SOMME
lrc circonscription d’ ABBE VILLE.
M. TËRNOIS
Elu au deuxième tour do scrutin* — 7,692 vois*
Mes chers Concitoyens,
En 1910, vous m'avez choisi pour vous représentera la Chambre dos Députés. En 1914, vous avez renouvelé mon mandat, et, lorsque, en 1910 et en 1924, îe Département tout en entier a été appelé à se prononcer, vous m’avez conservé vos sympathies. Elles m'ont même valu d’être élu le deuxième sur la liste, k une centaine de voix seulement du premier*
Dix-huit années se sont écoulées, traversées par quels terribles événements ! Quelles difficultés k résoudre, quelles responsabilités à assumer par un Parlement 1
Celui qui a vécu ces heures avec le seul souci d'assurer la sécurité de la Patrie et la grandeur de la République, ne saurait être atteint par les critiques aussi mensongères qu’intéressées, par les clameurs passionnées que le parti pris explique sans les excuser*
Fier de mon passé d’honnête homme, certain d’avoir rempli loyalement et consciencieusement mon rôle de représentant du peuple, je sollicite à nouveau vos suffrages*
Je me plais h rappeler que, respectueux de la liberté des autres, j’entends aussi conserver ma liberté et mon indépendance* Je ne suis ni le prisonnier d’un groupement économique ou financier, ni l1 esclave d’un parti.
J’en ai donné une preuve éclatante en apportant, dès le premier jour, mon concours au Gouvernement de M * Poincaré et en le soutenant fidèlement de mes votes dans son œuvre de redressement financier* Qu’il me soit permis de trouver au moins bizarre que ceux qui prétendent se réclamer de cette politique d’union, se montrent aussi acharnés contre le député sortant qui l’a loyalement pratiquée*
II faudrait vraiment mal me connaître pour ne pas être certain que je reste le défenseur de la propriété individuelle, l’adversaire de la lutte des classes, et que je réprouve avec indignation, les menées des communistes que je considère comme les pires ennemis des ouvriers et des paysans*
Ni réaction, ni révolution, disais-je autrefois*
Ni fascisme, ni communisme, je répète aujourd’hui* -Si les mots ont changé, mes principes sont toujours les mêmes*
Dans le passé, ma constante préoccupation a été de protéger les forces économiques du pays : agriculture, commerce, industrie* Je me suis consacré de tout mon cœur à la défense des travailleurs, des humbles, des déshéritée, des familles nombreuses, mettant au premier rang ceux qui ont souffert de l’horrible guerre, les anciens combattants, mutilés, blessés, malades et les prisonniers* Je les remercie de la confiance qu’ils m’ont témoignée ;
— 1527 — No 3814
car, c'est une joie pour moi de rendre service à mes concitoyens, JTai le droit d'ajouter, sans craindre aucun démenti, que je irai jamais distingue entre partisans et adversaires, lorsqu'il y avait une œuvre de réparation à accomplir.
Vais-je vous faire de mirifiques promesses pour 1 avenir? Non. Respectueux du suffrage universel je ne suis pas un démagogue. Hostile au mandat impératif, je ne veux pas enchaîner ma liberté pour assurer ma réélection. Si d'autres se croient plus habiles, ou se montrent plus présomptueux, votre bon sens nous départagera.
Electeurs de la lrc circonscription d'Abbeville,
Je vous devais ces explications. Vous en apprécierez la franchise*
Serviteur passionné de la démocratie, j'entends maintenir les lois intangibles de la République* Mais ce régime ne serait plus qu'une façade s’il s'arrêtait dans la voie du progrès et de la justice sociale.
Il est juste que Pimpét soit adapté aux facultés de chacun* Ceux qui frappent aujourd’hui les cultivateurs et les commerçants sont souvent bases sur des évaluations injustes ; H faut les simplifier et les modifier dans un sens plus équitable. Les revenus du travail, qu'il s'agisse de commerçants, de petits cultivateurs ou de salariés, doivent être dégrevés afin de tenir compte du coût de la vie.
Il n'est pas juste que certaines grosses fortunes, grâce à l'évasion fiscale et à la fraude, repayent pas la part qui leur incombe et la laissent retomber sur les épaules déjà surchargées des contribuables honnêtes.
Il ne serait pas juste que, lors du règlement des dettes entre Nations, nous soyons obligés de payer à nos anciens alliés plus que nous n'aurons reçu de nos anciens ennemis.
Le progrès exige une politique de prévoyance et de bonté à i egard du monde des travailleurs.
Cette œuvre de paix à l'intérieur s’impose. Elle est elle-même dominée par la paix à lf extérieur.
Républicain’, ü vous appartient de maintenir l’une et d'assurer l'autre.
Mes chers Concitoyens,
Sans autre ambition que d’être ut le à tous dans cette circonscription où je suis né, où j’ai toujours vécu, je mets, une fois encore, mon expérience et mon dévouement à votre disposition.
Plus étroitement unis dans ce coin de la Picardie qui nous est si cher, vous retrouverez plus près de vous celui qui, depuis dix-huit ans, vous a fidèlement servis*
Vous direz que l'homme a toutes vos sympathies parce qu’il est loyal et sincère.
Vous affirmerez avec lui que rien ne doit entraver l'essor de la démocratie dans la France pacifique, forte de l'amour et de l'union de tous ses enfants, résolue à accomplir,, grâce à la République, sa féconde destinée*
2~ circonscription d'ABBEVlLLE.
