‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 215 sur 336 · PYRÉNÉES (HAUTES · texte numérisé non relu

PYRÉNÉES (HAUTES

Circonscription d'ARGELÈS,

M. Achille FOULD

Elu au premier tour de scrutin. — 8.854 voix*

Mes chers Concitoyens,

L’homme qui sollicite aujourd’hui vos suffrages est, depuis près de neuf ails déjà, député des Hautes-Pyrénées.

C'est dire qu'il est connu de vous* puisqu’ après avoir fait de lui une première foisi votre député, le 16 novembre 1919,' vous lui avez, le 11 mai 1924, mnouvaié votre amicale .confiance en lui donnant une majorité accrue de près de 4.000 voix.

Aussi, serait-il inutile de retracer à vos yeux les constants efforts qu'il & multipliés pour se rendre digue du mandat que vous lui aviez par deux fois confié.

Vous n'ignorez pasjqu'après avoir collaboré aux travaux de plusieurs grandes Commissions parlementaires : agriculture, assurances sociales, il a été appelé par la Chambre k siéger au sein de cette Commission des finances à laquelle, depuis près de trois ans, il a l'honneur d appartenir.

G est là, principalement, qu’il a consacré toute son activité à servir, sans aucune considération personnelle, sans, aucun esprit de parti, la cause que vous aviez remise entre ses mains ; celle du bien public.

J’espère, mes chers Concitoyens, ne pas avoir démérité de votre confiance. Pour être tenté de m’en persuader, je n'ar qu a rapprocher de la votre celle que m’ont témoignée mes collègues delà Commission des finances, en me chargeant, à Pùhjmimitë, de rapporter le budget des pensions.

De toutes mes forces, vous le savez, au milieu des difficultés financières qui rendaient cette fâche singulièrement délicate et sans accroître au delà des limités permises les charges de l’Etat, jo me suis appliqué, d une part, à améliorer la pénible situation des victimes de la guerre, d autre pari, à obtenir pour les vieux fonctionnaires et ouvriers retraites, une péréquation aussi généreuse que possible.

En mode de scrutin auquel, jusqu1 à la dernière minute, j'ai refusé mes préférences, nous a mis dans 1 obligation de faire, entre les trois circonscriptions électorales des Hautes- Pyrénées, un choix dont aucun d'entre vous ne saurait être surpris

Argeïès ! Cet arrondissement n’ évoqué- 4*41 pas pour moi, en même tempsqu’uneancest ale tradition parlementaire, les éclatantes majorités que vous m’avez, en 1919 et en 1924, sd spontanément accordées*

Mes chers Concitoyens^ tel j’étais il y. a neuf ans lorsque vous faisiez de moi votre député, tel je suis demeuré.

Républicain sincère, dons le vrai sens qu’attachaient à ce mot ceux par qui la République fut fondée. .. Républicain respectueux de toutes les libertés, mais ennemi déterminé du désordre, dont je sais trop qu’il entraîne fatalement la ruine de toute liberté.

Et ma fierté serait môme de me dire « républicain » tout court, rejetant toutes les épithètes qui fournissent dans le dictionnaire politique des partis la plus riche matière à un véritable jargon électoral.

Au moment de vous exposer mon programme législatif, je me suis plu à relire les professions de foi qu’en 1919 et en 1924 je vous avais adressées.

Il vous suffirait de les parcourir vous-mêmes pour vous rendre compte de ma fidélité à l'idéal politique dès la première heure choisi. Et cela me permet d’emprunter même à ccs documents du passé, sans y rien changer, des phrases entières.

Ce programme, le voici :

Au point de vue extérieur :

Nous donnons notre approbation, sans réserve, à la politique sagement suivie par le Gouvernement de M. Raymond Poincaré*

La Société dts Nations aidée, encouragée par une bonne volonté absolue, à diminuer sans cesse, à écarter meme à tout jamais les funestes occasions, hélas ■ trop nombreuses, de conflit armé.

Au point de vue militaire :

Le service d'un an a été voté par le Parlement sur la pressante Initiative de AL Poincaré,

Un an, avec, bien entendu, toutes les garanties indispensables de sécurité à la base de cette réduction du temps de service, comme de toutes celles qui seront apportées à nos armements,

A la question militaire, notre politique extérieure devra donc être étroitement liée* L une et l'autre seront étudiées et réglées d’après la volonté inflexible d'assurer notre sécurité et de maintenir la paix.

