M. ROLLAND
Elu au premier tour de scrutin. — 7, 1 56 voix.
Electeurs*
À la demande d'admirables amis qui, depuis longtemps, travaillent dans cette région, j'ai accepte de réunir à leurs efTorts et de mettre à la disposition des électeurs de reUe
circonscription une compétence que vingt-cinq années d'études constitutionnelles et poli tiques nTont permis d'acquérir.
Profondément démocrate, catholique de conviction et de vie, j’estime que les libertés religieuses seront d’autant mieux sauvegardées qu'elles trouveront, au sein du Parlement, un défenseur donnant d'indiscutables garanties de loyalisme républicain.
Cette courte déclaration précise le sens profond de ma candidature.
Voici mon programme.
Dans l'ordre religieux :
Je réclame le « droit commun » pour les congrégations. — Je défendrai énergiquement
la liberté d'enseignement, réalisée — en droit — par une législation libérale, et — en fait — par une politique de subventions équitables.
Dans l'ordre financier :
Le problème vital est ceint de la stabilisation de la monnaie et celui de l'assainissement, le malaise financier étant une cause de ruine, de désordre et de démoralisation.
La diminution des charges fiscales, si écrasantes et si destructives de tout esprit d’épargne, ne saurait être obtenue sans une politique de réforme et de simplification administrative et de progrès économique.
Remplacement de l’impôt sur le chiffre d’affaires par des taxes moins préjudiciables aoi intérêts du commerce.
Institution d'un système d'impôts orienté vers la proteclton de la famille.
Acceptation des revendications formulées par les anciens combattants, les mutilés, les réformés et les anciens prisonniers de guerre.
Dans Tordre agricole :
Les intérêts agricoles doivent être énergiquement défendus. Je 1 mde donc :
Une révision des tarifs douaniers ; un rajustement fiscal avec degrèvement à la
base ; le voie d'une loi allouant une indemnité au fermier sortant en cas de plus-value due à son travail ; une intensification du crédit agricole ; le développement de la représentation véritable des intérêts de l'agriculture par les agriculteurs eux-mêmes.
Dans l'ordre économique et social :
Défense des petits commerçants et des petits industriels, — Développement de k législation sociale. ~ Mise au point de la loi des assurances sociales, — Encouragement à la petite propriété individuelle et au bien de famille* — Mise en valeur de nos colonies à accompagner d'un indispensable effort de civilisation des indigènes.
Dans Tordre de la politique extérieure :
Toutes les précautions militaires doivent être prises pour assurer avec certitude k sécurité du pays. U faut, en outre, poursuivre une politique de paix internationale fondée sur h justice en s'appuyant sur la Société des Natione ; cette politique permettra de réduire la charge du service militaire.
Les problèmes intéressant plus particulièrement la région retiendront mon attention : notamment l'électrification des campagnes, et la question de 1a « Loire navigable », dont lee effets désastreux doivent être promptement conjurés et réparés.
En collaboration étroite avec vous, je prends rengagement de résider dans cette circonscription et de visiter chaque commune tous les ans pour rendre compte de mon mandat*
Louis ROLLAND
Docteur en droit*
Professeur à 3a Faculté de droit de Paris.
Candidat républicain.*
Circonscription de SAUMUR.
M. UE GRÀNDMAISON Elu au premier tour de scrutin. — 14,710 voix.
Mes chers Électeurs,
Pour la neuvième fois, depuis trente-cinq ans, je viens solliciter vos suffrages 1
Répondant au vœu hautement exprimé par Je grand citoyen, a qui ses ad vers ai roc de 1954 ont confié le pouvoir pour sauver le pays de la faillite, et rétablir dans le momie la confiance dans le crédit et T avenir de la France, je me présente aujourd'hui, non sur ui programme de combat, mais sur un appel à Tunion nationale, l'intérêt général devant^ à l'heure présente, dominer les intérêts particuliers et les questions de partis.^
Je n'ai pas à vous dire qui je suis et ce que je veux.
