‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 162 sur 336 · MANCHE · texte numérisé non relu

MANCHE

Circonscription d’ A VR ANCHES.

M. DIOR

Elu au premier tour de scrutin. — 15/225 voix.

Mes chers Compatriotes,

11 y a maintenant plus de trente ans que vous m’honorez de votre confiance : c’est en 1897 que vous m’avez appelé à siéger au tribunal de commerce de Granville, et, depuis 1906, vous m’avez appelé sans interruption à vous représenter à la Chambre des Députés, Vous avez pu vous rendre compte que, toujours fidèle aux déclarations que je vous ai faîtes, j’ai rempli scrupuleusement et loyalement mon devoir, tant au Parlement que dans les conseils du Gouvernement, puisque j’ai eu 1 honneur de diriger le Ministère du Commerce et de l'Industrie dans les cabinets d’Union nationale de 192! à 1922 et de 1922 à 1924,

J’ai, pour ma part, tiré de la douloureuse et sanglante période de la guerre, comme de la pénible période d’après-guerre, les leçons qu elles comportent. L union affectueuse des cœurs eL des volontés nous fut nécessaire pour repousser l’agression étrangère et délivrer le sol de la patrie ; l’union nous fut encore nécessaire pour panser nos plaies, secourir les victimes de la guerre, et réparer les dévastations dont nous fûmes injustement les victimes. Le jour où des politiciens voulurent reprendre, en 1924, les luttes de partis qui nous déchiraient avant la guerre, la sécurité que nous avait donnée l’œuvre des Gouvernements d’Union nationale se trouva promptement compromise, la confiance s évanouît, et, avec elle, le crédit de l’Etat. Ces jours sont trop proches de votre mémoire pour que j’y insiste davantage, et, certains des imprudents qui avaient provoque cette crise angoissante dont U pays aurait pu mourir, vinrent eux-mêmes chercher, pour lui confier de nouveau le pouvoir, le président Poincaré, qu’ils en avaient chassé.

Aujourd’hui, les citoyens français ont entre leurs mains le sort du pays ; de leur vote, et de leur vote seul dépend son avenir.

Deux voies sont ouverLes :

On revenir, comme en 1921, aux luttes d’autrefois, comme le leur proposent les impénitents auxquels les pénibles années que nous venons de vivre semblent n’avoir rien appris, et comme les y invitent les partisans de la révolution, soit de la révolution violente, comme les communistes, soit de la révolution larvée et sournoise, comme les socialistes unifiés qui, pénétrés des théories du philosophe allemand Karl Marx, sont prêts à sacrifier leur pays et leurs concitoyens pour tenter, en France, la douloureuse expérience qui accumule depuis dix ans tant de deuils et de ruines dans la malheureuse Russie.

Ou continuer et parachever l'œuvre des Gouvernements d'Union nationale, reprise par le président Poincaré dans l1 union, dans la paix, dans l’ordre, dans la sécurité de nos frontières et de nos Liens.

Mon choix est fait*

fidèle à mon passé, à mes promesses, je continuerai mon œuvre, si vous voulez bien me garder votre confiance.

Je reste pour la liberté contre la tyrannie, contre toutes les tyrannies, pour Légalité contre les exceptions ou les privilèges, pour la fraternité, contre la haine, pour 1 épanouissement de notre civilisation, contre le retour à la barbarie.

Dans Tordre, car ce n est que dans Tordre que nous pourrons y parvenir, nous travaillerons ensemble à l'amélioration, pour tous, des conditions de la vie ; pour y parvenir, il faut aussi, de toute nécessité, grouper tous les hommes de bonne volonté ; nul ne doit être exclu de l'œuvre commune, quelles que soient ses croyances, et ce n’est pas une idée chimérique que ce désir d’union, dans la République, de toutes les bonnes volontés, d’où qu'elles tiennent, car on doit être frappé du fait que les manifestations que nous voyons se dérouler &ous nos yeux, dans tout le pays, aboutissent en somme à rappeler les principes mêmes de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, esprit du régime démocratique : respect de toutes les croyances, protection de la famille et de ses droits intangibles, liberté de penser et d'enseigner, liberté d’association, paix des consciences.

C’est dans une atmosphère de concorde et de mutuelle confiance que nous pourrons et que nous devrons réaliser ensemble les solutions bienfaisantes des problèmes difficiles et particulièrement des problèmes économiques qui se posent devant nous, au lieu de nous user dans des luttes stériles.

