‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 191 sur 336 · M. NICOLLE · texte numérisé non relu

M. NICOLLE

Elu au deuxième toor de scrutin. — » 8,543 voix.

Mes chers Concitoyens^

Elu par le département du Nord en 1924, je viens, me conformant aux décisions de mon Parti, solliciter des électeurs de la première circonscription de Lille, sur le terrain de i Union nationale, le renouvellement de mon mandat.

Je ne puis le faire sans évoquer le cher souvenir de Georges Vandame, Pendant de longues années, il voulut bien m’encourager à briguer à mon tour vos suffrages: c'est ce que je lais aujourd'hui avec confiance.

Electeurs,

L'objet principal de ma vie publique, je pourrais presque dire son unique raison d’être, eat ta lutte contre la révolution pour la défense des idées d'ordre, de concorde et de liberté*

Je déteste le communisme pour ses doctrine# de désordre et de violence et aussi parce qu’il prend ses racines, pour ne pas dire plus, dans un malheureux pays où il n'a créé que des ruines. Je combats avec énergie les socialistes unifiés, au i préconisent également îa lutte des classes ; je réprouve enfin tou Les les politiques d’alliance avec ces fauteurs de désordrê et de ruine

G est cependant grâce à cette coalition que le Cartel des gauches s* est formé au début de la dernière législature et a gouverné pendant deux ans. Vous l aves vu à l'oeuvre, et vous Pavez jugé. Pour moi, je Fai combattu avant même que M. Poincaré ait réalisé, pour réparer tant de désastres, PUnion nationale dont je me réclame.

Je me présente à vos suffrages avec la volonté de continuer cette politique et d'achever l'oeuvre de redressement si brillamment accomplie jusqu’ici. Pour cela, il nous faut la paix intérieure. Nous l'obtiendrons par le respect de toutes les libertés ; JiberLé de la rue, liberté du travail, liberté de conscience, liberté d'association, liberté d'enseignement pour tous les Français Sans exception, mais répression impitoyable des perturbateurs de 1 ordre public.

11 nous faut la grandeur de la famille par le respect, les encouragements et Fappui de h Nation, à ceux qui, vaillamment, accomplissent le devoir patriotique et sacré de lui donner une nombreuse et saine jeunesse.

Il nous faut l’ordre et la sagesse dans les finances, une organisation judicieuse de la production nationale, une meilleure reparti lion des charges publiques et l’allégement d’impôts incontestablement trop lourds.

Le petit commerce, en particulier, est soumis à un régime fiscal qui doit être révisé, La taxe sur le chiffre d'affaires lui esL une gêne. Les suggestions du congres tenu à Lille en novembre dernier me paraissent réalisables; je suis disposé à les soumettre au Parlement et à les défendre.

Il nous faut enfin la sécurité. Les efforts persévérants de la Société des Nations pour maintenir la prix seront, avec le temps, fructueux. Il faut donc les encourager, mais tant qu’ils ne sont pas entrés dans le domaine des réalisations pratiques, il importe de conserver une armée robuste et de protéger notre pays par des organisations défensives, en particulier sur notre frontière du Nord, pour éviter le reLour d'une invasion.

Les victimes de la dernière guerre doivent, d’autre part, recevoir la compensation généreuse de leurs sacrifices et de leurs douleurs.

Et dans l’ordre économique, il faut liquider définitivement au cours de la prochaine législature; le payement des dommages de guerre.

La magnifique circonscription, que grâce à vos suffrages j'irai représenter au Parlement, renferme toutes les formes de la richesse et du travail national.

Je promeLs à l’agriculture, si superbement représentée dans le canton Ouest, toute la considération et tout l’attache n en t qu'elle mérite. Je l'aî déclaré fart dernier à la foire des rameaux de Bergues : c’est de la terre que sort toute richesse 11 est juste que les travailleurs des champs reçoivent de l’Etat une protection au moins égale à celle dont jouit l'industrie.