Depuis de longues années, vous avez pu me juger à l'oeuvre î
Je ne puis que vous répéter ce que je disais, il y a quatre ans, m'adressant aux borna citoyens de toutes opinions, partisans de la grandeur et de la prospérité de la patrie., dam l'ordre, le travail et ia liberté*
De 1914 a 1918, la France, unie devant l'ennemi, a gagné la guerre.
Toujours unie, elle doit, aujourd'hui, gagner la paix dans le travail, la liberté et k progrès.
Pénétré de cette nécessité, je viens faire appel aux hommes d'ordre de tous les partis c’est-à-dire à tous ceux qui veulent le respect de toutes les convictions et de toutes les croyances I
Promettre est facile, tenir est difficile, aussi, est-ce surtout à ma bonne volonté que je vous demande de confier, une fois de plus, vos interets moraux et matériels*
En présence de difficultés inouïes, uniques dans l’histoire, il a fallu faire face aux nécessités né es de la guerre, en ce qui concernait les mutilés, les veuves, les orphelins la reconstitution des régions dévastées, et demander au pays de prendre presque à son compte ce qui aurait du être payé par T Allemagne, débitrice de mauvaise foi.
Notre situation financière, qui est en train de se rétablir, grâce à l’énergie de la nation qui a donné à l’étranger confiance dans notre crédit, ne nous a pas permis de faire, jusqu'à ce jour, pour les victimes de la guerre, mutilés, orphelins, anciens prisonniers de guerre' pour les petits fonctionnaires, les masses rurales et ouvrières, tout ce que nous aurions voulu, mais de sérieux progrès ont été accomplis en ce sens. Le relèvement progressif du iranc nous permettra d’achever cette œuvre, en attendant une stabilisation qui évitera an commerce d'être à la merci des sursauts imprévus du change, et qui sera faite à un taux tel que la petite épargne soit ménagée.
Des jours meilleurs viendront où, les recettes équilibrant ïes dépenses, nous pourrons donner aux cJasses laborieuses ce qu'elles attendent de nous*
Aujourd’hui, comme hier, avec vous, je veux :
1° La liberté de conscience, la liberté de renseignement, la liberté du commerce et le droit commun à tous points de vue pour tous les Français ;
Luc France pacifique mais forte, prête à défendre son territoire, et décidée à faire prévaloir ses droits reconnus par les traités et à rester maîtresse de ses destinées:
3° La reprise des relations avec la Russie, mais le jour seulement où cette nation aura reconnu ses dettes envers V épargne française ;
4Û Le retour aux anciens impôts réels, sans inquisition ni vexation;
o La transformation de la taxe sur le chiffre d'affaires en un impôt n’ayant pas ses inconvénients et so basant sur les vœux exprimés par tes Chambres de commerce;
6° La révision des coefficients de Fimpôt sur les bénéfices agricoles qui, dans certains cas; absorbent tout le bénéfice que le cultivateur retire de son rude labeur. On devra prendre conseil des chambres d'agriculture pour mettre au point cette intéressante question ;
7° La diminution des droits de succession en ligne directe et de première mutation afin d encourager et de maintenir la constitution de la petite propriété ainsi que toutes mesures destinées à défendre la propriété individuelle, menacée par les partis de désordre;
Une impulsion plus grande donnée à l'enseignement agricole par les écoles d'agriculture, fermes-écoles, etc., et à l’artisanat dans les villes;
9 Une application intelligente de la loi de huit heures, comportant toutes dérogations utiles, par accords réciproques entre patrons et ouvriers, et nou,s permettant de lutter ainsi contre la concurrence étrangère, en intensifiant la production.
