M. MIN VI ELLE
Élu au premier tour de scrutin. — 8.551 voix.
Mes chers Concitoyens,
C'est en ami autant qu'en candidat que je me présente à vous. Ma vie se passe au milieu de vous, dans ce Béarn dont les sites ne me sont pas. moins familiers que la lan^i dans ces campagnes dont les besoins ne me sont pas moins connus que les possibilités.
De cette cohabitation mou programme est issu, car la profession de foi de celui qui ambitionne l'honneur de devenir votre représentant doit être le miroir de votre propre foi dans les destinées de votre pays, et dans les moyens d’assurer sa prospérité.
La prochaine législature, comme les deux précédentes, se trouvera sous le signe de la Grande Guerre, dont la liquidation n'est pas terminée, La restauration de notre pays, la législature de Ï919 La entreprise en sollicitant du crédit ce qu'elle ne pouvait exiger de l impôt improductif au lendemain de la désorganisation générale. C’est, au contraire, plus à l'impôt qu’au crédit que la législature de 1924 a demandé les ressources indispensables à la reconstitution nationale. La législature de 1928 devra rééquilibrer les moyens de l'Etat, en revenant à un régime normal appliquant des Formules de dégrèvements d’impôts ei d'appel au crédit.
Le pays pourra s’acheminer sagement, les grands risques étant passés, vers le but qu’il s’est fixé:
Ce bnf, qui domine la démocratie dont il éclaire les voies, cVsi évidemment le bonheur du peuple, le progrès social, la diffusion du bien-être à la totalité des citoyens.
La législature prochaine ne saurait se conformer à cet objet qu’en se consacrant à organiser ia production, c’est-à-dire à utiliser par des méthodes rationnelles les merveilleuses ressources de notre pays.
De toutes les productions, ^agriculture est on France à la fois la moins favorisée et la plus riche en possibilités de rendement. Elle subit la plus grave des crises.
La guerre n’a fait qu’aggraver la dépopulation des campagnes consécutive à la dénatalité, à la mortalité infantile, à l’excès du fonctionnarisme et au développement do L'industrie.
Pour enrayer l’exode rural, il faut rendre le métier de paysan aussi lucratif, aussi agréable que LouL métier urbain, par la mise k la portée du cultivateur de toutes les ressources de la science agronomique, par l’industrialisation de fa campagne, par la commercialisation de sa production. Dans une région de petite exploitation, il faut que la ligne électrique apporte à chaque makon la force et la lumière.
* Ces méthodes, l’initiative individuelle se décourage .souvent à les appliquer. Au contraire, la communauté des efforts y réussit toujours, sous la forme du syndicat agricole, de la mutualité agricole, du crédit .rural, institutions dont l’Etat devra encourager le développement en inscrivant au budget de 1T agriculture des crédits de subventions moins parcimonieux que par le passé.
Aux chambres d 'agriculture, il appartiendra d’assurer l’application de ce budget à 1 agriculture locale. Institutions nouvelles, il importe qu’elles soient rapidement mises en mesure pour la législature prochaine de jouer leur rôle animateur de la p oduction agraire, qu elles devront pousser jusqu’à la surproduction. Grâce k un régime douanier sagement combiné de juste réciprocité, notre surproduction agricole doit alimenter notre exportation, et constituer sur le marché extérieur une valeur d’échange contre les matières premières indispensables à notre industrie.
Sans un ordre stable et des financés prospères, toutes ies réformes sociales seraien t vaines*
C est de ce point de vue qu il y aura lieu de considérer l'amélioration de mis institutions d assistance et de prévoyance, ainsi que de la mise en œuvre de la nouvelle législation des assurances sociales : réforme hardie et généreuse dont le plein succès ne sera assuré que par un libre effort de solidarité et d’épargne.
Dans ces conditions aussi, pourra se réaliser l'accession à la propriété de tout travailleur, ainsi que le développement de son bien-être et la mise en valeur de son intelligence.