Au point de vue intérieur :

Cette paix, nous la voulons aussi à l'intérieur. Dans un état républicain, une école publique loyalement neutre, et flintangibilité de toutes les libertés républicaines : liberté de conscience, liberté de réunion et d'association, liberté de la presse, liberté d enseignement*

Les unes et les autres devront êlre, dans un large esprit de tolérance, le bien inaliénable de tous les citoyens, quelles que soient leurs conditions sociales, leurs croyances ou leurs opinions.

Nous réclamons T accession de tous les enfants à tous les degrés de l'enseignement par la création d'un Office national des bourses largement doté.

Les sports, dont l'Etat français lia peut-être pas encore suffisamment compris l’importante vitale pour notre race, doivent être tout particulièrement stimulés. Toutes les manifestations sportives devront bénéficier de dégrèvements fiscaux, et les associations être subventionnées.

Au poin t de vue financier :

Nous n'avons jamais cessé de proclamer la nécessité d'une répartition, chaque jour plus équitable, de l’impôt.

Le redressement des finances publiques si vigoureusement entrepris par le Présider Poincaré, ne peut être achevé qu'au prix de la continuation d'efforts et de sacrifices généreusement consentis.

Nous voulons s avant tout, un équilibre budgétaire parfait. Partisan de l'impôt progressif sur le revenu, nous veillerons à son application stricte en évitant toute vexation et toute inquisition lracassîère. Les abattements à la base, et spécialement pour charges de famille, doivent être augmentés dès que la situation le permettra.

La taxe unique à la production devra, après consultation des groupements intéressés, être substituée à la taxe sur le chiffre d’affaires pour toutes les branches économiques où cette substitution permettra un recouvrement plus facile.

Nous repousserons toute mesure qui tendrait à délier l’Etat d'engagements solennellement pris vis-à-vis des porteurs de rentes.

Notre monnaie devra être stabilisée dès que les conditions d'une opération aussi importante seront remplies. Quand le moment de cette stabilisation sera venu, il faudra permettre aux petits rentiers qui ont de leur épargne aidé l'Etat dans des heures difficiles de ne pas être sacrifiés.

Au point de vue agricole :

Si Ton veut non seulement faciliter le retour à la terre, mais encore mettre fin à l'exode désastreux des campagnes vers les villes, il faut s'attacher, avant toute chose, à modifier au plus tôt les conditions pénibles d'existence qui sont, à l’heure actuelle, le triste partage de nos populations rurales.

Plus d'un problème est à envisager, mais il en est un que la Chambre future devra, avant tous les autres, s'efforcer de résoudre sans le moindre délai ; celui de l1 électrification de nos campagnes.

Sans contester l’effort accompli jusqu'à présent, nous considérons comme certaines, comme impérieuses les possibilités de faire mieux et de trouver à cette question si angoissante pour les villages de notre arrondissement de plus pratiques et de plus satisfaisantes solutions.

Voici également la tâche à laquelle nous voulons nous consacrer : lutte contre la crise de la main-d'œuvre; protection de la petite propriété rurale; action résolue contre le démembrement; accession à la propriété ou au patronat pour les fermiers, métayers et ouvriers des champs ; tarifs spéciaux de transport pour les produits agricoles et pour les engrais; amélioration des routes et autres moyens de communication; développement des organisations professionnelles; fourniture des machines et des engrais à meilleur prix; protection de l' élevage et encouragement de V industrie mulassière ; lutte contre toute taxation et réquisition entraînant des tenues de livres et des déclarations incompatibles, en temps de paix, avec l’exercice de la profession d'agriculteur; augmentation de la dotation du Crédit mutuel agricole; simplification des formalités administratives pour l’attribution des prêts, notamment aux mutilés et anciens combattants.

À u point de vue social :

Lutte contre la tuberculose et le taudis; construction de logements ouvriers; sursalaire familial; encouragement aux familles nombreuses; congés annuels payés; application définitive de la loi sur les assurances sociales, complétée par des dispositions permettant aux artisans et aux petits exploitants agricoles d’en profiter; amélioration du sort desmutiîcs du travail ; participation des salariés aux bénéfices, par la création d’actions de travail ; institution de commissions mixtes d'arbitrage, etc., etc.

