M. APPELE
Élu au deuxième tour de scrutin, — - 8,150 voix*
Citoyens,
Lorsque les amis que je compte dans la circonscription de Cherbourg m'ont proposé de’ me présenter aux élections législatives, jTai accepté sans hésitation , et cela, pour des raisons à là fois politiques et locales.
La circonscription de Cherbourg a toujours été républicaine ; au temps du scrutin d'arrondissement, elle envoyait régulièrement au Parlement^ avec des majorités croissantes* un grand républicain : Albert Mahieu, qui siégeait à la Chambre, au Groupe républicain socialiste, où je siégerai moi-même, si vous me donnez votre confiance.
La prospérité de la région est étroitement liée au développement du port- de guerre et du port de commerce, installés dans la magnifique rade de Cherbourg, développement qui présente, en même temps, un très grand intérêt national. Il y a là une œuvre à accomplir à laquelle je m-attacherais passionnément si j'étais chargé de vous représenter au Parlement, et que je crois être particulièrement qualifié 'pour mener à bien par mes connaissantes de marin et par l'expérience que j'ai acquise des rouages administratifs et du travail parlementaire au cours de quatre années de collaboration continue avec un des grands hommes d'Etat dè notre époque.
Voilà les deux raisons pour lesquelles j'ai posé ma candidature dans la circonscription de Cherbourg.
Mon programme est le programme des vrais républicains.
Politique extérienre :
Je demande la continuation de la politique de paix et d'entente, entre les peuples, si nettement voulue par les électeurs en 1924 et1 poursuivie, depuis cette date, par tous les Gouvernements* à Genève, à Locarno*,avec Washington.
J'estime que la République française doit collaborer activement au développement de la Société des Nations; qu'elle doit s'efforcer de conclure de nouveaux traités d'arbitrage, de nouveaux pactes de non- agression, dans le cadre de cette Société. Lorsqu'un solide réseau de pactes et âe traités de ce genre sera établi, fhumamté aura fait un grand pas vers la paix definiti ve.
Politique financière :
Je demande la continuation de la politique financière actuellement en cours, politique dont les résultats heureux ne sont point contestés et ont été rendus possibles grâce à 1 union réalisée par M. Poincaré, avec le concours de MM, Pain levé et Ilerriot. Cette politique implique la consolidation progressive de la dette flottante, fa ménagement de la dette à court terme et la poursuite de l'amortissement.. Il faudra la concilier, dans 1 avenir, avec un aménagement plus équitable des impôts qui pèsent trop lourdement sur les travailleurs et sur les familles nombreuses, et une amélioration des modes de perception et de contrôle* Notamment, l'impôt sur le chiffre d'affaires, devra , partout où cela .est possible, être remplacé par une taxe unique
Enfin, j’estime qu’il faudra procéder, dès que les circonstances le permettront, à la stabilisation légale du cours de la monnaie, qui, seule, nous donnera la sécurité définitive.
Politique économique ;
Je soutiendrai toutes Les mesures propres à développer la production et les échanges : conclusion d’accords commerciaux de longue durée, modernisation de Tou tillage national, aménagement rationnel des forces productives, protection de l'agriculture, mise en valeur de notre domaine colonial.
Politique sociale :
J’estime que les lois de protection ouvrière doivent être maintenues, que le droit syndical doit être respecté.
Toutes îes mesures propres à améliorer le sort des travailleurs auront mon appui. Je demande la mise en application rapide de la loi des assurances sociales, une large politique d’habitations à bon marché, le développement des œuvres d'assistance et de prévoyance sociale j l’établissement des vacances payées pour tous les travailleurs, le développement des moyens d'instruction et de récréation.
Je suis partisan de Timpaitialité souveraine de l’Etat en matière de religion ou de philosophie, qui sont alïairc de conscience et non de gouvernement. Je demande donc le maintien de toutes les lois laïques, que le Gouvernement actuel a promis de faire respecter tant qn'iî serait au pouvoir.
J’estime que les familles nombreuses doivent être protégées, la natalité encouragée.
Mes camarades anciens combattants, les veuves et ascendants de ceux qui sont tombés pour la patrie et pour la justice ont, ai-je besoin de le dire, toute ma sympathie, et je ne tolérerai jamais qu’une atteinte quelconque soit portée à leurs droits.
Je défendrai les droits légitimes des retraités et pensionnés, qui ne doivent pas être oubliés lorsque T augmentation du prix de la vie oblige à relever les traitements.
Je soutiendrai toutes les mesures propres à encourager l’artisanat.
Défense nationale :
Les charges militaires du pays, si lourdes aux contribuables, doivent être réduites dans toute la mesure compatible avec la garantie de la sécurité nationale Je demande que les lois militaires récemment votées soient appliquées dans le plus délai possible de manière que, dès Tannée prochaine, la durée du service militaire soit réduite à un an.
Politique agricole :
La production agricole doit être intensifiée par l’abaissement du prix des engrais et des tarifs de transport, par la révision des tarifs douaniers.
Il faut doter les Chambres d’agriculture, qui rendent déjà d’importants services^ des ressources nécessaires à leur bon fonctionnement.
