RR ACRE- DESROUSSEAUX
- Professeur en Sorbonne.
S'abstenir ou employer autrement son suffrage serait se trahir soi-même. Tous aux urnes le 22 avril 1
o° Circonscription de LILLE.
M. des ROTOÜHS
Élu au deuxième tour de scrutin, — 9,401 voix.
Mes cli ers Concitoyens, »
J’ai cédé aux instances de nombreux amis qui m'ont demandé d'être candidat dans vctre circonscription représentée, jadis, par mon grand-père dont les plus anciens d’entre vous se souviennent comme d'un homme de cœur et de dévouement.
Ce souvenir rappelé, j'ai à m'expliquer devant vous sur mes idées, à vous rendre compte de mes actes, 4
Mes idées.
Républicain, je suis avec le peuple, de tout cœur, attaché)* l’idéal d'une République libérale, nationale, pacifique, démocratique, sociale. Jï
République libérale assurant aux citoyens la liberté de conscience Javec la liberté d1 enseignement; les libertés économiques, la liberté d'association "et la liberté syndicale, h liberté des fonctionnaires; une seule restriction : ces libertés ne doivent jamais être exercées à rencontre de l’intérêt général [ou de façon a troubler l'ordre i public eL même la paix sociale.
République nationale : c'est clic qui, au jour tragique de la déclaration de guerre, a su réaliser l’uni on des Français jusqu'à la victoire; c'est elle qui, au lendemain de la guerre, a proclamé la solidarité nationale pour les réparations dues aux sinistrés, aux mutilés, aux victimes civiles, aux veuves, orphelins et ascendants de nos morts; et c’est elle encore qui, accablée sous le poids des dettes de guerre et de réparation et ayant eu à faire face à un autre grand péril que la politique de parti était impuissante à conjurer, a su trouver, pour son redressement et son salut financier, une majorité d1 Union nationale groupée autour du Gouvernement du grand patriote républicain qu’est M. le Président Poincaré.
Vous savez quels sont déjà les magnifiques résultats obtenus, en pleine indépendance* vis-à-vis des puissances financières comme aussi de l'étranger et même des pays allié»; leur sympathique appui nous est cher, pourvu que nous n'ayons pas à le payer en subissant, au point de vue des dettes de guerre, un règlement qui ne tiendrait pas compte du prix du sang de nos morts, des souffrances des combattants et des sinistrés*
Il reste à achever cette œuvre de restauration financière dont le succès final intéresse notre économie nationale et aussi les petits rentiers, les petits retraités, tous ceux qui vivent des modestes ressources ou économies de leur travail. Ce serait folie de briser, aujourd'hui,
I Union nationale : les Français ne feront pas cela.
République pacifique qui, dans sa politique extérieure sauvegarde des amitiés précieuses* a repris avec le Vatican des relations honorables et utiles à l’intérêt national, cherche la réconciliation des peuples en travaillant à mettre la guerre hors la loi, ce qui permet, en outre, d’envisager, dans le plus bref délai possible et dans toute la mesure compatible av?cc le souci de notre sécurité, la réduction des charges et de la durée du service militaire*
République démocratique qui, non contenté d assurer aux citoyens J 'égalité des droits^ doit tendre, de plus en plus, à donner aux plu« humbles des facilités pour améliorer leur
sort et s'élever dans la hiérarchie sociale; développer l'instruction et F éducation du peuple, rendre accessibles tous les plus hauts degrés de renseignement aux enfants pauvres, mais bien doués et laborieux*
République sociale favorisant le progrès économique agricole, industriel et commercial, encourageant toutes les initiatives pour le développement de nos richesses métropolitaines et coloniales, tâchant de tirer de ce développement les ressources indispensables au relèvement du pays, mais aussi aux réformes de justice sociale auxquelles, après tant de lois sur l'hygiène, la durée, la sécurité, F in dépend an ce et la dignité du travail, vient de s'ajouter cette grande loi des assurances sociales qui, avec tous les perfectionnements quelle comporte, doit assurer aux ouvriers du textile, aux ouvriers agricoles, aux employés, contre les risques de la vie, des avantages analogues à ceux reconnus, à si juste titre, depuis si longtemps, aux ouvriers mineurs et aux cheminots*
Enfin, et sans négliger les encouragements à donner aux familles nombreuses, aux institutions de mutualité, d’habitations à bon marché, l’Etat n’aura rempli parfaitement sa mission sociale qu'en favorisant, dans l'intérêt de k production nationale, de la paix sociale comme du mieux-être des travailleurs, les bons rapports entre les patrons, qu'il est odieux de considérer comme des ennemis de classe de leurs salariés, et les ouvriers qui, ont le droit d’être traités non comme des instruments de travail, mais comme des collaborateurs*
Telles sont mes idées; mes actes répondent de leur sincérité.
Mes actes ,
Soit dans ma commune d'Àvelm, soit dans le canton d’Orchies que je représente, j’ai toujours essayé de réaliser Tunion des républicains sur le terrain national et social, À la Chambre, où je me suis toujours tenu à l'écart des discussions stériles et des intrigues politiques pour donner ma confiance à lois les Gouvernements sur toutes les questions d’intérêt national et pour soutenir sans réserve, et avec enthousiasme, le Ministère d'Union nationale, j'ai collaboré, sans esprit de parti, avec tous mes collègues dont les initiatives, qu'elles vinssent de droite ou de gauche, tendaient à réaliser quelque chose de mes idées, quelque point de mon programme* J'aurai l’occasion de rappeler comment, à la Chambre et devant les Commissions de l'agriculture, des régions libérées, des pensions, j’ai servi les î nié rets des cul ti va t eu rs , b o ns amis de to uj ou rs , d es s in is très > d e mes cam ara des les mutilés de guerre, des victimes civiles.
En ce qui concerne les impôts, qui appellent des allégements progressifs au fur et à mesure de la restauration financière, et, pour certains d'entre eux un meilleur aménagement, ainsi que plus de justice fiscale dans la répartition, les petits artisans ainsi que les mariniers et les chauffeurs voudront se rappeler que j’ai demandé et obtenu pour eux l'exonération de l'impôt sur les bénéfices commerciaux et de la taxe sur le chiffre d’affaires, ayant, par la même occasion, réclamé pour les commerçants et tous les petits contribuables comme pour les salariés, l'exonération du minimum de revenu indispensable à V existence* Enfin, en ce qui concerne les ouvriers et employés, j’ai déposé, en 1922, et repris une proposition de loi que j'ai défendue devant la Chambre et dont toutes les dispositions essentielles, retenues dans le projet qu'elle a adopté, assurent des réparations plus équitables aux victimes d accidents de travail, dont j’ai demandé T assimilation aux victimes de la guerre.
Mes chers Concitoyens,
Je dois vous exprimer mon très vif regret qu’un très malencontreux accident, conséquence de ma blessure de guerre, ne m'ait pas encore permis, k ce jour, d'aller à vous pour développer mon programme*
Soyez assuré que, si je suis votre élu, je serai très fréquemment parmi vous pour mieux vous connaître et être mieux connu de vous, approfondir vos aspirations, m'occuper de vos
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intérêts locaux, me mettre à la disposition de vous tous, et particulièrement des plus humbles, qui ont plus besoin de conseils et d'appui.
Si vous avez reconnu vos idées dans les miennes, et si vous avez confiance en mon dévouement, vous le direz le 22 avril prochain ; fier et heureux de cette confiance, je Lâcherai de la mériter pleinement.
Vive la Francel Vive la République!
G, dbs ROTOURST
Député sortant.
circonscription de LILLE.