‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 247 sur 336 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Circonscription unique du 1er arrondissement. M. TAITTLNGER

Elu au premier tour de Scrutin, — 5,583 voix*

Chers Concitoyens*

Les Comités républicains d’Unîon nationale du lor arrondissement, en plein accord avec nos dévoués conseillers municipaux, MM, Lefébure, Le Menuet, Levée et les grandes ligues nationales ont décidé de soutenir, aux prochaines élections législatives, la candidature de M. Pierre Taittmger, député sortant du deuxième secteur.

En portant à votre connaissance celte décision, nous croyons devoir non seulement vous présenter celui auquel unanimement nous avons donne noire investiture, mais encore vous exposer les raisons qui, dans notre esprit, justifient notre choix*

Pierre TAITTINGER

Membre du Comité directeur de la Fédération républicaine de France.

Vice-président de la Commission d'Algérie, colonies et protectorats, #

Délégué de la Chambre des Députés au Conseil national de TÛfïïce des inventions et des recherches industrielles.

Président des Jeunesses patriotes,

11 est superflu de présenter longuement, dans un arrondissement où, en 1924, il obtenait 5.179 suffrages, la personnalité bien parisienne de notre candidat.

Qu'il nous soit permis simplement de rappeler que Pierre Taittinger est né à Paris, le 4 octobre 1887 et qui! appartient à une lignée d’industriels fixés dans la capitale depuis 1822,

Dans la préface d1 Après la bataille, notre regretté représentant, Maurice Barres, tenait à présenter lui-même au public Pierre Taittinger.

Parlant de l’entrée en 1919 de son fidèle lieutenant au Parlement, Barres constatait avec joie : « II s’est fait une belle place par l’éclat et l’harmonie de sa parole, par la générosité et la logique de ses convictions. »

Après avoir montré le beau tempérament de soldat qu’avait préparé chez iaittiiger tout un atavisme, Barres terminait l’éloge de celui que nous présentons k vos suffrages : « Je le remercie' de me donner cetLe occasion de mettre mon nom affectueusement auprès du sien »*

Au témoignage de celui qui fut le maréchal des lettres françaises, nous tenons à ajouter une simple énumération des titres qui ont toujours yaïu à Taittinger Taffeetion de ses amis et la considération de ses adversaires.

Parti sous-officier a la mobilisation, ses services pendant la guerre ont valu au disciple de Barrés les galons de capitaine, la Légion d'honneur, de multiples citations.

De cela, Taittinger ri’a tiré mil orgueil, déclarant simplement avoir fait son devoir « comme tout Je monde ».

Il est permis à ses amis d’ajouter que ce devoir il l’accomplit largement sur d’autreg terrains.

Ayant la garde d’importants intérêts commerciaux et industriels, il n’en consacre pas moins la plus grande partie de son activité à la chose publique, s’intéressant à de multiples œuvres sociales, tout en montrant le bel exemple d!un foyer qui abrite sept petits bambins.

V œuvre cP un député sorlan L

Si, sur 111 candidats qui sollicitaient nos suffrages en 1924, Pierre Taittinger, dans notre secteur, a, par l’importance des voix obtenues, été élu le troisième, le parti d’Union républicaine nationale auquel il appartenait^ fut vaincu dans maintes circonscriptions en France.

Lorsque le Cartel triomphant arriva au pouvoir, un autre danger grandit à rhorizoa : son allié le communisme* aux portes de la capitale, installait en vue d’une attaque prochaine ses parallèles de départ.

La lutte contre le Cartel ;

raitimger aurait pu aâten dre, comme .beaucoup: A: eu très,, que Texpérienoe se déroulât, prêt simplement à en déplorer les conséquences.

Au point de vue politique, comme au point de vue commercial, comme à tous les points de vue, Ifiuactlon mène à la paralysie et à là, mort.

laittinger résolut . diagïr. Ses interventions contre les Ministères Ilerriot, Pain levé; et Caillaux, a la tribune de la Chambre, furent -particulièrement retentissantes.

Il fallait également en appeler au pays.

À travers Paris, puis dans toute la France, avec la pléiade de patriotes ardents Louis Marin, Maginot, François-Marsal, etc., Taittinger, sur un plan un peu différent, sonne le réveil des bonnes volontés, organise la résistance.

Le courant d opinion créé est tel que les fureurs du Cartel viennent se briser, impuissantes, contre le sentiment de conservation nationale.

