LOT
Circonscription de GAHORS*
M. DELPORT
Élu au deuxième tour de scrutin* — 9.734 voix.
Mes chers Concitoyens,
Une nouvelle consultation populaire aura lieu le 22 avril prochain,
LT arrondissement de Gahors est appelé h élire de nouveau son député comme autrefois ; je viens, avec confiance v solliciter vos suffrages*
Aux élections de 1919, 1 arrondissement de Gahors m avait déjà accordé la majorité, j’avais obtenu 10,600 voix, et, pendant quatre ans, j eus l'honneur de représenter le dëpar* tement du Lot au Parlement.
Cette même majorité, rarrondissement de Gahors me la conserva aux élections de 1934, j’obtins 10,700 suffrages, mais l'application des règles proportionnelles m’empêcha de vous représenter une seconde fois.
Électeurs de Larron dissement de Gahors, vous me connaissez de longue date.
Depuis plus de trente ans, je suis un des pins fermes défenseurs de T agriculture dans le département du Lot,
Notre union est si forte, si ancienne et si solide que tous les adversaires de la cause paysanne sentent bien que je représente contre eux une force, parce que vous m’avez fait le grand honneur de me confier votre drapeau.
Depuis les élections de 1924, j’ai repris, à Gahors, mes fondions d’agriculteur, et avec 1 Autorité que me confère le titre de président de la la Confédération générale des planteurs de tabacs de France, je n’ai jamais cessé de défendre, avec les intérêts de cette Confédération, les intérêts de tous les cultivateurs, qu’ils soient éleveurs, producteurs de blé eu viticulteurs, et je m’engage formellement, si je suis de nouveau votre mandataire, a être le défenseur vigilant de toutes les associations agricoles, y compris Lentente paysanne, dont j’accepte intégralement toutes les revendications.
Les intérêts du commerce et de l’industrie dè" notre arrondissement étant intimement liés à la prospérité des agriculteurs, -je m’engage, en défendant mon programme agricole, à soutenir leurs justes revendications parce qu’elles sont obligatoirement solidaires.
Après avoir souffert comme vous de la tourmente financière qui a failli nous mener tous à la banqueroute, je resterai fidèle à mon programme que vous connaissez depuis long* temps : il est le votre, vos intérêts sont les miens.
Je donnerai mon concours absolu au programme d’Union nationale démocratique, qiu a permis au Gouvernement de TVL Poincaré de sauver la France et de redresser nos finances.
La République appartient à tous tes Français. Elle a été consacrée dans tous nos cœurs par l'auréole de la victoire, par le salut de la France et par les sacrifices immenses que nous avons dû faire pour la sauver.
Aujourd’hui, la République ne saurait être la propriété dfune petite chapelle ou d'une coterie de camarades qui se distribuent les places, les faveurs, les décorationsei les sinécures grassement rétribuées.
La République doit être largement ouverte à toutes les bonnes volontés et à toutes les
compétences.
Animé de ces principes, je vous déclare, mes chers Concitoyens, que je suis îe partisan indéfectible de la propriété individuelle, je veux que les économies du travailleur lui appartiennent et qu’il puisse en disposer pour lui-même et, plus lard, pour ses enfants.
En présence de l5 énormité de la dette publique, nous ne pouvons songer, pour le moment, à diminuer le montant des charges qui nous écrasent, mais nous avons le droit et le devoir de demander et d’obtenir une répartition plus équitable de ces charges,
Nous avons le droit et le devoir de demander au Gouvernement que le produit des impôts soit employé avec la plus stricte économie.
Nous avons le droit et le devoir d’exiger que îe Gouvernement mette un frein au gaspillage scandaleux des deniers des contribuables.
Les fonctionnaires ont reçu les augmentations de traitement nécessitées par la vie chère, il convient de réduire, dans de notables proportions, le nombre de fonctions devenues peu utiles*
Mds j'entends sauvegarder les justes droits qu’ont acquis à notre reconnaissance les mutilés, blessés ou malades de guerre, ainsi que tous ceux des orphelins ou ascendants dont l'avenir est devenu incertain par suite de la disparition de leur soutien naturel
Je demanderai la modification de la taxe de 22 0/0 sur les mutaiions mobilières, taxe constituant un véritable prélèvement sur le capital foncier ; la disparition, par Je retour pur et simple au droit commun, de tous les conflits entre propriétaires et locataires dans F arrondissement de Gabors.
Les nouveaux tarifs de chemins de fer concernant les marchandises deviennent prohibitifs aussi bien pour les commerçants que pour les agriculteurs, ils ne sauraient être tolérés plus longtemps.
