M. PAINLEVÉ
Elu au deuxième tour de scrutin. — 10,24*2 voix.
Appel aux Electeurs .
Mes chers Concitoyens,
La tâche qui s’imposera à la prochaine législature sera lourde, et graves ser ont les diffi^
cultés auxquelles elle devra faire face. .. . . i
Pour que les électeurs puissent faire connaître clairement leur volonté, il importe de « faire le point », c’est-à-dire de préciser l’état dans lequel la législature qui se termine
laisse les divers problèmes qui se sont posés devant elle. , . ... . ,
La bataille électorale qui s’est livrée en 1924, entre le groupement de droite dit « bloc national » et le groupement de gauche dit « cartel », a donné à celui-ci une légère majorité L’idée commune qui unissait les différents partis composant le cartel, c était surtout
«ne « aspiration vers la paix », une paix basée sur le rapprochement des peuples ■ k politique de Locarno a répondu à cette aspiration. 1
C était ensuite un désir d’allégement des charges militaires pesant sur la jeunesse ; les conditions préalables à 1 entrée en vigueur du service d’un an se réalisent avec rapidité.
- était aussi une grande soif d améliorations sociales : la loi sur les assurances sociales répond k ce désir généreux.
C’était enfin la volonté d'assainir le franc, tout en allégeant les impôts qui pèsent sur
activités utiles et les consommations nécessaires, et en substituant aux taxes supprimées diverses formes d impôts directs sur la fortune acquise. Mais les impôts directs, quelles qu en soient les modalités, exigent, pour n’être point illusoires, des mesures de contrôle e maces , ces mesures se sont heurtées aux résistances irréductibles des forces financières in «-nationales. La nécessité d’aboutir, à moins de laisser sombrer le franc, a donc contraint de suivre une autre méthode, celle qui est actuellement en cours, sous la présidence de
b - Raymond Poincaré : cette méthode a sauvé le franc delà catastrophe, au prix d’impôts inévitables, mais lourds. *
Tel est, dans ses quelques traits essentiels - et pour ne pas parler d’autres importants problèmes : ajustement des pensions de guerre, des traitements et des salaires; questions ^douanières, questions agricoles, etc. — le bilan de la dernière législature.
Mars, dans aucun des domaines que nous venons d’énumérer, l’œuvre entreprise n’est achevée. En particulier, dans la politique internationale, que d’obstacles, que de difficultés oujours renaissantes ! Et dans la politique financière, que de résultats encore à obtenir avant d atteindre le but, la stabilisation complète et définitive du franc ! Ce sera le devoir de a Chambre prochaine de poursuivre énergiquement les réformes commencées, les méthodes adoptées, et les progrès déjà accomplis.
Mais un grand effort s’imposera également à son activité dans le domaine économique.
. our résister au perd de 1a concurrence étrangère et pour maintenir une balance commerciale favorable, il sera indispensable décroître à la fois k puissance et de production et de consommation du pays; par le perfectionnement de l’outilkge national, par l’exploitation intensive des ressources naturelles de k Métropole et des Colonies, par un emploi plus rationnel de la mam-d œuvre, il faut que les travailleurs des champs et des usines soient mis en état de produire et de consommer davantage, et à ce double résultat devront colla-
orer, meme en s opposant parfois, les organisations patronales et les organisations oovneres. a *
, A!"Si f r0nt aPPortées ai sort de toutes les classes laborieuses les améliorations que les nécessités financières ne permettent pas de réaliser dans le domaine fiscal.
1 el est I esprit dans lequel est conçu le programme plus explicitement détaillé qui suit •
ce programme porte en tête k politique internationale, car c’est la question de la paix qui domine toutes les autres. ^
Politique internationale :
Poursuivre, quels que soient les obstacles, 1a politique de Locarno.