La gratuité de renseignement secondaire et supérieur est désirable et c’est dans ce sens qu’il faut entendre l'école unique et non pas dans le sens du monopole de renseignements
Ce n’est évidemment pas au crédit ni à l'impôt seuls que la législature prochaine devra demander les améliorations espérées du pays. Si elle peut beaucoup attendre de 1 organisation de la production, elle ne devra pas moins demander à l'organisation de l’Etat.
D’abord, en limitant la tache de l'Etat aux fonctions de protection de la collectivité contre les risques généraux qui la menacent, et en s’abstenant d'empiéter par l'extension, des monopoles sur les domaines propres aux initiatives privées*
De tous ces domaines, le plus sacré et le plus inaccessible aux empiètements de la puissance publique, c’est la conscience. La laïcité de I1 Etat, c’est-à-dire son impartialité respectueuse en matière de religion, est une règle de notre droit public, et non pas du sectarisme. Elle s’impose comme le précepte même du bon sens et la condition première de la concorde patriotique dans un pays qui n’a pas conservé l’unité de foi* Elle doit se concilier avec la pratique de toutes les libertés inhérentes au droit d'exprimer son opinion ou sa croyance* Les querelles religieuses appartiennent au passé. Elles sont incompatibles avec les devoirs et les fonctions d’un Etat à qui incombe les tâches les plus complexes et les plus urgentes dans l’ordre économique et financier*
Les fontionnaires, trop nombreux, devront être enfin dotés du statut que leur a promis la loi du 19 mars 1920, pour régler leurs relations avec l’Etat. Qu’ils soient bien payés, rien de plus juste, mais qu’ils fournissent du bon travail au public.
L’œuvre qui s’impose à la prochaine législature d’organiser la production et de donner à l'organisation de l'État, une allure plus économique que politique, dictera la politique financière des quatre années qui vont suivre.
La prospérité publique exige une stabilisation monétaire ; d’autre part, le crédit de l’État appelle une revalorisation de notre monnaie, car l'État manquerait à la probité eu payant à ses créanciers, en papier dévalorisé, ses dettes contractées en valeur or.
Quoiqu’il en soit, parallèlement à la politique monétaire, devra se poursuivre l’amortissement de la detLe flottante sur le rythme réglé par M Poincaré* D’autres ont essayé de faire autrement que lui, personne n’a réussi à mieux faire. C’est un devoir patriotique da demander à M* Poincaré de continuer sa magnifique collaboration à la conduite de l’Etat.
Pareillement r le but de notre politique extérieure devra être la stabilisation de la paix par la croissante valorisation de la Société des Nations. Et la foi à la paix est une condition de la paix. Mais elle n’est pas la seule, et la Franco, dont la volonté pacifique n'a pu être mise en doute, à aucun moment, demeure fondée à garder, comme toutes les nations, le souci vigilant de sa sécurité.
Celui-ci est. au surplus, parfaitement conciliable avec la réduction de la durée du serv ice militaire à un an, dans les conditions que le Gouvernement a définies devant les Chambres.
L’amour profond de la paix ne se confond ni avec le dédain de l’expérience, ni avec l’oubli d nos deuils et de nos gloires*
Notre pays continuera à entourer de sa prédilection reconnaissante ses glorieux combattants et les héroïques victimes de la guerre*
C'est sur cette résolution, me s chers concitoyens, que je veux clore ma profession de foi démocratique et républicaine. Je m'en suis tenu volontairement aux grandes lignes des questions principales qui méritent de retenir h ce moment l’attention publique. Pour les traiter au cours de la prochaine législature, si votre confiance me délègue au Parlement, je prendrais vos inspirations, en maintenant avec vous le contact établi déjà par mes mandats de maire d’un de vos chefs-lieux de canton, de membre de votre Chambre d'agriculture. En Loute circonstance, j'agirai en Béarnais soucieux d'apporter à la prospérité et à l'honneur de Ja France et de la République, 3e concours des qualités de générosité, de ténacité et d’esprit pratique traditionnelles à notre race béarnaise.
