‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 150 sur 336 · J, ANTIER · texte numérisé non relu

J, ANTIER

Docteur eu droit, ancien bâtonnier.

Ancien député.

Conseiller générât de Fay-sur-Lïgnon.

Président de PUnion départementale des pères et mères dont les fds sont morts pour la Pairie.

Pour la sixième fois depuis 1907, je me présente à vos suffrages. C’est dire que vous me connaissez !

Jetons donc ensemble un coup d’œil sur la situation politique.

L’expérience de Ja dernière législature prouve le mal que peu faire en peu de mois un Gouvernement exécuteur fidèle de consignes révolutionnaires. Souvenez-vous do l'abîme au bord duquel nous étions, en juillet 1926, après deux années de ministères cartellistcs.

Si la situation financière paraît en ce moment améliorée, ellej n’en reste pas moins fragile et un autre danger devient de jour en jour plus menaçant.

Au mois de mai 1927, à Constantiine, le Ministre de F Intérieur s’écriait dans un discours retentissant : « Le communisme, voilà; l'ennemi ! »•

Le 26: mars 1928, à Bordeaux, le Président du Conseil Poincaré dénonce à nouveau le communisme commue le mal le plus dangereux pour ce pays.

Mais qu’est donc le communisme, sinon l’aboutissement logique de la doctrine de lABemand Karl Marx dont les théories ont lentement, mais sûrement, depuis cinquante ans, empoisonné la législation et Tesprit public en France.

Cette doctrine tend à mettre dans la dépendance omnipotente deTÉtat toute la société, la ffamille, la propriété. L’État enchaînant toute activité, prévoit, dirige, commande tout ! Finis : la amille, la propriété, ^initiative privée.

Cette décadence, elle1 est actuellement amorcée pur lès doctrines et les méthodes socialistes, doctrines et méthodes que les radicaux ont accepté en disciples soumis des principes maçonniques de la Révolution.

L’action politique des radicaux- car tellistes, des socialistes, s’enchaîne avec une logique effrayante. Les uns et les autres ne sont que les fourriers du désordre.

Idées, méthodes, tendances socialistes :

L offensive contre la propriété et F héritage ;

L "inquisition fiscale ;

L’organisation socialiste du travail ;

Les monopoles industriels et commerciaux;; L’indulgence des- pouvoirs publics pour F amoralité) désordre, les syndicats révolutionnaires de fonctionnaires ;

criminalité, les fauteurs de

Le projet d'école unique, véritable confiscation de l'enfant au profit de l'État socialiste et athée ;

La désagrégation de la famille par les divorces de plus en plus nombreux.

Attendre pour combattre le mal qu'il se soit développé davantage, ce serait agir à la manière d'un médecin qui laisserait la tuberculose parvenir au dernier degré avant de la soigner.

Le mal, c'est dans la racine qu'il faut l'atteindre,

Le mal, c’est la destruction de -la cellule familiale, de tout ce qui fait la force et la prospérité de la famille.

Le remède, c’est :

Rendre a la famille et à son complément, la famille corporative, la place d'intermédiaires naturels entre F Etat et l’individu ;

Modifier les lois sur l'héritage qui, tou Les les deux ou trois générations, détruisent F épargne au profit d'un État glouton et insatiable ;

Favoriser le développement de la petite propriété ;

Élargir la législation sur les habitations à bon marché, afin d’en finir avec le taudis, honte de notre civilisation ;

Supprimer les monopoles abusifs et ruineux ;

Organiser les corporations professionnelles ;

Rendre aux vertus morales F honneur qui leur est dû ;

Redonner à l’enfance et à la jeunesse les disciplines traditionnelles ;

Maintenir la liberté de renseignement menacée à tous les degrés.

Telle est la tâche à laquelle un Gouvernement, digne de ce imm? devrait appeler tous les Français soucieux de la vie meme de la nation.

Mais ce programme ne peut se réaliser en dehors des principes que nous enseigne l’Église catholique, sans le concours de ces admirables religieux auxquels des lois d'exception — plus communément appelées lois laïques — font une place de citoyens inférieurs*

Pour tout dire, il faut replacer Dieu dans nos institutions.

Ce vas! e redressement national se peu b il accomplir sans ramener le Parlement h son véritable rôle, sans modifier un système électoral qui, tous les quatre ans, suspend ou bouleverse, pendant plusieurs mois, toute l’activité du pays ?

Le renouvellement de la Chambre par tiers, tous les deux ans, afin d’assurer la continuité du travail législatif, la création d'une haute assemblée professionnelle juxtaposée au Sénat actuel ou même le remplaçant, tel est le remaniement le pins urgent*

II est indispensable à l'assainissement financier qui, ne l’oublions pas, nécessitera pendant de longues années encore, une vigilance de tous les instants dans les dépenses publiques, des économies véritables et des réformes sérieuses, non pas comme celles qui ont détruit inutilement la vie de tant de petites villes.

Tâche difficile, mais, certes, possible avec fanion de tous les Français. D'autres pays ont réussi : voyez l'admirable renaissance de Fltalie, sous l'énergique direction d'un chef mettant en œuvre la force constructive du principe monarchique*

Si les Français veulent se sauver, ils le peuvent encore. L’avenir dépendra de leurs votes le 22 avril.

En même temps que cette œuvre primordiale, de nombreux problèmes devront retenir notre attention :

Pour protéger l'agriculture, en harmonisant ses intérêts avec ceux de l’industrie, afin de mieux l'adapter aux besoins modernes, et en réduisant les impôts qui l'écrasent dans la crise actuelle ;

Pour mettre en valeur notre domaine, colonial et en tirer les ressourcés nécessaires â amortir notre dette ;

Enfin pour consolider la paix, d'apparence encore si fragile, en assurant nos frontières contre toute agression de voisins envieux, conquérants par atavisme.

Depuis plus de vingt ans, vous m'avez vu à rœuvre, défendant les principes de religion et de patrie, auxquels nous sommes tous, à notre grand honneur, si profondément

attachés*

Gomme par le passé, je combattrai pour cet idéal, en m'occupant, dans toute la mesure Jti possible, des intérêts particuliers de notre région, avec le grand souci de servir toujours et partout la famille française.

Électeurs des cantons d'Ancenis, de Ligné, de Riaillé, de Saint-Mars-k-Jailîe, de Yarades, je vous donne rendez-vous le 22 avril I

Marquis de LA FERRONNAYS Député*

Vice- Président du Conseil général Maire de Saint* Mars-la- Ja,î Me*

Circonscription de GHÀTBAUB RIANT,

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