Cette politique est la seule qui puisse conduire à une paix basée sur le rapprochement es peuples, et c est aussi k seule qui permette à k Société des Nations d’acquérir, avec le concours du temps, k vigueur nécessaire pour faire face à tous ses devoirs.
Politique militaire :
Appliquer activement et loyalement, les nouvelles lois militaires votées par le Parlement et mettre ainsi en vigueur, dans le plus bref délai, le service d’un an.
a ter k constitution effective des forces dites mobiles qui permettront de maintenir la
pliï dMB domaine. d'outve-mer, e|.ge, d.n. de» °pé,aüoo., le. sold.l. du eon-
tinS Collaborer à une politique internationale de réduction de. armements conforme au principe proclame S Genève par la France : « arbitrage, sieur, 16, désarmement ».
Politique financière et fiscale ;
Poursuivre, jusqu’à la stabilisation complète et définitive du franc, k politique actuel-
Iemont en couhl ■ dflai ^ les mesures préalables à toute stabilisation :
équilfbrc des comptes entre la Banque de France et l’Etat, règlement des dettes mter-
alUC Sanfporter atteinte à l’équilibre budgétaire, ajuster et simplifier les impôts, et réduire ceux d’entre eux qui pèsent trop lourdement sur certaines activités nationales ou sur taines catégories de contribuables.
Politique sociale :
Assurances sociales. — Mettre en vigueur la loi sur les assurances ouvrières en ^cordant cette loi avec le libre fonctionnement de la Mutualité et en l’adaptant eqmtablement à t»L» iCMsork. d. travailleurs de. champ, et de. «.lues, aln.i qu'aux intérêt, d» peut patronat et cl 6 1 artisanat.
Anciens combattants. - Développer les conditions de k loi du 4 août 1923 et ^ decret du 9 avril 1927, et les commodités qu’ils offrent aux anciens combattants pour la constitu lion de retraites avantageuses.
Blessés et mutilés du travail. - Etendre aux blessés et mutilés du travail les méthodes de guérit et de .ecour. qui ont été employée, 6 l'égard de. blessé» ctmutde.de lu
guerre.
Problème du logement. - Résoudre la crise du logement par des mesures d’ordre national, avec le concours des Municipalités et en tenant compte notammcnL des besoin ■ familles nombreuses.
Politique économique, industrielle et agricole ;
Par les perfectionnements de l’outillage national, par l'exploitation intensive des ressources de k Métropole et des Colonies, par l’emploi plus rationnel de a main- enu > développer toutes les forces de production, en même temps que la puissance de consomnn-
Améliorer ainsi, en collaboration avec les syndicats ouvriers et patronaux, le sort de toutes les classes laborieuses, agricoles ou industrielles.
Instruction publique : ^
En meme temps que les améliorations matérielles, développer (sans monopole d'Etat' l’instruction générale. Etablir, entre les enseignements primaire, secondaire supérieure technique, les liaisons nécessaires, de façon à assurer à chaque cerveau d éniant la formation qui convient le mieux à scs aptitudes : but do 1 école unique.
Politique coloniale :
Organisation maritime, ferroviaire et aéronautique de nos Colonies, exploita Lion leurs ressources naturelles, en collaboration avec les populations indigènes, dont 1 educa 1 et le progrès matériel doivent accompagner le développement de leur terre nata e.
1 els sont, à mon avis, mes chers Concitoyens, les principes directeurs qui doivent, pour 3a prospérité nationale, orienter l’activité de la prochaine Chambre.
Âî-je besoin d ajouter que, si vous me faites l’honneur de me choisir comme représentant, ma sollicitude sera particulièrement acquise aux questions qui intéressent directement le travail et la production de votre belle région. Pays d’élevage, de forêts et de culture divisée, en même temps que de petite industrie, la circonscription Nantua-Gex exige, pour que se développe sa prospérité, un équipement moderne, dont son réseau électrique est la première réalisation, des communications faciles entre ses vallées, ses forêts, ses pâturages, une organisation de 1 artisanat conjugée avec celle des travaux agricoles, des facilités touristiques, la stabilité d un régime douanier approprié et des relations de voisinage avec la Suisse, etc.
