VL FA BR Y
Élu au premier tour de scrutin, — 7/265 voix.
Citoyens,
Depuis huit ans, j’ai rhonneur de vous représenter à ia Chambre, J’y ai rempli le mandat que vous m'aviez confié en m’efforçant toujours de mériter votre estime ; sûr de voire jugement j c’est avec confiance que je vous en demanderai le renouvellement en avril prochain.
L'enjeu des élections.
L'enjeu de la bataille qui va s’engager est important. En réalité, la France est l’objet d'une vaste entreprise conduite par les équipes socialisantes et internationales, qui a pour but de détruire l’ordre social établi et ce qui reste reste des traditions politiques de H89, pour faire l'expérience d’une société nouvelle,
II est fort possible que dans la troupe qui suit de près ou de loin les chefs socialistes — dont certains ne se défendent plus que mollement d’être à la remorque des communistes — lieaucoup de militants ne voient pas clairement où on les mène, mais il est certain que les chefs, eux, savent ce qu’ils tentent.
Ils veulent faire de la France, financièrement, administrativement et diplomatiquement, un champ d’expérience marxistes et internationales.
Lis traitent de réactionnaires quiconque s’oppose à ce que ce bouleversement soit tenté. Maïs où sont alors les républicains ? Certainement pas chez ceux qui, comme les socialistes ou les communistes, rêvent de dictature de classe.
U expérience de 1924-1920,
Le premier essai de la formule politique qui doit assurer l’exécution des programme» socialistes à été fait en 1924.
Il a abouti au plus lamentable désordre politique ; dressant les uns contre les autres les consciences et les intérêts ; conduisant les uns à l’impuissance, les autres à la révolte ; semant chez tous l’inquiétude et la méfiance et faisant la preuve évidente que sans treve des partis le redressement du pays était impossible. On est allé ainsi en se rapprochant du gouffre, jusqu’à cette nuit de juillet 1926 où le peuple de Paris est venu devant la Chambre des Députés manifester volonté qu’on change dé formule politique.
C’était l’époque où chacun courait dans les magasins échanger contre une marchandise quelconque un papier déprécié ; où les commerçants subissant eux aussi l’efîrond rement de la monnaie, se demandaient avec anxiété quelles quantités de marchandises nouvelles ils pourraient racheter avec l’argent des marchandises vendues, ^L’industrie et le commerce voyaient sonner l'heure delà chute verticale du franc qui rendrait les échanges impossibles.
Il restait un million de francs au compte du Trésor à la Banque de France.
Le franc valait moins de dix centimes.
No 3814
La livre qui valait 70 francs le 11 niai 1924 était à 240 francs en juillet 1920-
Par rapport au cours du 31 mars 1924 la perte subie par les rentiers et les épargnants* sur les rentes de l’Etat seulement, s'élevait à 18 milliards et demi*
Les Gouvernements se succédaient sans répit, croulaient comme châteaux de cartes, bien qu’ils aient obtenus des banques des crédits qui, rien que pour la période du 20 juin 1924 au 2 avril 1925 s’étaient élevés à 6 milliards 269 millions de francs et 100 millions de dollars.
17 milliards et demi d'inflation en quinze mois, presque autant que pendant toute la guerre, avaient crevé le plafond des billets de banque.
C’était la faillite*
C'était aussi la servitude en perspective, car, dans le même temps, on nous demandait de souscrire sans discuter k des accords d’abdication avec l’Amérique* Pour le seul profil d'obtenir un prêt de 200 millions de dollars, on nous proposait de nous passer la corde au cou pour soixante-deux ans*
Voilà d’où nous venons*
La sanction de l'erreur de 1924 et le prix du désordre politique.
Il y a une sanction à toute formule politique : le budget. G est lui qui est le grand justicier. Nous avons vu un budget laborieusement amené à l’équilibre après cinq années d’efforts mis brusquement en déficit par l’expérience carteîlîste de 1925-1926. il en a coûté au pays 1 i milliards d’impôts nouveaux et si vous pliez, aujourd'hui sous cette charge écrasante, c’est précisément à ceux qui vous avaient promis de supprimer le double décime et le chiffre d’affaires que vous le devez.
