AUBE
Circonscription ARCIS SUR-AUBE — NOGENT-SUR SEINE.
M. ROUHENRY
Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.898 voix.
Mes chers Concitoyens,
il y a huit mois, vous m’avez envoyé vous représenter à la Chambre des Députés. . 'lranU'C :COurt laPs de temPs> Je mo suis efforcé de remplir de mon mieux les obligations de mon mandat Je me sms familiarisé avec les rouages, souvent compliqués, de la machine parlementaire. J ai apporté toute mon attention à suivre les débats, particulièrement ceux du budget. Au groupe de défense paysanne dont je fais partie, j’ai pris part aux discussions techniques et j ai été assez Heureux pour obtenir du Ministre de l’Agriculture et du Gouvernement la promesse — réalisée — d’une augmentation des droits de douane sur le blé ce
qm était indispensable pour que le cultivateur ne soit pas entièrement privé du fruit de son travail, comme il en était menacé*
En toutes circonstances, j’ai donné mon appui au Gouvernement d’union républicaine Poincaré ^ ? ° Sra“d cit°yen SauveuP de nos fi«anées nationales, M. Raymond
Cet appui, mes chers Concitoyens, je suis fermement décidé à le maintenir au Couverncment d union qui, espéroas-lo, fera suite - avec le même chef - au gouvernement
Car je suis résolument hostile à toute politique cartelliste. Un accord entre les républïcams radicaux et les socialistes S. F. I. 0. ne peut se faire, à mon sens, sans provoquer les p s desordres Les socialistes n’ont pas renoncé à la lutte de classes, ils sont toujours maixis es, c est-a-dire collectivistes et adversaires de la propriété individuelle ; ils veulent « les vacances de la légalité », c’est-à-dire la dictature.
Comment faire accorder ces exigences révolutionnaires avec la doctrine républicaine t JjG parti radical- socialiste ] a essayé en 1924,
Nous avons tous vu le résultat ; c’eût été la faillite de l’Etat si le Parlement inquiet,
’ “namme, P°ur ams,dlre> Prié M- Poincaré de prendre la direction des affaires. loineare a compris, dès la première minute, que toute restauration financière
d’union™ ff°SSf 1° ITIf a Stablhté pohli<lue- Et voilà pourquoi il a formé le Ministère en m sfr î Mann républicain modéré à M. Paul Painlevé, républicain-socialiste,
socialistes* ÏT *" republlcains democrates, mes amis politiques, et les radicaux- Or, et M. Poincaré s’en est expliqué avec une grande clarté dans ses discours de
Bordeaux et de Carcassonne, si la restauration financière est en bonne voie, elle est loin d'être terminée.
La moindre fausse manœuvre pourrait de nouveau tout compromettre.
D'où nécessité absolue, ainsi que l’a proclamé M. Poincaré de continuer la meme politique d'union que précédemment.
Tout est là : stabilité politique pour assurer la stabilisation financière et le redressement économique.
Union des républicains, à l’exclusion des deux partis révolutionnaires : socialiste et communiste.
Ou bien :
Reconstitution du cartel des radicaux avec les socialistes S. F. I. O.
C’est sur ces deux politiques opposées que les électeurs auront à se prononcer.
Mon choix, à moi, est fait, vous le savez, mes chers Concitoyens. Je suis un partisan résolu de l’union des républicains, de la concorde sociale, seuls moyens, dans les circonstances actuelles et vu les problèmes en suspens, d’éviter de nouvelles convulsions qui ■seraient catastrophiques cette fois, comme M. Poincaré l’a nettement déclaré ; seuls moyens aussi d’assurer le progrès social, impossible à réaliser sans de bonnes finances et une monnaie saine.
Mes convictions politiques vous sont connues. Républicain depuis toujours, je suis partisan de la liberté individuelle et favorable à toutes les mesures d’inspirations démocratiques susceptibles d’améliorer le sort des classes laborieuses et des classes moyennes. Partisan de la paix sociale, je désire par conséquent la paix religieuse, par une application libérale des lois laïques selon la définition de Jules Ferry que rappelait à Bordeaux M. Poincaré, La neutralité de l’Etat en matière religieuse est la garantie la plus sûrs de la liberté de conscience.
Il faut consolider la paix par des accords internationaux tels que Loearno et surtout le développement de la Société des Nations, laquelle doit et peut devenir la garantie même de la paix. Mais il va sans dire que ce travail diplomatique pour affermir la paix et supprimer les causes éventuelles de conflits ou les aplanir n exclut point le souci de la defense nationale. An point de civilisation où nous sommes il est encore nécessaire de se tenir sur ses gardes afin que si des s troubles-paix » rêvaient une nouvelle invasion ils soient guéris de leur idée criminelle par le spectacle d’une nation entraînée à sa défense.