Enfin, je m'attacherai à développer, dans toutes les communes de F arrondissement, cet esprit de mutualité et de corporation qui constituera la force de nos agriculteurs.
Jusqu’ici, les cultivateurs ont. été les grandes victimes du progrès social qui se développait autour d’eux et en dehors d’eux. Isolés, sans défense, les agriculteurs étaient oubliés par le Gouvernement alors que d'autres corporations obtenaient par leur ténacité et, souvent, par la violence* toutes les faveurs, toutes les lois d’assistance et de sécurité sociales.
Agriculteurs, vous ne devez pas être des parias. Sans vous, sans votre travail, sans la production agricole, la prospérité de la France ne se retrouvera jamais.
Que notre union impose aux pouvoirs publics, et surtout, aux pouvoirs administratifs, le respect de vos droits. Ce respect a été le but de toute ma vie et j’en assurerai la défense ^vec toute mon énergie.
Electeurs de l'arrondissement de Cahors, comme vous, j’ai horreur de la guerre 1 Je veux la liberté pour tous compatible avec nos devoirs 1 Je veux F oubli de toutes nos querelles politiques et religieuses.
En ce qui concerne l'instruction publique : ni monopole de renseignement, ni école unique. Liberté, pour la famille, du choix de renseignement; liberté d’enseigner pour tout citoyen, s'il remplit les conditions morales et techniques suffisantes.
En 1919, vous m'avez chargé de porter votre drapeau.
En 1924, la cause paysanne a succombé.
Mais je puis dire, avec quelque fierté, que je vous ai remis pur de toute tache le drapeau que vous m'aviez confié.
C’est avec confiance que je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.
Je dis : avec confiance, car ayant. conscience d'être resté fidèle à l’ensemble des engage* ments que j'ai pris en 1924, devant les électeurs du Lot, je sois persuadé que vous resterez, à votre tour, fidèles à votre Représentant.
Mes voLes sonL là. Je nTen renie aucun. Vous les avez tous approuvés, je 1 espère, meme ceux que j’ai dû émettre — vous bavez compris — en faisant taire mes préférences personnelles, dominé que j’étais ■ — ainsi que tant d^autres — par des circonstances impé* rieuses, exceptionnelles.
Vous avez compris, en effet, avec votre bon sens et votre esprit d' équité habituels, quelle était, trop souvent, notre angoisse devant une situation qui, déjà dramatique, pouvait, le lendemain, devenir désastreuse.
Précédemment, la majorité dite du Bloc national avait tant use et abusé de 1 emprunt quelle avait tué la possibilité de faire de nouveaux appels au crédit public. Et des échéances massives avaient été si imprudemment échelonnées que notre Trésorerie était aux abois Des campagnes passionnées, auxquelles Ja politique n était malheureusement pas étrangère, avaient surtout pour but de saper la confiance du pays dans le Gouvernement issu de la consultation de 1924. Enfin, le Cartel des gauches lui-même n était plus, au pouvoir, aussi uni qu’il l’avait été dans la lutte électorale.
Persuadé, pour ma part, que tout valait mieux que la banqueroute, persuadé que dans les divers plans de restauration financière qui nous étaient présentés, se rencontraient des mesures dignes d’être étudiées; persuadé enfin que tout retard apporté à l’œuvre de relèvement du franc aggravait la situation, je n’ai voulu refuser mon appui à aucun Ministre des Finances. La première économie à faire, à mon avis, était l'économie de crises ministériel es. Il est à remarquer d’ailleurs que, politiquement parlant, nous perdions chaque fois, au
change, sans que la situation financière se lût améliorée. Et* finalement, un jour est venu où ûur couper court à la panique grandissante, s’est imposée, à presque tous, la création d'un Cabinet d’union nationale dans lequel des hommes comme MM* Hemol, Briand, Pal nie vé, Sarraut, Que aille et Léon Perrier n’ont pas hésité à siéger .
Notre devoir était clair. Mais vous savez quels sacrifices nous avons été amenés à faire à a stabilité du Ministère de M, Poincaré* Cette fois encore,, vous ne me blâmerez pas. C'est M- Herniot qui l'a dit ; «■ Qû ne se bat pas au chevet d’une m ère malade, »
Tout en permettant au Cabinet d’union nationale, de poursuivre, son œuvre, le Parti radical et radical-socialiste ira abdiqué d’ailleurs, ni son autonomie, ni son droit decontrôle, ni son franc-parler.
