‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 148 sur 336 · M. FAYOLLE · texte numérisé non relu

M. FAYOLLE

Élu au deuxième tour de scrutin, — 9.881 voix.

Chers Concitoyens,

Celui que vous avez élu par une imposante majorité en 1914 et que le scrutin de liste fit rentrer dans le rang en 1920, vient â nouveau solliciter vos suffrages.

De tous les cotés de notre cher arrondissement, amis de la veille ou anciens adversaires qui ont vu et retenu la rectitude et la fermeté de mon attitude au cours de l'horrible guerre, qui ont apprécié ma soumission à la discipline républicaine lors des élections sénatoriales de 1919, me demandent de poser ma candidature aux élections législatives du 2% avril*

Le vœu unanime de rassemblée du Groupe des gauches du canton de Paulhaguet qui m'a valu T investi Lire du Comité exécutif du Parti radical et radical-socialiste^ me fais, un devoir de les écouter et de sortir de ma retraite*

J’obéis et m’incline, acceptant d’avance votre verdict souverain. Celui que vous avez connu en 1914, le candidat de la chaumière, de l'ouvrier, du paysan, le défenseur du malheureux et des déshérités, n'a changé ni de caractère ni de programme, il vient k vous aujourd’hui comme alors, simple, accueillant, prêt à tous les dévouements.

Fils de travailleur et travailleur moi-même, je connais les souffrances et les aspirations, filles du dur labeur. Conseiller général du canton de Paulhaguet depuis dix-sept ans, maire de Frugières4e-Pin depuis vingt-huit ans, je n’ai eu qu’un désir, qu’un plaisir : poursuivre et obLenir un peu de soulagement aux misères sociales, défendre le faible contre l'oppression eL l’égoïsme des gros possédants.

Je n'ai pas brigué ces honneurs pour m'en faire une source de profits.

Respectueux de la parole donnée, j'ai, au cours de mon mandat de député, réglé mes votes sur le programme que je vous avais présenté ; et je défie qui que ce soit de prétendre et de prouver sur ce point la moindre défaillance, pas plus h mon banc de député que dans mes relations avec vous, chers électeurs.

Dans ce passé, ne trouvez-vous pas la garantie de l’avenir ?

Je crois devoir sincèrement et sans phraser, vous soumettre l'énoncé sommaire de mes sentiments sur la situation du pays*

Âpres Je cataclysme qui a changé 3a face du monde, devant le désastre de nos finances gaspillées sous l’influence de cette déplorable erreur ; « L’Allemagne payera »,ron est obligé de reconnaître que la nation se trouve, au point de vue financier, dans une situation particulièrement délicate.

Le Traite de Versailles, établi pour favoriser désintérêts particuliers, est devenu cruo* qu'on dise, la source de nos maux, surtout par l’oubli du règlement des dettes interalliées que le président Wilson était venu dans l’intention d’annuler.

Citoyens ! Pour ces raisons, j’ai vote contre le Traité de Versailles.

De lourdes fautes gouvernementales ont été faites par les Ministres des Finances du Bloc .national qui, par leur politique d’emprunt, d’émission à jet continu de bons de la défense et de bons à court terme, ont accumulé sur l’année 1925 des échéances impayables. Toutes ces émissions étant faites sans contre-partie, malgré les avertissements répétés des groupes de gauche qui donnaient en exemple les mesnres prises par l'Angleterre (Impôt progressif atteignant jusqu’à 80 0/0 des gros revenus). 1

L egoisme et la trahison de la haute finance française devaient achever l’œuvre dedésorganisation ainsi commencée.

Pour combattre un Gouvernement de gauche issu, eu 1921, du suffrage universel pour combattre le peuple français qu’ils n’aiment pas et qu'ils veulent asservir, les gros passédaiats, les grosses firmes ont trahi la France.

Ils ont laissé à 1 étranger le produit de leurs exportations*

Leurs capi taux ont déserté.

Pendant la guerre, quand l'horizon était sombre, vous, mes amis, vous n'avez pas douté

de votre pays, votre sang , a coulé, vos économies ont combattu, ies travailleurs nont pas deserte. 1

* L’argent n'a pas de patrie. »

, (S°US Jes Mînîat&refl Herriot, Briand et Painl'evé, la droite et le centre réactionnaire nont pas vote le budget et ont entrepris dans tout le pays une campagne de dénigrement

Sous le Ministère Poincaré, avec une élévation de sentiments qui fera l’admiration de ceux qui viendront apres nous, abstraction faite de toutes opinions, de toutes divergences a gauche a, très loyalement, laissé se tenter et s’accomplir l'expérience du relèvement dû trauc * c est à son attitude qu’est dû le succès.