Le redressement de 1926-1927,
La trêve des partis a permis à la France d’opérer un redressement remarquable*
Quand nous avons connu des heures où la marge disponible du trésor à la Banque était réduite à un million ; où les remboursements des bons de la Défense nationale dépassaient de près de 2 milliards en quinze jours les émissions ; où nos encaisses à Fétranger élaient presque milles pour faire face à des échéances considérables; où les cours du change s’étalent élevés à plus de 49 francs pour le dollar et à plus de 240 francs pour la livre ;
Et quand on constate qu’aujourd’hui la marge du trésor à la Banque de France est de près de 8 milliards, sous un plafond légal qui a été abaissé de 88 milliards 500 millions à 32 milliards ; que les échéances de 1926 et de 1927 ont été réglées ; que la plupart de celles de 1928 et de 1929 sont déjà assurées ; que nos encaisses à l’étranger ont été reconstituées ; qu elles ont permis non seulement de couvrir les échéances de 1927, mais, par avance, la plupart des dépenses extérieures de 1928 et encore de procéder à des remboursements anticipés, tel que celui qui a été fait à la banque d’Angleterre ; quand la caisse autonome ^amortissement a pu rembourser tous les bons à un mois, à trois mois, à six mois, cesser 1 émission des bons à un an qui seront remboursées le 3 juin 1928 et réduire, dès maintenant, nos échéances mensuelles de bons de 7 milliards et demi à 3 milliards et demi; quand* à 1 afflux des demandes de remboursement a succédé, en sens contraire, un afflux de demandes de souscriptions qui contraint la caisse autonome à contingenter, à partir du in janvier 1928, les émissions de bons à deux ails ; quand nous avons reconquis toute notre liberté de discussion pour le règlement des dettes interalliées; quand, enfin, le change a cessé les brusques soubresauts qui menaçaient notre patrimoine national, au profit de tous les agioteurs du dedans et du dehors pour se stabiliser, en fait, depuis un an, à près de la Moitié du cours de 1926 ;
Il faudrait fermer les yeux à l'évidence pour ne pas enregistrer des événements aussi
considérables et pour ne pas rendre h ommage-, sort à ceux qui ont su les conddire, soit à la République èîlé-mênie qui, par la souplesse de ses insritutionF, permet qu'à toutes -les heures critiques les intelligences et les volontés sdmirsent pour sauver lé pays.
Fa u F i l romp re là trêve d es part i s ?
G5e. sont: bien» des résultats positifs que le$; renies- i\rvalorisées la proportion i de 1 k 4 par la hausse concordante des cours ^et de la monnaie j la valeur des fonds d’Étaf s'esL ainsi accrue en bourse de plus de 30 milliards.
Toutes ces réalités,; les classes moyennes, , les rentier^ lês< retaattés,- les victimes de la guerre, en onLeenti le bienfait. Ils doivent; à ce rétablissement de; pouvoir manger du = paia Du pain sans beaucoup do beurre sans douter mais ont eu peur de nia voir plus de pain- à manger.
Cependant, suivant le mot si juste d’André Tardieu : « Rien ne sera fait faut que tout ne sera pas fait »,
La trêve des partis qui a permis ce redressement est dénoncée par certains qui font passer leur parti avant Iç pays. Iis exploitent la crise économique; actuel le qui est réelle, accusant la politique de redressement d’en être la cause, alors que la crise est la conséquence directe du mai auquel cette politique de redressement a porté remède.
Au risque de plonger à nouveau la France dans le désordre politique, ils veulent reprendre l'expérience socialiste et préparer la conscription des fdriunes, Pétalisme, l’cxpropriatian, la confiscation.
Qtie deviendraient dans cette aventure toutes les libertés du commerce ?
Que deviendrait la propriété individuelle ?
Que deviendrait le fruit du travail quotidien et de l’épargne ?
Sous l'inspir ation de cette politique, les classes moyennes, les commerçants, les travailleurs, les pères de famille, auraient de nouveau la sensation que Tordre serait menacé, que t'épargne* serait en danger, que k transmission de T épargne aux enfants serait compromise, que les engagements de T Etat et là loi même seraient méconnus.
