M, BOYER
Elu au deuxieme tour de scrutin; — 8,172 voix.
Depuis dix ans, je représente et défends les intérêts de mes concitoyens :
Au Conseil municipal du Puy, dont je fais partie depuis 1919,
Pour le canton sud du Puy au Conseil d’arrondissement ou je fus élu par tous me» collègues comme Président pendant deux années.
En 1924, aux élections législatives par le scrutin de liste, la première circonscription du Puy me donnait plus de 9.000 voix-et m'envoyait, de ce fait, les représenter à la Chambre des Députés.
En 1925, j'ai été élu conseiller général par les électeurs du canton1 Sud-Est du Puy.
Depuis 1915, date de ma blessure de guerre jusqu’en 1924, date ou je fus élu député de la Haute- Loire, j’ai vécu en contact continu et amical avec mes camarades mutilés, anciens combattants et toutes les victimes de la guerre.
Enfin, depuis mon jeune âge, 1906, j'ai parcouru, comme voyageur de commerce1, comme président des mutilés et ensuite comme élu du département, les bourgs et les hameaux de la première circonscription.
Ainsi le lieu de ma naissance (La Voute-sur- Loire, canton de Saint-Pau lien), et tout mon passé m'attachent bien à vous.
La confiance dont vous m’avez sans cesse honoré m'a fixé dans notre circonscription
No 3814
à laquelle j’ai donné et suis prêt à donner mon entier dévouement, mon labeur, mes idées, mon cœur*
Les quatre années de législature que je viens de passer sont, par mes votes pris en toute responsabilité sur les questions les plus importantes, autant de témoignage du souci et de l’intérêt que je mets à la défense des intérêts généraux de notre beau département et de notre chère patrie*
J'ai été réélu, chaque année, secrétaire de la Chambre avec une majorité toujours plus forte,
Citoyens électeurs de la lrô circonscription, jugez :
Agriculteurs.--* J’ai voté t loi sur la tuberculose bovine qui, cependant, est loin encore de réaliser les vœux que vous aviez formulés» J'ai voté la loi sur la réduction de l’impôt successoral» J’ai voté rabattement sur le revenu imposable du métayer» J’ai voté en toute conscience et fait de nombreuses démarches pour que ne soient pas appelés sous les drapeaux, au moment des travaux, les réservistes des campagnes et des usines.
J'ai voté le relèvement des taux d’assistance et les assurances sociales»
Artisans. — J’ai adhéré à tout ce qu'a fait votre Confédération* J’ai même été votre défenseur par mon intervention à la tribune des députés en novembre 1926»
Commerçants » — J ai toujours secondé vos intérêts lorsqu’il s’est agi de les mettre en accord avec les réalités présentes* Par ma proposition de loi sur la suppression du chiffre d’affaires créée par la loi de 1920, et mon adhésion sans restriction à toute mesure tendant à l’égalité fiscale*
Mutilés, anciens combattants . — Prisonniers de guerre et victimes de la guerre, vous savez que je suis de pensée et de cœur avec vous* Pour vous, non seulement j’ai voté le rajustement de pensions, mais, d'accord avec vos associations, j’ai proposé la loi qui rejette la forclusion et permet d’instruire les demandes jusqu’au 31 décembre 1928* J’ai proposé ïa création de l’Office du combattant dont chacun de vous, aujourd’hui, connaît l’existence* J’ai, dès mon arrivée à la Chambre * proposé la loi sur la retraite du combattant* Cette proposition n’a pas reçu entière satisfaction car la majorité est faite de non-combattants, ce qui ne peut détruire quand même l’édifice à peine commencé par ma proposition de loi.
J’ai mis autant de volonté à faire voter la réparation bien légitime due aux prisonniers de guerre, à proposer la loi sur le rajustement des pensions des veuves de guerre, à voter les crédits jugés nécessaires à l’Office des pupilles de la nation.