Le travail industriel, auquel je suis lié traditionnellement depuis mon enfance, que ma famille et moi-même avons accompli si longtemps avec les habitants de Can teleu-Lambersart, que depuis la guerre j ai entrepris dans les usines ruinées de Warnbrechies, doit être développé lui aussi. Il ne peut acquérir toute sa perfection que s'il est basé sur une améliora lion constante du sort des ouvriers

À la tribune de la Chambre, j’ai publiquement approuvé la loi de huit heures ; j’ai voté la loi des assurances sociales, et je veux en hâter l’application. Le problème du logement demeure grave, j'ai constamment travaillé à le résoudre. Les questions de natalité, de puériculture, d’hygiène, de lutte contre les maladies contagieuses feront toujours l'objet Je ma particulière attention.

Et, dans ce siècle où s'accroissent sans cesse les responsabilités de l’Etat, le sort des fonctionnaires doit être réglé de façon à leur assurer une rémunération légitima et une facilité toujours plus grande dans l’exécution de leur travail.

Enfin, tout le commerce, petit et grand, armature de la ville de Lille ; cette foire commerciale qui, grâce à ses éminents organisateurs, se déroule aujourd'hui sur le territoire même de votre circonscription; en un mot, toute notre grande capitale régionale, trouvera en moi le défenseur de son activité, de sqn intelligence et de son énergie*

Voilà, mes chers Concitoyens, la ligne de conduite que je trace en venant vers vous* Elle est conforme à mon passé ; je vous promets delà suivre pour vous servir*

Ce sera servir en même temps la France et la République*

Louis NICOLLE

IiidtistmL

Chef alier de la Légion d'honneur.

Député sortant.

2e circonscription de LILLE*

M. SALENGRO

Élu au deuxième tour de scrutin. — 8*583 voix.

Citoyens,

Ou rUnion nationale ou le Socialisme !

Tel est le mot d’ordre qui Vimpose (à tous, le jour du grand choix, en ce 22 avril, ou vous êtes appelés à un scrutin qui fixera, non seulement pour quatre années, mais pour un avenir plus long peut-être, les destinées de la France et de chacun de vous — ainsi que de vos familles.

À la lueur de l'expérience :

L’expérience a dû ouvrir les yeux aux hommes, de moins en moins nombreux dans cette circonscription de travailleurs, qui n’avaient pas encore saisi à fond l'antagonisme economique, la lutte de classe qui domine toutes les distinctions politiques et que le Parti socialiste dénonce dans toute sa propagande.

Cet antagonisme apparaît â fond dans la composition même du Ministère actuel, où vous pouvez voir, aussi unis qu’ils furent parfois divisés, tous les Partis non socialistes, — comme dans la majorité qui sTest progressivement déterminée, au sein de la Chambre sortante, de tous ces partis entendus et solidarisés pour la protection du capital contre ïa France du travail*

Il apparaît dans la politique qui a fait, payer au monde du travail tout ce qu’ont coûté la guerre et Tapies guerre, soit par T inflation prélevant, sans compensation, jusqu’à 80 0/0 éu plus petit bien acquis par des années de labeur, soit par une fiscalité pesant principalement sur la consommation du pauvre et épargnant les riches, garantis même contre les conséquences de la désertion antinationale de leurs capitaux — 25 milliards à l’étranger 1

Aux frais de qui ?

Si rabaissement de la valeur du franc a été, jusqu’à un certain point, arrêtée, à quel prix et aux frais de qui s’est faite et se fait cette stabilisation précaire?

Au prix d'tm renchérissement considérable des choses nécessaires à la vie, en même temps que d’une crise créant à la fois la stagnation des affaires dans l'industrie, le commerce, et pour l'ouvrier, îe chômage ou total ou partiel.

Aux frais de tous ceux qui ne vivent que de leur travail, la minorité qui vit du travail d'autrui conservant ou multipliant ses profits. Rien que dans le budget de 1927, 40 0/0 d’augmentation des impôts sur la consommation et le travail ; 3 0/0 seulement sur les fortunes capitalistes — encore les plus grosses ont-elles été dégrevées...

Vote de classe !

On nous annonce que Y Union nationale, c'est-à-dire F ensemble de tout ce qui entend conserver l’ordre social capitaliste, va continuer F opération pendant ces quatre ans, sous l’œil vigilant des puissances financières qui l'ont dirigée.

Vous ne le voudrez pas î Vous avez plus que jamais la certitude que seul un changement de classe au Gouvernement peut en finir avec cet état de crise de plus en plus générale et de plus en plus accentuée.

