M. MAGINOT
Éîu au premier tour de scrutin, — 11,605 voix*
Cheis Concitoyens,
Je veux dVbord vous exprimer, une fois de plus, mon affectueuse gratitude pour la -confiance que, depuis mon entrée dans la vie politique, vous n’avez cessé de me témoigner.
Ï1 y a dix-huit ans que j’ai L’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés. Nous avons vécu ensemble les bonnes et les mauvaises heures, défendu côte a côte le sol natal, Fraternisé dans les memes épreuves, associé nos ellbi Ls pour relever les ruines que la guerre, chez nous, avait accumulées, Nous nous sommes vus à l’œuvre et nous nous connaissons, ce qui vaut mieux que toutes les professions de foi et tous les discours.
Vous savez que je suis un républicain, non pas d occasion, mais de principe, un iépu~ blicaiu patriote, qui ne sépare1 pas la République de la France* Quand j’ai combattu et verse mon sang sur le champ de bataille, c’était comme, nos ancêtres de 1793, pour la République et pour la nation.
Mais aujourd’hui, il faut définir la République, comme on en est réduit à expliquer la patrie. La République, pour ceux qui pensent comme moi, c’est le régime de la liberté, de la justice, et de légalité politique. Elle n appartient pas à quelques privilégiés, m à quelques sectaires, qui voudraient s’en faire, dans leur intérêt seul, un monopole* Elle doit, souspeme de mentir à son nom et de trahir son idéal, être ou verre à tous ceux qui adhèrent de bonne foi à ses principes, et sont résolus à la défendre, non seulement contre toute tentative de retour des régimes déchus, mais contre !e& entreprises de dictature de quelque coté qu elles viennent.
Ni fascisme, ni révolution* Ce que nous voulons, c est une République, qui, dans 1 ordre, la discipline, le respect des consciences, la protection de la liberté sous toutes ses formes, poursuive son œuvre de progrès démocratique et de irateruité sociale*
Cette conception si républicaine de la République est cependant qualifiée de lédcLionnaire par certains qui se figurent que c’est en allant toujours plus à gaucho, qu on détient le critérium du républicanisme, comme si à force de se laisser entraîner toujours plus a gauche, c’est-à-dire vers la révolution et la dictature qu’elle comporte, on ne finissait pas par sortir de la République et tourner le dos aux principes dont celle-ci se réclame*
Aux élections législatives dernières, nous avons vu des. républicains faire alliance avec les révolutionnaires. Nous savons ce qu i! en a coûté au pays* La politique dite du Cartel des gauches, nous a conduits à deux doigts de la ruine et de la banqueroute.
Je vous avais promis de combattre cette politique qui s’est révélée si néfaste, je 1 aï
combattue sans défaillance, sans aucun souci de mon intérêt et de ma carrière politique, alors que j’aurais pu comme d’autres, par un prudent effacement préparant les voies à la complicité, me glisser peu à peu dans les rangs des vainqueurs. Je n’ai pas capitulé dans la défaite et aujourd’hui, j’ai la fierté de pouvoir me direfque si J’arrivée au pouvoir de M. Poincaré a été possible, si la formule de la politique^' Union nationale à laquelle nous devons notre redressement financier et le relèvement du pays, a pu triompher, c’est parce que des soldats, comme moi, n’ont pas déserté la bataille.
J'ai tenu les engagements que j’avais pris envers vous, c’est vous dire que je tiendrai ceux que je prends maintenant.
J’entends avant tout demeurer fidèle à la politique d'Union nationale qui nous a sauvés de la ruine et peut seule nous empêcher d’y retomber .
Je soutiendrai de mes votes tous les projets ayant pour but d intensifier notre production agricole et industrielle, ainsi que ceux qui auront pour objet de favoriser le commerce et de faciliter ses transactions. C’est en produisant plus et en n’apportant aucune entrave à la liberté commerciale, qu’on peut arriver à faire baisser le coût de la vie et rendre moins difficiles et moins pénibles les conditions d’existence de tous les travailleurs, surtouL celles des familles nombreuses, dont il faut continuer à améliorer le sort.