Mes chers Concitoyens,
Je suis un homme d'étude et de travail; vous pouvez être assurés que. si je suis votre élu, je regarderai comme un devoir, en collaboration avec vos élus si compétents, d’apporter à la solution de ces importants problèmes, toute l’activité dont je suis capable.
Paul PAIN LEVÉ Membre de FlnstUut.
Ancien Président du Conseil — Ministre de la Guerre.
Circonscription de TRÉVOUX.
M. NÏCOLLET
Elu au deuxième tour de scrutin, — 9,380 voix.
Mes chers Electeurs,
Chers Compatriotes,
Choisi a 1 unanimité comme candidat par mon Parti, c'est avec joie et fierté que je viens solliciter vos libres subroges aux élections législatives du 22 avril prochain.
Je ne suis pas un inconnu pour vous. Depuis 1892, c’est-à-dire depuis trente-six années, jai h honneur d'appartenir au grand Parti de Jaurès, au Parti des travailleurs. Cette longue fidélité à un idéal politique très précis et très net ne m’a pas empêché de rechercher toujours et de pratiquer à chaque occasion I « union nécessaire » non seulement dans l’Ain, mais dans tout le pays, entre tous les éléments de « Démocratie laïque et sociale w notamment entre les deux grands Partis : « Républicain-radical et radical-socialiste d'une part, Socialiste S I1, I. O. d autre part». Je n ai jamais oublié la forte parole du grand tribun Jaurès, mon maître ; « Sans la République, le développement du socialisme serait impossible: sang le socialisme, la République serait vide! »
Candidat en J919, sur la Liste socialiste isolée, j’arrivais en tête dans l'arrondissement de Trévoux et mon Parti obtenait le plus de voix des deux listes de gauche.
Candidat en 1924, sur la liste du « Cartel des gauchas » dont je fus Tardent organisateur dès 1920, nous battions de haute lutte le « Bloc national » et j'arrivais à la Chambre avec la majorité du 11 mai 1924.
Je Tai écrit, dit et redit dans toutes mes réunions, je le répète ici-même : « Je regrette profondément, aujourd’hui que mon grand Parti n’ait pas « participé officiellement au premier Ministère Ilerriot », Il reste de toute évidence que si la « poussée » électorale, ce qui est presque certain, s’accentue vers la gauche le 22 avril prochain, mon Parti sera appelé sans nul doute à envoyer un certain nombre de ses députés au sein du Ministère démocrate et socialiste qui sera formé demain. Je n’ai jamais changé d’opinion sur ce point, pas plus que mon grand ami Pauî-Boncour,
Malgré cela, j’ai apporté avec mes camarades socialistes un appui constant, loyal et sans réserve au Ministère Ilerriot de 1924 à 1925 et au Ministère Painlevé en novemhre 1925,
La Chambre du * Bloc national » nous avait laissé « 163 milliards de dettes » une
échéance de a 25 milliards pour 1925 », une de « 8 milliards pour 1926 » et « 92 milliards de dette flottante » qui pouvait être immédiatement exigible.
Notre premier devoir fut d'élaborer et de mettre en équilibre le budget de 1925, malgré îe déficit et la situation lamentable de la trésorerie. Nous y sommes parvenus, de l’aveu même de M. Poincaré et tout en essayant de remplir nos engagements. Je rappellerai seulement quelques votes émis par moi, en plein accord avec le Groupe parlementaire de mon Parti et les partis voisins radicaux, radicaux-socialistes, républicains-socialistes.
