MARNE
Circonscription de CHALONS-SUR-MARNE.
M. MARGAINE
Elu au deuxième tour de scrutin. — 10.096 voix.
Mes chers Concitoyens,
La législature qui vient de finir a été caractérisée, à ses débuts, par l’assaut toujours plus vif des gros intérêts industriels et financiers contre l’État qui a été organisé par la démocratie, et, finalement, par le triomphe des puissances de réaction et d’argent dont les manœuvres et les campagnes de panique ont abouti à la chute des Gouvernements républicains issus du verdict prononcé, le 11 mai 1924, par la nation souveraine.
Ceux qui avaient poussé la France au bord de l’abîme exigèrent, ensuite, pour lui venir en aide, de nombreuses rançons qu’il fallut consentir et qui eurent pour conséquence la hausse continuelle du prix de la vie.
Notre pays républicain ne peut pas admettre que de telles influences, de telles prépondérances brisent la démocratie.
Le suffrage universel le fera savoir.
C’est pourquoi, en ce moment, les puissances en question cherchent à dominer le suffrage universel en menant violemment une dispendieuse campagne électorale par journaux, tracts, affiches, contre les forces républicaines de gauche. L’enjeu, c'est la possession du pouvoir et l’exploitation sans frein ni contrôle de la production, de la moyenne industrie, du moyen commerce, du consommateur français.
Les républicains doivent répondre à l’attaque en disant franchement au corps électoral ce qu ils veulent.
La politique économique :
îSous sommes sc paies du socialisme en ce que nous n'avons jamais admis que la production puisse être dirigée par la collectivité. L’expérience russe est pour nous démonstrative sur ce point.
Mais nous proposons l’union étroite de tous les industriels d’une même branche de la production, telle qu’eux-mêmes la désirent, à la condiLion, toutefois, que l’État y soit i epresenté et puisse j être, au besoin, un arbitre entre les intérêts opposés des industriels, tes salariés, des consommateurs. Et nous pensons que, dans de grands services publics tels que les chemins de fer, l’Etat doit être plus qu’un arbitre et doit avoir un rôle actif.
1 faut souligner, toutefois, que l’ère des monopoles d’État bureaucratiques, issus des nécessites du passé, est dose. Leur exploitation ne peut, à mon sens, être utilement
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poursuivie que par des industriels et des commercants groupés en société, en régie intéressée «et à condition que la direction de l’entreprise reste en des mains exclusivement françaises.
La laïcité de l'enseignement ;
La laïcité est partie intégrante de notre programme. L’exercice des cultes est libre : l’État le protège à l'intérieur de l’église ou du temple et lui permet de se manifester au dehors sous celte réserve que Tordre publie n’en sera pas troublé.
La laïcité est, pour nous, condition primordiale de l’enseignement. L’enseignement de la religion est nettement distinct de renseignement laïque qui doit être strictement neutre et qui constitue pour l'Etat un devoir et un droit.
Nous voulons supprimer la distinction entre l’enseignement primaire et l’enseignement secondaire en appliquant à ce dernier la gratuité, selon les possibilités financières, pour que tout enfant puisse parcourir tous les degrés de l’enseignement selon ses capacités intellectuelles et non selon sa situation de fortune. C’est l’école unique.
L’enseignement doit être assoupli au milieu où il se donne. Dès lecole normale, le ieune instituteur doit être pourvu des connaissances spéciales qu’il lui faudra inculquer aux enfants dont la formation lui sera confiée.
L’enseignement post-scolaire sera le prolongement de l’école pour l’enfant qui voudra se spécialiser.
Les assurances sociales et l’agriculture :
Les assurances sociales viennent d entrer dans la voie de la réalisation. La solution apportée à ce .difficile problème n est ni complète, ni parfaite : car elle laisse de côté le chômage et ne résoud, actuellement, que les cas de maladie, d’invalidité et de vieillesse il faudra s’occuper aussi du chômage ; il faudra mettre au point les solutions adoptées déjà en profitant des leçons de l’expérience. Pour l’agriculture, il sera nécessaire d’étudier sérieusement une adaptation de la réforme à sa situation particulière. Maïs, en dépit de ce qu’à prétendu le Parti conservateur, il ne fallait pas, dès l’abord, laisser le salarié rural en dehors de la loi. On comprend que c’eût été aggraver le problème de la main-d’œuvre agricole et placer nos cultivateurs dans une situation impossible. En ce qui concerne l’agriculture, les assurances sociales inciteront celle-ci à parfaire son organisation; avec ses syndicats, son crédit mutuel, ses assurances, l’agriculture deviendra une magnifique force nationale et s’érigera définitivement eft solide armature de la République.