Beaucoup d’entre nous ont su fai re? en tendre leurs avertissements, soit sur les injustices éa notre fiscal itéq. soit sur le^paid s excessif qu’une politique d’amortissement, peut-être un peu trop ambitieuse, impose à l’actuelle génération, ; soit sur la façon dont le Gouvernement sast servi du blanc-seing qui lui avait été accordé pour réaliser des économies, soit, enfin, sur les questions encore si controversées, d’une stabilisation plus ou moins prompte et d une •p&vaÊriaaüoni.du franc.
Mais d'immense majorité du Parti radical et radical-socialiste adonné, finalement,, sa loyales collaboration à. l’œuvre générale de redressement .poursuivie par M. Poincaré, dont on peut dire, d’ailleurs, que la loyauté politique est incontestable; à l’inverse de certains éléments de; sa majorité, le Président du Conseil n’a jamais songé,, en effet,, à transformer m un instrument de pression, de domination^ au, profit de telle ou telle nuance, un Cabinet uniquement, fondé en vue de notre relèvement financier..
Somme toute,, au; cours de cette législature, nous avons d’abord consolidé la paix, abtemi runité et l’ è quilihee budget aire la, consolidation d’une, notable partie de la dette flottante, un aménagement meilleur des dettes ài court terme, k. stabilité de fait du change, un commencement d’amortissement, une plus grande indépendance de l’État vis-à-vis des grands établissements de crédit, le rapatriement de nombreux capitaux, la fin de kr déplorable panique provoquée par nos adversaires - politiques*; Et cela, sans compter, bien entendu, dans des ordres, d’idées; et de’ faits très différents, des résultats. fort appréciables ; la limitation. des' charges militaires et, sur mon intervention,. la; liberté d'exportation des produits agricoles v des permissions agricoles, la représentation de a planteurs de tabac au Conseil fi administration de la Caisse d’amortissement, de très nombreuses améliorations rurales, etc.
Comme l'a si bien dit M. Maurice Sarraut, la législature a pris fin dans une atmosphère pacifiée de labeur fécond.
de viens donc, aujourd’hui, faire appel" de nouveau à tous les fermes républicains — quelle que soiL la qualification secondaire qu’ils se donnent — qui, non seulement, ne désavouent rien des réformes obtenues si péniblement par nos anciens, mais qui sont convaincus — comme je le suis moi-même — que, dans une démocratie, Téquilibre ne peut être obtenu que par le mouvement et j’ajoute, par le mouvement en avant.
Dans l’ordre politique, dans l’ordre économique, dans l'ordre social, aucun progrès — s’il est souhaité par une majorité qui, en France^ ne peut-être qu’une majorité de bon seys, s’il est par conséquent légal, s’il doit être obtenu sans heurt et sans violence — aucun progrès, dis-je,, n’est de nature à effrayer ceux qui veulent continuer et achever la République .
N’est-ce pas par cette incessante évolution que nous éviterons la révolution, d’où qu elle menace de venir, la dictature d’un seul ou la dictature d'une classe ? N'est-ce pas ainsi que nous déjouerons les manœuvres de ceux qui voudraient voir glisser la Bépublique, soit dans la réaction , soit dans l’anarchie?
Autant notre Parti est hostile au système du mandat impératif, autant il est partisan d a a. ferme et libre contra Lin ter venant entre électeurs et élus. L’établissement de ce contrat va être facilité, cette fois, d’un bout à l’autre du pays* par le retour au scrutin d’arrondi sseœgïiL Certes, cei mode, de votation peut avoir ses défauts* Il a du moins cet avantage de donner son maximum de clarté à la consultation populaire*
Mon programme, vous le connaissez :
Avant tout, prennent place mes préoccupations d’ordre agricole.
Dans mes brochures, dans mon livre sur V Agriculture commercialisée, dans mes interventions à la tribune de la Chambre, au Conseil général du Lot, auprès des pouvoirs publics, auprès des grandes compagnies, auprès des municipalités des villes à octroi ; daos les voyages d’études, dans les concours, dans les expositions qu'il nous a été possible d'organiser à J 'Office agricole du Lot, vous avez pu juger mes idées et mes actes.
Ce faisant, ce ne sont pas seulement vos interets particuliers que j'ai servis, c’est V intérêt général, c'est l'intérêt de la Patrie,
La prospérité agricole est, à mes yeux, l'élément essentiel de la prospérité nationale.