Bientôt meme de profondes lézardes se produisent dans l’édifice élevé parla coalition du 1 1 mai. L heure des républicains nationaux approche et, par leur action incessante, faiLtiriger et ses amis politiques iaoilitent dans une large mesure le retour au pouvoir de M. Poincaré.

.Glace a leur intervention, le redressement national i était rendu possible.

La lutte cortLre le communisme ;

Le communisme faisant courir au pays un indéniable danger, Taittinger ne se contenta pas simplement de le dénoncer à la Chambre, il organisa dans le pays les admirables « Jeunesses patriotes », dont l’action vigoureuse a ralenti le progrès du bolchevisme, permettant ainsi d attendre le moment où les pouvoirs publics, constatant enfin des effets d une , propagande néfaste, vinrent s associer aux mesures de défense déjà prises et entreprirent une répression rigoureuse.

Sans crainte d’être démenti par qui ce soit, nous pouvons affirmer que les (( Jeunesses patriotes » ont été les plus sûres garantes de païx'Sociàle et qu’elles ont permis Je redressement de notre situation intérieure.

No 3814

Un réalisa lotir :

Mais Pierre Taittinger ne s’est pas contenté simplement à la Chambre d’intervenir dans les grands débats de politique extérieure et intérieure, il s’est également efforcé^ sur le ter- TaiiTfinanoier, d’apporter des suggestions de .bon sens, traduisant à merveille les revendications de l’opinion publique.

L’activité de M* Taittinger se traduit également au point de v.ue pratique.

Intervenant dans la discussion des conventions douanières, il contribue à sauvegarder lag intérêts du commerce français.

Défenseur du principe de la propriété commerciale, qu’à maintes reprises il a appuyé de ses votes, il s'est opposé, par des démarches incessantes auprès des pouvoirs publics, à l’exécution de mesures arbitraires.

Ami des commerçants, il a lutté, de plus, contre la légende infâme propagée par le Cartel, tendant à les représenter, eux premières victimes de la vie chère, comme les profiteurs de la vie chère.

Le commerçant représentant pour M, Taittinger un des meilleurs artisans de la vie publique, if a toujours tenu à éloigner de lui les suspicions illégitimes et les discrédits injustifiés*

P j o tec ti o n des co n tri b u a b les :

M, Taittinger demande à l’administration de mettre un terme à certains abus. Préconisant une politique d’économies rigoureuses, il propose des mesures pratiques que le Cartel, au nom de ses sacro saints principes, refuse d’envisager.

Pour les victimes de la guerre :

11 intervient en leur faveur en maintes reprises*

En particulier, il est Pauteur de la loi qui étend aux enfants dont les pères sont morts sur les théâtres extérieurs d opérations (Syrie, Maroc, etc,), le bénéfice des dispositions relatives aux Pupilles de la Nation*

Pour les travailleurs :

Pierre Taittinger obtient* par ses interventions répétées à la Chambre, le rétablissement du régime Mes billets de, bain de mer supprimés, depuis 1914.

On doit également à ses sollicitations fréquentes rinterprétation. libérale par l’ Administra tien des finances de l’impôt sur les salaires (retranchement, dans le calcul du salaire imposable, des frais de transport et du coût du repas quand celui-ci est pris obligatoirement au dehors)*

Toute la population parisienne se rappelle ses inter mentions en faveur des employés de banque, des employés de commerce, des postiers, Mes-gardieos .de la paix, etc.

Lutte contre le taudis et la tuberculose :

Pierre Taittinger ne se contente pas de définir le problème devant le Parlement, il fonde à Saint-Martin-de-Ré, en dehors de tout appui officiel, un préventorium où, chaque année, des centaines de petits Parisiens iront, sur « leurs joues maigries, poser les roses de

la* santé »,

Pour les humbles :

Défenseur des petits rentiers et particulièrement .de tous ceux qui ont fait, confiance à l'Etat, t ses interventions ■— qu?il serait difficile de retracer par le détail sont marquées du souci constant, en dehors Me toute préoccupation démagogique, ;de défendre ceux dont la ^ûix bien souvent, ne peut -se faire entendre*

Le passé répond de Fa venir :

M, Taittinger est ao premier rang- des parlementaires qui n'ont jamais failli â une promesse.

En toutes circonstances, ïl est resté fidèle k la politique pour la défense de laquelle nous l’avons élu.

Dans son attitude, comme dans ses votes, nous n'avons jamais rencontré aucune défaillance.

En vous demandant de voter à nouveau pour lui, c'est la plus belle garantie que nous puissions vous offrir.