J’ai voté la péréquation des traitements et des pensions civiles et militaires, comme j’ai voté les lois concédant les avantages aux familles nombreuses et réglant les différends relatifs aux loyers.
Enfin, j’ai voté toutes les lois qui m’ont paru concilier à la lois les intérêts des citoyens et de notre chère patrie» Fier de mes votes pris en toute conscience pour le bon sens et l’ordre, contre la démagogie et F anarchie* Fier de la confiance que vous m’avez donnée comme représentant de la troisième République, je vous demande, à présent, de juger*
Électeurs de la !rB circonscription, jugez !
Oui, jugez et faites justice par vos votes le 22 avril prochain*
Comparez le travail de celui qui, comme moi, est un des vôtres et le travail promis et jamais exécute de ceux à qui rien ne coûte de promettre*
Comparez les défenseurs des trusts et des enrichis de la guerre qui, après avoir déserté la patrie par le corps et le cœur, ont fait déserter les capitaux bien français, avec ceux qui ont donné leur sang, leur épargne* leur jeunesse pour sauver la France*
Jugez entre celui qui se bat pour tous, en tout honneur et toute indépendance, e celui qui n’est que l’instrument d'une caisse de défense des intérêts d’une minorité de 'citoyens et d’un parti* J
Agriculteurs, je puis vous assurer de m’intéresser aux questions des routes, d'électrification des campages, à la réforme de la loi sur la tuberculose bovine, dont la dernière votée n’est qu’un leurre. Je donuerai toute mon activité à tout ce qui, de loin ou de près, touche à vos intérêts. L’exode des campagnes, la main-d’œuvre étrangère, les périodes militaires la défense de l’art de la dentelle à la main. ’
Commerçants, j’adhère sans réserve à vos légitimes revendications étant pour la justice et 1 égalité fiscale. Je ferai tous mes efforts pour obtenir le remplacement du chiffre d’affaires par une taxe mise à 1 étude on collaboration avec vos groupements, les chambres de commerce et en toute équité pour le consommateur.
Je défendrai avec énergie les intérêts de la propriété commerciale (loyers, baux industrie locale spécialisée, dentelle mécanique).
Anciens combattants, mutilés, prisonniers de guerre , victimes de la guerre, je vous dois d’avoir été désigné comme candidat député sur la liste républicaine aux dernières élections de 1924. Mon programme étant le vôtre n’a pas varié. Etant votre élu, j’ai tenu, dans toute la mesure du possible, les promesses faites en 1924. Je n’ai qu’à continuer dans le même ordre par ce qui s’impose de toute urgence (sans rendre à mal nos finances). La retraite dn combattant, suivant ma proposition de la loi que vous connaissez tous.
Fermement convaincu de la garantie de paix que donne la SociéLé des Nations, je m engage à devenir l’un de ses meilleurs propagandistes.
Estimant que nous, anciens combattants et mutilés, sommes seuls qualifiés en collaboralion avec les gouvernements pour résoudre le problème des dettes interalliées, m'engage,
si j’ai l’honneur de vous représenter à la Chambre, de voter contre la ratification de ces dettes,
ü est, je pense, superflu de vous dire à tous, camarades, anciens combattants, mutilés et victimes de la guerre, combien je vous suis acquis pour tout ce qui touche à vos intérêts*
A ceux qui sont aussi des victimes du devoir envers la nation, je veux dire les accidentes du travail et leurs ayants droit, je m’engage, comme je viens de le faire dans la dernière législature, à faire triompher leurs revendications très légitimes et particulièrement de demander l'amélioration de la loi de 1898*
Aux ig traités civils et militaires ira également ma vigilance défensive pour leur assurer équitablement les droits auxquels ils peuvent prétendre comme vieux et. loyaux serviteurs de la patrie*
Les circonstances de l’heure ne peuvent, permettre, pour ceux qui ont le bon sens avec eux, aucune promesse*
Electeurs républicains démocrates de la première circonscription, je puis vous affirmer que je saurai, sans défaillance, comme dans le passé, faire, par mes votes, tout mon devoir pour 1 ordre, la liberté de conscience, la justice et la paix universelle.
