AL G ON N ET
Elu au premier tour de scrutin. — 9,485 voix.
G h ers G o n ci t oy eus ,
Par deux fois déjà, en 1919 et 1954, tous m’avez confié le mandat de vous représenter à la Chambre /Vous avez alors, dans notre arrondissement, donné à notre liste de concentration républicaine une imposante majorité.
Je sois Testé fidèle à T esprit qui nous unissait : Travailler au maintien de la paix, au relèvement de notre pays, poursuivre la reconstitution de nos régions dévastées, panier les plaies delà guerre, assurer la stabilité financière et économique*
Ces idées générales, que vous avez approuvées par vos suffrages, ont fini par îrtreîarvo- Tabiement accueillies dans le Parlement, apres une période où la renaissance des discordes poTithpies ffafflit nous conduire à une catastrophe.
Le gouvernement actuel s'est constitué presque à Limage de la représentation que vous aviez élue* LSous la direction de son chef, M, Poincaré, avec T appui des chefs des divers groupes républicains, ii a rétabli la situation, maintenu le crédit de PBfcat, reconquis la e o ntt au ce p u bîiq u e *
J'ai soutenu sa politique; et je dis qif elle est la seule possible, si nous ne voulons pas que notre pays connaisse à nouveau les dangers qui Ton! menacé*
Je suis, et resterai, T ad vers aire des candidats de la lutte des classes, même s'ils apportent aux électeurs un programme édulcoré, dans le seul Ihni de ne pas heurter trop ■brutalement le bon sens de ira? populations.
Je lutte de même coUtre ceux qui se font les alliés avoués ou discrets des partis révolutionnaires, dont ils resteraient les prisonniers, b'üs ne Tétaient déjà . Ce sont là manoeuvres de comités contre les chefs parlementaires, dont on se rédlame en période électorale et qu'on chasserait du pouvoir si on en avait les moyens*
Fori. de la sympathie que m'ont témoignée ouvertement presque tous vos élus cantonaux, parmi lesquels mon regretté prédécesseur au Conseil Général, avec l’appui des organes républicains de là région, conscient d'avoir répondu' à la confiance que vous aviez mise en votre député, je me Te prés ente à vos suffrages*
Le souci de la paix ne doit pas nous faire oublier célui de notre sécurité. Nous devons seconder les efforts de notre gouvernement et de la Société des Nations eu vue de maintenir la paix dans le cadre des traités existants ; mais tant que l'esprit de bonne entente qui nous an i me Tau r a pas p énétré 1 es pe u pies voi s ins, nous de von s c on se rve r au p a y s une a rmé e Ù e défense nationale assez forte pour le préserver d’une nouvelle invasion*
C'est le but de la réorganisation militaire, dont la base est le service d'un au. La prochaine Chambre aura à en assurer l'application dans T esprit même où nous l'avons votée* Dans Tordre intérieur, tons les points en discussion sont sons la dépendance d -une question primordiale : le maintien du crédit de l'Etat, T assainissement définitif de k situation financière .
Si, par la continuation de la politique actuellement suivie, nous arrivons à stabiliser li monnaie, à assurer Tordre dans le pays, à développer la prospérité nationale, le Parlement pou -va poursuivre la besogne qinltti incombe.
Il faut aussi, dans ce but, renoncer à certaines controverses irritantes.
Itïa
Les lois laïques, appliquées dans un esprit de tolérance que personne ne peut méconnaître, ne sauraient être remises en discussion sans troubler profondément la paix publique et compromettre l'union que nous jugeons nécessaire,
La République ne saurait se comprendre si nos institutions ne devaient être l'instrument du progrès social.
Dans ce domaine, la Chambre aura à assurer le fonctionnement de la loi sur les assurances sociales que nous venons de voter en y apportant les retouches que l'expérience rendra nécessaires.
Par le dé%'eloppement du crédit agricole, l’aide aux groupements s'occupant des habitations ouvrières, par son appui aux caisses d’allocations aux familles nombreuses, TEtat pourra, de la meilleure manière, combattre le dépeuplement de nos campagnes et assurer à nos populations agricoles Je bien-être et l’hygiène auxquels elles ont droit.