Les lois sociales ne nous paraissent pas avoir réalisé pour les classes laborieuses le bienêtre vers lequel l’humanité tend chaque jour davantage.

La collaboration des classes, qui est notre principe absolu d'action démocratique et sociale, doit uniquement nous inspirer dans la recherche du mieux-être de tous.

C'est par une action réfléchie, par un travail éclairé, traduit en une législation chaque jour perfectionnée, que nous saurons montrer à la classe ouvrière, de quel côté se trouvent ses véritables défenseurs.

Mes chers Concitoyens, mes chers Amis,

Jejv.çms Je répète, vous me en n naisses, mais il n'est pas.supeitlu devons appeler à cens* tater vous-mêmes l'étrange situation élocîQr^le devant laquelle vous vous trouvez.

Il tous faudra le. 22. avril,. choisir entre le, député sortant, républicain d'Union patiopale et, deux ^candidats d 'ext rêju e;ga u che .

L'Union nationale en face des éléments plus ou moins avancés ,de ITnternaliqnale,

Aucun autre adversaire .n'a sollicité vos suffrages. . ,

Peut-être pourrait-on trouver que je m'abuse, en voyant dans ce fait, les preuves d’un désir ^ecret de ne point compromettre à Argelès, la certitude d'une large et éclatante victoire de qette Union nationale, à laquelle £je vous demandais si instamment, en 1924, de yous associer.

Je vous disais, il y a quatre ans, dans ma profession de foi :

« La Chambre que vous êtes appelés à élire ne pourra faire œuvre forte et saine que si elle est composée en majorité de représentants soucieux de ne pas raviver les querelles du passé, ret désireux de pratiquer une large politique d'Unlon. nationale. »

Et, lorsque la tourmente du 1 1 mai eut passé sur notre pays, je vous> disaisy en vous rem er cia n t de ni a voi r- maint en u v o L r e en n fi a n ce :

« Triomphant des forces coalisées du Bloc des gauches, vous avez fait justice des accusations. mensongères prodiguées contre une œuvre, nationale à laquelle nous sommes fiers d'avoir déjà collaboré et dont la nécessité s'affirmera sans tarder, plus impérieuse que jamais, malgré le courant qui semble, an lendemain de la consultation électorale, vouloir la menacer. i>

Vous voyez, mes chers amis, quUiélas ! je ne me Trompais pas!

El bien que quatre ans se soient écoulés, Il semblerait que rien n'eût changé,*.

AL Raymond Poincaré domine les controverses électorales.

Avec lui ou contré lui.

Mes chers amisv le choix vous est facile.

Et je ne puis ajouter foi= un seul wptsmtyk je ne sais quelle légende tenant e Ia>foisider)a maladresse .eLchLmanque deiccraragev jet selon laquelle,:^ 22 ■ -avril,. desi électeurs c}e: votre arrondissement, se^ refuseraient à choisir pour se réfugier dans une iabstention coupable, cm dans la façon de voter, slérUe* et inélégante, qui consisterait à déposer dansd'iirne un bulletin blanc...

rMes;çhers, Amis,

C est avec une foi absolue en votre sagesse, que je vous demande, id’af Eriger, sur mon nom, le 22 avril, avec la plus grande majorité possible, votre volonté de voir s'achever la grande œuvre de redressement national entreprise il y a: vingt imois,] parAL .Rayniond Poincaré.

Vive il ae France 1

Vive îa RépuBIiqué ! f

Vive ]'arrondisseipent,d'Argê|es 1

Achille1 FOULD Député sortant.

Membre dq la Go m mis don des finances, mpporteùr dii'Bhdgët des pensions*

Docteur en Droit*

DiplAihé des sciences polts.iques de t^tîiiiveréité» d’Oxford.

Eéplbbcain d^tfbîoEi iDatiüûfllo*

Candidat de* défense Agricole et. dîàctiojiïdéîriiiwratiique^t^o^^

Girconscription de B AGNËRES-D E-BIGORŒIE*

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