‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 217 sur 336 · M. SELTZ · texte numérisé non relu

M. SELTZ

Elu au premier tour de scrutin, — 9,227 voix.

Manifeste électoral de r Union nationale du Bas-Rhin,

Concitoyens î Electeurs 1

L’Union nationale du Bas~Bhin est ràlliance des partis dont les représentants am Parlement ont soutenu sans réserve M* Poincaré dans son .œuvre de restauration financière de la France ; les sénateurs et députés de TUnion populaire républicaine comme ceux du Parti démocratique cal durant la législature passée tout fait pour faciliter à M, Poincaré l'accomplissement de sa tâche si difficile.

Les partis précités se sont groupés dans le Bas-Rhin sous le vocable d’Union nationale créé par M. Poincaré lui-même, en une alliance étroite pour assurer à notre Département une représentation décidée à poursuivre et a achever 1 œuvre d assainissement financier commencée.

Le sort de toutes les couches et classes de notre population, des agriculteurs, artisan^ commerçants, industriels, ouvriers travaillant dans l’industrie ou 1 agriculture, professions libérales, rentiers, pensionnés, fonctionnaires ainsi que de tous ceux qui vivent d appointements fixes, dépend de l'heureuse réussite de cette œuvre.

Pour cette raison V Union nationale, seule, défend vraiment les intérêts primordiaux e! essentiels de T ensemble de notre population.

D’après ce qui précède, le programme général de l’Union nationale pour la prochaine? législature est clairement tracé tout devra être subordonné à ce grand principe * assurer la stabilisation de la monnaie française par une sage et honnête .politique financière ehn de rendre possible F1 accomplisse ment des réformes dont notre pays a un si urgent besoin.

Une clairvoyante politique financière devra toujours s appliquer à maintenir à tout prix 1 équilibre budgétaire. Une honnête politique financière devra toujours démontrer clairement que la France tient sa parole, paye les arrérages et amortit le capital de ses dettes, et ne charge chaque citoyen d’impôts que dans la mesure de ses facultés contributives.

Voilà la politique qui a été poursuivie par la majorité de la Chambre de 1920 à 1924- Voilà la politique qui a été répudiée par la majorité du Cartel des gauches du 11 mai 1924*. "Voilàla politique que M, Poincaré a remise en honneur en juillet 1926,

La consultation électorale du 22 avril devra déterminer si la prochaine Chambre sa

composera en majorité d'hommes qui ont défendu cette politique et qui veulent la mener à bonne fin ou d’hommes qui, au détriment des intérêts du pays, ont combattu et combattent encore cette politique.

Citoyens I Electeurs I

Beaucoup trop d’entre vous ont, dans la lu Lte électorale de 1924, prêté T oreille aux innombrables eL malhonnêtes promesses du Cartel des gauches. Vous en avez tous supporté les conséquences désastreuses.

Le procès qui a été fait à cette époque à la majorité de la Chambre sortante avait été faussé*

Aujourd'hui, c'est le procès du Cartel des gauches qu îi s'agit de faire, non seulement pour sa politique parlementaire banquero litière, mais surtout pour la façon dont il s'est assuré le succès électoral, en mai 1924, eu trompant le peuple d’une façon éhontée.

Reconnaissant cet état de choses, par peur de l’imminente justice populaire, les policiens du Gartel des Gauches cherchent à nouveau à employer les méthodes par lesquelles iis ont, en 1924, malheureusement, réussi à induire en erreur un grand nombre d'électeurs.

Il imporLe que ces efforts échouent, car s'ils réussissaient une seconde fois, ce serait la condamnation du suffrage universel. Il serait par là démontré que, malgré toutes les tristes expériences, malgré toutes les amères déceptions, une majorité d'électeurs n'est accessible qu'à des promesses fallacieuses et à des phrases démagogiques.

Le corps électoral de notre département ne voudra pas que ce reproche puisse lui être adressé. Il demandera des comptes à ceux qui l’ont trompé, il y a quatre ans, et qui ont conduit le pays au seuil de la banqueroute. Il veillera à ce que ceux dont la politique a sauvé le pays à deux reprises puissent continuer à travailler tranquillement et achever i1 oeuvre commencée,

A côté de cette tâche essentielle de la prochaine législature, dont la réussite — nous le répétons — conditionne la réalisation de toutes les autres réformes, les partis de PUnion nationale resteront fidèles au programme qui les a guidés jusqu'alors dans leur activité.