Vive la République !
Vive la première circonscription du Puy !
Propositions de loi déposées par M. Jules Boyer :
t" Concernant les mesures à prendre pour faire rendre son plein effet à la contribution extraordinaire sur les bénéfices de guerre. (26 juin 1924) ;
2" Ayant pour objet de mettre à la disposition de l’agriculture un crédit de 500.000 francs destinés a venir en aide aux populations des communes du département de la Haute- Loire, victimes d’un cyclone en juin 1924. (12 juillet 1924);
' Remplacement de la taxe du chiffre d affaires par une taxe forfaitaire annuelle. (12 novembre 1924);
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4° Tendant à la suppression des périodes d'instruction militaire. (4 novembre 1954) ;
5° Tendant â accorder des permissions annuelles supplémentaires de vingt jours chacune aux militaires qui, avant leur incorporation, exerçaient la profession de cultivateur. (Il novembre 1924) ;
0° Ayant pour objet de protéger la fabrication de la dentelle à la main. (26 novembre 1924) ;
7° Tendant à accorder à tous les anciens combattants âgés de 50 ans une retraite proportionnelle â leur temps de présence aux armées. (19 décembre 1924);
8° Tendant à modifier les articles 14 et 19 en faveur des veuves de militaires morts pour la France et des veuves de grands invalides. (18 mars 1926) ;
9° Tendant â la création dTun office de change pour permettre la stabilisation au taux actuel. (29 juin (926) j
10 1 endani à instituer des mesures de sauvegarde aptes à combattre les ravages causés par la tuberculose bovine. (16 février 1928).
Jules BOYER
Mutilé de guerre.
Député.
Secrétaire de la Chambre.
Conseiller municipal de la ville du Puy.
Conseiller général.
Ancien Président du Conseil d'arrondissement du Pny.
Chevalier de la Légion d’honneur.
Médaille militaire, — Croix de guerre.
2* circonscription du PUY.
M. Lâchent EYNAG
Elu au premier tour de scrutin. - — 9.001 voix.
C’est vous qui m’avez fait député en 19H. C’est devant vous qu’au scrutin d’arrondissement je viens me représenter sans peur comme sans reproche, après quinze années de vie publique.
Je ne viens pas vers vous par aventure: je suis votre.
bidéle à mes mandants, jTai mis toute la force de mon activité au service exclusif de ma fonction, des intérêts de mon pays et de l'union des républicains.
J ai en l’honneur de diriger, six années durant, les destins de notre aviation française et d’en faire un puissant instrument de Pexpansion française. Si la coalition des intérêts a tenté contre moi des campagnes diffamatoires, la constante confiance des chefs de Gouvernement en a fait surabondamment justice,
J ai la fierte d avoir été associé à 1 œuvre du Gouvernement de Locarno, de la réduction du service militaire, de ^organisation de la paix.
L& paix. — Aucun redressement, aucune réforme sociale, aucun progrès ne seront valables ou durables si nous ne garantissons à ce pays le bénéfice delà paix. Le programme
de l'organisation de la paix domine tous les antres. Mon effort s’emploiera pour que la polL tique extérieure de la France s'appuie sur la Société des Nations et tende à fortifier le pouvoir de cette société ;
Pour que tous les différends entre nations soient réglés par une procédure pacifique ; arbitrage obligatoire, recours au conseil de la Société des Nations ou a la Cour de justice internationale de la Haye,
Pour que la formule a arbitrage, sécurité^ désarmement » devienne le plus tôt possible une réalité par une politique tendant à généraliser les accords de Locarno,
Je m’engage à favoriser Faction économique et sociale de la Société des Nations en vue du rapprochement et de l’entente des peuples et, notamment, l’action de l’organisation internationale du travail.