toutes mesures propres à faire baisser le coût de la vie par une production intensive des denrées agricoles, métropolitaines et coloniales, par l'amélioration de fou tillage national et des moyens de transport. Plus que jamais, je suis persuadé que la prospérité du pays dépend de la prospérité de 1 agriculture, le cultivateur étant le consommateur par excellence des produits de l 'industrie ;
10' La diminution des frais de transport pour toutes marchandises et, en particulier, pour les produits de l'agriculture, les machines agricoles, les engrais et spécialement les engrais d Alsace et des colonies pour lesquels des tarifs de faveur devraient être consentis;
11° La réalisation immédiate de nombreuses économies dans les services publics, surtout dans les administrations centrales ;
1 La réduction du nombre des députés et sénateurs et la diminution de l’indemnité
/parlementaire, juste en principe , niais qui doit être ramenée à un taux plus conforme à la situation financière, qui comporte des sacrifices de la part de tous les citoyens sans excepti°n ;
tZ° La suppression des monopoles improductifs, ce qui mettrai L plusieurs milliards annuels à la disposition des pouvoirs publics et pourrait provoquer la diminution de certains impôts ;
14* La réorganisation et la mise en état de notre système routier;
15^ J^a remise en état du plan d'eau de la Loire et l'aménagement de certains cours d’eau secondaires, comme 11 Au th ion et autres, afin d'éviter des inondations désastreuses.
Mes chers Électeurs,
Comme par le passé, je solliciterai et soutiendrai les réclamations justifiées des agriculteurs* commerçants et industriels, dont les intérêts doivent être également défendus par les représentants de la nation et, dans ce but, je continuerai à me rendre chaque année dans toutes les communes de l'arrondissement pour recueillir vos observations et enregistrer vos doléances.
La situation actuelle n’est pas [parfaite, les impôts sont terriblement lourds et ça n'est pas par gaieté de cœur que nous les avons votés, alors que nous n'étions pas de la majorité, dans une heure angoissante et tragique, que îa politique démagogique d'autres partis avait provoquée.
La confiance avait disparu et, pour la rétablir, de durs sacrifices étaient nécessaires :
« G’éLait ça ou la faillite, avec son cortège de misères et de troubles sociaux ! %
Je m'associerai, dans ta mesure des ressources mises à notre disposition par la nation f à toutes les lois sociales concernant les travailleurs de la terre, de l'atelier et des bureaux.
Je reconnais aux fonctionnaires, déjà armés du bulletin de vote, comme à tous les citoyens, le droit de se grouper pour faire prévaloir leurs revendications professionnelles, mais aucun gouvernement, dans aucun pays et sous aucun régime (la Russie actuelle le prouve) ne saurait admettre le droit, pour le personnel des services publics, de provoquer un arrêt dans la vie nationale !
Je voterai toutes mesures favorables aux familles nombreuses dont dépend 1! avenir du pays, et c'est ainsi que je viens de demander que les allocations accordées aux enfants des fonctionnaires le soient également aux enfants de tous les travailleurs, les crédits destinés à cet efïet devant être fournis par des taxes sur les étrangers et l'emploi de la main-d'œuvre étrangère.
Je manifesterai toute sollicitude pour les œuvres de mutualité, si florissantes en Anjou, et auxquelles l'État devrait très largement faire appel pour la réalisation des grandes œuvres de prévoyance et, en particulier, pour la mise au point de la loi récemment votée sur les assurances sociales qui a besoin d'être remaniée et complétée, surtout en ce qui concerne les agriculteurs. D'autre part, il ne faut pas porter atteinte à des intérêts respectables* mais produire tout le bien qu'on attend, de celte loi, sans complications inutiles et au meilleur compte. Enfin, je m'attacherai à favoriser les sociétés sportives qui, en préparant la jeunesse à remplir, le cas échéant, le devoir patriotique, faciliteront l’ allégement des charges militaires.
Mes chers Électeurs,
C'est sur un programme, non de promesses, comme hélas ! cela se voit trop souvent ! Jnais de réalisations, que je me présente à vos suffrages !
Ma bonne volonté 11e vous a jamais fait défaut. J'ai conscience de m'être occupé de fous ceux qui s'adressaient à moi, sans tenir compte de leurs opinions. Je connais mes
amis ; mon affection et nia fidélité leur sont acquises, mais, je me dois à tous, sans exception.