1 elles sont les causes qui ont poussé la nation dans l’impasse où elle se débat et d’où elle sortira, grâce au tact et à la prudence de ses forces vives étroitement unies dans l’exécunon du programme des gauches*

Dans Tordre économique :

n faut que les mercantisda la guerre, que les spéculateurs éhontés qui ont édifié des r unes scandaleuses sur la chute du franc, il faut que ces fortunes, jaïllies sans l’effort du travail, sans risque sérieux, contribuent au relèvement de notre pays.

â, ,US(JU’à,Ce j0llr» on a demandé aux classes laborieuses, sous forme d’impôts excessifs

<-c * e indirects, les ressources qui étaient nécessaires au Trésor — la jusLiee fiscale n existe pas. J

Peuple, c'est toi qui as souffertla guerre etc’est toi qui en paye les frais. a dr iri^es calculs, les gros possesseurs réussissent à échapper aux charges quhls raient supporter en touLe équité. L’impôt progressif avec un abattement judicieux à la dp,;. iraPPer’ dans des proportions de plus en plus larges, les rèvenus de ces puissants fastueuse"0'3 aUS maU1S de l*m l! en restora ellC0re suffisamment pour mener une existence

Atteindre, ies fr?UdeUrS dc rim?ùt : ces sociétés doilt une comptabilité, établie pour les RS c a cause, dissimule la plus forte part des bénéfices industriels et commerciaux, tant dH °m re(.1 lmpfjL SLU' le chLiîre d’affaires, générateur de la vie chère aux produits sordeam, i a maniJ facture et de l’usine et non pas l’étendre à tous les commerçants aux mains confor ' Passent successivement. Diminution des impôts de consommation à aménager rmement aux besoins actuels de la production et étendre les grands monopoles d’État

Comprimer le budget. —Réduire lcsgros traitements dont rien ne justifie la scandaleuse exagération. — Supprimer les emplois inutiles. — Contrôler sévèrement les banques.

En deux mots :

Demander peu à ceux qui n’ont que le necessaire. Demander beaucoup à ceux qui ont

le superflu. .

Nos besoins d’économie ne doivent cependant pas nous famé oubber ceux qui ont verse

leur sang pour nous et à qui nous devons assurer, par une large réparation, le juste témoi-

gnage do notre reconnaissance.

Faire une propagande active pour arriver à I annulation des dettes de guerre et faire aboutir le projet de loi déposé en ce sens : le grand peuple américain doit finir par comprendre que nos 1 ,500.000 morts ont payé notre part de dettes.

Cette annulation permettra de reviser, dans un sens plus équitable, les pensions de nos grands mutilés et de donner à tous les combattants la retraite qu’ils reclament et à laquelle leur donne droit le sacrifice fait au pays durant cinq longues années.

Rendre la confiance en notre monnaie.

Liquider les erreurs du passe.

Donner une stabilité légale à notre franc aux environs des cours actuels, afin d empêcher les honteuses spéculations.

Dans l'ordre social ;

Je prends rengagement de lutter avec toute mon énergie afin d'aboutir à la réalisation des revendications minima delà Confédération générale du travail et surtout*

A la ratification de toutes les conventions internationales du travail ;

A la mise en oeuvre, avec les améliorations qui, dès maintenant, se révèlent nécessaires, de la loi sur les assurances sociales ;

Au vote de T as su rance- chômage ;

À l'aménagement du contrôle ouvrier ;

À l’élargissement du rôle dn Conseil national économique,

Je m'engage également à soutenir les justes revendications de la Fédération des mutilés du travail, formulées en un projet de loi dépose par le citoyen Dura four.

Dans l’ordre administratif et judiciaire :

Large décentralisation. Suppression des rouages inutiles.

Réduction deà frais de justice, ^

Rétablissement du tribunal civil de Rrioude, dont la suppression temporaire n'a démontré qu’une chose : qu’au lieu d’aboutir à une économie, elle a imposé un surcroît déchargés au Trésor et aux justiciables ; porté une grave atteinte à la prospérité d’une région et froissé la population dans ses intérêts et dans ses sentiments de justice démocratique.

Dans Tordre religieux et scolaire :

Respectueux de toute opinion loyalement exprimée, je reste absolument partisan de la

liberté de parole et de croyance.