Le redressement financier , — Notre budget est trop lourd. Les taxes multiples qui frappent commerce et industrie, forment un total écrasant,
{/agriculture ploie sous le faix de l’impôt foncier et de l’impôt sur les bénéfices agricoles.
L’augmentation des taux des droits de mutation paralyse les transactions.
Il faut alléger, il faut reviser notre système fiscal pour ménager le travail et l’épargne.
Mon programme
Maintien de F équilibre budgétaire, stabilisation de la monnaie, qui seule pourra mettre fin aux manœuvres d’accaparement et de spéculation qui font la vie chère ;
Dégrèvements fiscaux portant d’abord sur les impôts indirects et les impôts cédul aires sur le revenu et conduisant ainsi à une réduction progressive du coût do la vie ;
Rajustement des impôts pour les rendre plus tolérables, pour permettre d’introduire plus de justice dans l’impôt et d’en diminuer Fi m popularité, notamment par la substitution de la taxe à la production, à la taxe sur le chiffre d’affaires, pour les produits alimentaires par exemple ;
Opposition à de nouveaux impôts, justice et simplification fiscale, remaniement des impôts qui frappent avec excès tontes les catégories de travailleurs ainsi que la production agricole et les petits commerçants et artisans.
L’allégement budgétaire est à rechercher dans le sens d’une meilleure répartition des impôts, dans T élaboration d’un plan démocratique de justice fiscale.
Au point de vue économique, je défendrai la propriété individuelle contre les spoliations du communisme moscoutaire dévastateur,
La réalité des problèmes économiques, leur prépondérance dans îa vie présente ordonne d’immédiates solutions, Ï1 faut agir,
Égalité de Fagri culture et de l'industrie devant une législation douanière favorisant la production française et nos exportations.
Rationalisation de la production.
Développement systématique de Foutillage national, des grands travaux publics basés sur les annuités du plan Dawes «
Réduction des tarifs de transport, urgente pour les produits de première nécessité, pour les engrais, etc.
Liberté du commerce et d’exportation, intensification des organisations de crédit. Protection de l’artisanat.
La production agricole est un élément capital de Findépendance économique du pays, La désertion des campagnes ruine notre économie nationale.
C’est par une politique d’accroissement de la production sur notre sol, c’est par une législation fiscale et douanière qui assurera au cultivateur la juste rémunération de sou travail que nous conduirons le plus sûrement à Rabaissement du coût de la vie.
Protection de la petite propriété rurale, accession à la propriété des fermiers et ouvriers lutte contre 3a crise de la main d’œuvre ;
Groupement eu une institution puissante des caisses de crédit, des assurances mutuelles et des syndicats agricoles ;
Refonte de la loi sur la tuberculose bovine récemment modifiée en faveur des cultivateurs par îa Chambre des Députés ;
Aménagement de la vie à la terre par T électrification des campagnes, 3e développement du réseau vicinal et rural, l'extension des services de transport, chemins de fer et autobus, des relations postales et téléphoniques, le mainLien des bureaux de facteurs-receveurs, les améliorations agricoles (fontaines, adduction d'eau, etc,), la protection de nos commerces et de nos industries (dentelles), îa défense de nos cités, de notre vie locale.
Sur la ligne du Puy-Nieigles-Prades, la construction de la section du Puy au Monastier est décidée et engagée: un lot important sera construit cette année et vient d'être adjugé ; les travaux sont commencés,
La Compagnie et l'Etat sont d’accord pour ouvrir P exploitation sur cette première section dès la construction achevée ; k décision ministérielle a été officiellement publiée. C’est un fait acquis,
Âu point de vue social, les économies que k présente politique de la paix permet de réaliser sur les budgets de k défense nationale doivent d'abord aller à la dotation du budget des pensions aux victimes de la guerre,
Je m'engage à défendre le cahier unique de revendications voté à Versailles par la Confédération nationale de k France meurtrie. Rajustement au coût de la vie pour les mutilés et pensionnés, office et retraite du combattant, etc. Ancien combattant, je sois solidaire de tous mes camarades de 1a génération du feu et ils auront toujours en moi un défenseur vigilant et bien à eux.