Une tâche complexe s’impose : mise au point et aménagement des dépenses de T Etat, dont je voudrais voir limiter le rôle à ses fonctions essentielles ; révision et allégement des lourds impôts demandés aux contribuables. L’Etat a le devoir d’être juste et bienveillant Yis-ât-vis de tous ses collaborateurs et ses retraités ; il a aussi le devoir d’être rigoureusement économe des deniers des contribuables, pour ne leur demander que les sacrifices indispensables, et il doit leur éviter toute mesure vexatoire, Les variations considérables du coût de la vie, tenant pour une large part aux variations de la valeur du franc, par rapport à For, ont été heureusement atténuées depuis qu'une politique sage a ramené la confiance ; aussitôt qu’une stabilisation pourra être obtenue, nous devrons nous efforcer d’assurer un juste équilibre* Nous n'oublierons pas, non plus, les victimes de la guerre, et les promesses qui leur ont été faites, telles que les a rappelées, Tannée dernière, à Avranches, le Congrès des associations des anciens combattants, des mutilés et des réformés.

Vous me connaissez depuis longtemps, vous connaissez mon œuvre, vous connaissez ma vie. Par là, vous me comprendrez mieux que par la lecture d’une nomenclature de mes travaux et de mes projets.

Pensant à la France, je n'oublie pas notre cher Àvranchin ; je n’ai jamais rien négligé, et je veux continuer à travailler avec vous pour développer sa prospérité.

Je reprendrai, dès la rentrée, la proposition de loi que j’ai déposée dès que les règlements de la Chambre m’en ont donné la faculté, qui doit rendre à Avranches un tribunal de première instance, et, dès la rentrée aussi, je terminerai la préparation d’une proposition modifiant le régime des routes pour que, l'usager payant justement l’usage, nos communes rurales ne se voient pas tenues à des dépenses hors de proportion avec leurs ressources*

Agriculteurs et éleveurs :

Je n ai jamais oublié le mot de Sully : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France » : je continuerai à m'en inspirer pour défendre vos intérêts et la liberté qui vous est nécessaire de disposer comme vous l’entendez des produits de votre sol. J’ai eu l’occasion, lors de votre Congrès du Sud du département, et lors de la réunion des bouil-

Leurs à Rrécey, de vous exposer toute ma pensée- Je n?y> reviendrai que pour répéter qu’une agriculture prospère est absolument indispensable à notre beau pays de France., Ue continuerai à travailler avec vous dans nos comices, nos sociétés de courses, et dans toutes nos associations.

Industriels et commerçants :

Lorsque l'occasion rnen a été donnée, industriel et commerçant moi-même, j ai pris part à vos réunions et à vos travaux. Nous .avons à accomplir une œuvre difficile, étant dopnê les besoins considérables de l’Etat, celui déménager les taxes que, dans la précipita tion imposée par la situation budgétaire, on a dû concevoir générales et uniques, alors qu'il eût fallu et qu il faudra, dans chaque branche de commerce et d’industrie, Içs adapter aux nécessités mêmes de notre vie journalière. Je me contenterai de vous citer à ce propos les modifications à apporter à la taxe des bénéfices industriels, et commerciaux et à la taxe sur le chiffre d'affaires.

Ârmate.urs> marins et pêcheurs :

Vous avez été les victimes des difficultés économiques nées de k guerre ; alors qu’une flotte commerciale prospère est absolument indispensable à k vie du pays. G- estun problème que j’ai souvent envisagé avec vous, car je fais, depuis longtemps, partie de la Commission de la marine marchande, dont j’ai même été rapporteur spécial à la Commission des finances . Avec vou s , je cou L inucraï mes efforts .

Patrons et ouvriers :

Je vous convie ensemble à l'œuvre mutualiste dont, vous le savez, ma famille et moi .nous avons toujours été, dans notre région, les ardents propagandistes. C'est par la nrntua- Mlé que nous voudrions: résoudre le plus efficacement, le plus sûrement et le plus dignement, l’important et difficile problème posé parles assurances sociales.

Aux pères de familles nombreuses, dont je suis, je continuerai d’apporter mon concours le plus dévoué, pensant avec eux à l'a venir do notre cher pays, dont 110s enfants auront la charge ; nous considérons la famille comme ,1a base fondamentale de notre , édifice social. Four nos enfants aussi, je continuerai à collaborer avec toutes nos œuvres d’enseignement et toutes, nos sociétés sportives*

Chers Amis,

De tout mon cœur et de toutes mes forces, je continuerai à travailler affectueusement avec vous pour le bien de tous, sans exception. Mon mot d’ordre reste toujours la devise inscrite sur nos monuments publics ; liberté, égalité, fraternité.

Vive la France !

Vive la République 1

Vive l’Âvranchin I

Luciek DIOR

ÀorïcD Ministre du Commerce et de l’Industrie.

Ancien président du Tribunal de commerce de Grandie* ' Conseiller général de la Manche.

Député sortant.

Circonscription de CHERBOURG*.

Page 1