Le service militaire a été réduit à un an. 11 convient que celte amélioration si avantageuse pour tous, ait son plein effet à la date convenue*
Les payements de l'Allemagne prescrits par le plan Dawes sont indispensables. M* Poincaré désireux d'éviter les frictions est partisan, a-t-il dit, de commercialiser la dette de façon à régler do même coup le problème des dettes extérieures. J out ce qui pourra être fait dans le sens de la justice internationale et de la paix aura mon approbation.
Les anciens combattants :
Mon zèle de tous les instants est acquis d’avance pour le succès des légitimes revendications des anciens combattants, mutilés, P. G. formulées dans leurs congrès, « Ils ont des droits sur nous. » Gomment oublier cette vérité, cet appel à îa justice et à îa reconnaissance ?
Politique économique :
Je suis un partisan déterminé de l'accord généreux entre le capital et le travail.
Malgré sa lotte contre le capital, la Rassie a dû convenir par un appel aux; capitaux étrangers, qu’il n’est pas de société humaine qui puisse vivre sans ce levier. Lë capital, s’il a des droits, a des devoirs envers le travail.
Il faut que chacun, si modeste que soit sa condition, puisse vivre honorablement du fruit de sou labeur* — Voilà mon principe. — Mais je suis l’ennemi des surenchères, de la lutte de classes, des grèves organisées par intérêt politique. Je n admets pas, avec M. Poincaré, que, les fonctionnaires constituent an Etat dans 1 Etat, Leurs revendications doivent être écoutées avec bienveillance. Mais pas de droit de grève pour les services publics dont dépend la vie de la nation.
Je m'attacherai particulièrement à faire obtenir aux familles nombreuses l’aide efficace à laquelle elles ont droit.
Agriculture. — Commerce :
L’agriculture est la force du pays, sa réserve la plus précieuse. Les pouvoirs publics ont le devoir de ^encourager de toutes manières et de rechercher les moyens d’éviter la dépopulation des campagnes qui menace de plus en plus.
Le maintien à un prix rémunérateur des produits agricoles par rintervention des pouvoirs publics, est une nécessité intéressant la collectivité tout entière. Donc, veiller sans cesse au tarif douanier qui sert de contrepoids.
L abattement à k base pour les salaires est prévu. Il nest pas rationnel que le commerçant, l’agriculteur, ne jouisse pas de cet abattement dans le calcul de leurs bénéfices, lesquels comportent son travail personnel. Il s’en est fallu de quelques voix seulement que ce principe soit admis par k Chambre. Il faudra continuer la lutte pour l’obtenir.
De meme il est inadmissible que la taxe à l’abattage soit perçue pour la viande consommée à la ferme. La logique s’y oppose. Révision de la loi à cet égard.
J’estime utile la création, au Ministère de FAgrieuïture d’un office agricole chargé de déterminer les prix de revient des produits de la terre, afin de permettre une certaine stabilité des prix de vente.
Je suis partisan du remplacement delà taxe sur îe chiffre d'affaires du commerçant par une taxe à la production quand la naLure des denrées ou marchandises le permet.
Développement des institutions agricoles et notamment du crédit aux agriculteurs. Lutte sans merci contre k spéculation, Faecaparement les trusts.
Réalisation et développement de F électrification des campagnes.
Questions financières :
Il est necessaire d’arriver à k stabilisation légale de la monnaie. Mais comme Ta prouvé M, Poincaré, cette opération ne sera possible que si la politique actuelle est poursuivie. Toute menace de socialisation serait fatale. Donc nécessité du maintien de l’union républicaine nationale,
J appuierai toute proposition tendant à atténuer les impôts indirects sur les objets de première nécessité, notamment les produits pharmaceutiques. Je suis partisan de diminuer les droits de mutation sur les immeubles de valeur moyenne qui sont excessifs et encouragent a la fraude.
Contrôle, sérieux de l’impôt sur le revenu. Lutte contre la vie chère.
Sports et Sociétés :
Nous sommes dans le siècle des sports. Il est utile de les développer et de favoriser toutes les sociétés qui groupent l’elFort de k jeunesse. La santé de la race en dépend et par conséquent le bien du pays. Je ne F oublierai pas.
Chers Concitoyens*
Tel est sommairement exposé mon programme C'est celui d’un républicain désireux de paix sociale et de progrès matériels et moraux.
A l’appliquer» si vous me faites l’honneur de votre confiance, j'apporterai tout mon zèle, tout mon dévouement qui sont égale ment acquis à la défense des intérêts que vous voudrez bien me confier*
Vive la France I Vive la République démocratique et sociale I
Camille BOUHENRY
Agriculteur.
Républicain démocrate*
Député sortant*
Maire de Sain t-M &r t i n-d e -B ossrn ay .
Président du Comice Agricole de PÀube, Vice-Président de la Chambre d‘agri culture de l'Aube*
Circonscription de BAR SUR- AUBE-^B AH SUR SEINE*