J’aurai pour les fonctionnaires et les agents des services concédés, la sollicitude qu’on doit avoir et dont je ne me suis jamais départi, pour des hommes qui assurent le fonctionnement des services indispensables à la vie de la nation. J estime que leur labeur doit être rémunéré de façon à leur permettre de vivre convenablement, et que leurs intérêts de carrière doivent être protégés contre l'arbitraire et le favoritisme. Ils doivent en échange donner l’exemple du respect de l’ordre et ne jamais dresser contre la nation un pouvoir
qu'ils tiennent cTclIe«
Dans le domaine des réformes sociales, j 1 ai toujours déclaré et conformé mes votes à mes déclarations, que les hommes d'ordre se doivent d’avoir les initiatives les plus généreuses et les plus hardies, d’abord par humanité, ensuite parce que c’est la plus sûre façon d’assurer l’ordre. C’est dans cet esprit que j’apporterai ma collaboration à la mise au point de la loi sur les assurances sociales qui a besoin d’être retouchée sur un assez grand nombre de points, notamment en ce qui concerne les travailleurs agricoles, et que je m’associerai à tous les projets susceptibles d’améliorer l’hygiène des travailleurs ou d’apporter une solution satisfaisante à l’angoissant problème du logement ouvrier.
Pour réaliser toutes ces améliorations nécessaires, il faut que notre situation financière soit bonne. Celle-ci s’éclaircit grâce à la politique sage et méthodique de M. Poincaré, quil est besoin de continuer longtemps encore. Cette politique doit s’accompagner d’économies sérieuses dans tous les domaines, sans en excepter la Chambre des Députés qui, au lieu d’augmenter le nombre de ses membres, pourrait sans inconvénient le réduire ainsi que je Faim plusieurs reprises proposé.
Si je réclame des économies, je demande en même temps qu'on mette fin à certains monopoles d’Etat qui, mieux exploités, assureraient de nouvelles ressources au Trésor tout en permettant au public d’être mieux servi.
Je pourrais allonger la liste des réformes qui s’imposent et que je compte proposer et soutenir. Je préfère vous dire ; « Faites-moi confiance, je ferai de mon mieux. »
Comme par le passé, je servirai les intérêts généraux du pays, tout en ne négligeant m vos intérêts locaux, ni vos intérêts particuliers, ni ceux qui me sont si chers, des victimes de la guerre et de mes camarades anciens combattants.
Républicain, je défendrai l’ordre, la propriété, les libertés de tous. Je demanderai que la femme française, ne soit pas plus longtemps privée du droit de vote et qu’elle participe aux élections politiques comme dans tous les pays oii existe vraiment le suffrage umverse .
Patriote, je veillerai à ce que l’idée de patrie ne soit pas ébranlée de même que je m’opposerai à tout ce qui peut compromettre la défense nationale ou affaiblir la sécurité e
la France. .,.
Je souhaite la paix aussi passionnément que quiconque, mais la cruelle leçon de inv
ston, qu'on peut oublier ailleurs, mais que chez nous on n'oublie pas aussi facilement, nPa appris qu'il ne suffisait pas de désirer la paix pour éviter la guerre.
La France doit être pacifique, mais rester forte, non seulement pour être toujours en mesure cl assurer sa défense, mais parce qu'une France forte est, dans Pétat actuel du inonde, la plus sûre garantie de la paix européenne,
À tous ceux qui pensent ainsi, je demande leurs suffrages pour m'aïder à faire triompher une politique qui à l'extérieur soit digne de notre victoire, qui à l'intérieur permette aux citoyens de vivre et de travailler dans l'ordre, la paix et la liberté.
Pour la République française contre la République des soviets l Pour le drapeau tricolore contre le drapeau rouge !
André MAGINOT
Député sortant. — Ancien Ministre.
Vice-président du Conseil général.
Président de la Fédération nationale des associations françaises de victimes de guerre et d'anciens combattants. Candidat républicain d'ünion nationale.
Circonscription de COMMERGY,
M* TÀTON-VA3SAL
Chers Concitoyens,
Candidat républicain dans F arrondissement de Commercy^ j'ai l'honneur de faire appel aux suffrages de tous les électeurs résolus à maintenir les traditions de la République et à poursuivre, dans le respect de tontes les convictions et dans la concorde nationale, l'oeuvre incessante d’assainissement financier et de relèvement économique à laquelle se consacre, depuis bientôt deux ans et avec tant de prestige, notre éminent compatriote, M( Raymond Poincaré.
A l’approbation de tous ceux qui, loin des extrémistes intransigeants, demandent l'unité nationale et le progrès social dans un esprit républicain et démocratique, je soumets ce programme que je m'engage à soutenir :
Au point de vue extérieur :
Une politique digne du passé et des grands sacrifices de la France victorieuse, fidèle à ses traditions démocratiques.