Evitons les dissensions :

Nous venons vous demander de vous élever contre les entreprises de division qui pourraient être menées contre les partis d'ordre et de concorde sociale au bénéfice des partis de bouleversement social et de désordre.

Dans le mot union , il y a un ; nous vous demandons de vous grouper autour du seul porte-drapeau de T Uni on républicaine, nationale et sociale dans le Pr arrondissement.

Eh votant pour Pierre Taittinger :

Employés et petits fonctionnaires !

Vous vous assurez à la Chambre un protecteur éclairé, en confiant le soin de votre cause à un homme qui la fera triompher, non par une démagogie néfaste et stérile, mais par des interventions sensées et fécondes en résultats.

Petits rentiers 1

Vous voterez pour la justice que bien souvent on vous refuse ; Pierre Taittinger vous a défendu contre le fisc et contre la banqueroute.

Commerçants I

^'’ous voterez pour le bon renom de votre commerce, pour la bonne marche de vos affaires, pour la sécurité de votre magasin et pour toutes les mesures législatives dont la réalisation vous tient au cœur.

Contribuables I

Vous hâterez la fin des aberrations dispendieuses, des sinécures, des folies budgétaires. C'est obtenir un droit de contrôle sur l'emploi de votre argent . Vous préparerez ainsi b diminution de vos impôts à venir.

Pères de famille 1

Vos droits seront respectés par un homme qui a été, en toutes circonstances, le défenseur de la liberté de conscience, de la liberté d'enseignement et qui continue la politique instaurée par Barrés, pour la réconciliation définitive de toutes les familles spirituelles de la France,

Vous travaillerez, de plus, pour un idéal de paix en dedans comme au dehors.

Comme tous ceux qui ont vécu la guerre, Pierre Taittinger aspire passionnément à la paix, réclamant simplement pour son pays de la pratiquer dans l’honneur.

Nous vous demandons de faire triompher sur son nom les saines doctrines d ordre, de

liberté et de progrès social, dans une république fraternelle, largement ouverte à tous les Français de bonne volonté.

Vous nous aiderez à accomplir le 22 avril une manifestation imposante, en déjouant par cela même les manœuvres du Cartel rouge et de ses pires alliés : les cartellistes déguisés et les profiteurs de la dissidence.

Vive la F rance 1

Vive la République nationale et sociale !

Vive le 1er arrondissement 1

Le Comité

Circonscription unique du 2° arrondissement*

M. REŸNAUD

Élu au deuxième tour de scrutin, — 6*600 voix.

Citoyens,

Nous vous remercions de l'accueil chaleureux que vous avez fait à Paul Reynaud dans les nombreuses réunions où il a exposé son programme*

Vous le connaissiez déjà*

Il a le droit de se dire le dernier élu du 2e arrondissement*

Vous lui avez donné une écrasante majorité contre tous ses adversaires réunis, il y a deux ans, lors des élections du 2e secteur.

Il reste fidèle à notre arrondissement.

Il demande aujourd'hui à Paris de ratifier la magnifique campagne qu'il a menée dans la France entière*

C'est grâce h cette campagne des républicains nationaux, au premier rang desquels il s’est toujours trouvé, que Popinion publique a contraint la Chambre du Cartel à rappeler M. Poincaré.

Les partis républicains nationaux sont unanimes ’ Paul Reynaud est le seul candidat d’Union nationale dans le 2e arrondissement.

En face de lui, M* Dausset.

Puisqu'il quittait son arrondissement, il a eu tort de venir dans le notre : nous le connaissons trop.

If ancien ami de Syvelon, élu sénateur par les républicains nationaux, les a trahis.

Au lendemain de la victoire du Cartel, le 11 mai 1924, il a passé à l’ennemi avec armes et bagages*

Il quitta le groupe de M. Poincaré au Sénat pour fonder un groupe dissident à étiquette radicale*.

Il s'associa au coup d’Etat du Cartel contre le Président de la République.

En vain tente-t-il, aujourd'hui, de dénaturer son vote. Ses amîs du Cartel Ven félicitent chaudement. UÈre Nouvelle le loue d'avoir, par ce vote, « défendu la République ^République du Cartel, bien entendu, celle de la livre à 218 francs.

Les radicaux-socialistes de l'arrondissement qui ont mis, il. y a deux ans, leurs mains dans la main des communistes, pour battre Paul Raynaud, ont décidé de soutenir M.' Dausset.