Pour répondre à deux grandes préoccupations de l’heure présente, pour parer au déficit de la main-d'œuvre dans nos campagnes et pour intensifier nos rendements en céréales, i! faut, par tous les moyens dont peut disposer P Etat — même par certaines remises d'impôts — favoriser, dans nos fermes et dans nos associations agricoles, l'emploi de la machinerie moderne et des engrais chimiques qu'il s’agit d'obtenir au meilleur marché possible, dût-on organiser, en ce qui touche les engrais, un certain contrôle dans la production et la vente, comme je Lai d’ailleurs proposé à la Chambre dans un rapport général sur cette question.
Vous pouvez donc compter sur mon énergie, sur mon sens pratique pour aider, dans h mesure du possible, à la réalisation du programme agricole que j’ai déjà signé en 1924 et qui, vous le savez, porte sur la dépopulation des campagnes, le développement de l’esprit d’association, l'enseignement agricole, les assurances, la simplification des prêts, les voyages d'études, les droite des bouilleurs, l'hydraulique agricole, l'électrification, la voirie, les transports, l’équitable fixation du prix des tabacs, les permissions agricoles, les appels au génie rural, etc.
Des inventions nouvelles, dont certaines tiennent du prodige, permettent aujourd’hui d'égaliser davantage entre les villes et les villages, les conditions de vie matérielle et morale. Elles permettent de distribuer partout, non seulement la lumière et la force, mais encore nombre de commodités et même de distractions dans notre lutte contre h dépopulation des campagnes et, à ce titre, vos Représentants doivent en suivre le développement avec le plus grand intérêt.
Tourisme.
Un mot seulement sur le tourisme.
Certes, par le nombre et la diversité de ses curiosités naturelles et des souvenirs d'un très long passé, le Quercy mérite une place éminente dans les préoccupations de l’Office national du tourisme dont les moyens de propagande a l'étranger méritent, euxmêmes, d'être renforcés. Mais c'est également à nous, Lotois, de faire pratiquement un grand efibit pour attirer et retenir le touriste. Nos sociétés locales, elles aussi, si méritantes qu elles soient, doivent être renforcées. Tous nos centres touristiques doivent se prêter loyalement un mutuel appui. Nos moyens de transport doivefet être multipliés. Nos hôtelleries doivent, enfin, tenir compte, davantage encore, des exigences de leur clientèle étrangère.
lié for m e a dmm istrative.
Obtenir un meilleur rendement de notre énorme machine administrative, tout en réduisant au minimum Te nombre des fonctionnaires désormais mieux utilisés. Est-ce possible?
Oui, dans la plupart des administrations. Mais à la condition de développer les libertés locales, de décentraliser, de simplifier les louages, les formalités, de proportionner les
paperasses à l’importance de l'affaire traitée; à la condition, encore* de réformer les administrations centrales dont les fonctionnaires ont, actuellement, trop de tendance à perdre contact avec le public; à la condition également, d’accorder une plus grande initiative aux agents arrivés à un certain grade; à la condition, enfin, de consulter, sur les réformes intérieures dont leurs administrations sont susceptibles, les agents qui en sont, pourraiUon dire, la cheville ouvrière.
Ce que je n'ai pu admettre par contre — et plusieurs de mes interventions à la tribune en sont la preuve — c'est que, par une prétendue réforme de notre organisation judiciaire, on en arrive à accroître les dérangements et les frais des justiciables.
Impôts ,
Pour équilibrer solidement un budget de plus de 42 milliards et, notamment, pour faire face aux intérêts de la plus formidable dette qui soit an monde, de très lourds impôts sont, malheureusement, nécessaires. C'est une raison de plus pour qu'ils soient judicieusement et équitablement établis et perçus. Ï1 faut souhaiter que notre actuelle législation fiscale soit réformée partout où il est prouvé que l'impôt excessif mange, pour ainsi dire, la matière imposable et compromet l'activité de nos producteurs. Nous ne devons donc pas hésiter à procéder â certains aménagements, à certains remplacements de taxe, notamment en ce qui touche le chiffre d'affaires. Il sera juste d'établir, pour l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux, un dégrèvement à la base analogue à celui des autres cédules.
Il faudra demander davantage au luxe, au superflu. 11 faudra, enfin, exiger des agents du fisc, peut-être trop indulgents envers les très gros fraudeurs, de renoncer h des sévérités excessives vis-à-vis des petits contribuables. Et cela, encore, je l'ai dit bien haut, à la tribun#.
Si lourds que puissent être les impôts et si désirables que soient les économies budgétaires, est-il besoin de dire qu'un devoir impérieux s'impose à notre génération et à celles qui viendront encore, le devoir de défendre les intérêts des anciens combattants et de leurs familles aussi bien qu'ils ont, eux-mêmes, défendu la patrie?
