M. MONTIGNY
Élu au deuxième tour de scrutin, — 10,579 voix.
Mes chers Concitoyens,
Je reviens vers vous, la tête haute, assuré de mériter encore votre confiance,
La dernière législature a rencontré de grosses difficultés ; si nos efforts doivent sur certains points être poursuivis, ils ont aussi abouti à des réalisations*
Le scrutin d'arrondissement auquel nous revenons aujourd’hui, malgré l'opposition désespérée des partis de droite, redoutant sa clarté et sa franchise^ répond à votre vœu presque unanime. Grâce à lui, votre élu, rapproché de vous, pourra mieux vous connaître, défendre plus efficacement vos intérêts locaux.
Politique extérieure ,
Le redressement pacifique opéré par Herriot et Aristide Briand porte ses premiers fruits.
Les accords de Londres ont organisé et assuré le payement des réparations dues par l'Allemagne,
Les accords de Locarno ont augmenté la sécurité de la France et de l'Europe par un réseau de traités d'arbitrage et de pactes de garantie.
Une paix durable ne peut être assurée que par une collaboration sans réserves à V œuvre de la Société des Nations, par l'arbitrage obligatoire dans tous les conflits internationaux; par la réalisation, dans le cadre de nos amitiés, d'une coopération européenne ayant pour base des rapports cordiaux avec les peuples voisins*
D’ici deux mois, les électeurs de France et d’Allemagne vont déterminer la politique extérieure de leur pays. Ici comme là, le sort de la paix est lié au succès des partis démocratiques.
Le service d'un an, réalisé par la volonté des groupes de gauche sera, si la nouvelle Chambre le veut, très prochainement appliqué.
Politique sociale.
Les assurances sociales, convenablement mises au point, constituent Tune des importantes étapes que la République aura franchies dans la voie du progrès social. Mais la loi nouvelle doit être sérieusement retouchée, surtout en ce qui concerne l'agriculture*
Nous voulons réaliser maintenant une autre grande œuvre de justice’ ré^Iir 4 enfants devant l'instruction. ' ’ 5 edes
Tout enfant a droit au développement intégral defson intelligence. La société a întérêi à former son élite par une sélection, fondée non sur l'injustice de la fortune, mais Sür mérite eL le travail.
Cette grande réforme sera réalisée par la gratuité de l’enseignement secondaire et sopé rieur et par lecole unique, cette formule signifiant, non la suppression de renseignement privé, mais l’identiLé d’enseignement entre l’école primaire laïque et les classes élémentaires des lycées.
Le progrès social ne doit avoir d’antres limites que celles de la justice elle-même ; nous croyons qu’il faut le réaliser par la collaboration loyale de toutes les forees vives du pais par des réformes méthodiques et non par la lutte des classes, par une révolution sociale’ dont les lendemains ménageraient, comme en Russie, d’amères déceptions.
Politique économîq ue et agricole.
L exemple des Etats voisins démontre que le bien-être des classes populaires sera d'autant -plus élevé que la masse des richesses produites sera plus grande. C’est donc vers une organisation scientifique de la production, vers un abaissement des prix de revient, vers l1 extension de la propriété privée, que nos efforts doivent tendre, les grandes puissances économiques étant contrôlées par TElai* qui devra, d’autre part,, collaborer étroitement avec le Go.n sei 1 na ti on al Ee 0 no mi que.
Mais le député de La Flèche devra se souvenir que les intérêts qui lui sont confiés mi, pour la plus grande par tt ruraux.
Déjà, nous avons rendu la liberté de sortie aux produits agricoles, relevé la proleciiûiî douanière., allégé fimpbt sur les bénéfices agricoles.. Demain, en étroit accord avec la Chambre d agriculture et le Syndicat des agriculteurs, je m'attacherai à résoudre,, au micuï de vos intérêts, les problèmes qui vous préoccupent : approvisionnement en engrais et semences sélectionnées, tarifs de transport et de douanes, électrification rurale, développement de renseignement et du crédit agricoles.
L artisanat rural, le petit commerce local me trouveront toujours prêt à défendre leurs j us tes r e ven d icafiüo 1rs .
La question financière.
ücLte législature, grâce à l 'effort de tous les gouvernements qui se sont succédé^ rétabli 1 unité et l équilibre budgétaire, arreté l'endettement du pays, commencé le remboursement de la Dette.
Ces grands résultats n ont pas été obtenus sans de très pénibles sacrifices fiscaux; partis de- droite ont tenté d’en rejeter les responsabilités sur nous : justice a été faite de certe manœuvre.
Depuis la cessation de la campagne de panique, la situation s'est notablement améliorée.
Cependant, le poids des impôts est trop lourd, mal réparti ; les gros revenus et les grosses successions ont elé, en août 1926, dégrevés avec excès.
Nous sommes partisans des réformes suivantes :
1° Stabilisation légale de la monnaie, désirable pour rendre la sécurité aux transactions ç| à 1 épargne
2U Simplification du code fiscal, révision de revenu cadastral ; substitution progressif de la taxe à la production à la taxe s,ur le. chiffre d'affaires ; révision des abaittenients et
«talions pour charges de famille : relèvement raisonnable du taux de l'impôt général sur 1 Uvenu et des taxes sur les grosses successions ; réduction progressive du taux des impôts £ . èsent sur la consommation et la production, dans la mesure des disponibilités budgétaires ' répression énergique des fraudes fiscales ; recherche des. économies.
Telle est la direction dans laquelle nous voulons nous engager.
Mes chers Concitoyens,
Voilà notre programme, clair et précis sur tous les points.
Dans toute la mesure où le Gouvernement sera résolu à l'adopter et à le réaliser, je le tou tiendrai de mes votes, comme il m’est déjà advenu fréquemment de le faire. N’ai-je pas toujours demandé que « l'expérience Poincaré » suive son cours ?
Votre représentant ne doiL avoir aucun parti-prisj à l'égard des hommes, mais doit
réserver son droit de contrôle.
Nous déployons largement notre drapeau.
Nos adversaires de droite cherchent à créer, eux, une confusion politique,
U prétendue Union nationale de Jfl. Saudubra y n’est, en réalité, que le cartel des droites, caricature de l’union, Elle n’a d’auLre but que dediviser les républicains et constitue en Téalité, une entreprise sournoise de réaction .
Far l’anion des républicains, nous voulons, nous, réaliser le programme démocratique eUocial que nous vous ■soumettons.
In maintenant les lois laïques, sans esprit de sectarisme dans leur application, nous croyons, comme l'a dit M. Poincaré à Bordeaux, mieux servir les intérêts de la paix intérieur qae ceux qui, comme M. Saudubray, veulent les abroger.
Entre M, Saudubrav, candidat des ligues catholiques, des réactionnaires, des nationalistes, et le républicain laïque, pacifique, social que je suis, choisissez .
Vive la République !
Jeax MONTIGNY
Député de la Sarthe.
Vice -Président du Conseil général.
Ancien Délégué à la Société des Nations, Président du Comice agricole de. May et.
Chevalier de la Légion d’honneur. — Croix de guerre* Candidat de TUnion des gauches.
Circonscription de MAMERS.