Mutilés et anciens prisonniers de guerre I
J ai voté le 12 février 1925 « 4 milliards » pour les mutiles avec les majorations de 80 0/0 aux invalides — 640 francs par an aux veuves et orphelins — 80 0/0 aux ascendants — suppression de toute limitation de délai pour les présentations de demandes de pensiops d’invalidité,
J ai voté « 14 millions » pour les prisonniers de guerre. Je voterai le cahier de revendications formulé à Versailles par le Congrès de la France meurtrie.
Employés et travailleurs des services publics î
J al voté « 1 .200 millions » pour améliorer vos traitements et salaires et les mettre en harmonie avec le coût de la vie. — Je voterai à la prochaine Chambre en m’inspirant des réclamations formulées par Je « Cartel des services publics j>.
Commerçants 3
J ai voté « 1.200 millions » de dégrèvement sur le chifTro d'affaires pour 800.000 d’entre vous. — Je voterai toujours pour obtenir la suppression totale du chiffre d’affaires et 1 inquisition fiscale qui^êne le commerce et l’écrase. Je suis partisan d une « taxe» à un stade choisi de la production.
J’ai voté contre les impôts rétroactifs Loucheur de décembre 1925.
Industriels î
M inspirant à chaque instant des desiderata élaborés par vos chambres syndicales, je me suis attaché à défendre vos légitimes intérêts tant sur le marché intérieur que sur le marché extérieur. Je suis l’adversaire d’une protection douanière exagérée mais je comprends parfaitement certains tarifs vous aidant à soutenir la concurrence mondiale
Artisans !
J’ai voté toutes les mesures de dégrèvement fiscal intéressant votre condition. J’approuve
le « programme électoral » établi par l'assemblée générale de l’artisanat le 16 janvier 1928, J’en voterai, lorsqu’elles nous seront présentées, toutes les dispositions si judicieuses.
Mutilés du travail i
Membre de votre groupe à la Chambre, j’ai travaillé avec mes amis Durafour, Ministre du Travail, Rognon, AnLonelli à faire triompher -vos doléances. Grâce à mes efforts conjugués à ceux de mon ami Gros, vous avez été inclus dans la nouvelle loi sur les accidents eu travail. Je voterai en conformité des résolutions de v#tre dernier Congrès de Clermont.
Camarades ouvriers de l’usine ou de 1 atelier !
Avec vos délégués de la vieille C. G. T. j’ai défendu ardemment vos droits et vos conquêtes syndicales. Vous avez en moi un ami de toujours, vous le savez J’accepte sans aucune réserve le programme de « réalisations pratiques » voté par 1 assemblée de la C. G. 1- c. rédigé par Léon Jouhaux,
Laïques I
Fils reconnaissant de l’Ecole laïque à qui je dois tout, je reste le vaillant deienseur de l’Ecole et de ses Maîtres si dévoués. Vous pouvez compter sur moi, car toute ma ne j ai lutté pour vous Je considère k «Laïcité s comme la forme supérieure de la tolérance. Je suis partisan plus que jamais de l’indépendance de l’Etat laïque républicam en face des puissances théocratiques comme lo papauté*
Amis ligueurs de la Ligue des droits de 1 homme .
Vous me connaissez ! Je suis l’an de vos plus anciens militants. J’ai voLé pour la suppression des conseils de guerre en temps de paix. - Biribi a disparu grâce 4 nous -J ai vote l’abrogation des lois d’exception, car je suis un partisan résolu de 1 entière liberté de parler de penser et d’écrire ? J’ai voté contre tout emprisonnement pour délit politique. Je continuerai ainsi, sans défaillance, car je sais contre tout fascime, et contre toute dictature, d’où quelle vienne. J’ai voté toutes les mesures d’amnistie proposées durant cfes quatre
années.
Médecin.
Vice président delà Commission d'hygiène à la Chambre, j'ai pris part à 1 élaboration des projets qui ont trait à 1a protection de la santé publique et à la lutte contre les fléaux
J’ai voté les assurances sociales depuis si longtemps promises et qui devront, durant les =>1 mois qui viennent être aménagées pour leur bon fonctionnement, en plein accorc avec les directives de l’agriculture, de l’industrie, de 1a mutualité et du corps medical, organisé en syndicaux nationaux.