La défense nationale :
La défense nationale doit être toujours un de nos principaux soucis. H faut la fondre dans la vie du pays, limiter le séjour clans Tannée active au temps strictement utile pour apprendre le maniement des armes, organiser la mobilisation de l’industrie elle-même qui doit être prête à tout événement
Noire organisation militaire ne doit être que défensive. Il ne Tant pas qu’elle laisse croire à des intentions belliqueuses. Nous devons rechercher les collaborations avec toutes te nalions dévouées à la paix et qui comprennent les dangers d’une politique d’impérialisme i s Penso,,s que les peuples ont le droit de se gouverner à leur gré et nous voulons entretenir des relations d’amitié avec chacun d’eux, quelle que soi! la voie dans laquelle
sons sa responsabilité, chacun d’eux s’est engagé dans ses propres frontières à la recherche ÜU progrès.
La stabilisation :
La France, comme tous les peuples, a le plus grand besoin d’une monnaie définitivement ^me, c est-à-dire convertible en or. La stabilisation de notre franc doit être faite maintenant et au laux actuel.
L’opération sera difficile. Pour la. mener à bien, noire institut d'émission, la Banque de France, a besoin de reprendre la maîtrise économique de notre pays, en dépit des puis^ sauces financières et industrielles que 1 on a laissé s installer et grandir chez nous.
La stabilisation consacrera une perte définitive pour les créanciers de l’État. 11 est impossible de dire, sans une étude approfondie, quelle compensation pourra leur être offerte. Mais la question ne peut être résolue par le simple silence.
La politique financière et la fiscalité ;
Notre système fiscal ne peut rester dans l’état dfimju&tiee où il est. Chacun doit payer selon ses facultés contributives. Ce principe démocratique est, actuellement, méconnu. Les impôts indirects, les impôts de consommation qui échappent a toute progressivité et contribuent tant à la cherté de la vie, devront être modifiés et réduits. On devra leur substituer une fiscalité plus équitable et qui atteigne non le travail et la richesse en formation, mais la fortune acquise selon la promesse faite et qu il faudra tenir.
Le sacrifice demandé par la laxe à la première mutation est une erreur à corriger. C’est un impôt inique, gênant, et qui ne rendra pas.
L'amortissement de la dette a etc exagéré et a nécessite des impôts infiniment trop lourds, Ï1 faudra rendre, par une diminution sensible, du montant, cette opération plus supportable pour les générations actuelles déjà si accablées,
La fraude considérable à laquelle donne lieu le fonctionnement très imparfait et trop sommaire de l’impôt sur le revenu, devra être réprimée. Elle sera impossible si I on organise le cadastre de la fortune mobilière comme on n’a pas craint d’organiser le cadastre de la fortune immobilière.
Une refonte du système fiscal sera donc la première tache de la prochaine législature.
La question sociale :
La question du logement est restée en suspens parce que les difficultés financières l’ont arrêtée. 11 faut la reprendre sans retard, car elle est vitale pour notre population ouvrière. H n’y a pas de calme dans l'esprit de celui qui se heurte à la difficulté, de se loger, lui et sa famille.
Il faut aussi à l’ouvrier des. garanties de dignité, de moralité, d indépendance que lui apportera le perfectionnement, selon la justice et le progrès, du Code du travail.
Les familles nombreuses, les victimes de la guerre, les fonctionnaires :
La solution démocratique de la question sociale, sous toutes ses faces, est, on le comprend, condition de 1* accroissement de la natalité. Celle-ci doit être encouragée en accordant aux familles nombreuses, avec toute la sympathie de la nation reconnaissante, non des faveurs, non des privilèges, mais leurs droits, tous leurs droits à la solidarité la plus effective*
Les droits de ceux qui ont sauvé la France, au péril, de leur vie, ne seront jamais forclos. En particulier, i’iïtat ne devra pas mettre brusquement sur le pavé ceux quii emploie maintenant; il ne devra pas non plus négliger les droits de ceux qui ont souffert la captivité.
À nos fonctionnaires, nous devons rendre la situation qu'ils avaient avant la guerre. Ec droit qu’ils ont de discuter ensemble leurs intérêts communs ne doit pas plus leur cire refusé, à eux, qu’aux autres citoyens et ne doit pas être subordonné à un sLatut qui ne saurait, du reste, être le même pour tous les fonctionnaires de toutes les catégories et qui doit varier avec chaque administration
La souveraineté de la démocratie ;
Le 22 avril, la démocratie va affirmer son indépendance et *a souveraineté.
