‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 28 sur 336 · M, ROBERT · texte numérisé non relu

M, ROBERT

Mes chers Concitoyens,

Dans quelques jours, j’aurai terminé les visites que je vous devais*

J’aurai pris la parole dans les 172 communes de la circonscription des deux Bars. Avec toute ma foi d’ardent républicain de gauche, j’ai développé le programme du parti radical et radical-socialiste auquel je n ai jamais cessé d’appartenir depuis ma jeunesse.

Adversaire de toutes les dictatures, que ce soient celle d’un homme, d’une classe ou de puissances économiques, j’estime que la société actuelle ne peut progresser que par une évolution continue et nun par une révolution.

Je veux la paix par la Société des Nations, la justice sociale, la justice fiscale par un profond et équitable remaniement des impôts, la souveraineté de la Nation par le contrôle des grandes coalitions d’intérêts I

Tels sont les principes directeurs de ma politique; ce sont* d’ailleurs, ceux des démocrates qui ont fondé la République et du parti radical qui, depuis cinquante ans, fut l'initiateur des lois laïques et démocratiques dont la France peut s’énorgueillir*

J’entre dans le détail :

Politique extérieure. — Mon parti s’appuie sur la Société des Nations et sur les divers organismes internationaux. Il apporte son concours b toutes les tentatives rationnelles de désarmement moral et matériel. L’œuvre du parti radical-socialiste, qui s’illustre par la miss eo vigueur du plan Daweâ, par le protocole de Genève, par les accords de Locarn^ garantissant notre sécurité, doit être poursuivie en vue de ïa sécurité, de l’arbitrage, du désarmement*

Politique intérieure. — Partisan de la liberté de conscience, attaché à la laïcité effec-

tive de l'Etat, je ne tolérerai pas que l'on porte atteinte aux lois fondamentales de 1901 et de 1905- Défenseur de l'école laïque, j’entends la consolider, la préserver de toute atteinte et permettre à tous les enfants du peuple qui en sont dignes d'acquérir l’instruction gratuite à tous les degrés*

Politique sociale. — Je suis attaché au principe de ia propriété individuelle, source de travail, de liberté et de dignité et je reconnais la nécessité d’en étendre les avantages à tous les travailleurs.

Je suis partisan de l'organisation sociale du crédit au profit des agriculteurs, des ouvriers, des artisans, du petit commerce et de la petite industrie. J'estime que la question sociale aura fait un grand pas avec la participation aux bénéfices et la création d’actions du travail. Mon parti a donné -son adhésion au programme de la Confédération générale du travail, c'est donc dire que je soutiendrai toutes les mesures d'assistance, de protection, d’hygiène, de logement, pouvant améliorer le sorL des travailleurs des villes et des campagnes La loi des assurances sociales doit être perfectionnée Les droits des anciens combattants, des pupilles de la Nation, etc., doivent être sauvegardés. Dans les mesures de restauration financière, des dispositions spéciales devront être prises en faveur des petits rentiers.

Politique financière et économique * — Le pays a traversé une crise redoutable* Pourtant, il ne faudrait pas oublier que la campagne de panique et la désertion des capitaux ont contribué à aggraver le péril.

Pour le conjurer, oubliant les attaques injustes dont ils avaient, été l'objet, les représentants du parti radical -so ci a liste n ont pas hésité a consentir nne treve*

Nul ne peut méconnaître les heureux résultats qui en ont été la conséquence*

Je suis résolu à poursuivre l'œuvre de restauration financière entreprise par M* Poincaré*

Il ne peut toutefois pas vous être indifférent d'avoir pour vous représenter un homme fermement décidé à demeurer fidèle à la démocratie. Nous ne devons, d’ailleurs, pas perdre de vue que les impôts actuels frappent lourdement les classes laborieuses, les petits commerçants ; et 11 importera d'en obtenir une meilleure répartition*

L'œuvre de redressement financier ne peut être menee à bien que dans le cadre d un système fiscal fondé sur la justice* J’affirme ma volonté de mieux adapter l’impôt aux facultés de chacun. Les impôts qui frappent les agriculteurs, les commerçants, les petits industriels, sont trop nombreux et souvent basés sur des évaluations injustes* Il importe de les simplifier et de les modifier dans un sens plus équitable* La taxe sur le chiffre d affaires doit être remplacée par un impôt à la production* Je désire une refonte des impôts indirects, qui pèsent par trop sur le travailleur et lés familles nombreuses, la suppression des impôts sur les produits pharmaceutiques, etc.

