M. CADOT
Elu au premier tour de scrutin. — ■ 13,256 voix.
Chers Concitoyens,
Vous êtes appelés, le 22 avril, à désigner le représentât au Parlement de la sixième circonscription de Béthune, formée par le canton d’Hoüdain.
La Fédération socialiste du Pas-de-Calais m’ayant, selon les indications d’un vote unanime des sections de la circonscription, renouvelé sa confiance, je viens, pour la quatrième fois, pénétré de là gravité de la situation actuelle, me présenter à vos suffrages et solliciter le renouvellement du mandat que vous mTavez confié pour la première fois en 1914, avec le même régime électoral que celui d’aujourd’hui, le scrutin dr arrondisse ment.
Vous connaissez mon passé. Pendant trois législatures, dont une a été le témoin de la catastrophe mondiale de 1914-1918, tous mes efforts ont été tendus vers un but unique: guider, conseiller, soutenir mes compatriotes, rendre service à tous, collectivités et particuliers.
Ghargé des intérêts d’une circonscription de près de 200.000 habitants sur 515,000 que compte l’arrondissement de Béthune, tous mes instants ont été consacrés au travail*
été au service de tous et personne ne peut dire qu’il ait fait, en vain, appel à mon concours*
A la Chambre des Députés, j’ai toujours voté pour l’intérêt général du pays et en faveur des intérêts du peuple qui travaille et qui produit* J’ai toujours considéré en effet, que le travail qui crée les richesses et la prospérité devrait être récompensé en tout premier lieu, avant tout prélèvement en faveur des oisifs et des jouisseurs.
Je suir intervenu maintes fois à la tribune de ta Chambre pour défendre des intérêts divers, notamment ceux des travailleurs et en particulier ceux de la corporation si intéressante des ouvriers mineurs* L’instruction des enfants du peuple a toujours été l’objet prin-
cipai de mes préoccupations et j’ai combattu activement pour hâter les construction* scolaires si nécessaires dans nos régions surpeuplées et pour supprimer les taudis scolaire encore nombreux en France et dans le Pas-de-Calais.
Socialiste,, profondément laïque, j’ai combattu toute ma vie pour la République laïque démocratique et sociale. Je reste fidèle à mes convictions anciennes et dans l’avenir, je continuerai, comme par le passé, à défendre vos intérêts et ceux du pays.
Mon programme, c’est celui du Parti socialiste, de ce Parti qui a déjà une Ionore histoire et qui est né d’un acte de foi dans ie peuple et d’une volonté résolue de réalisations démocratiques. -,
Ce Parti sait ce qu’il veut. Avant tout il veut la paix. II répudie, en politique extérieure tout acte, tout geste qui puisse fournir jamais un prétexte au renouvellement des catastrophes dont la France garde le poignant souvenir. 11 sait, certes, qu’il ne suffit pas de décréter la paix pour l’obtenir ; il observe avec angoisse les convulsions qui secouent l’Europe et le monde. Il ne bêle pas la paix, mais Î1 la prépare eL.il pense que l’honneur et l’intérêt de la France lui commandent de diriger cette œuvre.
C’est pourquoi, il entend soutenir, avec l’énergie nécessaire, l’œuvre de paix qui s'ébauche à Genève à la SociéLé des Nations et où plusieurs membres du Parti socialiste jouent im Mïe très important,
A l’intérieur, ie Parti socialiste entend défendre, avec la dernière énergie, les libertés civiques et intellectuelles, les libertés syndicales, la neutralité de l’enseignement ; il veut l’accomplissement des promesses contenues dans l’idée démocratique, la réalisation des espoirs quelle a fait naître dans le cœur de ceux qui peinent et qui souffrent,
Il veut défendre la laïcité de l’Etat encore âprement discutée par ceux qui veulent faire de la religion une dominatrice, parce que cette laïcité est à la condition nécessaire de la liberté des consciences et que la neutralité que tous doivent respecter est une protection pour tous*
U défend l’école laïque parce que celle-ci développe l’esprit critique chez les citoyens et qu’elle leur donne la noLion exacte de leurs devoirs eL aussi celle de la solidarité sociale. 11 veuL d’autre part, l’école unique afin qu’il soit permis à tous les enfants, sans considération de fortune, d’accéder à tous les degrés de l’enseignement en tenant compte seulement de leur valeur et cîe leur mérite.