Respect des traités, organisation de la paix par la mise en vigueur du protocole de Genève et par la conclusion d’accords dans le cadre de la Société des Nations.
Développement des institutions internationales destinées à la sauvegarde de la paix et de la justice dans le monde.
Mais aussi longtemps que cet idéal n'aura pas été atteint, la France, patrie de la liberté
et qui a toujours prouvé son horreur de Pimpérialisme et de la guerre, doit rester forte et assurer la sécurité de ses frontières.
Au point de vue intérieur :
Une République vraiment nationale, ordonnée et réformatrice qui iv admette un remaniement de la Constitution que dans un esprit de progrès et non de réaction.
Suprématie absolue du pouvoir civil.
Respect de toutes les lois républicaines et laïques, lesquelles s’accordent avec le libre exercice des cultes et la liberté des consciences et des familles.
Développement des enseignements techniques et professionnels.
Développement des lois de protection de la famille, cellule et véritable force de la nation .
Protection de la propriété individuelle dont le principe a été consacré par la Révolution et vote de lois nouvelles facilitant son accession aux travailleurs de toutes catégories.
Décentralisation et simplification des rouages administratifs. Autonomie communale.
Au point de vue financier :
Nécessité de l'équilibre budgétaire.
Plus d'augmentation d’impôts, nous sommes à la limite do la capacité contributive.
Politique résolue d'économie, de simplification et de justice fiscale.
Remaniement des impôts qui frappent avec excès les travailleurs et les petits possédants, artisans et petits commerçants ; dégrèvements à la base uniformes et plus équitables.
Politique d’amortissement, n1 imposant aux générations présentes, déjà lourdement chargées, que les sacrifice* indispensables.
Application stricte des mesures destinées à prévoir et réprimer la fraude.
Suppression du cours forcé et rétablissement d’une monnaie saine.
Contrôle effectif des dépenses publiques ; contrôle par la nation des monopoles de fait et des puissantes coalitions d’intérêts.
Révision des dettes extérieures. Mobilisation des annuités du plan Dawes.
Achèvement de la restauration des départements dévastés.
Au point de vue économique :
Développement et amélioration des moyens de transport et d’échange sons toutes les formes; réduction fies tarifs, notamment pour les denrées de première nécessité et les matières premières.; augmentation des crédits affectés aux chemins ruraux et vicinaux et aux routes.
Intensification de la production et, par elle, solution du grave problème de la vie chère qui pèse si lourdement sur les travailleurs et la classe moyenne.
Amélioration de la vie des cultivateurs en leur procurant un mieux-être qui les maintiendra de plus en plus au sol natal ; amélioration et simplification de la législation rurale; lutte énergique contre l'exode rural.
Liberté d’exportation pour tous les produits agricoles et industriels.
Intensification et exploitation des richesses coloniales ; mise en valeur des richesses naturelles par l’aménagement des cours d’eau en vue de nous libérer du tribut paye a l'étranger.
Âu point de vue social :
Juste collaboration de toutes les classes et de tous les milieux soci aux.
Application large et généreuse des assurances sociales; accession du capital facilitée aux travailleurs.
Habitations rurales et ouvrières à bon marché*
Respect des droits des victimes delà guerre, des pensionnés et retraités des services civils, des années de terre et de mer; rajustement plus équitable des droits de tous les créanciers légaux ou contractuels de l’Etat.
Développement des institutions d’hygiène et de prévoyance sociales*
Lutte conLre les maladies contagieuses ; défense de la santé publique et de la race*
Primes à la natalité ; favoriser les familles nombreuses par des avantages tangibles et non illusoires ; donner une réelle protection à l'enfance.
Chers Concitoyens, *
Partisan convaincu des méthodes préconisées par notre Grand Lorrain et, comme vous l’indique le manifeste commun des députés sortants, résolu à le soutenir de toute notre force dans sa poursuite du relèvement de la France, dans la paix intérieure et extérieure et dans l'épanouissement de la patrie républicaine, je demeure l'adversaire des partis qui menacent la propriété individuelle et qui préconisent la révolution et la lutte des classes, comme également de ceux qui rêvent de régression politique et sociale.
Si vous m’honorez de vos suffrages, je travaillerai, dans la concorde nationale et républicaine, de tout mon cœur à la réalisation de nos espérances communes, dans l’ordre, la justice et la liberté.
Vive la France! Vive la République'