Il s'agit donc, pour tous les travailleurs, des bras ou du cerveau, n’importe f de mettre la main sur F État pour travailler à leur délivrance en préparant une République qui, composée de membres égaux en droits comme en devoir, ait elle-même la direction et F administration de son outillage économique.

Sans la propriété sociale de tous les moyens de production et d'échange, impossible d'assurer aux véritables producteurs la propriété ou la jouissance individuelle des fruits de leur travail î

Gomment se mettre à cette œuvre autrement qu en faisant sortir des urnes, le 22 avril, un vote unanime de classe ?

Ouvriers, salariés de tout genre :

Vous vous souviendrez que, trouvant de Fargent pour les dépenses militaires et de prestige, on n'en a eu ni pour augmenter légèrement l'allocation de FEtat aux travailleurs retraités de 1910 ni pour la participation de cet Etat à l'institution des assurances sociales.

Vous ne vous abandonnerez pas à ceux qui menacent et votre conquête de la journée de huit heures et vos libertés syndicales.

Vous ne voudrez pas plus longtemps voir les quelques lois arrachées par le Parti socialiste au Parlement bourgeois ouvertement et tous les jours violées avec la complicité d’une République aux ordres du patronat.

Petits retraités, anciens travailleurs :

Vous vous souviendrez de F égoïsme qui a laissé annuler entre vos mains la petite renie amassée par vos économies ou vos versements.

Fonctionnaires, employés de tout ordre :

Vous vous souviendrez des leçons qui ne vous ont maintenant que trop convaincus de la solidarité qui fait de vous des salariés ne formant avec les ouvriers d usine ou d atelier qu'une même classe exploitée et ne pouvant se libérer que par une action commune.

Petits commerçants, petits industriels :

Vous vous souviendrez que le Parti socialiste a toujours lutté contre la création et l’augmentation de cet impôt sur le chiffre d'affaires, dont la répercussion, en rendant l'existence de plus en plus chère, et; par conséquent, plus difficile, pour votre clientèle nalu* relie, les travailleurs, frappe également la vôtre.

Assez d'épreuves vous ont appris, d’ailleurs, que c'est le grand capital, par la corxciin

tration en immenses entreprises et magasins, qui vous ruine et vous transforme, d’êtres indépendants que vous vouliez demeurer, en prolétaires ou en candidats au prolétariat.

Mères de famille, femmes :

Vous vous souviendrez que, quoique exclues du droit de vote, vous ne Têtes ni des charges sociales, ni des charges économiques, et que, par suite, vous avez votre mol a dire, ne fut-ce que pour les êtres que vous aimez et les générations futures que vous élevez.

Et vous constaterez que T avenir représenté par le socialisme peut seul, réalisant votre égalité, garantir vos enfants contre le danger des guerres, dont le capitalisme engendre sans cesse les germes, établir pour eux les conditions d'hygiène et de salubrité nécessaires à leur conservation et à lenr développement, instituer un système complet d’instruction ouvert à tous les degrés, sans autres différences que celles de l’intelligence et des vocations.

Citoyens, qui que vous soyez,

Vous réfléchirez que le peu qui, soit pour la paix du monde soit pour Taccomplissement des réparations, soit pour l'assainissement financier, a été tenté d'utile et d1 efficace 11e Ta été faiblement et incomplètement — ■ que dans le sens des solutions définies par le Parti socialiste en accord avec les travailleurs organisés de tous les pays.

Dans les articles de son programme sorLis de l'action même de la classe ouvrière, vous reconnaîtrez les efforts nécessaires à la fin de Texplol talion de l'homme par T homme ;

î& Maintien des relations avec la Russie. Sécurité par l'arbitrage et 3e désarmement général et simultané des peuples.

2° Stabilisation immédiate. Pour protéger la production, les échanges, le travail contre le retour des brusques variations de la monnaie profitables seulement aux financiers spéculateurs : avec larges dégrèvements à la base, contribution progressive sur la fortune acquise. Sensible réduction des impôts de consommation.

3° Nationalisation industrialisée des grands services publics. Retour a la nation des monopoles de fait aujourd’hui exploités pour te seul profit du capitalisme.