En politique étrangère les efforts pour assurer la paix entre les peuples devront être poursuivis, L’Alsace a un intérêt tout particulier à ce que dans les relations entre les Etats règne l'esprit de fraternité et d'entente. La législature prochaine devra résoudre les questions litigieuses encore en suspens entre la France et l’Allemagne — occupa Lion de 3a Rhénanie, question des dettes de guerre — de telle façon que des rapports cordiaux s'établissent entre les deux peuples voisins.

En Apolitique intérieure il est urgent, tant pour améliorer le fonctionnement des services publics que pour des raisons financières, de procéder à une profonde réforme d'ensemble de notre organisation administrative. Précisément par suite du retour de l'Alsace à la France, cette réforme ne pourra être réalisée que sur une large base régionale. Aux différentes régions, des libertés et des lois qui correspondent à leur caractère et à leurs traditions devront être accordées, L'Alsace en particulier a besoin d'une organisation qui permette de régler les questions administratives régionales là où elles se posent et où elles peuvent trouver une solution avec le plus de rapidité et de compétence ; c'est-à-dire dans le pays lui-même.

Sur le {erï&in religieux se place au premier plan la révision des lois laïques de l'intérieur, non seulement pour des considérations de principe, mais aussi comme conséquence du retour de l'Alsace à la France. Toute loi de combat est à répudier. Les lois de la République ne doivent être animées que d’un esprit de véritable démocratie et de véritable liberté. Sans toucher à la liberté de conscience de personne, les partis de l’Union nationale veulent sauvegarder les intérêts et les droits religieux de toutes les confessions dans un esprit de large tolérance.

Sur le terrain social , l’Union nationale se propose de travailler à l’essor matériel et moral de toutes les classes laborieuses de la population. 11 est grandement temps que la France par une politique sociale moderne de large envergure prenne aussi dans ce domaine dans le conseil des peuples le rang que des dizaines d’années de gouvernements de gauche ne lui ont pas permis de prendre. Les mesures indispensables dans ce domaine sont : développement de la législation sociale, son adaptation aux nouvelles conditions monétaires, protection des invalides et de tous les indigents, assurance contre le chômage, règlement amiable des conflits entre patrons et ouvriers et protection du travail.

En ce qui concerne Y agriculture, il incombera à la prochaine législature de pourvoir à ce que le prix des produits agricoles dédommage l’agriculteur de sa peine, de son travail et des capitaux engagés. Elargissement des droits des chambres d’agriculture, réforme de la loi sur les bouilleurs de cru et en particulier des taxes s’y rapportant sur la base du programme de Strasbourg, encouragement du système des caisses agricoles, soutien énergique de tous les agriculteurs et viticulteurs menacés dans leur existence, voilà les directives du programme agraire de l’Union nationale.

Au petit commerce et à l'artisanat les partis de l'Union nationale accorderont la même sollicitude que par le passé. Les résultats obtenus dans ce domaine— Chambres de métiers, crédits à l’artisanat, affranchissement de l’impôt sur le chiffre d’affaires pour les petites entreprises, application du système forfaitaire jusqu’à concurrence de 300.000 francs, pour les artisans et petits commerçants, élévation de l’âge d’apprentissage de 16 à 18 ans, etc. — doivent être conservés et étendus.

Le commerce et l'industrie sont comme nulle autre profession intéressés à la stabilisation définitive de notre monnaie. La France devient de plus en plus un pays industriel. 11 importe par conséquent que soit faite une politique qui permette à notre production de lutter avec la concurrence tant sur le marché intérieur que sur le marché extérieur.

11 faudra avant tout qu’il soit procédé à la suppression de l’impôt sur le chiffre d’affaires et de la taxe de luxe et à leur remplacement par une « taxe unique ».

En ce qui concerne les fonctionnaires , l’Union nationale maintient le point de vue qu’elle a toujours défendu, que seul un statut garantissant leurs intérêts matériels et moraux est susceptible de supprimer les causes de leurs doléances et de mettre fin aux erreurs et aux fautes commises par l'Administration.