La failli te , la miser ev deviendraient inüvü tablas ;
S a n s dou te , 1 e s i nip ois a c I, n e 1s son 1 1 trop 1 o urdtj, i nega-ie ment e i * i nj its tse ni en t > r êp ar làs» \ ■il faut lesallégor, les mieux aménager, le^ tr^üsformeiF.ï aboutir à plus d’égalité fiscale et supp ri m e r i o ube v e xa ( ion d u ; fi s e *
Sans, doute,, les- courants d -exporta iio ». sont incertains^ il kiifeTes stabiliser*
bans, doute, le commerce »a besoin de sa: pleine, libeidé; et- d'une 'période do stabilité prolongée, de las monnaie et des échanges*
Sans doute, la propriété conuiioro ; ale devra être .appliquée- daai s : V esprit voulu par le 'législateur de k Chambre , le droit do. reprisa contrôléy le prix du loyer surveillé et limité à uu m$xi m um j usàe *et raisonn abie .
San^- doute, un. programme^ social ide protection du foyer,; de développement de T’enseigneiuaiit technique et d ümeiroratfoii des conditions, du -.travail devra être poursuivi*
S a : n'y d o nt e, 1 es a ss uta ne es social es d e vmn t ê U'c s a n u p ra l i qu e *
Sans, douta, les méthodes; de travail : de; I Liai doivent; être modernisées, les services pu blic è r éorg au tse s et a cia p t é s a u x e x i pmee a ê e o n o nuq m s a ci u elles ; 1 a- co ilab orati on de
1 Etal et des professions doit être réglée et assurée : c'est seulement ainsi' que nous pourrons faire passer dans la pratique tout programme de progrès social.
Mois à qui - lora-L-rOit j croire qu une seule de. ces réformes pent être tentée et obtenue dans le désordre politique ou dans i incertitude monétaire ? Or, recommencer- i ex pé:iene^
de mai 1924 c'est certainement rétablir le désordre politique et ■ T instabilité des changes.
L 1 1 1 em na (wma te ou c a n tel ' s oc la i is le*
Ainsi tout est bien clair aujourd'hui et la démonstration qui vient d être faite des effets de deux conceptions politiques met chacun à même de réfléchir et de décider.
On vous serez avec les républicains ;
Po u r ! a e on c en Ira Lion ré pub i ica ine*
Pour la trêve des partis demandée par Franck] in- Bouillon,
P 6 an la dé fease de là propriété tndi vi d molle,
PourJa Jut te résolue contre leteommunisme,
Ourvous serez avec les socialistes î
Pour le cartel socialiste des partis sectaires de gauche et.d'exlrêHiergapche,
Poirn la guerre des partis, et la dulte de elasscj
Pour la destruction .de îa propriété; individuelle y.
Pour I entente. avec les communistes,
De quel côté est le progrès social ? Du côté de ceux qui minenUa confiance eUe crédit e t , vide n t Je s ca i $r,as- de P Eta t ?
Oli et u côlé cle ceux qui assurent la condition absolue de luutc réforme. sociale : 1 eq»D libre et la; solidité du budget
De quel côté est la fraternité huma me/?
Du côté de ceux qui.clu-rchenidt; rapiptccbt.nîÆnl des: classe», qui-, veulent, foncier leur élaboration sur- la-, confiarLee et-'.I estime réciproques; qui , recherchent le mieux. être. .de 1 ouvrier dans son acquiescement aux transformations nécessaires de, la production, dans son abacbement aux. moyens de pr-oduc tien et sa participation aux béiiébees. du- capital ?
Ou, cl u côté deoe.ux qui sêmcnli la, haine, exploitent l’envie! et la colère et'abouüssewt à ce résultat misérable que des petits .ouvriers-. cl- artisans boycottent d'aufjfes, petits ouvriers cl artisans et. les réduisent à la famine parce qu’ils ivfuaenl de, partager leur.opimeri, Jusque ■ SLic-le .lit d hôpital le communisme -poursuit sa. détestable besogne de cruelle el impitoyable tyrannie.
1 onr échapper à ces dangers qui nous menacent, il ne sera pas de trop de tous les Fràn- Çjls qui sincèrement républicains se refusent à exposer la Fiance convalescente aux heurts el aux périls de l'expérience socialiste et internationale.
Bans ces quartiers du 10e si souvent exposes aux premières manifestations du désordre dans la rue et qui se rappelleront Jés* journées de juillet 19 14 et du 23 août 1927, je fais appel n tou* lc^ i épuhlieaïiis de tons les? partis qui f ont te rarement résolus à faire front contre les ^ocitilFtes et les communistes et qui soiit décides' à pratiquer entré eux une trêve nécessaire a rechercher tout ce qui peut les unir, à écarter tout ce qui peut les-diviser.