4“ Amnistie générale en matière politique. Abrogation des lois de panique et de terreur i 1893-1894. Suppression des conseils de guerre et des cours martiales.

5° Service militaire de neuf mois préparant le service de six mois.

6° Ecole pour tous et à tous les degrés.

7° Défense des revendications de la G, G. T. Huit heures. Révision de la loi de 1898 sur les accidents de travail ; extension aux maladies professionnelles. Réorganisation de l'inspection du travail ; institution de délégués ouvriers chargés de contrôler 1 application des lois sociales. Extension aux fonctionnaires d’Etat de la loi de 1884 sur les syndicats. Participation financière de TEtat aux assurances sociales. Contre la crise de 1 habitation . création d’un Office national du logement largement doté ; reconnaissance aux villes et aux départements du droit de réquisition des locaux vacants.

Vous vous direz donc que, de toute manière, T Union nationale, c est le capitalisme, et le capitalisme, c'est la réaction I

Vous voudrez donc aller de 1 avant, vers cette République sociale qu il ne suffit pas d’appeler de nos vœux, en vue de laquelle il faut agir, nationalement et internationale* ment, avec le prolétariat, des Deux Mondes.

Agissez ensemble au jour du scrutin î

Electeurs delà deuxième circonscription,

Forts du passé comme du présent, ayant votre avenir entre vos mains, vous suivrez la glorieuse tradition des aînés qui ont de plus en plus répondu à 1 appel des Jules Guesde, des Paul Laf argue, des Gustave Delory, des Henri Ghesquiore, des Charles Saint- \ enanl.

Vous mépriserez toutes les calomnies. Vous dédaignerez tout ce qui peut vous faire dévier de la route droite : celle de Funité de classe!

Divisant ce qui doit être divisé, unissant ce qui doit être uni, vous réaliserez celle-ci en faisant triompher le candidat que vous présente la confiance du Parti ouvrier, du Parti socialiste.

Roger SALENGRO Conseiller général do Nord,

S abstenir ou employer autrement son suffrage serait se trahir soi-même.

Tous aux urnes le 22 avril I

Vive le Parti socialiste l Vive ïa République du travail 3

Le Parti socialiste ,

3Ü circonscription de LILLE,

M. COUTEE

Elu an deuxième tour de scrutin, — 8,048 voix.

Politique intérieure.

Il importe de revendiquer tout d’abord les droits des citoyens, de la famille, des associations et de la Patrie,

Droits des citoyens :

, Les Clt°yens doivent être en pleine possession de leurs droits individuels : liberté, sûreté, propriété,

U liberté, dit la Déclaration des Droits de l’IIomme, dans son ampleur et son épanouissement, « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi l’exercice de droits naturels de chacun n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits »,

La sûreté est ïa garantie donnée à tout individu d'éviter les vexations, arrestations et pénalités arbitraires,

La propriété est le droit de disposer librement de ses biens et de ses revenus, du fruit de son travail et du produit de son épargne.

Droits de la famille ;

La famille doit exister, se gouverner, se perpétuer. Aussi, père de famille de six enfants,

■b ParLsan des revendications présentées par la Fédération des unions de familles nombreuses du Nord de la France, notamment de la représentation équitable des chefs de ïamiile dans tous les organismes où se traitenL les intérêts familiaux; de la péréquation des

charges qui leur incombent injustement : de la lutte contre l'immoralité publique et d1i™

publique ^ CUaÜOn direCte P°Ur les ««options reconnues ’ d’utSité

Le chef de famille doit avoir la faculté de diriger, selon ses convictions, I éducation et instruction de ses enfants. Il y a heu de réprimer toute propagande antinatiliste de poursuivre sévèrement 1 abandon de famille, d’établir la liberté testamentaire et de réduire les taxes successorales destructives du patrimoine familial

Droits des associations :

Les associations doivent avoir le droit de se constituer et de posséder, sauf celles qui poursuivent un but cnmmel, antipatriotique ou antisocial, et il faut supprimer dans les lok tous les articles d exception, car il ne doit pins y avoir de Français de deuxième zone

Les associations de fonctionnaires doivent être munies d’un statut précis.