U Union nationale, comme il découle de son programme, veut servir la France, Par là elle affirme que l’Alsace appartient indissolublement à la !■ rance.

Elle veut servir la paix ; par là elle affirme quelle combattra toute manœuvre séparaliste de quelque nature qu’elle soit. Cela lui sera facilité dans la mesure dans laquelle les légitimes revendications de l’Alsace auront trouvé satisfaction. Outre les questions déjà mentionnées, une place particulièrement importante est prise par le problème des langues tel qu’il ne cesse de se poser dans la vie journalière^ à l’école, devant les tribunaux, dans l'administration. Pour l'Alsace, le principe du bilinguisme doit être reconnu et appliqué sans restrictions. C’est un droit pour chaque citoyen de pouvoir converser et correspondre avec les autorités dans la langue qui lui est famîllière; il est dans I intérêt de 1 Alsace que ses enfants ne perdent pas l'usage de la langue allemande; il est de l’essence de la religion de se servir de la langue qui parle à l’âme de 1 enfant.

Concitoyens ! Électeurs !

Telles sont brièvement exposées l’importance des prochaines élections et les directives selon lesquelles TUnion nationale entend résoudre les problèmes qui se posent.

11 s’agit d’empêcher le retour à la Chambre d une majorité cartelliste; il s agit de conjurer le danger d’une révolution communiste; il s’agit de servir la paix en nous prononçant nettement pour la France*

Ce que vous ferez le 22 avril, vous le ferrz pour vous.

Vous accorderez donc votre confiance au candidat de l’Union nationale.

Vous voterez tous d’une façon disciplinée dans la circonscription d'Erstein pour

Thomas SE LT Z

Membre dû îa Commiflsiûïi d/agricalture, — Député sortant.

Le Comité électoral de V Union nationale du Das-Rhin,.

Circonscription d'HAGUENAU.

M. Michel WALTER

Élu au deuxième tour de scrutin. — 8.248 voix.

Voir le manifeste électoral de P Union nationale du Bas-Rhin ci-dessus l

Circonscription de MQLSHEIM.

M, MECK

Élu au deuxième tour de scrutin. — 9.206 voix.

Citoyens 1 Électeurs !

Le 22 avril vous serez appelés à désigner le représentant de votre arrondissement à la Chambre des Députés, Après vous avoir déjà transmis le manifeste électoral, lancé par tous les candidats de FUnion nationale du Bas-Rhin (Union populaire républicaine nationale Alsace et Parti républicain démocratique du Bas-Rhin), nous vous adressons maintenant un dernier appel.

En votant pour le candidat de FUnion nationale du Bas-Rhin, M, Henri Meck, vous vous prononcerez :

— Pour P aboutissement de la politique de redressement financier, si heureusement entreprise par le Gouvernement actuel et la stabilisation de notre franc ;

— ■ Pour une réforme de notre régime fiscal tendant à remplacer, dans la mesure du possible, les impôts indirets par des impôts directs, 'conçus dans le sens de la justice fiscale ;

— Pour Finauguration d’une politique économique correspondant aux intérêts de notre patrie et aux aspirations légitimes des classes laborieuses;

Pour la défense des aspirations légitimes des ouvriers et employés, ia réforme de législation protectrice du travail, et la mise en œuvre d’un régime parfait d’assu v&Rffî sociale :

Pour une politique de protection des intérêts des agriculteurs, le développement des syndicats et coopératives agricoles, des chambres d’agriculture, des caisses agricoles, la refonte de notre régime des bouilleurs de cru, et la solution des questions intéressant particulièrement les vignerons alsaciens ;

Pour la protection des intérêts des classes moyennes, du commerce et de 1 arti-

Pour la sauvegarde des intérêts des fonctionnaires, ouvriers d État et cheminots,

Pour le développement de la construction des habitations à bon marché et une réglementation équitable de la législation concernant les loyers;

° p0ur des mesures à sauvegarder l’hygiène populaire ;

pour satisfaire aux revendications justifiées des anciens combattants et invalides de

guerre ;

Pour la réforme de notre régime local d’impôts.