Vive le Béarn î Vive la République!
Phospeh MINV1ELLE
ïn gén i eur- A gronom e.
Maire de S auve Lcr re -de-Béarn.
Membre de la Chambre d*agrîctilture des Basses-Pyrénées* Candidat républicain de gauche.
1 T0 circonscription de PAU,
M. CHAMPETIER DE RIBES
Elu au premier tour de scrutin. — 9.752 voix.
Mes chers Concitoyens,
Après deux ans de luttes et de crises, le Parlement a compris la nécessité de conclure 3a trêve des partis et le Gouvernement de « réconciliation nationale » a sauvé le pays de la catastrophe monétaire.
Les résultats de la politique d'union sont incontestables ; ris ne sont pas définitifs, La législature prochaine devra achever l’œuvre commencée.
Elle le fera, si, répondant à l'appel du Président du Conseil, les forces jeunes de la politique française, refusant de s'attarder à des querelles périmées, se montrent moins soucieuses de rechercher les responsabilités du passé que de découvrir les solutions de l’avenir.
Deux questions dominent toutes les autres : la consolidation de la paix et l'achèvement de notre redressement financier.
Politique extérieure :
La France a trop souffert de la guerre pour né pas la détester et pour ne pas écarter tout ce qui risquerait de la ramener.
En généralisant le plus possible les pactes d'arbitrage et de non-agression, en acceptant le protocole de Genève, en signant les accords de Locarno, la France n'a cessé de montrer ses intentions pacifiques et, tous les jours, à la Société des Nations, elle s'emploie à prévenir
ou â dénoncer les conflits. Elle ne demande qu’à traiter, dans une atmosphère de confiance, toutes les questions d'ordre international, qui peuvent encore se poser, sous réserve, bien entendu, que sa sécurité et ses droits à réparation seront sauvegardés.
Il convient de continuer à pratiquer la politique prudente de collaboration internationale et d’organisation européenne, qui est celle du Gouvernement actuel tout entier.
Politique financière e* économique :
L'existence d'une monnaie stable est ïa condition essentielle d'une vie économique saine. En mettant fin à l'instabilité monétaire, le Gouvernement d'union nationale a rendu au pays le plus grand des services, CetLe stabilité de fait ne sera définitive que par le retour à la convertibilité en or, qui devra s'opérer sans trop tarder.
Le poids des impôts est lourd, il est surtout mal réparti et risque de paralyser la production et de décourager l'épargne. Pour réaliser plus de justice, il convient de rechercher toutes les économies possibles, et de poursuivre la fraude. Il convient surtout de simplifier notre régime fiscal et de mieux aménager les charges proportionnellement aux facultés contributives de chacun.
Encore le pays ne supportera-t-il allègrement le poids de son budget que s'il développe son activité économique.
Organiser plus rationnellement la production nationale, développer le marché intérieur, intensifier l'exportation et développer le tourisme, mettre en valeur notre domaine colonial; c'est fi affaire de PiniLialive privée, dont l'Etat doit seulement coordonner et encourager les efforts, Ü9
Politique agricole :
La politique agricole est un élément capital du redressement et de 1 indépendance economique du pays. Il importe non seulement de faire tomber tes entraves qui, trop longtemps, ont gêné son extension, comme les prohibitions de sortie, mais de favoriser son développement, en facilitant par des tarifs spéciaux de transport, la circulation des produits du sol, en intensifiant l'électrification des campagnest l'usage des machines et des engrais, qui, en modernisant la production agricole, la rendra plus abondante et moins pénible.
Politique sociale :
Le problème social ne peut être isolé du problème économique, car l'effort nécessaire de production ne peut s’accomplir qu’avec la collaboration de tous les éléments qui y concourent.
Comme je l’ai fait dans le passé, je m'efforcerai de maintenir et de compléter les conquêtes de ïa législation protectrice du travail et de la famille.