J’ai adhéré également aux légitimes revendications de la Fédération nationale des mutilés du travail et des diverses catégories de retraités,
La solidarité sociale ne serait qu’un mot si elle se détournait de la misère humaine. Lutte contre la vie chère, mesures à prendre contre îa spéculation.
Amélioration des lois de protection ouvrière et paysanne, développement de l'organisation professionnelle.
Amendement de la loi sur les assurances sociales.
Protection de la famille : avantages garantis aux familles nombreuses. Institutions d'habitations à bon marché, lutte contre le taudis et le scandale des lotissements ; développement des œuvres d’assistance, de prévoyance sociale et de mutualité.
Fils de la démocratie, je me suis toujours prononcé pour l’indépendance du pouvoir civil et 1a suprématie du suffrage universel.
Élevé à l’école de T Université je n'ai d’espoir que dans l'exercice de la liberté {libertés ouvrières, corporatives et professionnelles : liberté de renseignement ; liberté de pensée).
Démocrate, je fais confiance au peuple en lui demandant les initiatives qui feront progresser la vie française, en défendant ses droits et ses intérêts, en pratiquant une réforme sociale qui lui assure un peu plus de justice et de bien être.
La raison d'être de k République c'est l’évolution dans le progrès.
Ayons foi en elle ; barrons k route au fascime et au communisme, souvent coalisés.
Mes chers compatriotes, pour notre petite patrie, pour le progrès social, pour la paix, pour k souveraineté de îa démocratie républicaine, pour l'œuvre sacrée de la prospérité française, je vous fais appel. Au drapeau I
Vive la République !
Laurent EYNAC.
Circonscription d’YSSINGEÀUX.
M. ÀNTIER
Elu au deuxième tour de scrutin. — 10*056 voix.
Mes chers Concitoyens,
Je me présente à vous comme candidat républicain d’union nationale et d’action sociale.
Fils d’un modeste magistrat qui fut révoqué pour ses opinions républicaines, je suis et j’ai toujours élé républicain.
Mes opinions politiques n’entachent en rien mes convictions religieuses et j’estime que, par leur netteté et leur sincérité, elles se fortifient mutuellement*
le suis candidat d’union nationale. Au lendemain de l’effroyable tourmente qui a accumulé sur notre sol tant de deuils et de ruines, tous les bons Français doivent être unis dans la paix, comme ils le furent pendant la guerre, pour le salut du pays.
Il faut l’accord de tous les bons Français oubliant les querelles d’un temps où les Français ne s’aimaient pas, laissant de côté toutes les petites polémiques de parti, dans une large entente et un effort commun pour la réparation des maux de la guerre, pour la défense des intérêts de la Société et de la Patrie contre le communisme et l'anarchie qui les menacent, pour le redressement de la nation dans le calme, le travail, le progrès*
Candidat d’action sociale, j’aspire de toute mon âme à la fraternité des classes.
Vous connaissez mon passé qui comporte quarante années de luttes actives pour mes idées, avec l'expérience de trente-cinq ans de vie municipale, de dix-neuf ans de vie départementale comme conseiller général et d’une législature à la Chambre des Députés, de 1919 à 1924.
Au lendemain de la guerre, alors que je croyais bien, après ses tristesses, ne plus reparaître dans la vie publique, j’avais obéi à l’appel du devoir et fus parmi ceux qui décidèrent mon ami Édouard Néron à reprendre sa place au Parlement.
Élus tous les deux, nous fûmes ensuite candidats au Sénat. En tête avec lui au premier tour, n’échouant que de 13 voix au second, je me désistai en sa faveur au troisième.
