M. CHEVRIER
Élu au deuxième tour de scrutin, — 7,858 voix.
Par une décision unanime, le Congrès républicain du 15 janvier m'a désigné à vos suffrages. Je sollicite donc le renouvellement du mandat que 7.937 d'entre vous mont fait l'honneur de me confier il y a quatre ans, assuré d'en avoir rempli de mon mieux les obligations*
Elles étaient lourdes : assurer la paix dans une situation internationale toujours troublée et tout faire pour la rendre définitive; relever une situation financière^ sur laquelle de l'intérieur et de l'extérieur, pèsent lourdement les charges delà guerre.
De toute mon activité et de tout mon cœur, je me suis associé à l’action commencée par Édouard Hérriot et si heureusement poursuivie par Aristide Briand pour faire prévaloir les solutions de paix et favoriser les pactes internationaux qui rendront la guerre à jamais impossible,
J 'ai voté les lois proposées par Faillie vé marquant un nouveau stade dans la réduction du service militaire ; en ceLie matière, toutes les mesures favorables seront accueillies par moi dans la mesure où elles seront compatibles avec notre sécuri té nécessaire.
J’ai donné mon adhésion raisonnée aux moyens proposés par Poincaré pour redresser une situation financière qui eût été moins compromise si les partis de droite avaient consenti à Herriol et à Painlevé le concours que le Parti radical et radical-socialiste, dans la très grande majorité de ses élus, a accordé au Gouvernement actuel.
Get effort doit être poursuivi. Le vote en temps utile d'un budget sévèrement équilibré demeure indispensable, le contrôle scrupuleux des dépenses, nécessaire. Mais il convient d'aménager les impôts plus équitablement’ surtout au regard des travailleurs, et de corriger, par une application toujours plus surveillée de l’impôt sur le revenu, le caractère d injustice qui est inhérent à tous les impôts de consommation.
Le souci de l'avenir impose le maintien de l'amortissement, ïc souci du présent autorise à envisager une réduction de Ta m pleur trop considérable qu'il comporle actuellement.
C'est d'ailleurs, et avant tout, dans ces augmentations de la matière imposable qu il convient de rechercher des ressources nouvelles. Il faut donc favoriser la production sous toutes ses formes, agricole, industrielle et coloniale.
Bu ce qui concerne l'agriculture, j'ai adhéré au programme qui m'a été soumis par
vos organisations* je m'inspirerai de leur desiderata concernant la fiscalité, la politique d'engrais et de" transports et les mesures douanières et, d'une façon générale, k tout ce çui tendra, pour îe plus grand bien moral eL matériel du pays, en faisant aux populations rurales une vie plus large et plus facile, socialement et pécuniairement, à les retenir à la terre.
Le commerce et l'industrie bénéficieront d’une production agricole accrue ; l'institu- (ton, toutes les fois qu'elle sera possible, de taxes à la production, l'extension du forfait tant que la situation financière nous contraindra a maintenir des impôts spéciaux dont nous sommes unanimes à souhaiter la suppression, des mesures de protection douanières sages et mesurées, lf augmentation des moyens de transport rendus plus souples et moins onéreux Consolideront leur puissance et leur prospérité.
Les capitaux surabondent, la confiance revenue ; ils trouveront un emploi heureux et fécond dans des Lravaux métropolitains et coloniaux qui compléteront notre armature économique dans ladutte avec les nations concurrentes.
La République doit être fraternelle : les lois sociales sont l'expression d'un devoir de solidarité dans une égalité morale indispensable. Les pauvres comme les riches ont droit au respect de leur dignité.
La loi sur les assurances sociales est votée : des delais ont été prévus pour son application* justifiés par la complexité de la tâche à remplir. Les sociétés mutualistes y auront un rôle prépondérant : le passé de leurs administrateurs nous est un sûr garant du dévouement désintéressé et expérimenté qu'ils mettront au service de la loi nouvelle.
Électeurs,
La force dTun pays, celle qui garantit intégralement sa sécurité, est faite avant tout de prospérité.
Cette prospérité a pour base le labeur de ses habitants : sur ce point, vos preuves sont faites.
Mais ia paix sociale n'est pas moins nécessaire, une paix qui autorise le libre jeu de toutes les forces dans la concorde des esprits et dans le respect de la loi.
La liberté et la tolérance dans une République indiscutée, telle est la formule de tout progrès et la garantie de Lous les citoyens.
C'est la tradition dont jJai hérité des miens et que j’entends exclusivement servir. G est dire que toute dictature, communisme ou fascisme, me paraissent également néfastes. C'est dire aussi que je ne laisserai toucher à aucune de nos lois laïques; nôtre école laïque, qui est, comme on l’a dit, le creuset ou se forme Pâme et l'avenir du pays, doit être et demeurer au-dessus de toutes les attaques.
Electeurs républicains !
C'est un des vôtres, non pas d’hier, mais de toujours, qui sollicite votre confiance. Seul un républicain sincère et un démocrate fervent peut travailler k l’avenir pacifique de notre pays et assurer le progrès social.
Je compte sur l'union et la discipline de mes amis.
Je les prie de trouver ici l'attestation nouvelle démon affection reconnaissante ; k mes adversaires, j'exprime ma gratitude pour la courtoisie dont ils ont fait preuve.
A tous, je souhaite de faire le meilleur choix pour la France et pour la République.
Henri CHEVRIER Député aurUnt.
Conseiller général. — Maire de Malr*herbe«- Candidat désigné par le Parii républicain radical et radka!*sodaUste.