M. ROY
Élu au deuxième tour de scrutin. — 8.813 voix.
Citoyens,
C’est pour la cause de la République du travail et de la paix que je sollicite vos suffrages, le 22 avril, avec l’investiture de la Fédération radicale et radicale-socialiste du Puy-de-Dôme.
Pendant vingt ans de mairie, quinze ans de présence à rassemblée départementale, et au cours d une rude existence de médecin de montagne, j’ai pu donner la mesure dé mon dévouement, de mon indépendance et de mon activité.
Deux problèmes dominent J a scène politique : celui de la paix extérieure et celui de l'assainissement financier.
Lû premier peut se résoudre dans l’esprit de la Société des Nations, de Gevlye et de Loearno, synthétisé sur cette trilogie de la sécurité, de l’arbitrage obligatoire et du désarmement.
Quant à notre redressement financier, c’est une œuvre de longue haleine qui doit imposer silence aux semeurs de panique, à P égoïsme et au privilège, réprimer le gaspillage, briser la spéculation par la stabilisation de notre monnaie, encourager l’effort et l’épargne par une fiscalité moins oppressive et plus équitable, consolider la dette flottante eL amortir le passif dans la limite de la puissance contributive d’une génération qui a tant souffert!
Il faut abaisser le taux des impôts de consommation, remplacer la taxe sur le chiffre c affais es par une taxe a la production sur les objets manufacturés ; établir sur l’impôt cédalaire un abattëinent de 7.000 francs pour les commerçants comme pour les autres contribuables et réprimer la fraude fiscale.
Nos institutions ont besoin d’être mises en harmonie avec ies forces économiques du Posent. Les groupements d’intérêts, ni brimés ni méconnus, doivent être disciplinés sous l autorité d’un Etat, fort et bien organisé, qui ne se prêtera à aucune servitude et ne laissera pas rançonner le consommateur sans défense.
N abandonner aucune de nos richesses publiques, moderniser leur exploitation, mettre j Lm.cn t notre domaine colonial, réaliser 1 organisation internationale du travail et de a production, sous les suggestions clu Conseil national économique, tel sera, tout en liquitan a guerre, la tâche immense du Parlement de demain.
Respectueux de la propriété individuelle qui est le stimulant et le but de l’activité de ersairc de la lutte des classes qui ne peut conduire qu’à la guerre civile, au à la misère, je voudrais une politique sociale hardie qui, coordonnant les direc- ^ P ,*f. ,l Confédération generale du travail avec colles des forces de production, tendrait des ■ rati°n ^ humaine par la participation aux entreprises, par le règlement
salariat ’ltS lai’bitraiïe obliS'atoire et un acheminement progressif à la disparition du
contre 'imlenr lSS libertës -Vndicales, activer l’application des assurances sociales, lutter ]e stat i taUf iS* f0Lll VO^eur ^ alcoolisme et de tuberculose, donner aux familles nombreuses C^es ont droit , maintenir les traitements en harmonie avec le coût de la vie, en un mol. le bien -être matériel et inoral du travailleur manuel et intellectuel ?
qui élargira notre marché de consommation intérieure, tel est l'idéal de réalisation qui doit tenter tout esprit républicain.
Partisan de l’intangibilité des lois laïques, dans le respect des croyances, ]e voudrais, en dehors de tout monopole, une politique qui favorisât renseignement gratuit à tous les degrés et fit de l’instruction le privilège du mérite et non celui de la fortune.
L’application de la loi militaire d’un an ne devra pas être différée au delà de la date
PrCVJe prêterai une oreille attentive aux appels de la Fédération Lhermale d’Auvergne et des Chambres d’industrie thermale, aux doléances de la Fédération du petit et moyen commerce, ainsi qu’aux revendications des victimes de la guerre, des mutilés du travail et des
aiÜSI es paysans savent avec quel intérêt je suis la crise actuelle et ils peuvent être assurés que je m'associerai à une politique de larges vues qui assurera les débouchés extérieurs dans une équitable tarification douanière et qui favorisera le crédit agricole, 1 emploi des engrais, la rénovation des méthodes culturales, renseignement postscolaire, la vicinalilé, les projeta d’adduction dean et T électrification des campagnes
Citoyens^
Te n’ai à vous faire entendre ni le couplet du nationalisme agressif ni celui de la surenchère démagogique. La République ne doit prendre ni la figure du fascisme qui opprime, ni celle du bolchevisme qui asservit.
Dégageons-nous de la politique de la peur ou des solutions de paresse. La passe est difficile, mais nous devons la franchir avec une volonté ferme de paix intérieure et extérieure, un esprit de justice sociale et de sacrifice, une confiance inébranlable dans les destinées démocratiques de ce pays.