Droits de la Patrie :

Les droits de la Patrie doivent être proclamés hautement. Je k défendrai aussi bien contre les doctrines qui la mmo.it que contre les actes qui l’attaquent. A l’égard des étrangers, s impose une politique rationnelle d’immigration à laquelle se rattachent les problèmes de la naturalisation et de la propriété des étrangers sur le sol national. P

Réformes générales.

De multiples réformes sont à envisager.

Réforme électorale ;

Je demeure convaincu que la représentation proportionnelle intégrale avec scrutin de iste sans panachage et utilisation régionale des restes, est bien préférable pour les élections fauves, au scrutin d'arrondissement que les socialistes infidèles à l&JSSZZ adopter, et qui tend à obliger les candidats à « faire assaut de démagogie dans le vide »

f t ^ ^ 7° 7 V°te ob!lSatoire> du vote familial permettant la représentation des* enfants mineurs, du droit intégral de suffrage et d’éligibilité pour les femmes.

Réforme parlementaire :

Bv«=“r,ül?d^erSd“ire/j°°mbre,deamembreSdU d« B-a* leur initia-

sonf . . de dépens,e et d exiSer Ie vote personnel des élus. Les méthodes de travail

intérims 6t d°iVent t™ P^31'^3 60 C0llab0ration a-c groupements

Réforme administrative :

p!^I}X!refdreUrer'nrei11 à réUÜSme admim3tt'a[lf’ ainsi que de réorganiser avec ^ansforma on Se t 7 C 7™ PUbliCS’ Par"haÏ8me légendaire ; leur l’excèB de S î 7 P3r deS econom,es considérables, surtout s’il était mis fin à

de ceux ci77T f ^ ^ des ^c^aires. Les salaires

les fluctuaüons du ia - - -u,

L institution d’une Cour suprême de justice est désirable.

Réforme financière :

fabimeM’ EtS/M d’aband0nnel' Ia PoIitktue socialisante qui a conduit l’Etat au bord de - Mat doit tenir ses engagements, selon la parole de M. Poincaré : « Il n’y a pas

deux morales : une pour les particuliers, l’autre pour l’Etat ; l’Etat doit se conduire en honnête homme ».

Pour cela, il faut comprimer les dépenses, continuer la politique d'amortissement, intensifier la produc tion, seconder l'agriculture, V indus trie et le commerce, encourager f expansion économique, mettre en valeur les colonies, etc, 11 faut aussi simplifier la législation fiscale, transformer l’impôt sur le chiffre d'affaires, supprimer les taxes sur le salaire, réduire les impôts de consommation et protéger les valeurs mobilières.

Instruction publique :

A côté des droits des chefs de famille, doit exister le droit d’enseigner pour tout citoyen, remplissant les conditions morales et techniques suffisantes. Aussi, suis-je nette* ment opposé au monopole de renseignement par 1 Etat.

Je repousse l'école unique, formule de guerre contre l’enseignement libre; et je réclame un système de bourses généralisé, afin de pouvoir distinguer les élites parmi les enfants du peuple et de les diriger gratuitement vers renseignement supérieur, secondaire, professionnel et technique.

Rien n'est plus équitable, d’autre part, et plus conforme à la devise républicaine d'égalité, que les fournitures scolaires soient remises a tous les élèves indigents, quelle que soit l’école qu’ils fréquentent,

La guerre a causé de telles dévastations que la reconstruction n’est pas encore terminée ; il faut achever le payement des dommages avec droit de priorité pour les anciens combattants ; au surplus les droits de ces derniers doivent être clairement et précisément fixés : il est indispensable d'élaborer une loi de retraite pour les titulaires de la carte du combattant, et de mettre en harmonie avec le coût de la vie les pensions des mutilés, des veuves et des orphelins. 11 ne faut jamais oublier que, selon la parole de Clemenceau : « les anciens combattants ont des droits sur la France n.

II faut assurer la paix par Tentante continue avec las allias qui combattirent à nos cotés et par une collaboration loyale a la Société des Nations : une organisation juridique inter* nationale, tendant à substituer le règne du droit à celui de la force anarchique, est à désirer.