En ce qui concerne les questions d'ordre régional, les prochaines élections auront une

portée tout à fait spéciale. 11 s’agira de se prononcer :

— Pour une politique qui servira l’intérêt français, et sauvegardera le respect des promesses solennelles données aux populations des provinces recouvrées;

— Pour une politique de sage assimilation, tenant compte des nécessités du bilinguisme dans récole et dans l'administration judiciaire ;

— Pour le droit des parents de choisir renseignement qu’ils veulent faire donner à

leurs enfants ; .

__ pour ia liberté absolue des associations religieuses et la sauvegarde de la liberté des

églises.

Notre candidat, M. Henri Meck, donne cette promesse formelle aux électeurs de 1 arrondissement de Molsheim, de venir chaque année, au moins une fois dans chaque localité, pour rendre compte de son mandat, pour accepter les suggestions que pourraient émettre les électeurs, pour recevoir les critiques qu’ils auraient à faire et rester ainsi en contact intime avec la population*

En cas d’élection, il prendra domicile à Molsheim; des consultations régulières seront assurées pour les cantons de Saales et de Schirmeck, de sorte que chaque citoj en pourra s’adresser facilement à son député, soit pour affaires personnelles, soit pour des questions d’ordre général ou local.

La ligne de conduite, dans les questions d’ordre politique ou social, sera tracée par la réunion des délégués qui seront nommés chaque année dans les localités par les groupes locaux de notre parti, afin que l’attitude de notre parlementaire se maintienne toujours sur une base vraiment démocratique, digne d’une véritable politique populaire.

Votez donc le 22 avril :

Pour une politique de progrès social et économique correspondant aux aspiration^ h,gi tirnes de toutes les classes de la populations;

Pour une politique de tolérance et de liberté religieuse et d’entente entre tous les citoyens ;

Pour une politique de paix mondiale et de concorde entre les peuples, poux

Henri MECK

Secrétaire général.

Le Comité électoral de l'Union nationale du Bas-Rhin.

(Union populaire républicaine nationale d'Alsace et Parti républicain démocratique du Bas-Rhin),

Circonscription de SÂVERNE,

M. DAHLET

Élu au deuxième tour de scrutin. — 10*957 voix*

Aux électeurs des cantons de Buchsweüer, Maursmünster, Drujingen, Saar-Umon, Lützelstein et Sa verne.

Compatriotes [

Un nouveau coup vient d'être porté dans notre pays à la liberté de 3a presse,

La Nouvelle Alsace , organe du parti alsacion-Iorrain de Progrès répub licain, que publiait Camille Dahlet sous la fière devise : « Pour le droit, la liberté et le progrès », a été supprimée par un arrêt sans appel du Gouvernement, sans aucune espèce de justification et sans que les autorités aient jugé jusqu'à présent nécessaire d’en avertir le directeur, qui n’a eu connaissance de Y interdiction que par les autres organes de la presse. Cette mesure arbitraire, qui constitue une violation des droits garantis par la Constitution à tous les Français (les Alsaciens-Lorrains exceptés) est un défi à ia démocratie,, enlève au Parti de Progrès républicain un de ses moyens de propagande les plus actifs dans la bataille électorale* C'est ainsi que l'on respecte la liberté de la propagande électorale : le Gouvernement veut, par tous les moyens, imposer l'élection de ses favoris,

« Il est interdit » :

M* Poincaré a déclaré en grandes phrases, lors de sa première visite en Alsace apres h guerre, que c'en était fini pour les Alsaciens du régime des te 11 est interdit. » Mais ce n' étaient que des fanfaronnades à la mode de Paris, Jamais, à l'exception de la période de gu erre autant de choses n'ont été interdites dans notre pays qu1 aujourd'hui, M. Poincaré, en six mois, a supprimé plus de journaux chez nous que les Hohcnzollern en un demi-siècle.

La camisole de force *

Nous portons à nouveau la camisole de force. Au cours des vicissitudes de son histoire, l’Alsace est passée de main en main. Ses propriétaires, et leurs garnisons, ont changé, mais une chose est demeurée toujours pareille : le régime de police, le régime d’exception.