Un peuple qui veut diriger ses destinées doit savoir les pénétrer et ne pas s'en remettre ■ï un maître du soin d'accomplir cette tâche à sa place. Le fascisme est considérablement éloigné de la République, même s'il en prend le nom, même s il a à sa tête un homme populaire*
Demain îa République, de ‘nouveau solidement établie sur le scrutin d'arrondissement, * contre lequel la réaction s'est prononcée, n’aura plus rien à craindre, ni des fauteurs de troubles ni de ceux qui, pour atteindre Vin dépendance de la démocratie, n ont i pas i hésité à s attaquer même au crédit du pays*
Mes c hc rs G o n e i t o y eus.
Vous connaissez mon prograrnine dans ses grandes lignes et ses principes: C'est celui du Parti républicain, radical et radical-socialiste, C'est de ces principes que je ne cesserai, de ni1 inspirer, selon ma conscience de serviteur de; mon paya et de la démocratie, pour la solution de toutes questions qui surgiront au cours de la législature. Vous: avez fait l’épreuve de mon dévouement fidèle à la France, à îa République, aux intérêts châlonnais et menehildiens maintenant réunis* Ce dévouement, je le mets encore à votre: entière disposition et, si vous me continuez votre confiance, qui ne ma jamais fait défi ut, à la disposition de’ la France et de la République.
A uni hü MAR GAI NE
Député sortante
GunKdat.de la Fédération dc& gaaebes;
Circonscription d'ÉFERNAY.
MriFGRGEQT
Élu au deuxième' tour de; scrutin* — 1^:353 vok*
Citoyens*
Vous êtes appelés, le 32 avril prochain, à nommer le député d’ÉpernayP
Ma candidature, mise en avant dams le canton d'Anglure, a reçu air Congrès du ) 5 février, l'assentiment des militants républicains radicaux et radicaux-socialistes de 1 atv rondissenient,
Si, comme je l'espère, vous me faites confiance à votre tour, j’aurai pour premier devoir de défendre énergiquement vos intérêts* Des problèmes agricoles et viticoles — après deux années déficitaires — vous préoccupent particulièrement. AiLje besoin de vous dire qu'ils ne me sont pas inconnus?
En communauté de vues avec vos représentants municipaux et cantonaux, dont je sais le dévouement ; en complet accord avec votre éminent sénateur, mon ami M* Henri Merlin, j’ai la certitude que nies relations personnelles avec îa plupart de ceux qui sont susceptibles de diriger la politique de notre pays, me permettront de vous être utile mieux qu’en bonnes intentions*
La paix :
On ne représente bien sa petite patrie qu'en ayant toujours devant les yeux les intérêts permanents de la grande : la France.
Ils se confondent avec les plus nobles aspirations 'de tous les peuples pour F obtentionde ce bien suprême : la paix.
Ce n'est pas dans la Marne qui en a si longtemps connu les horreurs, qu'il est besoin de prêcher la haine sainte de la guerre.
Je m'honore d’avoir été au Parlement, eu pensant à mes enfants et aux enfants des autres, un bon ouvrier de la paix. Elle n'est possible, suivant moi, que par la création d’un état d'esprit de bonne volonté et de compréhension réciproques, doublé et soutenu par l'organisation minutieuse et serrée des procédures internationales : arbitrage obligatoire sur toutes les questions, pacte de garantie, contrôle et sanctions de plus en plus énergiques de la Société des Nations.
Telle est la seule voie qui mène à la paix. La France, avec une foi agissante et résolue, qui fut celle de Léon Bourgeois, y doit guider l'humanité.
Le franc eL la situation financière :
La crise du franc a constitué, dans îe domaine monétaire, un ultime effet des effroyables bouleversements de la guerre.
One guerre même victorieuse ne paie pas: elle ruine.
Les centaines de milliards qu’il a fallu dépenser pour se battre, puis pour reconstruire les régions dévastées, ne pouvaient pas ne point amener une baisse sensible de la valeur du 'franc. À cette cause initiale et formidable sont venues, depuis 1919, s’ajouLer les fautes financières et politiques de toutes sortes. En mai 1924, la situation était très grave ; au mois de juillet 1926, on était au bord de l'abîme.