Vive la République du travail et de la paix l
Dr E. ROY
Maire de Rochelort-Mon$gne.
Conseiller général.
Candidat du Parti radical et radical-socialiste.
Circonscription dlSSOIKE- M. ANDRAUD
Citoyens,
Ceci n’esL pas à proprement parler une profession de foi : vous trouverez dautie pa les points essentiels de mon programme qui est celui du Parti socialiste. ^
Je n’ai ici l’intention que de vous présenter non ma personne qui n a, je pense i ^ importance secondaire, mais ma candidature; de vous en dire la cause et de vou
quer la signification. , , , v nne nre-
Je suis le candidat d’un parti — îe Parti socialiste. — Je crois que c es
raière garantie pour l’électeur, parce que, d’abord, l’homme présenté a été juge, jauge fi je Duis dire et choisi par ceux qui le connaissent et le voient à l’œuvre depuis longtemps.
* Ensuite, élu, cet homme, à moins de devenir un renégat, d’entacher ou de briser sa vie politique, ne peut abandonner et trahir l'opinion qu il a affirmée, le programme qu il a
défendu. . * , , e -,
Les 30 sections socialistes de l’arrondissement d’Issoire, reunies en congres, mont fait
l’honneur de me désigner à la quasi-unanimité pour porter leur drapeau.
J'ai été touché de la confiance qui m’était ainsi manifestée. J’ai négligé la vaine gloriole et n’ai voulu voir que la tâche. La tâche est rude, vous le savez, l’arrondissement est immense : 9 cantons, 117 communes. Il va des confins de la Corrèze et du Cantal, de mng es ci Trémouille, au Vernet-Ia-Varenne, en. passant, d’un côté par le Césaher, à Anzat-le-
Luffuet, de l’autre, par Le Chambon, au pied du Sancy. - ’ ,
° Cette lâche, je l’ai acceptée après réflexion, avec la volonté fermement arrêtée de l’accomplir, mû par le seul souci de ne pas décevoir ceux qui onL mis leur confiance en moi et m’apportent chaque jour d’incomparables témoignages de dévouement.
Je l’ai acceptée avec le seul souci d’accomplir une campagne vigoureuse, ardente, une
campagne d’action positive pour défendre, répandre et faire triompher mon idéal, 1 idéal
crueie crois le meilleur; mais aussi une campagne courtoise. . .
Je me suis formellement interdit toute attaque personnelle, je comDats les thèses, je les
combats à coups d’arguments, à coups de vérités. , ,
■Le peuple, d’ailleurs, m’a compris et m’en a su gré. Ceux, tous ceux qui m ont entendu, oui m’ont vu au cours des 150 réunions que j’ai faites dans l’arrondissement, m efforcer d’apporter un exposé clair des faits, d’en analyser les causes, d y proposer des remedes rationnels ; ceux qui m’ont entendu défendre avec vigueur, smon avec éloquence, mais sans sectarisme et sans haine, le vivant programme d’action qui est le notre, pourront en
témoigner.
Citoyens,
Me voici devant vous, rompant avec pas mal de traditions électorales, me gardant d’injures, me gardant de banales promesses, ne vous apportant que ma sincérité, le peu ,d expérience et d’activité que mes amis veulent bien me reconnaître, ne vous offrant que
ma bonne volonté, ma volonté tout, court. A
Si je ne suis pas un faiseur de promesses, je puis vous dire tout de meme que je connais aussi bien que quiconque les intérêts de cet arrondissement d Issoire que j aime et que,
même habitant Clermont, je n’ai, en fait, jamais quitté.
Je sais comment il est desservi, le nombre de kilomètres de voies ferrees qu >1 possédé . le tronçon allant de Brassac à Coudes et un autre plus infime qui le touche a baint- Sauves.
Je connais les revendications des mineurs que j’ai bien depuis sept ou huit ans, détendus quelquefois par la plume et par la parole.
Je sais les revendications des paysans, ceux de la plaine et ceux de la montagne que je ne sépare pas, moi, car si leurs intérêts ne sont pas toujours semblables, ils ne sont pas opposés mais parallèles. Si j’étais tenté de les oublier, il y a quelque part un vieillard, mon père, qui se chargerait de me les rappeler.
Vous savez qui je suis. Vous savez ce qu’est mon Parti. Vous avez vu et entendu mes concurrents. Vous jugerez les programmes et les hommes. Vous voterez selon votre cœur e
selon votre conscience et vous aurez bien voté.