La loi récente des assurances sociales est l une de ces conquêtes. Elle devra être adaptée aux conditions spéciales de la vie agricole.
Maie la question sociale ne saurait être résolue par l'application de réformes de détail ni se borner h l'étude de la question ouvrière.
Elle pose un problème plus large d'organisation meilleure de là société moderne.
Le développement de l'organisation professionnelle, îa reconnaissance complète du droit syndical, le développement des contrats collectifs, la participation progressive des travailleurs aux profils et à la vie de l'entreprise, sont les étapes d’une évolution bienfaisante vers un régime qui associera plus étroitement pour le bien commun les divers éléments de U production.
Les classes moyennes, petits rentiers, retraités* employés, artisans, qui formaient es assises les plus solides de la vieille bourgeoisie française; doivent être aussi protégées confie les effets désastreux pour elles de la dépréciation monétaire.
Enfin la lutte nécessaire contre les fléaux sociaux et notamment contre le tandis j a
politique dit logement, et en général toute notre législation fiscale et sociale doivent être imprégnées de préoccupations familiales et doivent surtout protéger les familles nombreuses.
Politique intérieure :
iïr du pays le redressement de notre situation financière el économique, nous ne saurions oublier que nos institutions publiques, elles aussi, appellent une réforme.
La République n’est plus contestée que pnr une minorité impuissante. Mais l’Etat souffre d’un défaut d adaptation de ses services aux besoins d'une société démocratique moderne,
La réforme administrative, Feulement ébauchée* devra être reprise et réalisée selon les pr i n c ipes de la dé e en Ira li-s ation d a ns le cadre ré g ion âî .
Los forces économiques, syndicales et professionnelles,, dont f influence grandissante ne petft être dangereuse que si elle reste occulte, devront cire intégrées dans l'organisation moderne de l'Etat, et appelées à collaborer avec le pouvoir politique dans la préparation de rætfvre législative.
En même lemps^ devra être poursuivie dans k liberté l'œuvre d instruction et d'éducation populaires. Plus que soins aucun autre: régime, ks élites sont indispensables aux démocraties, mais elles ne doivent être le privilège ni de la naissance ni de la fortune. Un Office national des bourses, largement doté, peî mettra 1 accession des élèves de l’enseignement primaire b l’enseignement secondaire et supérieur, en laissant aux familles le choix de l'école.
Un tel programme ne peut être réalisé que dans une atmosphère de concorde. Le respect des consciences en(est une des conditions. Dans un pays où l’unité de croyance n’exisle pas, la laïcité de l’Etat, c'esl-à-dire son impartialité respectueuse à lségard des confessions religieuses, ne peut être assurée que par la pratique sincère de la liberté et de Légalité civique.
Pour k réalisation de ce programme, 'p fais appel a tous les républicains, qui veulent avec moi k rénovât ion politique et êcoçnomiiquü, la justice sociale, la paix extérieure^ ceux qui, repoussant toute dictature, qu'elle soit celle d’un homme, d’un parti ou d’une classe,, croient -la démocratie française capable de se discipliner et d’assurer par ses propres forces ses destinées.
Vive la République
ion je suis. Je crci av^ir fidèlement terni ma promesse. Secrétaire du Groupe de défense paysanne, vice-président du Groupe (trop peu nombreux, hélas !) des députés cultivateurs, membre de la Commission de l'agriculture et de ïa Commission des douanes r je me suis attaché, dans les groupes, les Commissions ou à la tribune, à intervenir utilement quand il m'a paru nécessaire, en faveur de 1 agriculture française.