Le 22 avril, vous direz si je suis encore digne de votre confiance et si vous voulez qu^uiie fois de plus j’aille représenter au Parlement les intérêts de la petite patrie saumure ise, intimement liée aux destinées de la France et de la République !•
Georges de GRàNDMAISON Prop riétaîre- V i ti eu heu r.
Député sortant rééligible, — Candidat républicain.
Circonscription de SEGKÉ,
M. Geoffroy d’AN DIGNE.
Elu au premier tour de scrutin, — 8.923 voix.
Messieurs les Electeurs,
Me voici parvenu au terme du mandat législatif que vous m'aviez confié en 1924, alors qu’avec une forte majorité, vous aviez apporté vos suffrages à la liste où mon nom figurait a côté de ceux de MM. Bougëre et B lâchez,
Seuls, vous avez le droit de me relever de mon poste et si je l’abandonnais sans me mettre de nouveau à votre disposition, vous auriez le droit de me traiter de déserteur* Je ne le serai pas.
Fidèle aux traditions séculaires de ma famille dans notre beau pays Segréen, fidèle ans sentiments de toute ma vie, je n’ai qu’une ambition, celle de servir la France et défendre vos intérêts auxquels je suis sincèrement attaché.
Ai -je tenu les promesses que je vous faisais en 1924 ? Ma conscience me dit : ouit* Vous serez mes juges.
J'ai lutté de mon mieux contre le gaspillage des finances et l’abus des impôts, contre la confiscation des produits du travail par les charges qui grèvent les bénéfices agricoles et commerciaux,
J ai voté contre l’impôt sur le capital, porte ouverte à la spoliation des fortunes petites et grandes, sources vives de la fortune nationale,
J ai voté contre F augmentation de l’indemnité parlementaire, contre toutes mesures inquisitoriales, contre le maintien de monopoles ruineux.
Je me suis associé à la lutte contre la vie chère, contre la crise du logement, contre la désertion des campagnes.
Si vous m’accordez de nouveau votre confiance, je soutiendrai ceux qui réclament le rétablissement de nos finances par des économies mieux entendues et par la réforme des abus administratifs.
Je réclamerai avec eux le respect de la propriété, la liberté du travail, l’encouragement à la natalité et l’assistance aux familles nombreuses.
Défenseur de mes camarades de guerre, je me ferai le porte-parole des revendications adoptées à Versailles au congrès de la France meurtrie.
J’appuierai de toutes mes forces la protection des commerçants, des industriels et des cultivateurs si souvent méconnus et parfois sacrifiés-
Leur cause ne saurait être disjointe de celle de F agriculture qui 11e pourrait subsister sans eux et qui est la base fondamentale de la prospérité du pays.
Répudiant les divisions politiques et les luttes de classes, je ferai appel k Y union de tous les bons Français dans un sentiment d'apaisement intérieur et de maintien de la paix extérieure.
Je lutterai avec la dernière énergie pour les droits intangibles de la famille, pour nos libertés religieuses et scolaires et pour la consultation des associations professionnelles avant l'élaboration des lois.
Enfin, convaincu que l'œuvre de redressement financier est une oeuvre capitale, à laquelle je me fais honneur d'avoir collaboré en soutenant de mes votes M. le Président du Conseil, j'aurai à cœur de participer encore à la consolidation du relèvement de notre chère patrie.
Electeurs de l’arrondissement de Segrc, vous direz, le 2'2 avril, si vous approuvez mon passé et si vous me jugez toujours digne de vous représenter.
Je mets à votre disposition tout mon cœur, toute ma bonne volonté et toutes mes forces.
Geoffroy d'ÀNDIGNÉ
Candidat d’Union nationale*
Député sortant*
Membre de la Commission d’agriculture de la Chambre et du Groupe de défense paysanne*
Conseiller général et Président du Comice agricole de Segré* Vice-président de la Société industrielle et agricole de Maine-et-Loire* Maire de Samle-Gemmes-d’Andigné*
Médaillé militaire*