C'est l’honneur du Gouvernement actuel d'avoir compris que l'heure des récriminations était passée, qu i! fallait s'unir, adopter un plan et l'exécuter farouchement* La logique, le bon sens, les résultats obtenus, dictent la politique à suivre. Il n'y en a qu’une : achever. Je conçois cet achève vement dans le maintien au pouvoir du Gouvernement actuel, recevant de la consultation nationale l'indication très nette d'avoir à réaliser le plus tôt possible la stabilisation légale du franc sur la base de la stabilisation de fait maintenue depuis plus d'un an.
Ce résultat acquis, il conviendra de mieux répartir les charges fiscales, de dégager et de soulager le travail dans toute la mesure possible; notamment, en admettant, à la base de l'impôt cédulaire sur les bénéfices agricoles, viticoles, industriels et commerciaux de tous les producteurs et commerçants de condition modeste, les abattements que commande la plus stricte équité.
Pour que les charges de la nation deviennent plus tolérables, il faut que tous, ouvriers, industriels, commerçants, cultivateurs, vignerons deviennent plus riches* Augmenter la production sous toutes ses formes, créer de la richesse, accroître la prospérité de la France et de ses Colonies en s'inspirant des méthodes et de l'exemple américains ; voilà le mot d ordre le plus intelligent d’une politique réaliste moderne.
L'Union nationale et la politique de l'avenir :
L'Union nationale telle qu'elle a été réalisée par le Ministère actuel est nécessaire dans les heures de crise. Mais elle ne peut être une formule permanente et définitive* Quand le danger monétaire sera écarté, il faudra revenir à une politique s'appuyant sur une majorité unie, solide, stable, dont le Parti radical-socialiste sera l’élément principal et qui comprendra sur la gauche de ce parti et sur sa droite tous les parlementaires donnant leur adhésion a un programme positif, et résolus, pour l'exécuter, à prendre leur part de responsabilité véritable, c'est-à-dire leur part de pouvoir.
Profondément attaché à la République que je place sur le même plan que la patrie; fidèle à la laïcité de l'État, qui, dans le respect absolu des consciences, doit observer une loyale neutralité entre les croyances; à la justice fiscale dont les modalités d application devront être améliorées /mais dont le principe, l’impôt sur le revenu ne saurait être atteint; k la législation sociale qui poursuit la collaboration de plus en plus équitable du capital et du travail; à l'organisation de la paix par les procédures internationales qui, seules, sont susceptibles de l'assurer, je ne puis admettre sur ces points essentiels d'un programme républicain, ni hésitations, ni arrière-pensées, ni regrets du passé.
Je ne suis pas moins opposé aux théories fausses et dangereuses de la lutte de classes, de la propriété collective, d’un mouvement de force et de la dictature d’où qu’elle vienne.
Je ne connais qu'un maître : le suffrage universel.
La propriété que chacun peut transmettre librement à ses enfants m'apparaît l'aiguillon même du travail et de l’effort humains. La Déclaration des Droits de l’Homme a supprimé les classes. Il n'y a que des citoyens.
Par ailleurs, l'instruction à tous les degrés doit être gratuitement ouverte à loutes les intelligences. Ainsi la possibilité pour chacun d’accéder librement en proportion de ses dons et de son travail, à la fois au droit de propriété sous toutes ses formes, et aux plus hautes situations publiques et privées, réalisera dans une nécessaire et fortifiante émulation humaine, le maximum de justice sociale possible et désirable.
Toute profession de foi n'est qu’une esquisse.
Le but de la politique est une organisation plus intelligente, plus belle, plus juste, plus, attrayante de la vie en commun. On y atteindra par étapes successives, C est la générosité de cœur et d'espril qui les facilitera. Je ne conçois pas sans elle 1 esprit républicain»
Fidèle au souvenir de mon père qui, trente années durant, comme maire et conseiller général; s'est efforcé d'être un homme juste et de bon conseil; m inspirant de son exemple, j'essaierai, si je suis votre éîu, de vous être utile, de vous représenter, au sens eleve du mot, et dans la mesure de mes forces, de vous faire honneur.
Pierre FORGEOT
Maire d’Auglure* “ Ancien Député de la Marne. C an di dat r èp uh I ica în- bqci al i a te *
lr& circonscription de REIMS,
M. PO rr TE VI N
Elu au deuxième leur de scrutin, — 8.730 voix.
Pan deux lois, eu Î919 et en 1921, les : électeurs du département de fa Marne m’ont honoré de leur confiance. Je viens demander aux électeurs de la première circonscripiioii .de Reims de me la renouveler.