A timon où nous sommes, Tes questions financières et budgétaires, desquelles dépendent la vie et la prospérité de la nation, tiennent, à juste titre, le premia- plan des préoccupations de noirs Parti.
D’impérieuses exigences de trésorerie ont amené les gouvernements à développer les impôts de consommation si lourds aux travailleurs et aux familles nombreuses. Le Parti socialisée, qui ne s’est jamais associé à celte politique financière, s’efforcera d’obtenir le retour aux principes équité blés d’une fiscalité plus démocratique.
il reconnaît que létal de Ta monnaie et celui de -la trésorerie se sont améliorés ces temps derniers, que le marché des changes a été moralisé, mais ces résultats n'ont été obtenus qu en créant dix milliards d’impôts nouveaux et qu’au détriment de la santé économique de la nation.
De système de l’amélioration progressive du franc par l'amortissement et de l’amortissement par les sui-charges fiscales n’a pas permis d'abaisser le prix de la vie ; il a provoqué une crise industrielle et commerciale, crise de sous-eonsommation et de mévente d'abord, crise de sous-production ensuite et a frappé d’une nouvelle pertubation la vie économique du pays, sans créer le moins du monde un état plus juste, mais en provoquant des iniquités nouvelles et contraires.
Les ouvriers mineurs français ont à supporter actuellement les conséquences fâcheuses de ceLLe perturbation économique : le chômage, qui ne devrait pas exister dans un pays comme la France, tributaire de l’étranger pour 20 4 25:000 tonnes de charbon chaque «unie, les atteint ; d autre part, pour obtenir nue diminution du prix de revient de la tonne de charbon afin de permettre à l’industrie minière française de faire face à la concurrence
étrangère, on les astreint à de dures conditions de travail et on leur a fait subir, en 19:27, une diminution de salaires. Le problème qui se pose pour les travailleurs du sous-sol est grave, il Lest d'autant plus que, par ricochet, une situation malheureuse chez les mineurs entraîne le marasme au sein des populations agricole et commerciale.
Pour remédier à cette situation, le Parti socialiste veut une stabilisation légale consacrant la stabilisa Lion présente de fait, en excluant formellement l'idée soit d’une revalorisation, soit d’une dépréciation préalable 11 réclame la consolidation générale des engagements à court terme et de la dette flottante comme condition préalable à la stabilisation légale et il estime qu’on doit poursuivre énergiquement P effort d’amortissement et que îe seul moyen d'obtenir un amortissement actif et rapide qui puisse permettre de songer aux dégrèvements fiscaux, est de faire appel à la richesse, étant entendu que les dégrèvements seraient effectués dans l’ordre suivant: dégrèvement des denrées de consommation indispensables: sucre, café, cacao, réduction de la cédule des salaires et traitements, ensuite réduction de la cédule des bénéfices industriels et commerciaux.
D’autre part, le Parti entend ne rien laisser aliéner des services publics dont TËtat a assumé la charge ; rien ne doit être distrait de cette partie de la richesse nationale. Au contraire, il demande l’extension de ses services publics êt estime que l’Etat doit participer dans toutes les entreprises suffisamment concentrées et exploiter à son profit tout ce qui est, par sa nature, domaine national. Mais il croit que, par une industrialisation moderne, par un appel à T'émula lion et à l'amour-propre des agents, le produit de cès services pourrait être sensiblement amélioré.
Le Parti a aussi son programme de législation du travail. II ne fait pas fi des réformes et il s’efforce de conquérir au profit des travailleurs jusqu’à la moindre parcelle de justice eL de bien-être.
Son programme de reformes immédiates concorde presque littéralement avec celui de la Confédération .générale du travail.
Préoccupé de voir bientôt le prolétariat garanti dans la plus large mesure contre les risques constants qui le menacent, le Parti socialiste réclame les reformes suivantes :
P L’interdiction d’employer les enfants avant Page de 14 ans dans les établissements industriels ; 2° la limitation de la durée maximum du travail à huit heures par jour ; 3° les vacances payées j 4° la révision complète de la loi de 1898 sur les accidents du travail et extension de ladite loi aux maladies professionnelles ; 5° la réorganisation de l’inspection du travail ; 6° l’amélioration du régime des assurances ouvrières et sociales en vue de protéger les ouvriers et leur famille en cas de maladie, de maternité, d’invalidité, de vieillesse, de décès? de chômage ; 7Ü le développement des contrats collectifs*
Au point do vue économique, îe Parti socialiste, désireux de protéger, dans le régime actuel, les travailleurs contre les fâcheuses conséquences immédiates des progrès économiques : chômage, baisse des salaires, etc* et de protéger contre les mêmes conséquences, \ etlsem^le des consommateurs menacés dans leur puissance d’achat par les prix que peuvent imposer souverainement les industries concentrées, a inscrit à son programme d’action immédiate: le contrôle ouvrier cl la participation ouvrière à la gestion, le contrôle des prix et le développe mont de la coopération, la nationalisation des services publics et le retour à la nation des monopoles de fait (assurances, sucres, pétroles, mines, alcool).