Maintenant, si l’on venait, comme suprême argument, vous dire que je suis trop jeune, vous répondrez que je n’ai pas été trop jeune pour me faire casser la figure et détendre a Nation (avec quelques autres choses) durant cinq ans , que je n ai pas été trop jeune, dit sans vanité, pour rédiger un journal quotidien comme Ltt Mon ta g n e - que je p été trop jeune pour tenir ma modeste place au Conseil municipal de Clermont, assemblée que je quitterai d’ailleurs, car on ne peut s occuper à la fois d’Issoire et de Clermont
Enfin, vous direz que lorsqu'on est un fils du peuple, qu'on aime le peuple et le com naît, qu’on est resté profondément attaché à lui, on n’est jamais trop jeune pour le servir pour continuer à le servir.
Vive la Nation I Vive la République !
Vive lè Socialisme libérateur !
Henry âNDRAUD
Rédacteur en chef de La Montagne, Conseiller municipal de Clermont, blessé de guerre.
Candidat du Parti socialiste.
lre circonscription de RIOM.
M. MASSE
Elu au deuxième tour de scrutin, — 7.922 voix.
Aux Electeurs de Ja lre circonscription de Riom,
C est un enfant du pays qui se présente à vous, — Je suis né dans cette circonscription. Ma famille habite mon pays natal et le canton d'Ennezat, — Vous comprendrez donc que je vous appelle Mes chers Concitoyens, que je vous dise rattachement que je porte à notre cher pays, '.que je vous exprime combien il m'a été doux de me consacrer de tout cœur k la défense de vos intérêts et de ni eflorcer d être utile à tous mes compatriotes, sans distinction de croyance et de parti,
1 lu sieur s des miens ont, autrefois, payé de l'exil leur espoir dans l'avènement de la République, tous ont lutte pour elle; moi^meme, au cours des dernières années que j'ai passées au milieu de vous, j ai combattu à vos côtés pour le triomphe de la démocratie, pour la défense paysanne, pour l'amélioration sociale. Je me suis efforcé de faire rendre le droit à tous et d obtenir pour Je travailleur de la ferre ou de l'atelier les meilleures conditions d'existence.
Vous me connaissez. - Je pourrais me dispenser d’une profession de foi. Profonde-' nient attaché à nos lois républicaines, j estime, comme vous, que Ja liberté est la raison dTetre de la République, que sa sauvegardé doit être une des fonctions essentielles de l’Etat, que ce soit la liberté de conscience, de la pensée ou du travail.
Je pense encore avec vous que la liberté ne doit pas seulement être l'apanage de la personne humaine, mais être garantie aux collectivités et à la nation elle-même que nous devons protéger contre toutes les dictatures, qu’elles soient d’un homme, d'une classe ou d'une puissance économique.
Je crois, enfin, avec vous, que la réalisation de la justice sociale et de la justice économique doit être poursuivie dans le respect de la propriété individuelle et dans la protection de la famille qui mérite d’autant plus l’aide de l'État qu'elle est plus nombreuse.
C est à 1 abri de ces principes que j ai le grand honneur de venir solliciter vos suffrages.
I» ~ La question financière.
Le problème qui préoccupe, à juste titre, tous les Français, est celui de la situation financière,
r Après les redoutables crises que nous avons traversées et qui furent dues à un trop long déséquilibre budgétaire, à une politique d’emprunts continus, à d’abominables campagnes contre le crédit public et à 1 évasion systématique des capiLaux, crises dont nous n’avons triomphé que grâce à l’union pour la défense du franc et aux efforts du Gouvernement auxquels participent les chefs de notre Parti, la stabilisation de fait a rendu la sécurité à la production et aux échanges.
Il serait criminel de ne pas soutenir P effort de ceux qui ont obtenu pareil résultat il serait criminel de ne pas mettre cette stabilisation à l’abri des fluctuations politiques et economiques : Il est vital pour notre pays de placer notre monnaie nationale au-dessus des luttes de partis et des contingences, de la garantir contre les entreprises delà spéculation. 1
Poursui yre une politique sage, exclusive de vaines promesses, s’appuyant sur l'équilibre budgetaire, la stabilisation légale, la consolidation et l’amortissement de noire dette est ci restera le devoir élémentaire des élus du peuple.
, 11 n’eVera; lue plus nécessaire d’adapter l’impôt aux facultés de chacun, de mieux aménager 1 impôt général sur le revenu, de différencier les revenus du travail et du capital, de dégrever la consommation des charges trop lourdes qui l’accablent et augmentent la vie chère* d établir la justice dans l'impôt et de réprimer implacablement la fraude fiscale,