M, BLANC
Élu au deuxième tour de scrutin, — 7.437 voix.
Mes chers Concitoyens,
Sur les sollicitations pressantes et réitérées de nombreux amis, j ai pris la décision de me présenter à vos suffrages.
Avant tout, je tiens à vous dire que je suis indépendant et que je veux le rester, car j’estime qu'entre Pélecteurjet le candidat, nul n’a le droit de s’interposer et de dicter sa Yoionté^au suffrage universel. C’est, en outre, avec mes ressources personnelles que je vais entreprendre une rude campagne électorale.
Cultivateur exploitant moi -même, j’ai toujours pensé que le meilleur moyen de bien servir la Démocratie était de faire la preuve, par soi-même, que celle-ci peut s’élever par le travail, l’épargne et la probité, à Indépendance et à la direction des affaires publiques,,
Originaire et habitant de la circonscription, je suis bien placé pour en connaître les aspirations et les vœux.
Puisque j’ai assumé la lourde charge d’être candidat, vous devez savoir quel est mon programme et quelles sont mes idées devant les graves problèmes qui se posent à l’a tient Ion du législateur de demain.
Républicain de cœur et de raison, je veux que la République soit accueillante pour tous les citoyens. Il convient de donner à l’État qui est Punique interpiète de l'intérêt général, l’autorité nécessaire pour le placer au-dessus des intérêts particuliers.
Je suis partisan du respect absolu de toutes les libertés et de toutes les opinions — liberté de conscience et liberté d’enseignement tout en restant profondément attaché au progrès démocratique et social.
Je tiens à rester fidèle à cette politique suivie par des hommes qui sont bien résolus à soutenir énergiquement le Gouvernement actuel, dans sa volonté de sauvegarder tous nos droits, avec accords avec nos alliés, la Société des Nations et la Commission des réparations.
Je voudrais que sur mon nom se fasse baHiance de tous les Français qui désirent travailler dans l’ordre et en paix.
Je prends nettement position pour le parti de l’ordre, pour le parti du progrès et du relèvement social, par le travail et la liberté.
L’agriculture doit être encouragée et soutenue par une politique appropriée. Connaissant bien les multiples questions agricoles qui doivent retenir l’attention du législateur, — pour bien connaître certaines questions il faut, comme moi, les avoir vécues et en avoir souffert, — si je suis choisi pour votre mandataire, mes soins attentifs, patients et persévérants se tourneront bien volontiers vers les cultivateurs qui ont été admirables pendant la guerre et qui se montrent non moins admirables pour avoir la paix. Après avoir fait tout mon possible, comme maire et conseiller général, pour ma commune et pour mon canton, ce serait pour moi un grand honneur que d’être appelé à représenter, au Parlement, notre cher pays de Bresse,
Je tiendrai eompLe dans la plus large mesure possible des revendications paysannes dont les principales sont les suivantes : Augmentation des prêts a intérêts réduits aux jeunes cultivateurs voulant s’installer à la campagne et y créer un foyer familial ; formation d’un personnel enseignant bien préparé à remplir sa mission dans les écoles rurales ; adaptation des programmes aux besoins des enfants des agriculteurs ; organisation des champs de démonstration ; développement des cours post-scolaires, des écoles ambulantes, professionnelles et ménagères ; application de la législation sur les assurances sociales sur le plan professionnel avec le concours des mutualités agricoles et en laissant toute liberté aux assurés facultatifs ; création dans nos villages de récréations saines et utiles ; intensification de rélectrifieation des campagnes par la force motrice, permettant la renaissance de F artisanat rural et des petites industries locales ; remaniement de la loi sur la tuberculose bovine ; rétablissement de l’égalité fiscale en ce sens que la charge des impôts demandés à l'agriculture doit correspondre à ses facultés contributives et à la modicité des bénéfices qu’elle réalise; réduction du tarif des transports sur les engrais et les denrées agricoles; consultation par les commissions parlementaires des principaux groupements agricoles et des chambres d’agriculture, sur tous les projets et propositions de lois intéressant l’agriculture*
Je m’efforcerai de lutter, — dans toute la mesure de mon pouvoir, — contre la désertion des campagnes, en cherchant à rendre la vie au village plus agréable et le travail agricole plus rémunérateur. Je suis partisan de la liberté du travail, contre la journée de huit heures, qui est nécessaire pour quelques professions, mais qui n’a pas sa raison d’être pour beaucoup d’autres et qui est une des causes de l’émigration rurale,
Mais si je suis cultivateur, je n’oublie pas les commerçants et les industriels qui ont à taire valoir des revendications très justifiées et qui trouveront en moi un défenseur fidèle*
No 3814
Commercants et cultivateurs doivent marcher la main dans la main, car c'est lorsque le marché agricole est bon, que les négociants vendent le plus de marchandises.
Je sul convaincu que tout en améliorant le sort du cultivateur, on peut améliorer le sort du commerçant. Et dès que l'Agriculture et le Commerce donneront leur plein rendement d’une façon toute naturelle, le sort des autres classes de la société sera ame îore.
Je m’efforcerai aussi de tenir compte, dans toute la mesure du possible, des revendications justifiées contenues dans les cahiers des groupements de mutilés, anciens combattants
ct^pr^onnie^t ,uique extérieure, je suis pour la politique de paix internationale,
mais avec des garanties sérieuses. Il faut songer à l’organisation défensive et méthodique
de TaHilanÏun programme de sévères économies, d’ordre dans nos finances et de la simplification des formalités administratives, je tiens à rendre un public hommage à 1 homme intègre et de haute valeur, à M. Raymond Poincaré, qui a sauvé le pays de la faillite et
la catastrophe.
Mes chers Concitoyens,
Cultivateurs, commerçants, industriels, victimes de la grande guerre, c’est avec confiance que j’attends votre décision. Si je suis votre élu, tous mes efforts tendront à justil.er
votre estime.
Vive la République !
Prospkr BLANC
Cultivateur.
Conseiller général et Maire de Saint-Martin-le-Chàtel. Candidat républicain.
Circonscription de NANTUA — GEX.