Déjà, ils font installé dans leur propre permanence, 212, rue Saint-Denis.

Toute la presse du Cartel soutient M. Dausset et comba-t violemment -Paul- Reynaud.

Le journal de M. François Albert, ancien Ministre de M. Herriot, Y Impartial Français du 20 mars j achève de démasquer M, Dausset. Il proclame que les radicaux-socialistes comptent sur lui « pour reconquérir le 2e arrondissement »,

Électeurs du 2* arrondissement, les hommes du Cartel ont compté sans vous !

Depuis vingt-six ans, à chaque scrutin, vous les avez battus en élisant au premier tour le candidat présenté par nous.

Républicains nationaux, radicaux nationaux, ie 22 avril prochain, vous répondrez au défi du Cartel en élisant triomphalement

Paul REYNAUD Candidat dTnîon nationale.

Circonscription unique du 3e arrondissement. M, PUECIi

Elu au deuxième tour de scrutin. — 7,754 voix*

Cher Concitoyen,

PèrmeÜezmiôi de vous rappeler en quelques mots le compte rendu de mandat et le programme tels que je les ui exposés dans de nombreuses réunions où tous les électeurs ont été successivement appelés.

J'ai pris une part active, — soit comme rapporteur, soit par voie d’amendements ou d’interventions à la tribune, — à la plupart des lois qui intéressent soit le redressement financier, soit l'activité économique, soit la justice sociale : baux d'habitation et baux du commerce et de l'industrie; brevets d’invention; accidents du travail ; service militaire réduit à un an ; artisanat et chambres de métiers ; tarifs de douane ; assurances sociales:

J Tai combattu les Ministères — dits du Cartel — dont la politique, — chargée de menaces incessantes de prélèvements, consolidations et nationalisa Lion s forcées, — devaient fatalement ruiner le crédit public, pourtant nécessaire au relèvement du pays* Ces ministères qui, vous le savez, après vingt-sept mois d’exercice du pouvoir, ont abouti à ce résultat désastreux proclamé à la tribune même, le 24 juillet 1926, parleur dernier Ministre des Finances, que le Trésor ne disposait plus que d’un million et ne pouvait plus, sans employer des moyens de contrainte et de force, assurer le cours normal des services de l’Etat.

J’ai, au contraire, toujours soutenu le Ministère d’union patriotique et nationale où collaborent, sous la haute autorité de M. Poincaré : MM. Herriot, Louis Marin, Paiflleve et Albert Sarrau t, et qui, en rétablissant la confiance, a si rapidement transformé R situation,

C’est en vain qu’au cours de cette législature quelques-uns d'entre nous ont essaye d’obtenir une meilleure répartition des impôts existants. Les exigences budgétaires ont

paralysé nos effcrLs . Mais aujourd’hui que, grâce à la politique prudente et féconde du Ministère Poincaré, nos finances se sont sensiblement améliorées, nous pourrons — ainsi que M. le Président du Conseil vient de le déclarer lui-même — remédier aux abus de la fiscalité ; opérer des dégrèvements ; encourager l'épargne ; décharger les forces du travail et favoriser F effort économique du pays.

Je m'attacherai plus spécialement aux quatre tâches Suivantes ;

Réalisation de larges économies par k simplification des services ;

Report à la production de l'impôt sur le chiffre d’affaires, seul moyen d’en assurer la perception dans des conditions équitables et sans vexations ;

Elévation pour le fonctionnaire, Remployé, l'ouvrier, du chiffre de base d'exonération d impôt et application de cette même exonération à tous les autres contribuables : industriels, commerçants et professions libérables. S'il est en effet un principe incontestable, c'est bien celui de F égalité de tous les citoyens devant l'impôt ;

Suppression de la taxe de luxe.

Cher Concitoyen,

La situation électorale dans notre arrondissement se, présente dans les conditions les plus simples :

Quatre candidats :

Un Communiste, dont il est inutile de rappeler le programme j

Un Socialiste unifié, partisan de la nationalisation de toutes les forces productives et de la lutte de classes ;

Un partisan de la politique du Cartel, dont l'expérience de 1924 à 1926 a été si funeste ;

Un partisan de la politique de résultats reprise en juillet 1926 par M. Poincaré et qui vient d'être acclamée à Carcassonne et à Bordeaux, Cette politique est la mienne.

Comment pourriez vous hésiter ?

