‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 208 sur 336 · M. PAULIN · texte numérisé non relu

M. PAULIN

Élu au deuxieme tour de scrutin* — 7,872 voix.

Citoyens,

Pour la seconde fois, je viens solliciter vos suffrages.

Élu en 1924 sur la liste d’ Union des gauches, par une majorité importante, j ai conscience de n'avoir pas été indigne de la confiance que vous m'avez accordée.

En toutes circonstances, j’ai défendu vos droits et vos légitimes revendications : je Y ai fait à la tribune de la Chambre, dans les Commissions, auprès des administrations intéressées. J'ai été votre représentant fidèle et dévoué.

Pour remplir exactement mon devoir, je mai eu à nV inspirer que de ma conscience et du haut idéal auquel, dès mon plus jeune âge, j’ai voué toute mon activité.

Vous me connaissez. Je suis un travailleur comme vous. Je vis au milieu de vous. Vos aspirations sont les miennes.

Socialiste, j’ai lutté contre l'injustice qui pèse sur le travail ; je m'efforce, avec mon parti, de préparer un régime nouveau où régneront la paix^ la justice et la fra^ terni té.

En attendant la r éalisation de cette société harmonieuse, où chacun aura sa vie assurée, je m'applique, dans toute la mesure de mes forces, à améliorer le dur régime actuel, à combattre les abus, à réduire I1 iniquité.

C’est de ces principes que je me suis inspiré durant les quatre années que j’ai passées m Palais-Bourbon. Fort de mes convictions, j’ai travaillé à la réussite de quelques-unes de ces réformes qui intéresse le monde du travail \ j ai détendu les intérêts des diverses catégories de travailleurs qui soutirent de l' exploitation capitaliste i cheminots, victimes de 1 oligarchie ferroviaire \ petits cultivateurs, livres sans defense à k rapacité des grands trusts , ouvriers, dont le salaire est orecaire et dont le lendemain n est jamais assuré; petits artisans, dont le travail si utile n’est guère encouragé par les Pouvoirs publics; petits commerçants, accablés par une fiscalité détestable et dont les partis bourgeois, qui s’intitulent leurs défenseurs, méconnaissent la situation difficile.

Pour toutes ces catégories, je suis intervenu, Lt, quand je dénonçais la gabegie des deniers publics, à laquelle se livrent des services publics comme l’aviation, je les défendais encore : car, c’est protéger les contribuables modestes que d exercer un contrôle rigoureux sur l’emploi des sommes qu’ils versent à l’État et qu’ils ont tant de peine à gagner.

Cet effort, je l’ai tenté avec l'ensemble du Parti socialiste. Les réformes, je les ai réclamées, exigées et votées avec lui, qu’il s’agisse des assurances sociales, de la réduction du service militaire, des périodes de réserves, des impôts démocratiques ou de la réintégration des cheminots.

Mon programme, c’est aussi celui de mon Parti. Vous en trouverez 1 exposé complet à la seconde page de ce journal. Il est notre charte* S’il ne dépend pas de nous, mais de la majorité future, qu'il soit réalisé totalement au cours de cette législation, du moins, ftous nous emploierons avec une énergie indomptable, à en faire aboutir les dispositions essentielles.

Au premier rang de celles-ci, figure la modification radicale d une fiscalité qui écrasé Iss producteurs et les consommateurs. L’U ni on nationale se flatte d avoirretabli la situation

financière : ce rétablissement n'est que précaire et ce sont les travailleurs — depuis l'ouvrier jusqu’au petit propriétaire rural, en passant par l’artisan, le petit commerçant ou le Fonctionnaire qui en font tous les frais. L’Union nationale a épargné tout sacrifice aux privi¬

légiés de la fortune : tout son génie a consiste à prendre l'argent où il n’est pas*.

Les élus socialistes s’appliqueront, dans la prochaine Chambre, à obtenir un système financier qui ne fasse pas porter aux seuls travailleurs tout le poids de la liquidation de la guerre; ils réclameront si instamment plus de justice dans l'impôt qu’il faudra bien qu’on les entende.

Ils lutteront aussi pour le maintien de la paix, qui est le premier besoin du peuple. Mes amis et moi, au cours de cette législature, nous avons secondé tous les efforts tentés par les gouvernements démocratiques en vue de la pacification de l’Europe et du rapprochement avec f Allemagne : nous continuerons* Notre vigilance ne sera jamais en défaut, lorsqu’il faudra déjouer les intrigues d'une périlleuse diplomatie secrète^ ou stimuler les gouvernements pussillanimcs qui tremblent devant 1 audace fasciste.

Nous voulons la paix extérieure et nous saurons obtenir qu'elle soit maintenue.

Nous sommes passionnément attachés au régime démocratique ; l'expérience montre la vanité des violences bolcbevistes qui servent, tout au plus, à conduire en prison des militants égarés par le fanatisme de Moscou.

Pour ma part, j'ai participé a toutes les luttes qui se sont livrées pour la République, Je continuerai à défendre de toutes mes forces ce régime qui, s’il n’a pas accompli tout son devoir à l'égard du prolétariat, lui assure du moins une large part de liberté. Je me refuse, avec Jaurès, à accroître l'oppression économique de l'oppression politique*

Citoyens,

La paix, la liberté ne seront maintenues, des réformes 11c seront réalisées, que si vous envoyez à la Chambre des élus socialistes et démocrates.

Vous savez que j’ai Loujours défendu ce principe, comme j'ai été le gardien vigilant de vos intérêts.

Mon passé vous est le meilleur garant de mon attitude future. J’ai tenu les engagements que j'avais pris envers vous. Je tiendrai, avec la même probité scrupuleuse, ceux que je prends aujourd'hui.

Je suis sûr que vous me maintiendrez la confiance que vous m’avez accordée il y a quatre ans.

Je vous suis demeuré fidèle. Vous avez pu compter sur moi.

J'attends votre verdict avec confiance.

Vive la République sociale !

Albeht PAULIN

Député sortant.

Conseiller général*

Candidat du Parti socialiste.

No 3814

3a circonscription de CLERMONT-FERRAND.

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