‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 170 sur 336 · M, FRINGANT · texte numérisé non relu

M, FRINGANT

Élu au premier tour de scrutin* — 6*374 voix.

Mes chers Concitoyens,

Vous êtes appelés, le 22 avril prochain, à faire choix d?uu député. Je vous demande* avec confiance, ie renouvellement du mandat que vous m'avez accordé, pour la première fois, en 1914,

Le retour au scrutin uninominal a rendu k la circonscription électorale d autrefois ta vie propre et son aspect familial. Dans le cadre plus intime de Larron disse ment, les hommes se pénètrent mieux et se connaissent davantage, les convictions se précisent sans effort, et le sentiment populaire se manifeste avec une clarté plus avertie*

G est donc avec une profonde satisfaction que je reviens au berceau de ma carrière politique et à mes fidèles électeurs du Toulois*

Mes chers Concitoyens,

Tous, vous me connaissez. Tous, vous savez que, par mes origines, j’ai toujours été un républicain et un démocrate convaincu. L’expérience de quatorze années de vie parlement taire n’a pu que me fortifier dans ces convictions, et, demain comme hier, je défendrai les principes formulés dans la « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen », qui constituent l’armature morale de la République.

La situation financière !

Le problème qui domine tous les autres est celui de notre redressement financier, Une France prospère vaut mieux que la rivalité des partis. J'ai soutenu de mes votes, dans son œuvre remarquable, notre éminent compatriote, M. Raymond Poincaré, ainsi, d’ailleurs, que je Lavais déjà fait en 1923-24* Je devais d’autant plus mon appui à son Ministère d\< Union nationale et républicaine » que celui-ci n’était pas L expression d’un pacte politique, mais la coordination même de toutes les énergies et de toutes les intelligences susceptibles de ramener la confiance et de sauver notre franc menacé.

La politique intérieure :

Il reste à achever l’œuvre entreprise, en espérant qu’ une valorisation nouvelle de la monnaie sera possible, jusqu’à la stabilisation définitive, qui permettra ensuite un remaniement rationnel et un allégement des impôts*

Pour parvenir à ce résultat heureux, dont dépend notre prochain avenir, il est. indispensable que rien ne vienne troubler la paix publique et la concorde entre les français.

D’un côté, il est nécessaire de réprimer vigoureusement les menées anarchistes des doctrinaires du communisme, qui sont beaucoup moins des idéalistes convaincus que des sectaires avides de désorganisation et qui prennent leur mot d ordre à 1 etranger, pour saper nos institutions démocratiques*

De L autre, i! serait inadmissible que les questions confessionnelles fussent mêlées à a politique. Pour moi, partisan delà paix religieuse, et respectueux de la liberté de conscience,

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je m’efforcerai d'éviter les polémiques irritantes' sur les questions d'enseignement et de l5 exercice du culte.

^cms avons mieux à faire que de froisser les susceptiblités et d'alimenter d'inutiles querelles* Groupons-nous, au contraire, autour de la devise républicaine ; paix, solidarité,

travail*

La politique extérieure :

Noire éminent Ministre des Affaires étrangères, M. Briand, a su, avec une rare maîtrise et une dignité généreuse, qui ont fait l'admiration des milieux diplomatiques, créer, à Loearno et à Genève, une atmosphère de conciliation internationale et de sympathie pacifique qui s’exprime chaque jour en de nouveaux accords destinés à consolider la paix européenne et à écarter les risques de guerre. C'est assurément dans cette voie que la France, victorieuse dans la guerre du droit, poursuivra sa marche civilisatrice pour le plus grand profit de l'humanité.

L'armée :

Cette politique pacifique doit, au surplus, s'appuyer sur une organisation militaire solide, adaptée à l'industrialisation de la guerre moderne, qui a modifié les méthodes d’instruction, de recrutement et de mobilisation des classes.

C’est pourquoi, mes collègues de la Commission de l'armée et moi-même, a vons préparé les lois militaires nouvelles dont les dispositions sont un acheminement vers le service d un an et qui, sans nuire à la sécurité du pays, permettront une meilleure utilisation economique des forces vives de la jeunesse.

L'enseignement :

La neutralité de l'école publique est le corollaire de sa laïcité et l'expression de 1 esprit scientifique moderne. Sur cette réserve de principe, le père de famille doit rester entièrement libre de guider la formation morale de ses enfants, et de leur faire donner I instruction religieuse qu’il a choisie*

Les réformes à l'étude, et dont j’approuve entièrement l'objet, doivent permettre aux enfants de Fccole primaire d’accéder directement a l’enseignement second aire , qui deviendrait gratuit. Ces dispositions doivent marquer un progrès nouveau dans la sélection par le seul mérite, à l'exclusion de la faveur, de toutes les capacités naturelles, pour le plus grand bien du développement intellectuel et moral de la nation.

Les œuvres sociales :

Les relations du capital et du travail constituent un problème dont la solution, pour le bien commun, ne peut être trouvée que dans une collaboration courante* Le bonheur du peuple ne sortira pas des grèves et de la misère, mais d'une organisation économique qui procure à chacun tout le bien-être compatible avec le libre développement de sa personnalité et de sa valeur individuelle.

Nous avons voté les assurances sociales et pris des dispositions destinées à supprimer progressivement les taudis, je m'attacherai tout particulièrement à soutenir les dispositions en faveur des familles nombreuses, pour lutter contre le fléau de la dénatalité, qui constitue une menace si grave pour l'avenir de la race, comme i le relèvement des allocations famL liâtes, les prîmes à la natalité, les pensions aux veuves mères de trois enfants.

L'agriculture :

La richesse agricole du pays demeure la base de sa prospérité. Le relèvement de la France dépend, en grande partie, d’un meilleur rendement productif de son sol. Pour y

parvenir, U est nécessaire de facüiler le remembrement des terres, de maintenir la liberté du commerce de tous les produits, de soutenir les syndicats agricoles par des subventions plus importantes, do Faire participer l’Etat et le département à 1 entretien des chemins vicinaux qui pèse trop lourdement sur le budget des petites communes, et de pratiquer une politique méthodique des engrais.

Il importe aussi de défendre la situation actuelle menacée des bouilleurs de cru. Vous pouvez compter sur moi, dans cette lutte, pour vos droits et vos intérêts les plus respectables.

Sans vous laisser troubler par une campagne d’injures dirigée contre moi, mais qui ne porte préjudice qu’à ses auteurs, vous reconnaîtrez certainement, dans l’exposé de ce programme, les idées que nous avons toujours défendues et fait triompher ensemble.

Républicain de gauche sincère, mais sans aucun parti pris contre personne, fort de mon honnêteté politique et de ma conscience sans reproches, je soumets mon passé à votre lbre appréciation de démocrates et de patriotes lorrains*

Réfléchissez et j ugez ! î

Cm FRINGANT

Député sortant»

Candidat d’Union républicaine*

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