Lois sociales.
Le Parti radical et radical-socialiste s’honore de continuer l’effort si méritoire de nos aînés pour résoudre, le plus promptement possible, les problèmes sociaux dont l'ensemble constitue la question sociale, ainsi que Gambetta l’a proclamé. De même que nous préconisons des procédures pacifiques pour ce qui touche les conflits entre nations, de même voulons-nous prévenir, si possible, et dans tous les cas, résoudre promptement, par des mesures obligatoires de conciliation et d'arbitrage, les conflits pouvant s'élever entre employeurs et ouvriers.
Assurer l’être humain, dans la mesure du possible, contre tous les risques qui le menacent dans son travail, dans son développement, dans sa vie, c’est aider puissamment à son émancipation économique. Un prolétaire qui a, en poche, toute une série de contrats de ce genre, n'est plus un prolétaire. Il a pris, en quelque sorLe, hypothèque sur la société où il vit. Dans le même ordre d'idées, il va sans dire qu'il faut faciliter plus que jamais, l'accession des non-possédants à la propriété, sous toutes ses formes.
En faisant ainsi effort vers on statut de sécurité, de santé et de dignité pour tous, n’assurerons-nous pas la paix par excellence, la paix civile?
Nous sommes, enfin, dû ceux qui croient qu'une politique économique et sociale plus hardie faciliterait beaucoup la mise en valeur des ressources encore inexploitées du sol métropolitain et de nos colonies.
Il faudra étudier la question qui s'#st posée au dernier congrès radical et radie a socialiste, celle de savoir si on ne pourrait pas donner au monde du travail a avec une
autorité et ime responsabilité accrues, le moyen de bénéficier du sort heureux des entreprises dont il assure la prospérité, i>
En attendant, on pourrait s'en remettre àt un Conseil économique national du soin de donner son avis sur les lois ouvrières et paysannes, étant entendu que les règlements nouveaux ne léseraient en rien la production nationale, et tiendraient compte des exigences Spéciales de la production rurale.
Monopoles.
Les actuels monopoles d'État ne doivent pas être aliénés au profit des puissances d argent Par contre, il faut les commercialiser et les moderniser, 11g doivent avoir une certaine autonomie. Et, pour leur gestion, il pourrait être fait appel aux conseils de techniciens et de représentants autorisés de tous les éléments de la production. Les consommateurs, eux aussi, pourraient être représentés dans les organismes nouveaux qu'il sVtt d'instituer. Enfin, à l'occasion de cette réorganisation des monopoles, pourrait être fait l'essai d’un système de participation aux bénéfices au profit de tous les éléments de la production.
Ces conceptions nouvelles, il faudrait,’ plus tard, les étendre aux monopoles de fait (assurances, pétrole, sucre, engrais, etc.), avec contrôle et participation de l’Etat aux bénéfices.
Certes, comme cela a été dit au dernier congrès de notre Parti, nous ne nions pas le rôle légitime, naturel et même fécond du capital. Mais il faut trouver les moyens d’empêcher la haute finance et les colossales firmes qui ont constitué, à leur profit, de véritables monopoles de fait, de dominer l’État et de régenter le consommateur.
Ense ij ne ment,
C est encore aider à I émancipation morale et matérielle des travailleurs que de leur permettre de revivre en des générations plus heureuses. Il faut donc distribuer plus libéralement- qu aujourd'hui l’instruction et l’éducation à leurs enfants.
C est tous les jours que progresse, dans ce pays, l’idée d’un enseignement secondaire et supérieur qui serait, désormais, distribué non pas seulement selon la fortune des parents, mais selon le mente des enfants. 11 est superflu d’ajouter que nous demeurons laïques, c est-u-dire respectueux de toutes les doctrines; les croyances et les religions.
Politique extérieure.
Nous assistons encore aux étapes, forcément laborieuses, du rapprochement nécessaire entre des nations précédemment ennemies. C est surtout de ce rapprochement que dépend la paix du mande. II est possible, heureusement, si des deux côLés, la bonne volonté est égale. La nôtre n est pas douteuse. Jamais la France n’a répudié avec plus de force l’impérialisme et le militarisme. Jamais elle n’a dit si haut qu’elle éLait prête ù soumettre tout litige international aux précêdures de conciliation et d’arbitrage ; jamais elle n’a été autant pénétrée de l'esprit de Genève, de Locarno, de La Haye. « La guerre hors la loi » est sa formule. Pour parfaire les organismes de sécurité et de paix; pour multiplier les pat tes, pour essayer même d établir des ententes d'ordre économique entre nations, ayons confiance dans l’homme d'ÉLat qui mène aujourd’hui ces difficiles négociations avec prudence, cerLes, mais avec un ardent amour de la paix véritable, dé la paix des consciences et des cueurs,
La paix, la paix.