Il faudra parvenir à atténuer, par un meilleur aménagement de l’impôt progressif sur le revenu, les charges qui, par les taxes indirectes et les impôts cédul aires, frappent trop lourdement les classes laborieuses; iîfaudra, par toutes mesures sagement étudiées eL appliquées, combattre 3a vie chère* Des éeonomies sérieuses doivent être réalisées, principalement en ce qui concerne la marine et l'armée (suppression des périodes}*

La révision du tarif des douanes, la conclusion nécessaire de nouveaux traités de commerce doivent être l'occasion d'une action multiple et vigilante. Les colonies doivent collaborer avec la métropole* mais ne devenir ni des motifs ds dépenses ruineuses, ni des prétextes à conquêtes, ni des occasions de guerre.

Politique Tègion&lîsie* — J'ai toujours été un régional is te, attache depuis mon enfance au Barsuraubois qui m’a vu naître et grandir, au Barséquanais que j'habite depuis près d un quart de siècle* Je connais les besoins de mon pays et les vôtres, mieux que personne, mes chers Concitoyens. Le travailleur de la terre est par trop méconnu* Membre de la Société d'agriculture de l'arrondissement de Bar- sur-Seine, je connais les désirs de nos cultivateurs et de nos vignerons*

Agriculture. — Les associations agricoles, les syndicats, les caisses de crédits méritent d'être encouragés par les pouvoirs publics. Les semences, les engrais doivent être livrés à meilleur compte. Une politique du blé doit être établie. L'initiative privée, comme l’Administration elle-même, doi «nt développer le crédit agricole, favoriser le remembrement, VulilLal ion en commun du machinisme agricole lutter contre le dépeuplement en améliorant les conditions matérielles de la vie rurale (adduction d’eau, électrification, enLretien des chemins).

Je donne mon adhésion au programme agricole de la Fédération des associations agricoles de l'Aube. *

Viticulture . — Maintenant que le conflit Aube— Marne a pris fin, ce sont les intérêts généraux de nos vignobles qui! faut défendre contre les crises des mauvaises années. Il faut, à cet effet, organiser au chef-lieu du département, une caisse destinée à venir en aide aux vignerons victimes des gelées et de la grêle. Le sullale de cuivre doit être cédé à meilleur compte. Quant aux bouilleurs de cru (j’en suis un, leur droit doit être maintenu.

Nos villes — Bar-sur- Aube et Bar-sur-S«-ïne ont perdu de leur importance parsuiledes dernières réformes administratives. Il est de toute urgence d> rétablir un tribunal volant, de donner une extension nouvelle <1 nos établissements d inslruction (Collège, École piimaire supérieure).

Mes chers Concitoyens,

Je suis du terroir ! Je suis né à Molins, dans le Barsuraubois, en 1881. Mes grandsparents paternels étaient petits cultivateurs dans ce village ; mes grands parents maternels cultivaient Sa vigne à Pré ey- Saint Martin. Dans mes veines coule du sang paysan, et c est là ma noblesse ! Mon père, instituteur à Cou vigueur, à Soulaines, est mort à \ endeuvre où j ai ma petite maison. Tous les miens reposent en lerre de Champagne, dans l'arrondissement de Bar-su r-Aube. Depuis vingt deux ans, j’habite le Barséquauais que je n ai jamais voulu quitter, car j’aime la campagne, la préférant à la grande ville où Tou s étiole 1 J ai consacré toute ma vie a l’éducation du peuple, eL jVn suis fier.

Mes nombreux amis m’ont prié, à maintes reprises, de solliciter vos suffrages. J’ ai accepté

parce que j’ai confiance eu votre verdict 1

Je vous apporte mon cœur de Champenois, mon passé sans tache, mon honnêteté politique ma foi républicaine et démocratique, mon ardent désir de rendre service, comme je T ai toujours fait, à tous ceux démon pays.

Je suis un modeste, sans ambition.

Pour moi, à l'encontre de beaucoup d'autres, la députation ne sera pas un métier, mais un mandat me permettant de me dévouer davantage pour mes concitoyens.

Ayez confiance en moi 1

Vive la République démocratique et sociale î Vivent les deux Bars I

Un de s vôtres :

Maurice RÛRERT

Professeur à YtMé primaire supérieure de Ber-sur-Seîne, Officier de riostrueiioa publique,

Membre de la Société tfagnCifiiure du Barséquanais*

P. S. ■— Si j’ai l'honneur d'être votre élu, mes concitoyens savent que ma porte leur sera toujours ouverte a Bar-sur-Seine. Mais, en outre, je suis résolu à recevoir à jour fixe, a Bar-sur -Aube et à Troyes, tous les électeurs qui voudront bien s adresser à moi.

1 rc circonscription de TROYES.

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