Hais la diplomatie française doit être vigilante, active et résolue ; maintenir le respect des traités et les droits de la Patrie,

Il faut souhaiter le désarmement progressif et le fonctionnement rapide de la loi du service dun an; mais il est nécessaire <T assurer avant tout la sécurité de la b rance, notamment par l’équipement des frontières du Nord et de T Est et par une armée foi te, disciplinéè et respectée, tant que seront à craindre T Allemagne toujours frémissante, et h Russie bouleversée parle communisme soviétique qu’elle cherche à étendre par tous moyens

Programme social.

Ouvrier, puis employé, je me suis passionné depuis que j’ai Tâge d homme, pour des réformes sociales, raisonnées et réalisables, et je vais me borner à énumérer à cet égard,

vues générales qui me guident, - de

En principe, augmentation du savoir et du bien-être des travailleurs du sillon. Trisme, du commerq cet du bureau, en basant les réformes nécessaires sur l entente hâter nelle opposée à la lutte des classes.

Défense morale de l'individu et de son travail, encouragement à la famille, ratifient10 des conventions internationales. Organisation de la profession, capacité juridique aux

dicats professionnels, droit à la constitution du patrimoine syndical, réglementation du droit de grève, commissions paritaires et ententes collectives.

Protection du petit commerçant et réalisation de ses aspirations, conformément aux suggestions du congrès de Lille; législation favorisant V artisanat ; charte des employés, voyageurs et représentants* Assurances sociales appliquées dans le délai le plus rapide, avec les aménagements utiles réclamés par les intéressés et les mutualistes.

Protection de F enfance :

Création de cliniques, maisons rïT accouchement, crèches, consultations de nourrissons, infirmières visiLeuses ; inspection médicale à l'école ; surveillance delà fréquentation scolaire et de la moralité publique; organisation plus rationnelle des tribunaux pour enfants; interdiction de l’emploi dans les usines des enfants de moins de 14 ans.

Protection de rapprenti :

Développement de F apprentissage ; application de la loi Astier dans son esprit libéral ; coordination à ce sujet entre les groupements professionnels patronaux et ouvriers ; répartition équitable de la taxe d apprentissage ; fonctionnement des chambres de métiers; visites médicales fréquentes des apprentis ; surveillance du contrat d'apprentissage ; obligation de renseignement ménager et création de l’assurance dotale.

Protection du travailleur :

Sécurité dans la stabilité de remploi et au cours du travail ; payement d’un salaire, juste rémunération du travail, et extension des allocations familiales par le jeu des caisses de compensation.

Respect de la loi de huit heures, aménagée en vue de la semaine anglaise; repos hebdomadaire ; généralisation du congé annuel payé; transport à prix réduit pour le déplacement des ou vriers.

Développement de la loi des accidents du travail, basée sur le principe de la mutualité a tenant compte des charges du blessé; définition de la maladie professionnelle et son assimilation a l'accident,

Oiganisalion de la lutte contre le chômage par la constitution d'un fonds de réserve national.

Création de préventoria, de sanatoria, admission gratuite, dans les hôpitaux ; multiplication des maisons de retraite sous la forme coopérative et mutualiste ; assurance contre le décès ; recherche d’un accord cordial avec les médecins et pharmaciens pour le fonctionnement des lois sociales.

Réglementation du travail des femmes et suppression pour elles du travail de nuit.

Lutte contre le taudis; politique du logement, encouragements aux sociétés d’habitations à bon marché ; accession à la propriété ; extension du crédit immobilier, du bien rural, du bien de famille, des jardins ouvriers; création d’actions do travail, etc.

Charles CO U T EL

Employé, — Député sortant.

Président général du Conseil des prud'hommes de Lille, Candidat républicain d’Union nationale.

46 circonscription de LILLE.

M. DESROUSSEAUX, dit RRAGKE Elu au deuxième tour de scrutin. — 6*954 voix*

Citoyen s j

Ou rUnïon nationale ou îe Socialisme ï

Tel est le mot d'ordre qui s’impose à tous, le jour du grand choix, en ce 22 avril, où vous êtes appelés à un scrutin qui fixera, non seulement pour quatre années, mais pour m avenir plus long peut-être, les destinées de la France et de chacun de vous — ainsi que de vos Familles*

À la lueur de rexpérience :

L’expérience a dû ouvrir les yeux aux hommes, de moins en moins nombreux dans cette circonscription de travailleurs, qui n’avaient pas encore saisi a fond l'antagonisme économique, la lutte de classes qui domine toutes les distinctions politiques et que le Parti socialiste dénonce dans toute sa propagande.