Nous n avons cesse à la Chambre de défendre ensemble les grandes causes de la religion et de la patrie, soutenant de toutes nos forces ceux qui, comme le Président Poincaré, étaient les artisans du relèvement du pays et de la prospérité nationale.
Secrétaire de i importante Commission de la législation , j ’y fus toujours réélu parmi les premiers. Membre de la Commission des pensions, je représentais, parmi mes collègues anciens combattants et mutilés, les pères et mères dont les fils sont morts pour la patrie*
Pour ne citer que quelques-unes de mes interventions, après avoir fait partie de la délégation des parlementaires à Rome aux inoubliables fêtes de Jeanne d’Àrc, j’ai contribué, non seulement par mon vote, mais par mon action personnelle, au rétablissement des relations avec le Vatican.
La récente loi, fixant dans un sens plus libéral le statut des ascendants et des victimes de la guerre, a reproduit le texte même de ma proposition de loi, signée par 67 députés et adoptée unanimement sur nies rapports par les Commissions de la législation et des pen^ siens.
Une autre de mes propositions, que le Gouvernement a fait adopter plus tard, a réduit à un an la durée du service militaire pour les aînés de 5 enfants, eu attendant de la réduire uniformément pour tous dans la mesure compatible avec les nécessités de la sécurité nationale.
J ai contribué par mes interventions et plus de 300 questions insérées au Journal officiel^ à faire accepter le transfert de nos morts, la gratuité des voyages et des exhumalions sur les cimetières du front, à fixer la législation des pensions dans un sens favorable aux victimes de la guerre, a améliorer la situation des victimes du travail, des petits facteurs et des cantonniers.
Au Conseil général, j’ai pu faire créer et organiser les primes à la natalité, repoussées
jusque-là.
Si vous m'élisez:
Je soutiendrai de tout mon pouvoir le Président Poincaré comme je Lai toujours soutenu de mes votes lorsque j’étais la Chambre, parce qiP « il a osé se dresser au-dessus des découragements en une minute poignante et convier toutes les bonnes volontés au laborieux et urgent achèvement du salut de la nation ».
Je l'appuierai dans ses efforts pour rétablir, par Loules les économies compatibles avec la marche des services publique, la situation financière du pays, tâche supérieure de ce moment si bien commencée par lui.
Je m’unirai à lui pour sauvegarder, avec a paix intérieure, la paix extérieure par le règlement pacifique des différends entre les nations, dans le respect des traités eL de la dignité nationale, pour éviter la guerre que nous ne voulons plus, car elle nous a meurtris dans notre chair et dans notre coeur.
Partisan résolu de toutes les libertés publiques, je place au premier rang la liberté de conscience que j'entends défendre pour tous, quelles que soient les idées philosophiques et religieuses de chacun. Il faut préparer entre nous la définitive réconciliation de l'avenir, entente qui doiL être facile entre Français de bonne volonté dans une République tolérante et ouverte à tous.
Et, dans le droit commun, je revendique hautement la liberté d’enseignement pour tous sans distinction d’opinion politique et de religion, sous les seules conditions de capacité et de moralité nécessaires, la liberté d’association aussi bien pour les religieux que pour les autres, la justice scolaire pour tous.
Je défendrai, comme je l’ai fait ardemment dans la Chambre de 1919, une politique de justice et de reconnaissance pour ceux qui ont gagné la guerre et dont Je sacrifice a assuré la victoire, en consacrant mes efforts aux légitimes revendications de toutes les victimes àd la guerre, de ceux envers qui la nation a contracté une deLie sacrée qu’elle doit payer :
Les anciens combattants,
Les blessés et les mutilés,
Les veuves et les orphelins,
Les prisonniers de guerre,
Les ascendants,
Âu point de vue agricole, je soutiendrai les revendications poursuivies par les Chambres d’agriculture dont j’avais, au Parlement, voté la création en vue de protéger et faciliter le travail rural : extension du crédit agricole, développement des syndicats, électrification des campagnes, amélioration et extension des services postaux "et téléphoniques, des chemins vicinaux et ruraux, des moyens do transport, abrogation^ la loi néfaste sur la tuberculose qui devra être remplacée par une plus efficace élaborée par les l Chambres d’agriculture, régime douanier approprié, acquisition des engrais facilitée,*; lu tte^ contre d’abandon des campagnes par l’ amélioration de la vie rurale, diminution des impôts j qui surchargent la terre et, en augmentant le prix de la vie, aggravent le problème ^de la vie chère, réduction des taxes exagérées qui font des droits de mutation et de succession une véritable spoliation.