Aux gens du dehors, les fauteuils aux tables directoriales ; aux indigènes, les bas-fiancfl dans les prisons politiques*

Voilà des mois que îa population de notre pays est terrorisée. II lui faut, à nouveau, se tapir et dissimuler ses sentiments*

La liberté d'opinion est bâillonnée* Le pays fourmille de mouchards et la dénonciation fleurit de nouveau. Dans tous les coins du pays, des descentes de police (visites domiciliaire?) ont lieu constamment* Des douzaines d'Alsaciens ont été jetés en prison, afin d'être rendus ïnoffensifs pour les élections. Personne n'est sûr parmi nous de n avoir pas demain le même sort* Et pourtant nous ne sommes pas des bandits, des assassins, des voleurs, des mercantis pour qui, seuls, les prisons devraient être faites, mais des citoyens qui restent entièrement

dans le cadre des lois. Aujourd’hui, en temps do paix, nous vivons dans le même état d’insécurité juridique que pendant la guerre mondiale.

La main sur le cœur, compatriotes, l’Alsace n’est pas heureuse l Elle n’a pas Lrouvé le repos et la paix qu'on lui annonçait dans les intarissables discours de L époque de l’entrée des troupes françaises. Jamais la population de notre pays n'a été, dans son sein, si déchirée

quaujourd'huir ^

Les responsables.

La responsabilité de cette triste situation, qui crée dans le peuple une mauvaise humeur croissante, c’est moins le Gouvernement français qui la porte que ses conseillers alsaciens qui, pour mériter t< un habit rouge » trompent le Gouvernement sur les sentiments véritables des Alsaciens et sacrifient aux intérêts de parti les droits de notre peuple.

Mais les principaux responsables, à côté d'une presse vénale, complaisante et sans caractère, qrn trahit le pays pour des avantages politiques particuliers, ce sont les députés alsaciens qui, au contraire de nos précédents représentants au Landtag et au Reischstag n’ont pas rempli leur devoir. Ils ont totalement abdiqué dans la défense des droits du peuple alsacien et livré notre pays au bon plaisir du Gouvernement et de k police,

Dans les derniers grands débats à la Chambre, au lieu de protester contre les nombreuses interdictions illégales de journaux et contre les poursuites politiques, ils se sont, à l’exception du député Hueber, lâchement tus, pour sauver leurs mandats et pour ne pas perdre les bonnes grâces du Gouvernement en vue des élections. Ils ont senLi que c’en était fait d'eiix et ils ont craint le règlement des comptes avec le peuple, éclairé par la presse locale. Alors, tacitement, ils ont conclu avec le Gouvernement le pacte honteux qui devait leur permettre, par l’interdiction et le bâillon nage de la presse, d’être élus une fois encore.

Cette infâme spéculation, indigne d’une démocratie, doit-elle être couronnée de succès? Aux électeurs alsaciens de la faire échouer,

II faut d’au ires hommes à la Chambre ,

Si nous renvoyons à Paris les mêmes gens qui sont responsables de tout ce que nous avons éprouvé en ces derniers temps, l’état de choses deviendra plus intenable encore.

Dans leurs discours électoraux, ils jouent aujourd’hui aux champions des droits locaux. A Paris, ils rampent et font les pantins patriotes. Il est écrit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits î »

Le pays veut le repos *

Les élections, comme celles de Haguenau, doivent faire comprendre au Gouvernement que l Alsace en a assez des petites jalousies continuelles des Français de rintérieur, des manifestations et déclarations de loyauté pathétiques, des comédies et des hypocrisies politiques, qui ne répondent pas au caractère du peuple alsacien et qu’on réclame continuellemeni de nous. Il faut enfin que Paris secontente jie ce que nous payions nos impôts et remplissions nos devoirs civiques. « Ce qu’on demande de plus vient du Malin! »

Nous sommes ici chez nous, et nous ne voulons pas être traites dans notre pays comme es ennemis ou des étrangers. Nous demandons que notre langue soit respectée et que la

place qui lui revient lui soit ménagée dans les rapports des administrations avec la population, 1 1

1 0Uri 11 avons pas besoin de payer des fonctionnaires qui ne nous comprennent pas et qui nous écrivent dans une langue que le peuple ne sait pas lire. Nous ne demandons rien extraordinaire, Ce qui est possible clans les pays voisins, en Suisse et au Luxembourg, doit aller aussi en Alsace.

L administration est là pour le peuple et non le peuple pour Fadministratîon.

Le parti ajfaôien-lorrain du progrès républicain a prié M* Camille Dahlet d’accepter la candidature dans sa circonscription natale.