Gel antagonisme apparaît à fond dans la composition même du Ministère actuel, où vous pouvez voir, aussi unis qu’ils furent parfois divisés, tous les partis non socialistes, comme dans la majorité qui s est progressivement déterminée, au sein de la Chambre sortante, de tous ces partis entendus et solidarisés pour la protection du capital contre la France du travail*

Il apparaît dans la politique qui a fait payer au monde du travail tout ce qu’ont coûté la guerre et l’après guerre, soit par l'inflation prélevant, sans compensation, jusqu à 80 0/0 du plus petit bien acquis par des années de labeur, soit par une fiscalité pesant principalement sur la consommation du pauvre et épargnant les riches, garantis même contre les conséquences de la désertion antinationale de leurs capitaux — 25 milliards à 1 étranger !

Aux frais de qui ?

Si rabaissement de la valeur du franc a été, jusqu’à un certain point, arrêtée, à quel prix et aux frais de qui s’est faite et se fait cette stabilisation précaire ?

Au prix d’un renchérissement considérable des choses nécessaires à la vie, en même temps que d'une crise créant à la fois la stagnation des affaires dans 1 industrie, le commerce et pour l'ouvrier, le chômage ou total ou partiel*

Aux frais de tous ceux qui ne vivent que de leur travail, la minorité qui vit du travail d’auLmi, conservant ou multipliant ses profits* Rien que dans le budget de 1927, 40 0/0 d'augmentation des impôts sur la consommation et le travail} 3 0/0 seulement sur les fortunes capitalistes — encore, les plus grosses ont-elles éLé dégrevées. * .

Vote de classe !

On nous annonce que l’Union nationale, c*est-à-dïre tout ce qui entend conserver l’ordre capitaliste, va continuer l'opération pendant ces quatre ans, sous l’œil vigilant des puissances financières qui l'ont dirigée*

Vous ne le voudrez pas 1 Vous avez plus que jamais la certitude que seul on change ment de classe au Gouvernement peut en finir avec cet état de crise de plus en plus générale et de plus en plus accentuée*

No 3814

Il s’agit donc* pour tous les travailleurs des bras ou du cerveau* n'importe r de mettre la main sur l’Etat pour travailler à leur délivrance en préparant une République qui* composée de membres égaux en droits comme en devoirs* ait elle-même la direction et V administration de son outillage économique.

Sans la propriété sociale de tous les moyens de production et d'échange, impossible dTassurer aux véritables producteurs la propriété ou 3a jouissance individuelle des fruits de leur travail !

Comment se mettre à cette œuvre autrement qu’en faisant sortir des urnes, le 22 avril, un vote unanime de classe ?

Ouvriers, salariés de tout genre :

Vous vous souviendrez que, trouvant de l’argent pour les dépenses militaires et de prestige, on n’en a eu ni pour augmenter légèrement l’allocation de TEtat aux travailleurs retraités de 1910, ni pour la participation de cet Etat à l'institution des assurances sociales*

Vous ne vous abandonnerez pas à ceux qui menacent et votre conquête de la journée de huit heures et vos libertés syndicales.

Vous ne voudrez pas plus longtemps voir les quelques lois arrachées par le Parti socialiste au Parlement bourgeois ouvertement et tous les jours violées avec îa complicité d’une République aux ordres du patronat.

Petits retraités, anciens travailleurs :

Vous vous souviendrez de l’égoïsme qui a laissé annuler entre vos mains la petite rente amassée par vos économies ou vos versements*

Fonctionnaires* employés de tout ordre :

Vous vous souviendrez des leçons qui ne vous ont maintenant que trop convaincus de 3a solidarité qui lait de vous des salariés ne formant avec les ouvriers d'usine ou d'atelier qa une même classe exploitée et ne pouvant se libérer que par une action commune.

Petits commerçants, petits industriels :

Vous vous souviendrez que le Parti socialiste a toujours Lutté contre la création et et 1 augmentation de cet impôt sur le chiffre d’affaires* dont la répercussion, en rendant 3 existence de plus en plus chère, et* par conséquent, plus difficile^ pour votre clientèle naturelle, les travailleurs, frappe également la vôtre.