Pour les commerçants et les industriels, je demanderai une législation libérale, aménageant les impôts d'une façon plus rationnelle et plus équitable, en m’opposant à l’accroissement des charges fiscales qui risquent de compromettre notre équilibre économique e t
d'eniraver le développement de la production , en les délivrant,, sans taxation ni inquisition r des tracasseries administratives, en favorisant la recherche des marchés intérieurs et des débouchés, en organisant les moyens de prospérité ; assurances, crédit, conventions douanières, diminution des tarifs de transport.
Je suis partisan convaincu d’une collaboration plus que jamais indispensable entre ie travail, l'intelligence et le capital. Défenseur de 3a propriété individuelle, principe de labeur et d’économie, avec l'accession de tous à cette propriété facilitée, j'ai donné ma collaboration à toutes les lois qui marquent un progrès économique et social, comme la loi sur les assurances sociales dont il faudra hâter l’application avec les perfectionnements nécessaires promis pour l'agriculture. J'estime qu’il faut donner les satisfactions nécessaires aux travailleurs, aux mutilés du travail, aux déshérités de la vie, pour que leur condition soit améliorée le plus largement possible par une législation inspirée de justice, de prévoyance et de solidarité.
Père de famille de six enfants, j’aurai à cœur de faire mettre à l'honneur les familles nombreuses, sécurité et avenir de la France, et de faire triompher leurs légitimes revendicationSj en multipliant les encouragements à la natalité, les avantages pécuniaires, moraux et politiques, tels que dégrèvements d’impôts et allocations familiales, relèvement des allocations de la loi à encouragement national, protection de la famille contre la propagande de l’immoralité.
A la Commission de législation delà Chambre, j’avais contribué avec succès à faire repousser les projets de suppression des tribunaux d’arrondissement. Mon rôle antérieur à cette importante Commission eL à la Chambre me permettra de poursuivre plus efficacement que quiconque le rétablissement du tribunal dJYssingeaux et la restitution au chef-lieu de tons ses avantages d’arrondissement, ainsi que la protection des intérêts des passementiers, des industries de la soie, du ruban, du bois, de la métallurgie et de tons nos intérêts locaux.
N’oubliez pas que c’est à celui à qui vous donnerez votre suffrage que vous confierez la prospérité et l’avenir du pays. Vous avez à peser le passé des candidats, leur valeur morale et sociale, leur volonté de travail, leur expérience et leur connaissance des grands intérêts en cause.
J’ai conscience de vous apporter, avec les sacrifices douloureux à la cause de la patrie, une vie de dignité et de travail, des convictions qui n’ont jamais varie, 1 expérience acquise de la vie publique dans la commune, ie département, le Parlement.
Il faut du temps à la Chambre pour faire son éducation de député, s'y créer des relations et y donner sa mesure. Dès mon retour à la Chambre, si vous m’élisez, je serai prêt à vous y être utile et à y soutenir vos intérêts, sans être retardé par la nécessité d’une éducation que j’ai faite activement au cours d’une précédente législature.
Fermement résolu à travailler pour le bien du pays, dans une République libéral®, respectueuse des libertés et des croyances de tous, dans Tunion et la paix sociales, j’apporterai à la tâche que vous m’aurez confiée toute mon activité, toute mon intelligence et tout mon cœur.
Vive la France !
Vive la République !
Vive la circonscription d’Yssingeaux !