L'œuvre qui s’impose; à la Chambre de demain est très vaste. À la réaliser,, j y mettrai tout mon cœur de républicain et de champenois.
Entre les différents programmes qui s’affrontent, il faut choisir :
Ou la réaction, avec tout ce qu elle compte de partis rétrogrades camouflés sous une fausse épithète républicaine.
Ou la révolution, avec -ses conséquences de bouleverse ment social.
Ou, enfin, la véritable démocratie, toujours cri marche vers le progrès, dans Tordre, la justice et la Jiberto.
Fidèles à leur programme démocratique, les associations républicaines radicales et socialistes de la première circonscription de Reims ont choisi. Elles ne veulent ni la réaction, ni la révolution* Elles m’ont désigné pour défendre et faire triompher la véritable démocratie.
Politique financière :
De la question financière dépendent tous les problèmes politique?, économiques et
sociaux.
Nul ne contestera que la situation financière est aujourd'hui meilleure et plus stable qu'elle ne Tétait en juillet 1926, Ces résultats sont dus, incontestablement, à la collaboration loyale et au concours désintéressé qu'ont apportés radicaux-socialistes et républicainssocialistes à l'œuvre entreprise par le cabinet de M, Raymond Poincaré, qui n'a fait que poursuivre heureusement celle des gouvernements qui l'ont précédé et auxquels le concours des droites a toujours fait défaut.
Mais, si améliorée que soit la situation financière, elle nJest pas entièrement rétablie. Elle ne peut l'étre que dans le cadre d'un système fiscal basé sur la justice,
Avant tout, il faut :
Réaliser la stabilisation légale dans le plus bref délai et mettre ainsi notre monnaie nationale à 1 abri des luttes politiques et des manœuvres spéculatives qui peuvent toujours se produire ; transformer progressivement la dette flottante et la dette à court terme î amortir rigoureusement nos dettes intérieures et extérieures et. assurer le contrôle des grands établissements financiers et des monopoles de fait.
En ce qui concerne les impôts qui, aujourd’hui, frappent trop lourdement les classes laborieuses, il est indispensable de les adapter aux facultés de chacun par :
En meilleur aménagement de l’impôt progressif sur les revenus ; une diminution du
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montant de l'amortissement beaucoup trop élevé ; une simplification et une modification des impôts payés par les agriculteurs et les commerçants basés trop souvent sur des évaluations erronées ; une discrimination entre les revenus du travail et ceux du capital ; une élévation des dégrèvements à la base; un abaissement des taxes de consommation ; une transformation de l’impôt sur le chiffre d'aftaires en une taxe à la production sur les produits manufacturés ; une augmentation de l’impôt sur les successions des grosses fortunes ; une répression rigoureuse de la fraude fiscale et la prédominance de l'impôt direct sur l'impôt indirect.
PoliLique économique :
L’avenir économique de notre pays est subordonné à un certain nombre de conditions :
Intensification de la production et des échanges ; accords commerciaux à longue duree ; protection de l’artisanat et développement du crédit immobilier; statut légal du Conseil national économique ; allégement des droits de transmission et de mutation sur les fonds de commerce ; création de tribunaux d’arbitrage fiscal ; réduction des droits de vérification des déclarations à trois ans au lieu de cinq ; réalisation de la propriété commerciale intégrale ; droit* de contrôle de Y Etat sur les cartels et les trusts ; maintien et réorganisation des monopoles de l'Etat dans le sens industriel et commercial ; rationalisation des moyens do production.
Politique sociale ;
À la législation sociale actuellement en vigueur, il importe d'apporter un certain nombre de mesures complémentaires, notamment :
La ratification:! de toutes- les -conventions- internationales, du travail ; rassimilütion-des mutilés- du travail aux mutilés de guerre ; la création de F as $ u ran ce- eh © m a ge ; la généralisation du sursalaire familial ; F organisation légale des congés obligatoires et- payés ; la reconnaissance loyale et complète du droit syndical des fonctionnaires (parallèlement au vote d'un statut) ; l'aménagement du contrôle ouvrier ; l'amélioration des lois d’assistance,, d’hygiène el de protection de l'enfance ; la création d'un Office national du logement faci~ lilard la construction d'habitations à bon marché ; la mise en application de la loi des assurances sociales en accord avec les aspirations de l’agriculture, en tenant compte des organisations agricoles existantes perfectionnées dans ce. but et dans- le cadre de la mutualité ; l'octroi de multiples avantages fiscaux et pécuniaires aux familles nombreuses le vote par le Sénat des lois relatives, aux retraites des fonctionnaires dép ai temenlaux et communaux et la péréquation des traitements, y compris ceux des cheminots, et celle des pensions, déjà accordées.