La liberté de conscience.
Ce qui pourrait les diviser, on ne le voit que trop; ce semit de tomber dans le piège ;eur “sl lendu5 des querelles religieuses. Pour ma part, je suis décidée hs écarter, PiJrde la laïcité, parce qu’elle représente pour les vrais républicains 3a plus pure garantie '* Jd ^rté des consciences, je désire que ses lois soient appliquées avec justice el dans un libéral, à la française.
^ U liberté de la pensée, Ja liberté de !a croyance, la liberté d enseignement, la liberté e"e^er bes en^anfs comme il lui plaît, sont les privilèges indispensables à lout Français qui 1 assumant ms responsabilités et les charges d'un foyer, assure la continuité de notre race.
C'est à es prix qu'il acceptera loyalement et sincèrement d'observer et de faire observer par les siens les lois républicaines préparées et délibérées pour assurer la liberté, l'égalité et ]a fraternité de tous. La guerre nous a montré que le respect de toutes les croyances était l’honneur d'un peuple libre.
La paix.
Ce qui peut réunir les républicains de tous les partis, c'est un égal besoin d'ordre à l'intérieur et de sécurité sur les frontières, qui sont les manifestations visibles de la paix entre les hommes.
Père de trois fils qui iraient se battre en cas de guerre, je suis autant attaché à la pai* que tout autre Français, Mais je me refuse à toute improvisation dangereuse, L’Europe reste dans un état d'équilibre encore très incertain.
Le rapprochement des peuples est la seule méthode sure, et j en suis partisan.
Mais il ny a pas d’autre procédé pour rapprocher deux peuples d'une manière sincère et durable que d'éliminer les causes de conflit.
Ainsi à Locarno, le jour meme ou était signé l’accord qui a amené une détente nécessaire entre l'Allemagne et la France, la France seule a garanti par un traité spécial les frontières de la Pologne et celles de la Tchécoslovaquie. Mais l’Allemagne a toujours refusé et refuse encore de considérer ces frontières comme définitives.
N'est-il pas dès îors tout indiqué de chercher avant tout à éliminer cette grave cause de conflit possible ?
Et alors n'est- il pas essentiel de rechercher la solution du différend tant qu'elle peut être étudiée sans risque de guerre : c'est-à-dire tant que nous sommes sur le Rhin ?
L’intérêt même de la paix nous commande de ne pas évacuer le Rhin sans que la question des frontières orientales de l'Allemagne soit réglée. Agir autrement, c'est aller au-devant de dangers certains pour la paix,
J ajoute qu'il ne me semble pas possible qu'il y ait deux manières de considérer la paix, une avec l'Allemagne, l’autre avec l'Italie. Si on veut le rapprochement franco-allemand, il faut aussi vouloir sincèrement le rapprochement franco-italien.
Enfin, nous pourrons poursuivre d'autant plus audacieusement le rapprochement de« peuples que nous serons mieux en mesure d’assurer par nos propres moyens notre défense nationale.
Ce qui peut encore réunir ces républicains, c’est le sentiment que leur union est seule capable de donner à un gouvernement la force et la stabilité ; elles lui permettront de rendre à i Etat l’autorité dont l'exercice réfléchi autorise les évolutions bienfaisantes et interdit les révolutions destructives.
Électeurs du 10e arrondissement, je vous adresserai bientôt le programme que j®‘ compte défendre ;
Décidé à établir entre vous et moi une collaboration confiante, qui, seule, peut nous permettre de servir utilement le bien public et de défendre vos intérêts, j'ai voulu sans attendre vous indiquer les raisons qui me font considérer la consultation électorale prochaine comme décisive pour notre avenir commun.
Pour ma part je sois fermement résolu à faire tout ce qui dépendra de moi pour me mettre en travers de 1 expérience socialiste et communiste. Je souhaite ardemment votre concours et je le solhcde loyalement, pour que la République demeure et que la France vive
Jean FA BR Y
Député du lef secteur et 10* arrondissement* Ancien Ministre.
lr0 circonscription du 11‘ arrondissement.