre à l’abri des complications extérieures et des abomh nabîes tueries.
Ce sera l’honneur du Cartel, de la législature qui meurt, et des hommes du U mai d'avoir jeté, des 1924, les bases du rapprochement des peuples,
Herriot, en lançant la formule du protocole de Genève avec les idées d'arbitrage obligatoire, de sécurité et de désarmement, a jeté la généreuse semence qui va donner de riches moissons.
Briand, en devenant le grand animateur de Genève et en imposant la formule de Locarno s’est fait le grand apôtre de la réconciliation universelle,
PauLBoncour, en démontrant avec sa prenante éloquence que la question de la sécurité est le coeur même de la paix, a été l’avocat heureux d’une cause difficile et le grand serviteur du prestige français.
Nous avons soutenu ces hommes et leur idéal supérieur.
1 els sont les principes politiques et les idées humanitaires qui ont inspiré nos votes et toute notre action.
Ils procèdent de notre ardente foi dans la vertu de la démocratie et dans le progrès social sans fin*
Nous avons combattu et nous continuerons à lutter pour que ceux qui s’en vont tout courbés sous le fardeau des peines soient relevés et secourus par une législation plus juste et plus humaine et par un effort constant de solidarité.
Nous combattrons pour qu'au banquet du bonheur le plus grand nombre possible d’hommes puisse être convié et pour que éhacun y soit assis également à Taise.
Aux braves gens, aux républicains, aux socialistes, à tous les démocrates, nous soumettons avec confiance ce programme généreux.
En ces jours de floréal où la saison revient sous la poussée des sèves printanières, au peuple souverain qui va rendre son verdict et dont l'âme tumultueuse bouillonne aussi de nobles passions, nous crions de toute notre conviction en nous adressant à sa raison et à son ■cœur :
Vivent nos Landes aimées !
Vive la République laïquue, démocratique et sociale 1
Léo BOUYSSOU Député sortant*
Président du Conseil général des Landes, Vice-Président de la Chambre des Députés*
2° circonscription de MONT-DE-MARSAN.