Contribuables 1
J’ai voté contre les 1*2 milliards d’impôts de 1926. J’ai voté tous les dégrèvements d’impôts proposés par mes amis et par moi-même, ayant pour but de vous soulager d’une charge chaque jour plus pesante et plus pénible. Je suis pour une meilleure répartition des impôts — pour 1a diminution des impôts indirectes qui écrasent le moyen, le petit, les pauvres les familles nombreuses. Je préconise, avec mon part., la stabilisation immédiate, pour ramener la logique dans les affaires.. Je voterai tous les projets qui auront pour résultat de soulager les pauvres, les petits et les humbles et de^ faire payer son juste tribut à la fortune acquise. De larges dégrèvements à la base jusqu à 100 000 francs par exemple, seront consentis. Je suis pour la sauvegarde et la défense des monopoles de fait et pour le or industrialisation.
Petits retraités ! J1 a; voté tous les crédits qui ont amélioré vos pensions si mesquines qu elles ne vous permettaient plus de vivre.
Vieux travailleurs I J'ai proposé, avec Masson, qu’on relève votre retraite si misérable. JJai voté 120 francs par an de supplément d'allocation à vos pensions.
Agriculteurs ! J’ai défendu, à chaque instant, vos inLérêts h la Chambre par mes votes. J’ai voté : projet de loi contre la hausse illicite et l'accaparement du blé. — Dégrèvement pour les engrais. — Suppression du chiffre d’affaires sur les engrais. — Révision des évaluations cadastrales. — Suppression des taxes à l’exportation pour tous les produits agricoles, — Relèvement par le coefficient 5 des droits protecteurs pour mettre les produits de la culture au niveau de ceux de industrie. ™ J’ai voté contre les impôts d’août 1926 sur les bénéfices agricoles, parce qu'ils sont vexatoires et mal établis, parce qu'ils écrasent le petit et îe moyen producteur et ménagent le gros exploitant. J'en poursuivrai la modification.
Avec Bovier-Lapierre et Carron, nous avons rédigé une proposition de loi assurant aux travailleurs des champs la propriété de leur ferme et de leur terrain d'exploitation,
« Je ne suis donc pas un négateur ni un ennemi de la petite propriété, qui ne constitue pour celui qui la met en œuvre avec sa famille que son instrument de travail. Je suis au contraire partisan de la voir se généraliser, amenant ainsi l’indépendance du petit cultivateur et restant seul susceptible de retenir les travailleurs à la campagne* >?
Je soutiendrai énergiquement les organisations agricoles : syndicats d’achat — coopérative de vente — enseignement technique agricole scolaire et post-scolaire — mutuelle bétail — caisses de crédits agricole. — Je m’inspirerai des réclamations des sociétés de défense paysanne.
Je demanderai la révision des baux ruraux dans le sens de l'équité et de la justice par une procédure de conciliation et d’arbitrage.
Je soutiendrai les droits des petits chasseurs brimés par J es gros possesseurs de chasses qui constitent un retour à la féodalité.