Notre candidat est étroitement lié avec h circonscription de Saverne. Ce n’est pas un de ces « accourus » venus, comme d’autres candidats, dans la circonscription de Saverne, parce qu'on ne voulait plus d’eux dans leur propre circonscription.

C’est un enfant de Saverne et qui, également comme journaliste, s’est toujours employé avec un zèle particulier pour les intérêts de sa ville natale et de sa circonscription.

Par son père, il est originaire de « l’Alsace courbe », de la région de Saar-Union, ouïe nom de Dahlet a bon écho. Par sa mère, il est de Maursmünster.Par sa famille on ses amis, il a d’étroites attaches avec d’autres cantons de la circonscription. S’il est élu, il visitera régulièrement la circonscription pour rester en étroite liaison avec ses électeurs.

Gomme directeur de journal, notre candidat ri’ est pas non plus un inconnu dans la circonscription. Il passe pour un des journalistes les plus capables du pays, et qui a le cœur à la bonne place. On commit ses articles courageux et pleins de verve qu’il publia au début de l’époque de transition, comme rédacteur en chef de la République, contre les poursuites politiques intentées à ses compatriotes. 11 a toujours parlé à cœur ouvert à notre peuple. Le premier, il a ouvert, dans la République t une campagne contre les commissions de triage, et a aidé des centaines d’inculpés à être réhabilités. C’est à lui que l’on doit, en première ligne, la suppression de cette institution moyenâgeuse, qui a causé tant de mauvais sang au pays.

Tout récemment, il s’est lancé, à nouveau, courageusement dans la bataille politique comme directeur de la Nouvelle Alsace , à une des époques les plus difficiles qu'ait connues la presse alsacienne, pour défendre les droits du peuple alsacien et protéger ses compatriotes contre les poursuites politiques, qu’il faut déplorer et condamner au même titre que celles qui remontant à l’époque des commissions de triage.

C’est de tels hommes qu’il faut à V Alsace ; des hommes qui, à une époque où l’absence de caractère politique et f hypocrisie célèbrent leur triomphe, ont le courage de leur opinion qu’ils défendent, même au risque d’être eux-mêmes soupçonnés, poursuivis et incarcérés.

Les candidats qui sont agréés et soutenus par le Gouvernement sont ceux dont ce dernier sait qu’il peut en faire ce qu’il veut.

Le peuple a besoin de députés qui aient une épine dorsale et ne rentrent pas en euxmêmes, devant quelque ministre, comme un couteau de poche. Nous ne nous laisserons pas plus imposer^ aujourd’hui, nos représentants par les sous-préfets que naguère par les « Kreisdir^ktoren ».

Faites comme à Haguenau î

Electeurs de l'arrondissement de Saverne 1

Qu’aucune pression ne vous empêche de voter pour le candidat que vous tenez pour digne et pour capable de vous représenter a Paris,

Les pensées sont libres et exemptes de droits, les bulletins de vote aussi î Faites de voire 'bulletin de vote le bulletin d'avertissement pour ceux qui ont besoin d’une leçon !

Dans les assemblées électorales et les publications dés autres candidats, les querelles de parti tiennent le premier rang. Chacun essaie de porter au compte de l’autre parti la foute de la misère financière ou de tout autre mal. Ne vous laissez pas attirer dans ces querelles intéressées des partis !

Ce sont elles précisément les causes de tout le mal et de la trahison envers nos droits*

11 ne s’agit plus, dans ces élections, de questions de parti, mais de quelque chose do plus grand.

H y va cette fois du tout î

Jamais des élections n’ont eu une pontée plus chargée de conséquences que celle-ch

Elles seront décisives pour le destin de notre pays.

Réélire les memes députés, ce serait ratifier la ]3olitique de poursuites du Gouvernement et exposer le pays à de nouvelles oppressions politiques.

Voter pour nos candidats, c est protester contre la dictature, c’est faire comprendre au Gouvernement que nous voulons une politique autre que celle pratiquée jusqu1 ici et que les temps sont enfin révolus où Ton gouverne l’Alsace avec des paragraphes de dictature.

Un dernier mot.

Notre candidat n’a pas les moyens financiers de voyager, comme ses adversaires, à travers toute la circonscription et de porter partout sa propagande.