Certes, le député sortant n'est pas sans reproche — qui peut se ffatter de Pétre ? — Mais il a bien le droit de se prévaloir en dehors des résultats de son activité parlementaire, d Ma sans une certaine fierté, de la confiance que vous lui avez si généreusement accordée d aussi de 1 estime que ne lui ont pas ménagée ses collègues au Parlement qui l’ont élu six fois vice-président de la Chambre des Députés,

Je peux vous assurer, en tous cas, que je n'ai jamais cherché dans le mandat dont vous m'avez si longtemps honoré et dont je vous demande de vouloir bien m'honorer encore, 1ue ^ nioyen de contribuer pour ma modeste part à faire pénétrer dans le jeu trop souvent meurtrier des institutions sociales plus de liberté, plus d'égalité, plus de solidarité ët plus de justice.

Louis PUECH Ancien Ministre,

Ancien Vice-Président de la, Chambre.

Députe sortant.

Circonscription unique du 4- arrondissement, M. LE GGRBE1LLÈR

Élu au deuxième tour de scrutin, — 8.755 voix.

Seule r union de tous les Français a pu nous faire triompher des épreuves d’une horrible guerre.

Seule Funion de tous les Français, après tant de morts et de ruiner nous a permis de panier et fermer nos blessures, de ramener la vie dans nos dix départements dévastés, de soulager les victimes de Ja guerre, de réorganiser d’année en année nos finances, de rétablir notre crédit dans le monde.

Cette union imposait de lourds sacrifices ; une fatigue s’ensuivit, un esprit de mécontentement que surent exploiter chez beaucoup d’électeurs, dévoués d’ailleurs aux intérêts de la collectivité française, les révolutionnaires et les internationalistes.

L’effet de cette politique de désunion entre Français ne se fit pas attendre. Deux ans de politique inspirée parles S, F, L G., (menaces de prélèvement sur le capital, de consolidation des bons de la défense, FEtat héritier, etc.), nous ont conduit à deux doigts de la banqueroute.

Comment avons-nous pu réagir et nous sauver une fois encore ? Par le retour à l’union de tous les Français. Ce fut l'œuvre du Ministère d1 Union nationale foivné et. présidé par M. Raymond Poincaré,

Cette œuvre de relèvement national est aujourd’hui soumise à vos suffrages. G1 est vous, Citoyens, qui allez dire si vous voulez revenir aux aventures dont vous avez, de juin 1924 à juillet 1926, éprouvé les cruelles conséquences ou si vous entendez continuer et achever Fœuvre dont vous pouvez, depuis deux ans, apprécier les fruits.

Ici, dans le 4fl arrondissement, les divers partis républicains ont donné l’exemple de l’union qu’ils sollicitent de vous et vous ont facilité la besogne. Contre le candidat de la Section française dé l'Internationale ouvrière (S, F. I. G,) et contre le candidat de b Troisième internationale et des Soviets, ils présentent à vos suffrages un candidat unique,

Député sortant, élu en 192f, réélu en 1924 sur le même programme d’union nationale, je reviens, aujourd’hui — après vous avoir, dans de nombreuses réunions, rendu compte du mandat que vous m’aviez confié — vous en demander le renouvellement pour quatre nouvelles années.

Ces quatre années devront être — j’y mettrai toutes mes forces — uniquement consacrées à l’ achèvement de Fœuvre entreprise depuis le 17 juillet 1926, œuvre qui» consolidée et renforcée par votre verdict, assurera la stabilité définitive de nos finances, l’expansion normale de la production nationale^ la mise en pratique des assurances sociales et des lois coûteuses, mais nécessaires, qui pourront résoudre la crise de Fhabiiation,

Jl faut sauver le franc ! Il faut sauver la paix !

Pour sauver le franc :

Une seule méthode : persévérer ; mener jusqu'au bout l’œuvre de redressement entre*prise par le Gouvernement d'union nationale formé et présidé par M. Raymond Poincaré. C'eat-à-dire : maintenir l'équilibre budgétaire ; continuer les consolidations ; poursuivre , en Té tendant a la rente, P action de la Caisse d'amortissement ; on arrivera par cette voie à lfallégenient des impôts*

Parallèlement, développer un intense efïort de production, sans lequel l'appareil liscal serait vain :

Sur le plan industriel :

En poussant à la rationalisation des entreprises, en mettant en chantiers un© série de grands travaux publics, en exploitant le domaine colonial, en recherchant une meilleure exploitation des monopoles dont le maintien n’est pas un dogme.