C’est sur cette idée maîtresse que je veux finir. La paix, je la veux partout.
Je veux la paix sociale par des lois d'humanité et de justice.
Je veux la paix des consciences par l’indépendance ^réciproque absolue, des diverses confessions et de l'État.
Je veux la paix entre producteurs, intermédiaires et consommateurs quand je préconise f abondance des denrées et la liberté des échanges.
Je veux, enfin, la paix à l’extérieur par ta supersouveraineté du droit sur les États souverains.
Aussi terminerai -je celte profession de foi comme se terminait celle que j’ai signée en mai 1924, en jurant de rester fidèle à cet idéal de justice, de fraternité, d’humanité et de paix.
Armand BOUàT
Président de Püfftce agricole départemental.
Coaieilksr général du Lot*
Député sortant.
Candidat du Parti radical et radical-socialiste.
Circonscription de GOURBON.
M. MALVY
Élu au premier tour de scrutin. — 8.517 voix.
Mes chers Concitoyens,
Dans une récente brochure, je vous ai fourni les explications indispensables sur mon attitude au cours de la législature qui vient de s’achever et sur la façon dont j ai exercé au Parlement la mission que vous m’aviez confiée.
Ayant conscience d’avoir, depuis vingt-deux ans, fidèlement rempli le mandat que je tenais des électeurs de 1 arrondissement de Gourd on, oertain d avoir servi sans défaillance les intérêts de la République et ceux des populations que je représentais, j’ai l'honneur de solliciter à nouveau vos suffrages.
Mon programme i Vous le connaissez. C’est celui d’un homme soucieux de poursuivre dans une paix définitive et mise désormais à l’abri des ambitieux et des fanatiques, une œuvre de redressement financier et économique qui a déjà donne les sppreeiabies résultats que je vous ai indiqués.
Mais cette œuvre, il convient de la poursuivre par une action et des méthodes démocratiques, afin d’assurer la justice dans la répartition des charges publiques.
La lâche à réaliser est encore lourde.
Au point de vue financier *
Il convient d assurer au plus vite :
La stabilisation de la monnaie,
La consolidation et l'amortissement de la dette,
La liaison de nos dettes extérieures aux payements que nous recevrons de P Allemagne,
Le degrèvement des classes laborieuses.
Demain, comme par le passé, je m'attacherai, de toutes mes forces à faire entrer en application cette formule de justice fiscale à laquelle je sms profondément attache :
Exonérer le nécessaire, ménager l’utile, frapper le luxe et le superflu.
Comment réaliser une meilleure et plus équitable répartition des charges ?
- Par une application plus juste de l’impôt progressif sur le revenu par une politique de dégrèvement à la base, qui assure a tous les revenus du travail uu’il s’agisse du revenu do l’agriculteur ou du bénéfice du commerçant - et comme cela se produit déjà pour la cédule des traitements et des salaires - une exemption fiscale sur la partie du revenu indispensable à la vie du foyer familial,
J Par nu remaniement de l'impôt successoral : dégrèvement des taux sur les petites
successions et relèvement' pour les grosses, .
Par line diminution sensible des droits de mntation frappant les transactions immomlitre. ,^r }ég;s]at;on pjus sévère contre l’évasion des capitaux à 1 étranger.
Représentant à la Chambre des populations de l’arrondissement de Gourdon, en majorité agricoles, j’entends consacrer mes efforts à la défense do la classe paysanne
Dans les heures difficiles, les paysans de nos régions ont été parmi les plus fermes soutiens de la République. 11 convient de ne pas l’oublier. , .
D’ailleurs, le rôle de premier plan que joue l’agriculteur dans 1 économie nationale suffirait à lui valoir la sollicitude particulière des Pouvoirs publics.
J’entends défendre les producteurs ruraux :
Conlre les allégations mensongères,
Contre la légende qui les représente comme des fauteurs d une vie chere don. ils sont, au contraire, les premières victimes.
Contre les spéculateurs parasites qui opèrent sur le dos des consommateurs et des prodUCt Contre les trusts, qui réalisent sur la vente des engrais nécessaires à la terre, des profits
abusifs et souvent scandaleux, , ,
Contre l’élévation excessive des frais de transport et contre le poids écrasant de impôts.
Mais j’ai trop le respect des cultivateurs et des paysans qui m’ont tant de fois fait confiance pour me livrer, à leur égard, à de vains exercices démagogiques.