Les élections sont de nos jours malheureusement avant tout une question d’argent,

La parti de progrès républicain est encore trop jeune et ne dispose d’aucunes ressources. D’autre part, le Gouvernement, en interdisant le journal La Nouvelle Alsace , a atteint notre propagande.

!1 faut une revanche.

Aussi, nous adressons-nous k tous les hommes loyaux de la circonscription, à tous les hommes de bonne volonté, à nos amis de la ville et de la campagne, pour qu ils soutiennent et recommandent la candidature Dahîet, surtout dans toutes les localités qu il n a pu atteindre. Maintenant plus que jamais l

Ne vous proposez pas seulement de voter pour lui, faites-lui des recrues également et éclairez vos concitoyens qui sont moins au courant de la politique que vous.

On essayera peut-être dé nuire au prestige ou au succès de notre candidat par des manœuvres électorales déloyales, par la publication d’articles falsifiés, par des calomnies, par de faux bruits (par exemple par le retrait présumé de sa candidature ou par d autres nouvelles qui seront mises en circulation au dernier moment). 11 y a des gens pour qui tous les moyens d’influencer les votes sont bons. On mettra peut-êLre meme la police en mouvement, Sait-on jamais ! Nous ne serions pas surpris si, au dernier moment, le Gouvernement, qui appréhende les chances de la candidature Dabi et, déclenchait un coup de force.

Que ceci serve d’avertissement pour toute éventualité !

Si cela devait se produire et qu’on poursuivît notre candidat, raison de pins pour jeter dans Turne le bulletin portant le nom de Camille Dahîet.

Teuezde prêt dès à présent. Que celui qui n aurait pas de bulletin imprimé à sa dispo^ si lion écrive le nom de notre candidat sur un morceau de papier blanc. Il suffit également de rayer le nom sur le bulletin d un autre candidat d y inscrire celui de Camille Dahiet,

Court extrait ou programme de xotke candidat.

Questions générales et de politique étrangère.

Pacifisme et européanisme, en parole et en fait.

Engagement pour une politique résolue de paix et de réconciliation, dans la conscience et la nécessité dTun renouvellement moral de I7 Europe par la lutte contre 1 idolâtrie nationale au moyeu de la réduction de la souveraineté nationale et du renforcement de la Société des Nations, qui doit être investie d’une souveraineté supra-nationale. Poursuite inébranlable de l’objectif d’une création des Etats-Unis d’Europe sur le modèle des États-Unis d’Amérique et sur celui de la Suisse voisine, qui constitue une preuve vivante qu en Europe également. Français, Allemands et Italiens peuvent vivre ensemble heureux et satisfaits, dans une fédération d'Etats, sans que les uns gênent les autres, ni cherchent à leur imposer leur langue ou leur culture.

Les poteaux frontières et les barrières douanières qui ont été élevés entre les peuples pour les séparer sont la cause des hostilités et des guerres entre eux. Ils sont inutiles Qu’on les supprime.

Reconnaissance des droits des minorités ethniques et linguistiques, ainsi que du droit de tous les peuples ou fractions de peuples à disposer d 'eux-mêmes. Renonciation k tout impérialisme colonial qui constitue une oppression des peuples etrangers. Désarmement militaire.

Questions de poli tique intérieure .

Renouvellement fondamental de la démocratie française qui est devenue aujourd'hui une ploutocratie, une domination des puissances de l'argent et de Findjusirie. Suppression des impôts indirects, qui fout k vie chère, et réforme de 1 imposition sur le principe de l'impôt mr le revenu. Suppression immédiate de Fimpôt sur les transactions (Um sa tzstener).

Respect de la liberté d’opinion, de presse et de réunion (comme en Angleterre). Rétablissement sans réserve du secret postal et téléphonique.

Modernisation, de notre législation, Application totale de 1a séparation des pouvoirs (exécutif et judiciaire), La magistrature ne doit plus dépendre en aucune manière du mink- 1ère public.

Révision de îa législation sur k prison préventive, qui avant tout ne devra plus servir a des poursuites envers des personnalités politiquement en défaveur. Indemnisation pour le cas de détention préventives ou des peines de prison non méritées. Suppression de l'espionnage politique et de Ja tutelle policière.