Aujourd'hui encore, c’est comme paysan, et plus particulièrement pour défendre les intérêts trop méconnus de notre corporation, que je me présente à vous,
Ainsi donc, an moment où je fais, une fois de plus, acte de candidat, j'entends me placer surtout sur le terrain économique. J'estime que les questions qui se réfèrent à la production agricole et, plus généralement, à la production tout court, doivent constituer ressentie! de nos préoccupations*
11 ne s'agit pas de nier la valeur des idées, ni leur puissance, n leurs heureux effets. Il s'agit simplement de reconnaître qu’il est des heures où il faut davantage être réalistes que mystiques. Ou peut, sans danger, s'abandonner au mysticisme dans Les périodes de richesse et de calme; nous sommes pauvres et notre richesse est à reconstituer.
Je suis persuadé que sous la poussée des faits, à tous les partis comme â tous les hommes, s’imposera de plus en plus la vérité profonde énoncée par Saint-Simon, ce rêveur qui semble avoir prévu notre temps : « La polititique sera la science de la production.
En tête de mon programme, j'inscrirai donc ce qui se réfère à la production, autrement dit, et pins généralement, à l'économique*
L'agriculture.
A la base de notre production, il y a l’agriculture* Une industrie qui crée annuellement 80 milliards de richesse a quelque importance dans un pays. Gela ne veut pas dire qu'elle y soit bien traitée. A la vérité, l'agriculture subit en France un sort injuste, peu en rapport avec les services qu’elle rend.
Je ne peux tout mettre dans un programme. Je suis contraint de me limiter. En voici simplement les points essentiels :
Régime douanier de l'agriculture. — C'est le problème le plus important à l’heure où toute notre politique contractuelle va être revisée.
a) Protection douanière suffisante pour les produits agricoles, en équivalence avec la protection accordée à l'industrie ;
Stabilité du régime douanier;
c) Liberté définitive et complète d’exporter les produits agricoles*
Effort budgétaire plus grand pour accélérer P électrification des campagnes*
Extension du crédit agricole sous toutes ses formes, plus spécialement pour faciliter l’accession à la petite propriété.
Tuberculose bovine, — Obtenir le vote rapide par le Sénat du projet déjà voté par la Chambre en fin de législature.
Impôts de l'agriculture, — Rétablissement de l’égalité fiscale en tenant compte de la modicité des bénéfices réalisés par l'agriculture.
Maintien du forfait pour l'estimation des bénéfices*
En matière de taxes successorales, établissement d'un régime spécial pour l’agriculture, ïa fortune foncière ne pouvant se reconstituer aussi rapidement que la fortune industrielle ou commerciale.
Suppression des octrois.
Réduction des tariiVde transport pour les engrais et les denrées agricoles.
Organisation professionnelle.
Enseignement agricole plus répandu. — Réforme de renseignement primaire dans les campagnes pour l'approprier davantage ans; milieux ruraux.
Egalité des charges militaires avec les autres classes de la nation et établissement d'un statut la garantissant en temps de guerre,
L* industrie*
I! est nécessaire de corriger les défauts de la production actuelle par la rationalisation et la concentration des entreprises.
Réformes sociales clans le sens d’une collaboration plus étroite entre patrons et ouvriers.
Afin de pouvoir exporter en abondance nos produits manufacturés (ce qui est indispensable à l'équilibre de notre balance commerciale), il importe de réduire les charges fiscales pesant sur la production industrielle ; on y parviendra par une politique d'économies strictes et sensées.
Le commerce*
Dans ce domaine, je ne signalerai qu’une seule réforme, mais qu’il serait urgent, à mon sens, de réaliser; la suppression de îa taxe sur le chiffre d'affaires et son remplacement par une taxe à la première vente.
Sur le plan plus proprement politique, je me présente a vous comme républicain, d’ Un ion nationale*
L’Union nationale, je Lai réclamée au temps du Cartel, fidèlement servie depuis juillet 1920, je suis prêt à la servir encore avec tous les républicains de bonne foi, modérés ou radicaux nationaux, mettant l'intérêt général au-dessus de tout, voulant s'associer à la grande œuvre du redressement de ce pays.