Sur le plan commercial :

En délivrant les commerçants des tracasseries et des formalités administratives ; en organisant le marché intérieur et en favorisant la recherche des débouchés (assurance, crédit, tarifs de chemins de fer, conventions douanières).

Sur le plan social :

En intéressant intellectuellement et matériellement le travailleur à l’objet de son travail, en organisant la consultation régulière des professions; en réalisant la loi des assurances sociales votée en 1924 et en 1928 pax les majorités d'union nationale, en l’appliquant dès 1930; en mettant à l'ordre du jour, dès la rentrée des Chambres, une politique de fhabitation permettant par une contribution très importante de l'Etat (comparable à celle accordée à la reconstruction des habitations dans les régions dévastées) permettant aux municipalités et aux sociétés philantropiques d'habitations à bon marché, de faire sortir du sol, dans le plus bref délai possible, les immeubles nécessaires au logement des ouvriers, des petits employés, des petits patrons, des petits retraités et des familles nombreuses et de supprimer progressivement les taudis.

Continuer les efforts commencés de 1924 à 1928 en faveur des œuvres de solidarité qui ne seront pas comprises dans les assurances sociales, c’est-à-dire : les allocations aux femmes en couches, les allocations d’allaitement maternel, l'encouragement à la natalité, etc.

Sur le plan administratif :

Simplifier Y administration du pays ; reviser les règles de la comptabilité publique ; transférer aux préfets les pouvoirs de décision dans le plus grandi nombre de cas possible.

Sur le plan politique :

Diminuer le nombre des députés, accélérer la procédure parlementaire, faire un usage effectif du droit de dissolution ;

Maintenir le Parlement dans sa fonction de contrôle ;

Instaurer le suffrage des femmes et le vote obligatoire ;

Enfin, restaurer à la fois le prestige des corps de l’Etat et l’autorité de l’Etat lui-même aujourd’hui menacée par certains de ses propres serviteurs. Protéger les fonctionnaires contre le favoritisme ; achever l'adaptation de leurs traitements ; définir en un statut spécial leurs droits et leurs devoirs.

Sur le plan religieux :

Laïcité et neutralité de F Etat, comportant le respect de toutes les croyances, l’égalité et la justice pour Lous.

Pour sauver la paix, la France doit compter sur la Société des Nations et sur ellemême,

À Genève, elle poursuivra la politique qu’elle y mène depuis Forlgîoe et qui vise à organiser l’arbitrage et la sécurité. à conclure des traités de protection et de garantie mutuelle, dont l’accord de Locarno est un exemple, et des ententes économiques.

En même temps, elle s’occupera activement de réorganiser ses forces de terre et de nier, I/appli cation des nouvelles lois votées pour le service d’un an et la réorganisation de Farinée est subordonnée à des conditions préalables qui doivent être remplies.

Dévouée sincèrement à la paix, la démocratie française doit honorer son armée, irelever scs traditions de discipline, d'abnégation et d’intelligence*

L’armée moderne exige l’emploi intensif des moyens techniques, la substitution méthodique de l’engin et de Foutil k L’homme, un effort soutenu d’imagination et de précision — et nous ne devons pas nous laisser distancer à cet égard — mais aussi la diffusion de leducation sportive, la préparation de la jeunesse, le consentement aux appels et aui périodes d’exercices, la formation d’un esprit civique, sans lequel tout ce système a’aurrif point d’âme.

La France sera d’autant plus écoutée, à Genève, qu’elle représentera une force plus respectable*

Elle défendra la paix d’autant mieux qu’elle offrira moins de prise, par sa faiblesse et ses divisions, aux velléités d’agression et de revanche*

Au pays de choisir entre ceux qui l’entraînent par une pente de relâchement et de laisser-aller vers des réveils tragiques et ceux qui, sur des chemins plus rudes mais plus sûrs, espèrent réussir à sauver la paix, la démocratie et la République 1

Sans l’union de tous tes partis politiqucSj sacrifiant encore une fois leurs désirs ou leurs préférences, rien de bon ne pourra se faire. Avec Funiorq nous le savons parespé rience, nous viendrons à bout de tout*

Pour ou contre la politique de M. Raymond Poincaré,

Pour ou contre ceux qui Font toujours soutenue. -

Vous me connaissez assez pour savoir que si vous me confiez la défense de ce programme je F accomplirai sans défaillance*

Et je signe, avec confiance, votre élu d’hier et de demain,

Maurice LE COREE 1LLER

Ancien président du Conseil municipal* Député sortant*

No 3814

lro circonscription du 5e arrondissement,

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