Je suis partisan du développement du crédit^ des assurances et des coopératives agricoles.
^ ns cri t s maritimes ;
Je ferai tous mes eflorts pour que le Sénat vote la loi Baudoin, déjà votée par la Chambre, qui améliorera, dans un sens juste, bien que d’une manière encore insuffisante, le régime des inscrits maritimes.
La durée du service militaire devant être prochainement réduite de six mois pour les hommes du contingent normal, il est indispensable, pour maintenir l’égalité, que la durée
du service des inscrits maritimes soit réduite également de six mois ou que de nouveaux avantages leur soient accordés en compensation.
Instruction publique :
L’organisation actuelle de renseignement public, laïque et obligatoire, doit être maintenue. Je suis l'adversaire de la proportionné! le scolaire qui tendrait à déposséder la nation d'un service national entre tous.
Je demande que les enfants du peuple, qui font preuve des capacités nécessaires, puissent accéder à renseignement secondaire et à renseignement supérieur, même si leurs parents sont pauvres.
Je suis partisan de la liberté de renseignement, à condition, toutefois, qu'on exige, pour renseignement libre, toutes les garanties nécessaires au point de vue de la valeur des professeurs et de l’organisation des cours.
Politique locale :
Je travaillerai de mon mieux au développement, comme grand port transatlantique, de Cherbourg, nettement délaissé jusqu’ici par le pouvoir central, alors qu’il pourrait et devrait être une source importante de richesses pour le pays tout entier.
Je défendrai les intérêts des agriculteurs de la région (tarifs de transport, liberté d’exportation, tarifs douaniers), je demanderai l’amélioration des chemins vicinaux et des routes, l’électrification des campagnes-
Je m’efforcerai de faire aboutir enfin le projet de ligne « Gherbourg-Carteret » avec embranchement sur Beaumont, grâce au concours simultané du departement, des mines de Diélefcte et de l’Etat.
Je défendrai l’arsenal de Cherbourg, dont le maintien est nécessaire à la défense nationale en même temps qu’à la prospérité de la région.
Je m’elïoroerai d’obtenir ramélioralion des petits ports de pêche.
Je demanderai le maintien de la garnison, la venue fréquente de navires de guerre.
Voilà, Citoyens, le sens dans lequel sera orientée mon action, si vos suffrages se portent sur moi.
Vive la République laïque, démocratique et sociale î
Pierre APPELE Candidat de concentration républicaine.
Circonscription de COUT ANGES,
M. BOISSEL - DOM DR EV AL Élu au premier tour de scrutin, ~ 15.919 voix.
Mes chers Concitoyens,
Depuis dix- h iiit ans, sans interruption, j’ai le grand honneur de représenter votre bel arrondissement à la Chambre des Députés*
En 1924, avec les électeurs du département, consacrant sur mon nom et sur celui de mes collègues, la politique de concorde et d’union, qui était celle de M. Poincaré, vous m'avez* élu premier de la liste avec 62.055 voix:
Le rétablissement du scrutin d'arrondissement, qui rapproche l'élu de l’électeur, vient resserrer plus étroitement encore les liens d’amitié qui nous unissent.
C'est donc en toute cou fiance que je sollicite de vos libres suffrages lé renouvellement de mon mandat.
Vous me connaissez. Mon programme est celui de P Alliance républicaine démocratique* Il n’a jamais varié.
Pendant cette dernière législature, je me suis attaché, avec tout mon dévouement à remplir fidèlement les engagements que j'avais pris envers vous, en m’inspirant avant tout des intérêts généraux et permanents de la Nation:
J'ai soutenu énergiquement les intérêts de l'arrondissement de Goulances et malgré d’innombrables difficultés, j’ai réussi à faire maintenir intégralement ses droits. Goulances est resté ïe chef-lieu judiciaire du département et a conservé son tribunal, sa sous-préfecture, sa recette des finances qui étaient menacés. J'ajouteVai toutefois queje n’ai fait aucune démarche en vue de la suppression des tribunaux des autres arrondissements;
Les travailleurs des villes et des campagnes ont toujours trouvé en moi un défenseur et un ami. J’ai voté toutes les lois tendant a améliorer leur sort, en particulier, la loi sur les assurances sociales, loi de solidarité humaine, qui protégera les ouvriers et leurs familles contre les risques do maladies. Fin validité et la vieillesse*
J'ai voté la réduction du service militaire à un an pour alléger les lourdes charges qui pèsent sur fe pays et afïn de ne pas retenir trop longtemps hors de leurs loyers les jeunes gens dont la présence est indispensable au développement économique du pays* J ai voté également toutes les mesures susceptibles d’encourager l'éducation physique et le développement des sociétés sportives*
J’ai constamment soutenu de mes votes le Ministère Poincaré, ministère d' Union nationale républicaine qui a sauvé le pays de la ruins.
Grâce â cette politique, la situation financière s'est profondément améliorée ; le budget a été fermement équilibré ; le crédit public a été rétabli ; T amortissement de notre dette acte largement pratiqué, le cours de nos rentes s’est considérablement relevé et la crise économique dont nous éLions menacés a été conjurée.