Gomme par le passé, l’école laïque trouvera toujours en moi un défenseur fermemen

dévoué* , ||

Au surplus, je déclare inadmissible que l’instruction soit le privilège de la richesse ; el doit être accessible à tous, gratuitement et à tous les degrés, suivant Leurs capacités.

Protection des produits agricoles au meme titre que les produits manufacturés. Indemnité aux syndicats agricoles pour Pâmé ii oral ion des semences et de Fâchât des

engrais.

Modification de la loi sur la police sanitaire des animaux, notamment en ce qui concerne la tuberculose qui devrait cire considérée comme un vice rédhibitoire et non comme une maladie contagieuse ■ la saisie dans un abattoirpour cause de tuberculose cessant d’entraîner la mise en quarantaine de F étable.

Rétablissement de l'indemnité accordée par l'État aux propriétaires de bêtes atteintes de tuberculose.

Diminution du taux d’intérêt des caisses agricoles. Permissions agricoles obligatoires à tout militaire pouvant justifier qu’il est cultivateur.

Augmentation du taux des retraites ouvrières et paysannes qui, seules, n’ont pas suivi

rindice des prix.

Développement des services du génie ruraL

Dans F ordre politique :

Je reste partisan de la révision de la Constitution, de la prédominance du suffrage universel sur le suffrage restreint.

De Fad jonction dans le mécanisme constitutionnel du pays du Conseil national cco^ comique.

De Inapplication dans le plus bref délai du principe de la loi d’un an déjà votée *

De la suppression des conseils de guerre.

En politique extérieure :

Je soutiendrai ceux qui, en vue d’organiser la paix sur des bases durables, luttent contre les puissances d’exploitation qui vivent et prospèrent au sein des aventures internationales.

Partisan convaincu de la Société des Nations, je demanderai qu une large publicité^soit faite aux heureux résultats qu elle a déjà obtenus en faveur de i idée de paix, je m efforcerai de créer et soutenir les groupements qui sèment la bonne parole, je voudrais que tous les maîtres apprissent aux enfants, dès leur plus jeune âge, que le cri de : « Guerre à la guerre » est la plus humaine des expressions : quhlsoit lecri de ralliement de 1 humanité tout entière.

Cette idée, largement diffusée, cette semence féconde ne manquera pas de porter ses fruits et le désarmement général, qui doit être poursuivi par étapes, sans faiblesse ni précipitation, en sera l'heureux aboutissement, laissant de larges disponibilités pour aider à la suppression de l'impôt sur le chiffre d'affaires, à l'augmentation des retraites ouvrières et paysannes et servir à créer des ressources pour les indispensables assurances sociales dont j'ai parlé plus haut.

Citoyens, tel est mon programme.

Toute ma vie, fidèle à mes amis, j'ai combattu, j'ai travaillé pour la Démocratie et ses progrès.

Conseiller général, député, je n'ai jamais envisagé mes mandats comme des moyens de réaliser un profit quelconque, matériel ou moral ; j'ai toujours prêché 1 union.

Je ne sollicite pas vos suffrages pour m'enrichir et ce nTest pas â moi que 1 on reprochera d’avoir eu pour règle de semer la discorde en vue de servir mou ambition et de satisfaire mes appétits ou mes rancunes.

Paysans, ouvriers, commerçants,

Je suis des vôtres par ma naissance, par mon éducation, par ma situation, par ma vie tout entière.

Lorsque vous avez eu besoin de mes services, vous êtes venus à moi sans crainte, vous avez été toujours très amicalement reçus, que vous parliez patois, que vous ayez les mains calleuses, et que vous portiez veste, blouse ou bourgeron.

Ma maison ne s'est pas transformée en château*

Le candidat de la chaumière, en 1913, est encore le candidat de la chaumière en 1928.

A vous de dire s'il est resté votre ami, s'il est resté digne de vous représenter*

Vive l'arrondissement de Brioudè l

Vive la République sociale et démocratique;!

Julien FAYOLLE Ancien député*

Maire de la commune de Frugi ères-Ie -Pin»

Conseiller général du canton de Paulhaguet- Vice-pré&ideut du Conseil général de la Haute-Loire, Président de l'Office cantonal des pupilles de la natkû. Président de la Mutuelle-bétail de Frugièresdc-Pin, Président de la Caisse mutuelle de crédit agricole de Paulh aguct* Juge suppléant de la justice de paix de PaulhagueL Président du Syndicat d- électrification des campagnes*

lre circonscription du PUY,

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