Ce serait leur faire injure et les traiter en ignorants que de leur tracer un programm aussi mirifique qu’irréalisable, sans tenir le moindre compte des possibilités et des ressources
necessaires.^, ^ ^ ^ par des par0]e5 que les populations rurales veulent être défen-
dues, mais par des actes, .
C’est par des actes que l’on assurera la réalisation d’un grand programme de renovation économique dans lequel les agriculteurs sont appelés à jouer un rôle essentiel.
Quel est le but à poursuivre ?
Produire davantage, à meilleur compte, avec de moindres charges.
Avant toute chose, il faut arrêter l’exode rural, endiguer le dépeuplement, plaie de nos
PQr, comment retenir les jeunes à la terre? Par plus de bien-être au foyer et au village.
No 3814
Il faut, autoriser et encourager le Crédit agricole à consentir des prêts spéciaux pour la transformation et l'amélioration des maisons d'habitation.
Par la diffusion de l'électricité, force et lumière.
Il faut intensifier l'électrification, porter la lumière jusqu'au plus petit des hameaux et aux habitations isolées.
Les crédits prévus à ce chapitre du budget, sont déjà passés, en quatre ans, de 20 à 110 millions. Pour appréciable qu'il soit, cet effort est encore insuffisant* De nouveaux crédits devront être affectés à T électrification des campagnes.
De même pour P approvisionnement en eau potable, pour la construction d'abreuvoirs et de lavoirs communaux, et pour une meilleure organisation des P. T. T. à la campagne : généralisation des autobus postaux, des cabines téléphoniques, etc*
Par des améliorations de nos chemins et de nos voies de communications*
Les communes rurales, dont les budgets sont lourdement grevés, ne peuvent trouver les ressources nécessaires pour F ouverture et l'entretien des chemins ruraux et vicinaux.
Donc : large contribution de l'État pour l'exécution de travaux destinés à faciliter les accès au village et à desservir les terres.
Par les loisirs au village.
Aucun effort ne doit être négligé pour donner de la vitalité à vos petites communes:
Diffusion du cinéma éducateur,
Propagation du sport et de l'éducation physique.
Création de terrains de jeux,
Vulgarisation de la radiophonie qui permettra aux habitan ts des fermes les plus reculées de participer aux manifestations de la vie moderne sous toutes ses formes.
Pour P intensification de la production*
Autre besogne urgente : il convient de faire bénéficier la petite culture des procédés tïio d e mes d ■ exp 1 oita ti on ,
Création de coopératives d'achat et d'utilisation du matériel pour permettre d employer collectivement le machinisme moderne et d accomplir ainsi, dans les meilleures conditions, les travaux de culture, de récolte et de transformation des produits du sol.
Mise à la disposition des agriculteurs des semences sélectionnées*
Augmentation des crédits affectés aux Offices agricoles et aux Chambres d’agriculture, pour leur permettre de réaliser leur programme d intensification et de la production.
Permissions agricoles :
Pour réaliser ce programme il convient de mieux aménager en le généralisant le régime des permissions agricoles, pour les jeunes gens sous les drapeaux*
Engrais :
Une des tâches primordiales du nouveau Parlement sera de libérer les agriculteurs de la tutelle onéreuse des grands trusts qui monopolisent les engrais et qui prélèvent sur les paysans français un tribut de 300 millions par an l
De même qu’il faudra libérer le pays de la production étrangère :
a) En multipliant les usines de fabrication d engrais synthétiques;
J>) En rétrocédant à des prix réduits, aux paysans, des quantités importantes d'engrais azotés fournis par l'Allemagne, au titre des prestations en nature.
Enseignement agricole :
Dans ce domaine encore, il conviendra de diffuser l'enseignement prolessionnel de l'agriculture àTécolè, de perfectionner F enseignement postscoîaïre, de multiplier les écoles
pratiques et, enfin, d'assurer la gratuité de renseignement agricole dans les établissements de rÉtal.
Régime fiscal agricole :
Je poursuivrai mes efforts en vue d'une répartition plus équitable des charges communales et départementales qui sont assurées, pour la plus giusse partie, par l'élément agricole.
Révision des évaluations foncières cadastrales.
Révision des bases d’imposition sur les bénéfices agricoles avec larges abattements à la base*
Régime douanier :
Protection douanière modérée, équivalente à celle accordée aux produits industriels.
Entrée en franchise des produits nécessaires à l'agriculture.
Assurances mutuelles ;
Établissement d'un statut légal et définitif d'assurances mutuelles contre les intempéries et notamment contre la grêle.