Ces résultats conditionnent et commandent toute une politique financière à F extérieur comme à fiintérîeur.
Le redressement monétaire de la France n’a pas seulement relevé son prestige a l’étranger, il a augmenté son influence et ses moyens d’action.
Briser l’Union, a dit M. Poincaré, ce serait non seulement tout compromettre, mais tout anéantir*
Aussi, pour permettre à l’éminent homme d?Etat, entre les mains -duquel reposent les destinées de la France, de redonner à notre pays sa prospérité d'avant guerre, il importe que dans: la prochaine Chambre, il soit assuré d une imposante majorité qui lui donnera l'autorité nécessaire pour mener à bien l'œuvre si bien , commencée et qwi ne portera ses fruits que grâee à une j)oliüqne d'union, d'apaisement et de justice*
Mes chers Amis,
C'est à cette politique que je vous demande de vous rallier une fois de plus*
Ma première préoccupation sera de soutenir avec ,1a plus grande énergie les Interets sacrés de ceux que Ton a appelés si justement les premiers créanciers de ta nation : les anciens combattants, les mutilés, les réformés, les prisonniers, les veuves de guerre, les ascendants, les orphelins de.ceux qui sont tombés pour le salut de la Patrie* Jamais on ne fera assez* pour toutes les intéressantes victimes de la guerre et pour la réparation du dommage matériel et moral qui leur a été causé*
° Partisan de toutes les libertés: liberté de conscience, liberté religieuse, liberté de renseignement, liberté individuelle, je désire voir tous les français fraternellement unis dans le respect sincère et loyal des croyances et des opinions de chacun*
L'agriculture, principale source de richesse de notre arrondissement, sera toujours p objet de mes constantes préoccupations* J'ai voté tous les tarifs douaniers nécessaires à sa protection. Je m’emploierai activement à faire diminuer dans l'avenir les lourdes charges qui la grèvent, et à favoriser l'élevage par P attribution de primes importantes et la recherche de débouchés pour l'exportation des produits agricoles* homme en 1924, je continuerai à défendre les droits des bouilleurs de cru ; car d est légitime que le producteur puisse tirer parti de la surabondance de sa récolte.
En ce qui concerne le droit d'entrée sut le cidre- dans nos petites villes, je mefTotcerai d obtenir P exonération pour les quantités nécessaires à la consommation des habitants, afin que l'ouvrier, le fonctionnaire et le petit commerçant puissent se procurer la boisson nécessaire pour eux eL leur famille sans être obligés d'acquitter des droits vraiment prohibitifs.
Le commerce et l'industrie qui, avec l'agriculture, constituent les sources de prospérité d'une nation, peuvent être assurés de mes constants efforts. Je sais que ces deux branches sont surchargées d'impôts. Aussi je ne négligerai aucune occasion pour arriver par la révision du mécanisme fiscal à une meilleure répartition des contributions qui frappent le commerce en général* Ayant voté l'importante loi sur la propriété commerciale, je suivrai avec intérêt les indications des groupements commerciaux pour la sauvegarde de leurs droits légitimes*
Les marins, les fonctionnaires, les retraites trouveront toujours en moi, comme par le passé, un défenseur résolu de leurs justes revendications lorsqu elles ne seront pas susceptibles de porter atteinte à l'équilibre financier.
Notre réseau routier esL dans un état déplorable faute de crédits suffisants et de bonne utilisation de la main-d'œuvre* J’étudierai, d'accord avec mes collègues, les moyens do remédiera cet état de choses si préjudiciable aux usagers et au bon renom de notre belle région*
Soucieux particulièrement de nos devoirs sociaux, je continuerai à voter toutes les lois favorables aux travailleurs et a soutenir toutes les mesures permettant de faciliter la création d'habitations à bon marché, d'encourager les familles nombreuses, de combattre la mortalité infantile, la tuberculose et tous les fléaux qui diminuent la population — ~ son accroisse me ululant une question.de vie ou de mort pour la France après les pertes qu'elle a subies*
Mes chers Amis,
Si vous me faites l'honneur de me maintenir votre confiance vous me retrouverez au lendemain du scrutin ce que je suis demeuré, le député de tous, l'ami de tous*
Toujours prêt à rendre service, j’emploierai toute mon activité à soutenir vos revendications.
Je serai toujours et de tout cœur à la disposition de ceux qui auront besoin de moi. Tous aux urnes. Pas d'abstentions.
Plus vous m'aurez donné de suffrages, plus j’aurai de force et d'autorité pour vous représenter dignement au Parlement,
Veuillez agréer, mes chers amis, l'assurance de mes sentiments bien cordialement dévoués.
Vive P arrondissement de Goutances 1 Vive la République !
E. BO ISSE L- D OMBREVAL
Député sortant.
Vice-président du Conseil général de la Manche.
Président de la Société d’agriculture de l'arrondissement de Goutances. Membre des Conseils supérieurs de Fagriculture et de la marine marchande.
Ancien maire de Goutances.
Candidat républicain.
Circonscription die MORTAIN.