Aux pacifistes ! Aux pères et mères de famille I Je suis partisan du service de 9 mois au lieu d’un an. J'ai voté contre les périodes de 28 jours. J’ai approuvé la politique de paix du président HeFriot, du président Aristide Briand et démon éminent ami Paul-Boncour. J'ai voté les accords de Londres, les accords de Locarno et le protocole de Genève, Je suis d’avis que l'œuvre de réconciliation humaine commencée à la S. D. N, à Genève, doit être poursuivie sur 3e terrain économique par le Bureau international du travail et le Conseil économique international. L’éducation de la paix doit être poursuivie dans nos écoles et dans les familles ï
Tel a été mon travail à la Chambre. Tel est mon programme*
Républicains, radicaux et radicaux-socialistes ï
Je sais que vous êtes nombreux dans cet arrondissement, qui m'avez donné sans réserve votre confiance le 11 mai 1924, Le regretté Alexandre Bérard, dont je possède des lettres nombreuses, m'en avait également honoré, A votre congrès de Salhonay, où je n étais pas même candidat, 18 de vos délégués ont voté pour moi. C’est un gage précieux pour moi. Vous savez qu’au Parlement, dans 3a presse, dans toutes mes conférences, dans mon parti même, j’ai sans cesse préconisé l’union entre nos deux grands partis pour abattre la réaction. Le citoyen Gazais, président do votre groupe parlementaire à la Chambre, a bien voulu en témoigner par la lettre suivante : ,
Paris, 8 mars 1928.
« Mon cher ami,
« Je Vous ai dit bien souvent quel plaisir j'avais à causer avec l’excellent républicain que vous êtes* clairvoyant et ferme, mais surtout de haute culture idéaliste. J’ai souvent
retrouvé en vous ce fonds d’idées généreuses et libérales qui, des livres des hommes de 18-18, se sont répandues presque parmi les humbles et ont honoré les partis de gauche. Je vous prie de croire à la sympathie profonde qui anime ces quelques mots.
«Signé : Gazals,
a Président du Groupe radical-socialiste de îa Chambre- v
Vous voterez donc pour moi dès le premier tour, sans hésiter, afin de marquer votre désir de voir, selon la forte parole de Jaurès : « la République démocratique s’achever eu République sociale. »
Démocrates, socialistes, pacifistes 1
Laissez-moi mettre sous vos yeux la lettre suivante de Paul-Boneour lui-même, elle me servira de garant :
Paris, 15 mars 1928a
« Mon cher ami,
a Vous savez mou amitié pour vous. Je sais, moi, votre amicale fidélité fi mon égard et aux conceptions républicaines et socialistes, que je défends. Vous devinez par conséquent le chagrin que j’éprouve à ne pouvoir aller donner dans la circonscription dont, je suis sûr, vous allez être l’élu, la réunion que je vous avais promise. Les débats de Genève ont été trop absorbants. Ï1 me faut partir pour le Tarn mener dans l’ancienne circonscription de Jaurès la même bataille que vous allez mener vous-même, puisque toujours nous avons été
d’accord. .
« Je souhaite que, non pas seulement les socialistes, mais tous les républicains no
l’oublient pas plus que moi-même. Vous êtes de ceux, mon cher ami, qui comme moi, ne séparez pas le socialisme de la République. Une majorité républicaine sans les socialistes serait incapable de faire, dans la prochaine législature, la besogne de paix, d’organisation de l’Etat et des réformes sociales qui s’imposent. Ce sont donc des hommes comme vous qui lui sont nécessaires. Je vous dis: à bientôt; au 1« juin, nous reprendrons côte à côte à la Chambre, après l’avoir mené dans nos circonscriptions respectives, notre bon combat.
« Tout à vous,
« Paul-Bon cour* »
Citoyens, chers amis,
J'ai confiance dans votre clairvoyance et dans votre justice ! Vous avez en face de vous un honnête homme, un républicain laïque éprouvé, un socialiste de toujours, un représentant laborieux estimé de tous ses collègues, de tous les partis, un médecin dont la culture intellectuelle permet un travail fécond pour la solution des grands problèmes de 1 heure.
Son entier dévouement vous est acquis à tous, sans distinction d opinions politiques ou
religieuses. r
Le 22 avril, j'en suis persuadé, vous voterez pour votre député sortant, pour 1 un des
vôtres, pour un fils du peuple, pour le docteur Paul N1C0LLET .
Aux urnes !
Pas d'abstentions 1
Vive T arrondissement de Tré voux t
Docteur Paul NI COLLET
Député sortant.