Et, pour réaliser ce programme, un budget de l'agriculture toujours mieux doté et pourvu des crédits nécessaires à toutes ces améliorations.
L/ association agricole :
Enfin, je m’appliquerai au développement de toutes les formes de T association agricole, à les perfectionner, à en multiplier les branches, afin qu'elle remplisse entièrement son objet qui est de grouper les forces éparses, de faire des faiblesses isolées du monde rural une puissance souveraine et un des éléments essentiels de la prospérité nationale.
Pour les planteurs de tabac :
Je continuerai l'action que j'ai entreprise pour l’amélioration du sort des planteurs ;
Par l'augmentation des prix;
Par une réduction de plus en plus grande de nos achats de tabac à l'étranger et par l'intensification de la culture nationale ;
En acclimatant sur notre sol les plants étrangers ;
En assurant un fonctionnement toujours plus équitable des commissions paritaires et un choix judicieux des arbitres.
Pour les commerçants :
Remplacement de la taxe sur le chiffre d'affaires par une taxe à la base.
Exonération à la base, pour les bénéfices commerciaux de la partie nécessaire à l'existence du commerçant et de sa famille,
Application d'une mesure de sursis pour la première infraction et organisation d'une commission paritaire.
Etablissement de la compensation sur plusieurs années au cas où Tune d'elles serait déficitaire,
Pour les ouvriers :
L'un des premiers, parmi les parlementaires, j'ai donné mon adhésion pleine et entière au programme établi par la G. G. T.
Je citerai :
Les contrats collectifs de travail, la reconnaissance du droit syndical, la participation des travailleurs à la gestion des entreprises et à Inorganisation de l'économie nationale*
L’institution d'une procédure de conciliation des conflits du travail, établie sur une base rigoureusement paritaire.
L'école unique :
Les progrès de la démocratie ne peuvent s'arrêter k l'école primaire*
ï! faut que tous les enfants, sans distinction de classe ou de fortune, puissent accéder à tous les degrés de renseignement.
La sélection des élites devra s'opérer, pour le plus grand bien de la nation, non pas en fonction de la richesse, mais en fonction du savoir, de l'intelligence et du mérite.
Donc, égalité de l'instruction pour tous les enfants,
La défense de l’Etat :
Plus que jamais, il conviendra de défendre la souveraineté de l'État contre les grandes coalitions d'intérêt et contre les grandes puissances économiques.
De même qu’il faudra industrialiser les monopoles d'État en les dotant d'un matériel et d'une organisation modernes, de façon à en accroître le rendement*
Les anciens combattants ;
Reconnaître que les anciens combattants ont des droits ne suffit pas* Mais il faut marquer notre sollicitude pour tous ceux qui, pensionnés ou non, ont versé leur sang pour le maintien de l'indépendance nationale et de l'intégrité de la patrie,
Tel est, esquissé dans ses grandes lignes, le programme que je m'efforcerai de réaliser au Parlement, avec le concours de tous les vrais républicains, de tous les démocrates sincères, qui, seuls, peuvent orienter résolument le pays vers une politique de réformes vigoureuses et hardies.
Gela implique :
Une résistance opiniâtre et constante à toutes les tentatives de régression sociale, de réaction politique et. de dictature d'où qu'elle vienne :
Contre le facisme avoué et honteux;
Contre le communisme destructeur et négatif ;
Contre tous ceux qui ne savent exploiter que la haine et que la peur*
Le travail dans la paix des peuples :
De même, pour réaliser un tel programme, il est indispensable d'assurer le maintien de la paix internationale.
Depuis 1924, les forces de gauche ont assuré le redressement de notre politique extérieure.
Nous continuerons à appuyer de toutes nos Jorces l’œuvre commencée et poursuivie par Ilerriot et par Aristide Briand, nous travaillerons au développement de l'arbitrage obligatoire, au renforcement de la Société des Nations, qu'il faudra défendre contre les partisans obstinés de la politique de force et de prestige.
Nous n aurons cesse que ne soit réalisée la grande œuvre de pacification européenne par la collaboration de tous les peuples, condition indispensable au maintien de la paix.
Pour la République laïque, démocratique et sociale,
Pour le progrès social et pour 1 amélioration du sort des travailleurs.
Pour îa justice fiscale et écononiiquej Pour la paix tles peuples*
Vive la République 1
Louis -Jean MAL VT
Conseiller général du canton de Martel.
Maire de S o ui 1 1 ac. — Ancien Ministre* Président de îa Commission des finances*
Député sortant*