M, DES LYON S DE FEU CH IN Élu au deuxième tour de scrutin, — 7.760 voix.
Trois fois déjà vous m'avez fait l'honneur de me confier la défense de vos intérêts* Si, en J 924, j’ai été écarte du Parlement, c'est par le jeu d une io 3 aujourd’hui condamnée; mais vous m’avez accordé , dans notre circonscription, un nombre de suffrages presque double de celui obtenu par l’élu le plus favorisé.
Depuis le jour déjà lointain où pour la première fois vous m’avez fait confiance, élu ou vaincu, je vous suis toujours resté fidèle.
C'est donc en ami que je me représente devant vous.
Ce que je suis, vous le savez je n’ai point changé. Je suis l’un de ces républicains modérés qui, plus d’une fois, ont sauvé îa République, auxquels il fallut encore avoir recours, aux sombres jours de 1926, pour rétablir une situation compromise par la mauvaise gestion des politiciens du Cartel,
Jamais je n’ai été l’homme des oppositions stériles. Toujours j’ai soutenu les Gouvernements de concentration républicaine. Depuis *912, époque où M. Raymond Poincaré fut pour la première appelé à la Présidence du Conseil, mes suffrages ne lui ont jamais fait défaut. Je souhaite qu’au lendemain des élections il puisse, cette fois, rester au pouvoir pour y achever l’œuvre de redressement financier si brillamment commencée.
A aucun prix, il ne faut recommencer l'expérience de 192L Assez de querelles poli tiques et re igieuses; assez de chicanes d’écoles. Dans la liberté reconnue à tous, dans la fraternité française, il nous faut, travailler à la solution des redoutables problèmes d'après guerre.
Nous ployons sous la charge sans cesse accrue des impôts* Je ne vous promets point un allègement immédiat, car, respectueux de la séparation des pouvoirs, j’estime que l’imlialive en cette matière revient au Gouvernement, seul en mesure d’apprécier les possibilités de l'heure. Mais j’estime qu’un meilleur aménagement des charges publiques est nécessaire et qu’une compression des dépenses est possible.
Il faut surtout faciliter l’activité des forces productives de la nation.
L’agriculture en premier lieu doit cesser de subir les effets des sau Les de vent politique. Elle a trop longtemps souffert du régime des interdictions d'exportation, des suspensions de droits protecteurs et des menaces de taxation, Je veux pour elle sa sécurité du lendemain par un régime douanier stable*
L’industrie a subi, elle aussi, et pour d’autres causes, une crise redoutable dont le monde ouvrier a, hélas, supporté les répercussions. Il lui faut également, pour se relever et se développer, la sécurité* Il lui faut, pour passer ses marchés, une monnaie saine et stable.
Le commerce s'est peu à peu habitué au rôle de collecteur d’impôts. Il y a bien été contraint. Mais il aspire légitimement à la simplification d’excessives formalités et d'abusives inquisitions* 11 ne réclame que la liberté. Il y a droit.
Toute une classe soc iale nouvelle s’organise h l’heure actuelle : celte des artisans. À ce i
travailleurs courageux, tenaces, Ingénieux, a ces hommes en voie d'ascension sociale, je promets tout mon concours.
Les ouvriers des champs et des usines peuvent être également assurés de mon active sympathie. J’ai été heureux, à la fin de la législature 1919-1924, d’accorder mon suffrage au projet d’assurances sociales. Je regrette que le Parlement ait différé de quatre ans la réalisation de cette institution, qui doiL assurer aux ouvriers et employés la sécurité pour les jours de maladie et de vieillesse.
Non seulement je ne laisserai toucher à aucune des conquêtes sociales qui sont à i'avaniag’e du prolétariat et à 1 honneur de la Képubliqûê, mais je souhaite le développement de ces réformes.
Et ce n’est point, croyez- le, vaines promesses électorales. Que nous le voulions ou non, toutes les classes sociales/ toutes les professions sont solidaires. Quand l’agriculture est dâns la gêne, le commerce subit un ralentissement. Quand l’industrie ne marche pas, l’ouvrier chôme.
Il y a déséquilibre, il y a malaise, quand dans tous les pays une catégorie de citoyens souffre. Je souhaite la prospérité de tous.
C’est vous dire que je ne négligerai aucun des intérêts dé notre région. Srèis éiHrer dans le détail dés question s locales je puïsra prêter cpréTaittéHo ration , toujours projetée, jamais' réalisée, de la baie de Somme, a souvent retenu mon attention, La protection de nés côtés contre fe^ môrsuL'ôS dè là mer, le développement de réldetrràüatlon rurale fertiht également l’objet de nia vigilaftee.
Par dessus tout, je veux penser à mes ârfcîéns camaràcfës de la guerre, a ûtt anciens combàtiaffts ét leffrs familles. Ils orrt dés droits itoquis1 par leur héroïsme, À ée& droits je né laisserai jamais porter atteinte.
Je souhaite que nos enfants ne connaissent point les horreurs dont nous aVdm été 1er témoins. Un grand effort de réconciliation des peuples est tenté à Genève, J'y applaudi de tout coeur a la seule condition que la sécurité de nos frontières soit garantie et assüTce.
G est ce programme de paix entré les peuples-, dé paix entre les citoyens Français, de prospérité économique et de progrès social, que je vous invite, mes chers coiicitoÿïfft^ à faire triompher sur mon nom le 23 avril.
Vive la France! Vive la République!