Politique intérieure :
L'intangibilîté des lois laïques doit être maintenue et leur application strictement surveillée. Aucune atteinte ne devra être portée aux lois fondamentales de 1901 et 1 905.
Rendre effective l'obligation scolaire, étendre l'enseignement post-scolaire, ouvrir à tous ceux qui le méritent Faccês à F enseignement secondaire et supérieur par la gratuité de 1 enseignemen t à tous les degrés et réaliser ainsi l'école unique, tel est le progrrmme que les républicains devront faire adopter au cours de la prochaine législature, sans omettre le développement de F enseignement technique et professionnel.
En cc qui concerne les victimes de la guerre: mutilés, anciens prisonniers, ascendants^ veuves, orphelins, otages et victimes civiles, il conviendra de compléter la législation en parachevant la réparation intégrale qui leur est due: et en tenant compte des légitimes revendication! présentées par le congrès de la France meurtrie.
Il faut également envisager la suppression de toutes les juridictions et de tontes les lois d’exception.
Pour les sinistrés elles communes, il y aura lieu de poursuivre le règlement definitif et rapide des indemnités qui leur sont dues et favoriser ainsi Ja reconstitution des régions dévastées*
An point de vue sportif, un vaste programme de vulgarisation, d'encouragement et de subventions doit être élaboré.
Politique agricole et viticole :
Par leurs syndicats* leurs mutuelles, leurs associations, leurs unions, leurs coopératives eL leurs caisses de crédit, l'agriculture et la viticulture connaissent les bienfaits d’une organisation professionnelle. Elles méritent d’être encouragées dans cette voie, 11 est nécessaire de doter les offices agricoles et les chambres d’agriculture d’un budget suffisant pour leur permettre de mener a bien V oeuvre pour laquelle ils ont été créés.
Une politique des engrais à bon marché et de réduction des transports s'impose, comme aussi bien la sélection des semences doit être encouragée.
J1 faut encore parfaire P électrification des campagnes, les adductions d'eaux potables et le réseau de voirie départementale, communale et vicinale.
Au point de vue de la. défense viiieole, il faut organiser la répression des fraudes parla création d’agents spécialisés en matière d'appellation d’origine et f institution d'un office international.
Plus spécialement, eu Champagne, le développement des organisations syndicales et coopératives doit être favorisé ei des moyens pécuniaires devront être mis à leur disposition par ^intermédiaire du Crédit mutuel agricole, dont la dotation serait sensiblement augmentée.
Quant à la question des vins mousseux fabriqués eu Champagne viticole délimitée* j’estime, après l’avoir mûrement étudiée dans toutes ses conséquences, que cette fabrication doit êLre interdite dans un délai à déterniiner dans l'intérêt du vigneron, de la viticulture champenoise, en général, et même du commerce de champagne.
Citoyens,
La réalisation d’un tel programme ne peut se faire que dans la paix.
Il faut que des accords internationaux règlent définitivement les dettes de guerre sans que, dans aucun cas, les arrérages que nous devrons verser à nos alliés d’hier n’excèdent le sommes qui nous seront payées par nos anciens ennemis.
Une politique de réconciliation et de rapprochement franco-allemand est nécessaire, tout en garantissant l’application stricLe et loyale du plan Dawes,
Sans rien sacrifier de la sécurité de notre pays et de notre défense nationale, il faut se préoccuper de réaliser la mise en application du service d’un an, au plus tard à la date prévue par la loL
La garantie de l’intégrité territoriale eL de la sécurité de toutes les nations ; la réduc-^ lion des forces militaires terrestres, navales, aériennes : première étape vers le désarmement général ; la mise hors la loi de la guerre, voilà le programme de paix de demain.
Nous sommes à l’aurore d’un temps nouveau.
Alors que tous les peuples tentent de se rapprocher, dans le cadre de la Société des Nations, les électeurs sc doivent à eux-mêmes de choisir des représentants fermement décidés à continuer la politique de pacifisme inaugurée depuis quatre ans.
En participant franchement à la réalisation de la paix définitive dans le monde,! a France se montrera ce qu’elle est: la France de la liberté, la France de F égalité, la France de la fraternité.
Vive la République une et indivisible 1
Gaston POITTEV1N
Pr opri é taire-v ïgn erori .
Conseiller général. — Député sortant.
2* circonscription de REIMS.