Assez d épreuves vous ont appris, d'ailleurs, que c'est le grand capital* par la concentration en immenses entreprises et magasins, qui vous ruine et vous transforme, d’êtres indépendants que vous vouliez demeurer* en prolétaires ou en candidats au prolétariat.

Mères de famille, femmes ;

Vous vous souviendrez que, quoique exclues du droit de vote,, vous ne l'êtes ni des charges sociales, ni des charges économiques, et que* par suite vous avez votre mot à dire, ne fut-ce que pour les êtres que vous aimez et les générations futures que vous élevez.

Et vous constaterez que l'avenir représenté par le socialisme peut seu\ réalisant votre ^Uté, garantir vos enfants contre le danger des guerres, dont 3e capitalisme engendre ®<ins cesse les germes* établir pour eux les conditions d'hygiène et de salubrité nécessaires à conservation et à leur développement, instituer un système complet d'instruction ouvert à tous les degrés* sans autres différences que celles de F intelligence et des

vocai lions.

Citoyens, qui que vous soyez,

^ cas réfléchirez que le peu qui, soit pour la paix du monde, soit pour IVccomplissefteat des réparations, soit pour rassâiirssement financier, a é!é tenté d'utile et d'efficace

Be pft été — *■ faiblement et incomplètement — que dans le sens des solutions définies par h Parti socialiste en accord avec les travailleurs organisés de tous les pays.

Dans les articles de son programme, sortis de T action même de la classe ouvrière, vous reconnaîtrez les efforts nécessaires à la fin de l'exploitation de 1 homme par l'homme.

1° Maintien des relations avec la Russie. Sécurité par l’arbitrage et le désarmement général et simul Lané des peuples ;

2* Stabilisation immédiate. Pour protéger la production, les échanges^ travail, contre le retour des brusques variations de la monnaie, profitables seulement aux financiers spéculateurs : avec larges dégrèvements à la base, contribution progressive sur la fortune acquise. Sensible réduction des impôts de consommation ;

3° Nationalisation industrialisée des grands services publics. Retour à la nation des monopoles défait, aujourd’hui exploites pour le seul prolit du capitalisme ,

4> Amnistie générale en matière politique. Abrogation des lois de panique et de tèrreur: 1893-1894, Suppression des conseils de guerre et des cours martiales ;

3° Service militaire de neuf mois, préparant le service de six mois ;

6" Ecole pour tous et à tous les degrés ;

7fl Défense des revendications de la C. G, T. Huit heures. Révision de la loi de 1898 sur les accidents de travail ; extension aux maladies professionnelles. Réorganisation de ^inspection du travail ; institution de délégués ouvriers chargés de contrôler l’application des lois sociales. Extension aux fonctionnaires d'Etat de la loi de 1884 sur les syndicats. Participation financière de l’Etat aux assurances sociales. Contre la crise de 1 habitation i création duo Office national du logement largement doté ; reconnaissance aux villes et aux départements du droit de réquisition des locaux vacants.

Vous vous direz donc que, de toute manière, FUnion nationale, c’est le capitalisme, et le capitalisme, c'est la réaction !

Vous voudrez donc aller de Pavant, vers cette République sociale qu’il ne suffit pas d’appeler de nos vœux, en vue de laquelle il faut agir, nationalement et internationalement, avec le prolétariat des deux mondes.

Agissez ensemble au jour clu scrutin î

Electeurs de la 4° circonscription,

Forts du passé comme du présent, ayant votre avenir entre vos mains, vous suivrez la glorieuse tradition des aînés, qui ont de plus en plus répondu à l'appel des Jules Guesde, des Paul Lafargue, des Gustave Delory, des Henri Ghesquière, des Charles Saint- Venant.

Vous mépriserez toutes les calomnies. Vous dédaignerez tout ce qui peut vous fane dévier de la route droite : celle de l'unité de classe 1

Divisant ce qui doit être divisé, unissant ce qui doit être uni, vous réaliserez celle-ci en faisant triompher le candidat que vous présente la confiance du Parti ouvrier, du Parti socialiste.

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