Ln ce qui concerne l'agriculture, le Parti socialiste estime que pour augmenter la production, il faut entreprendre dès aujourd’hui toute une série de réformes sérieuses qui seraient réalisées en complet accord avec les cultivateurs et le monde du travail, savoir: * création d un Office des b*és, la nationalisation de la fabrication des engrais, le développement de 1 enseignement agricole, rétablissement de tarifs réduits pour le transport des
eri^tais> machines et produits agricoles, l'application de toutes les lois sociales aux travailleurs agricoles,
^ L hygiène, l’assistance et la prévoyance sociales ont également retenu toute Y attention 6 notre f artf En vue de combattre les fléaux sociaux, il présente dans son programme une
série de réformes réalisables dans un court délai et dont l'effet bienfaisant serait vivement ressenti par la population tout entière. Il sollicite la création d’œuvres en faveur del’enfance (consultations pour nourrissons, puériculture, goutte de lait, inspection médicale des écoles), l’assurance sociale des enfants, la refonte des lois d’assistance, la création d’un vaste service 'd'hÿgiîhe en vue d’assurer la surveillance et la protection de la santé publique et toutes les mesures propres à atténuer les souffrances, à garantir la justice sociale, à sau« vegarder la vie humaine, une plus large dotation du budget de l'hygiène et de Tassistaice, une politique active du logement et de l'habitation.
Le Parti socialiste s’efforcera de combattre îa vie chère. Il faut rendre abordable, vite et à tout prix, le coût de la vie qui impose de douloureuses privations aux travailleurs, plus encore aux vieilles gens et aux retraités dont chaque jour voit s’accroître les oblige tions et diminuer les moyens de défense.
Les sacrifices consentis pour la défense de la nation doivent trouver leur juste réparation. Le Parti estime que la dette contractée envers les anciens combattants mutilés, leurs veuves, leurs ascendants et leurs enfants est imprescriptible et irréductible.
Les commerçants trouveront toujours le Parti avec eux pour les défendre conLre les accapareurs et pour les aider à obtenir un meilleur aménagement de leurs charges fiscales.
Pour les fonctionnaires, les ouvriers mineurs, les cheminots, les employés de commerce et de l’industrie, les ouvriers du bâtiment, etc,, le Parti s’engage à défendre et à faire aboutir les revendications contenues dans les programmes établis par leurs organisa* lions syndicales respectives adhérentes à la Confédération générale du travail.
Electeurs 1
Telles sont les grandes lignes du programme du Parti socialiste, de mon programme. Pour le faire aboutir, pour résoudre dans un esprit démocratique les problèmes qui y sont posés, il faut que vous ne remettiez les destinées du pays qu’à des hommes de progrès, vraiment dignes par leur valeur morale et la fermeté de leurs convictions laïques et sociales', II y va de l’avenir du pays.
Le scrutin d’arrondissement vous permet d’apprécier et de connaître las candidats qui sollicitent vos suffrages.
En ce qui me concerne, trente-sept années de vie publique restée fidèle aux mêmes principes, mon action parlementaire, les votes que j’aî émis, mon action municipale qui sont le témoignage irrécusable de ma volonté de progrès social, me permettent d’attendre avec confiance votre verdict,
La députation n’est pas pour moi un métier, mais un contrat de bonne foi entre les électeurs et l’élu, contrat que j’ai toujours fidèlement respecté.
Si vous me faites l’honneur de m’accorder de nouveau votre confiance, je serai demain comme hier, le député de tous et notamment des humbles et des déshérités delà vie, comme je suis à Bruiiy, le maire de tous. Gomme dans 3e passé, je serai à vous et à la République démocratique et sociale,
H, CÀDOT
Député sortant.
Maire de la ville de Bruay-en-Ârtois.
No 3814
i]9 circonscription de BOULOGNE*