A l'intérieur, je demande que l'on comprenne la nécessité d’établir la paix entre les Français. Ce n’est pas dans les jours où nous vivons que nous pouvons nous accorder le luxe des querelles intestines. Raviver les luttes politiques ou les querelles religieuses serait an crime contre la patrie. C’est pourquoi je réclame les mêmes droits pour tous, des libertés égales pour tous.
Il me parait nécessaire de. restaurer l'autorité de l’Etat, affaiblie depuis quelques années, en particulier par l’ingérence des syndicats de fonctionnaires dans les decisions du Parlement ou des Gouvernements.
L’Administration du pays, vétuste, enracinée dans des routines séculaires, doit être simplifiée, rendue plus prompte, plus directe.
L’Etat doit se débarrasser de gestions qui l'encombrent, de certains monopoles qu'il gère mal et qui, du reste, contribuent à diminuer son autorité en dispersant ses efforts.
A l’extérieur, je suis plus que quiconque, attaché à la cause de la paix.
Je crois utile que les peuples soient appelés à produire publiquement, devant ] Assemblée de Genève, leurs revendications, leurs réclamations, leurs désirs. La Société des Nations est une institution heureuse que j'entends seconder de tout mon cœur. Mais elle demeure encore faible et 1 heure ne semble pas venue où elle fera triompher l'esprit de collaboration totale entre les peuples.
A noire égard,, l'attitude de F Allemagne demeure énigmatique : des courants contraires s’y heurtent et il est bien difficile de dire quel est celui qui triomphera*
Dans ces conditions, abandonner les gages que nous détenons serait un geste absurde ci criminel.
Renoncer à r organisation d'une solide défense nationale, serait d’un effet opposé au maintien de la paix. Si nous voulons vraiment la servir, il ne faut plus nous exposer comme en 1914, à faire de la France une proie facile et tentante.
Mes chers Concitoyens,
En 1924, les élections conduisaient au pouvoir une majorité qui par ses actes inconsidérés nous amenait, en moins de: deux ans, à une situation tragique, presque désespérée.
Depuis, l’homme contre qui le Cartel avait déversé les pires injures, M, Poincaré, a redressé la situation et rétabli la confiance à l'intérieur et à l'extérieur.
A des signes nombreux, nous pouvons affirmer que la crise ayant suivi ce relèvement est sur le point d’entrer dans la période de décroissance. Tout nous permet d'espérer qu’elle sera bientôt résolue, mais à une: condition, oest que tes élections envoient à k Chambre une majorité décidée à soutenir;, en dépit de toutes les embûches socialistes eL radicales-socialistes, le ou les Gouvernements continuant la politique qui nous a déjà réussi.
A cet égard, mes actes passés parlent en ma faveur.
Cette politique, je l’ai constamment réclamée au temps du Cartel, fidèlement soutenue depuis que le Ministère Poincaré Fa mise en œuvre.
Mais je crois de mon devoir de donner quelques avertissements aux électeurs de la 2e circonscription de Pau,
Aujourd’hui, tout le monde, ou à peu près, se réclame de F Union nationale.
C’est pourquoi je vous dis :
Méfiez-vous des convertis récents à une politique de sagesse.
Méfiez-vous de ceux qui, par faiblesse dans leurs convictions (nous avons vu cela lors de la rentrée de 1924 s’inclineraient devant les violents et les suivraient dans les expériences folles.
Les uns et les autres ramèneraient au pouvoir un néo-cartel de démagogie, de haine et de violence, une formation comme Tautre, destructrice de la richesse publique et propaga-* triée de révolution.
Je fais appel au bon sens des électeurs de la 2- circonscription de Pau. Je leur demande si, comme moi, ils ne pensent pas que le devoir présent est de barrer énergiquement la route a tous les entrepreneurs avoués ou inavoués dune aventure nouvelle, dont no as ne savons ce qu elle ferait de la République et de la France.
Electeurs béarnais, c est avec eonfi mee que jkttends votre décision*
Vive la République !
Vive la France !
PiEKHji LAMAZÛU BETBÉDER Paysan.
Député son&QL