L'encouragement aux sports, qui forment moralement et physiquement nos jeunes générations, constitue à mes yeux l'arme efficace contre les fléaux sociaux que sont l’alcoolisme, l'immoralité, la dénatalité. C'est donc par l’intermédiaire des associations sportives que doit s'exercer en ce sens l’effort national.
En même temps, la protection de la santé publique, la lutte contre la tuberculose et les maladies contagieuses, doivent être, selon moi, assurées par l'Etat, qui s'en décharge a tort sur les départements et les communes, incapables de prendre les mesures d'ensemble qui s'imposent pour prévenir plutôt que guérir.
Les intérêts agricoles ont toujours trouvé en moi un représentant soucieux de les défendre. On doit laisser au producteur des campagnes la liberté de ses affaires, ne pas h menacer de taxations, réquisitions et autres mesures qui n'auraient d'autre résultat que de restreindre son activité, et ce, au détriment de nos populations rurales et de l'intérêt même du consommateur.
Il faut aussi assurer au cultivateur la sécurité du lendemain, par une politique des engrais et par une protection raisonnée contre la spéculation, contre une importation excessive, qui appauvrissent le pays, ruinent lexploitanl et son personnel.
ïl en est de même des industries existant dans notre région. Elles contribuent à sa prospérité et peuvent compter sur moi pour les soutenir.
Les sinistrés que nous sommes ont, j’ai le droit de le croire, trouvé en moi un défenseur assez ardent pour que tous me fassent confiance encore pour l’avenir.
Il faudra veiller à l'exécution du plan Dawes et envisager un prochain emprunt pour en terminer avec notre reconstitution*
Les victimes de la guerre et leurs familles, les mutilés et anciens combattants me connaissent comme un des leurs ; ils savent que je sais soutenir leurs revendications, dont un programme détaillé a été établi d'accord avec la Confédération des A. G,
D'autres questions sont en suspens, sur lesquelles je m'explique en quelques mots :
La réforme, de notre système fiscal, par l'allégement des charges qui pèsent sur la consommation et le remplacement de la taxe sur le chiffre d'affaires par la taxe unique à la production, doivent se poursuivre dès que notre stabilité budgétaire sera assurée.
Les dettes interalliées devront être re visées; je ne souscrirai pas à un règlement qui ne tiendrait compte ni de nos sacrifices, ni des exagérations de la demande. En tous cas, ce règlement doit être lié à celui des réparations qui nous sont dues par l'Allemagne.
Les marchés de guerre ainsi que certains contrats d’après guerre intéressant les R. L* sont toujours à re viser. Des profiteurs ont édifié leur insolente fortune sur le compte de la nation, de nos soldats et de nos sinistrés : il est temps encore de les démasquer. Pour parer à celte menace justifiée, les intéressés se sont assuré des amis d'extrême gauche dans la Chambre qui disparaît. À leur solde, une nouvelle équipe vient, par son intervention scandaleuse, insulter aux misères de nos sinistrés.
Je pense aussi qu'il faut se préoccuper d une décentralisation administrative et judiciaire mais qu'il est nécessaire à ce point de vue de s'inspirer de l'avis des groupements
intéressés (Chambre de commerce et d'agriculture), des représentants élus de la région , et non de procéder par mesures arbitraires.
C'est pourquoi je pense que le député de l’arrondissement doit donner l’exemple : avoir son domicile au sein de sa circonscription; s'y tenir habituellement à la disposition de ses électeurs, quand le mandat parlementaire ne le retient pas à Paris.
Je crois aussi qubl doit leur donner quelques garanties par son passé durant la guerre comme dans la paix. Si nous accueillons avec sympathie les citoyens qui viennent dans nos régions combler les vides laissés par la guerre, il importe tout de même qu'ils y fassent leurs preuves avant de prétendre à diriger nos populations.
Aux anciens combattants, aux sinistrés, à tous nos concitoyens, de choisir entre celui qui les a défendus et- * * les autres !
C'est avec confiance et sérénité que j'attends la décision du suffrage universel.
Tout pour la France et la République, une et indivisible 1
Gontrand G ON NET
Avocat à Pérou ne.
Chevalier do la Légion d'honneur. Croix do guerre- Conseiller général, — Député sortant-