Amélioration des relations postales et des transports.

Suppression du système de la centralisation administrative, par la création de région? ou de provinces avec autant de liberté d'action que possible.

Introduction du vote des femmes, lequel existe maintenant dans presque tous les Etais civilisés.

Questions g encrâtes sociales, d'hygiène et agricoles*

Poursuite du développement de k législation sociale (protection des travailleurs, caisses d'assurances, maladies, etc.) Participation des salariés aux bénéfices.

Lutte plus énergique contre les épidémies et les maladies social e,s avec F aide de l’iniüative ,de 1 Etat et les ressources de 1 Etat plus çon. sidéra b le s (récupérées sur la réductioti du budget de la guerre).

Meilleure défense des intérêts ruraux et protection de la production agricole, rejetée à l’arrière-plan par la protection douanière accordée aux produits industriels.

Accroissement du système du crédit agricole (prêts à long terme aux jeunes débutants).

Problèmes alsaciens.

Questions politiques et àdmînîst raiwes .

Autonomie la plus large possible.

Respect des droits linguistiques des minorités de la population alsacienne et lorraine (comme en Suisse et en d'autres Etats civilisés). Egalité de k langue allemande et de la langue française dans k vie privée et p oblique spécialement dans les administrations j l®3 écoles et devant les tribunaux. Plus tje nominations de fonctionnaires, en régions de langue nllemaBde, qui nkient pas de cette langue une connaissance parlée et écrite. Aux enfants du uays, les premières places dans les administrations. Respect des droits acquis de nos

fonctionnaires indigènes, qui en ont assez de jouer dans leur propre pays le rôle de Cendrillon l

Ouverture des frontières et suppression de* l'indigne contrainte du passeport, qui, spécialement pour un pays frontière, représente de la part de l'Etat une vexation inouïe, ainsi que de toutes les chicanes front ra Hères,

Le passeport ne devra plus être refusé à aucun citoyen en possession des droits civils et politiques. Maintien et développement du commerce avec la Sarre.

Egalisation fiscale entre F Alsace-Lorraine et le reste de la France,

Autonomie des chemins de fer al sa dans -lorrain s. Dénonciation de la Convention ferroviaire de 1921, Emploi de l'excédent, des chemins de fer d’ Alsace-Lorraine au développement, du réseau local, par exemple à l'achèvement de la ligne Diemeringen-Sarrehourg.

Solution définitive de toutes les questions spéciales en suspens depuis huit ans (Indemnités; valorisation, pensions aux invalides de guerre, etc.).

Ques U oîis agricoles locales.

Protection de la législation locale en matière de chasse et de distillation d’alcool règlement de celle question conformément à 3a volonté de la majorité de la population indigène (plus de mesquines chicanes administratives, plus de chasse moyenâgeuse au schnapp par des gendarmes en pleine rue). Politique agraire rationnelle. Solution plus favorable de la question des engrais, engrais chimiques et concentrés d’abord pour les besoins de l’intérieur (h potasse d’Alsace est vendue aujourd’hui plus cher aux agriculteurs alsaciens qu’à l’étranger).

Réglementation et répartition plus juste des crédits pour F élevage (haras et bétail).

Développement du crédit agricole.

Respect des servitures forestières. Plus de largesse dans P octroi de ramasser des débris de bois dans les communes forestières. Lutte contre la pénurie de main-d’œuvee dans les campagnes et octroi de facilités pour le recrutement de travailleurs agricoles (trafic et passage frontaliers, permissionnaires, cession de main-d'œuvre et do chevaux par Tannée). Développement des stations de recherches agricoles eL maintien absolu des écoles d’agriculture dotées de crédits départementaux. Indemnisation pour pertes de bétail accidentelles (épidémies, etc,). Remise en vigueur du délai de garantie pour le gros bétail, etc.

Questions cultuelles.

Solution des questions cultuelles (régime des écoles et des églises) d’accord avec la volonté de la majorité de la population alsacienne et lorraine, non contre cette volonté

Vu : le candidat, DAI1LET,

Circonscription de SÉLESTAT,

M. ORERIURCH

Voir le manifeste électoral de PUnion nationale du Bas-Rhin ci-dessus.

Circonscription de STRASBOURG (campagne),

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