‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 301 sur 336 · TARN · texte numérisé non relu

TARN

îitJ circonscripüoii d'ÀLBI.

M, CAMB0UL1VES

Elu au deuxième, tour de1 scrutin, — 8,894 voix.

Désigné parle Parti socialiste {S. F. I, O*) pour présenter son programme aux élections législatives du 22 avril, je viens solliciter vos suffrages*

Je ne suis sans doute pas un inconnu pour vous. Albigeois, issu d'une famille républicaine, élevé dans des sentiments démocratiques que b expérience et l’exercice de ma profession n’ont cessé de mûrir, j'âi délibérément choisi, pour m’y dévouer tout entier, le grand Parti de justice et de paix qui, dans ce coin de terre, reste pour toujours imprégné du génie de Jaurès*

Beaucoup d’entre vous me croiront : ce n’est pas T ambition qui me guide, ni l’espoir de tirer quelque égoïste avantage d'un mandat politique. Mais ü est des heures où, devant le devoir du citoyen, les préférences personnelles de l’homme s'inclinent, et j’obéis au vœu de mon Parli.

Je crois qu'après les déceptions qui out suivi la guerre et aussi les excès que la dernière crise financière a fait surgir, c’est avec la certitude d’être mieux compris qu'on peut souligner maintenant l’injustice que porte en elle la société actuelle et dont la classe ouvrière n’est pas la seule victime*

Vous savez aujourd'hui que ce régime qu’on dit être de liberté est, au vrai, sous de fausses apparences, entièrement soumis à la spéculation, toujours insaisissable, toujours présente dans chacun des moments de la vie économique, en face du Travail qu’elle dépouille de son fruit.

Cette imposture, vous, classe ouvrière, Paviez dès longtemps dénoncée* Mais vous petits bourgeois, modestes commerçants, artisans, employés, fonctionnaires, et vous, travailleurs de la terre, propriétaires paysans, tons aux prises, de près ou de loin, avec les puissances d'argent, n’êtes-vous pas aussi, après l'expérience de ces dernières années, suffisamment éclairés ?

A tous, le socialisme, sans se contenter d’une critique trop justifiée par les faits d’hier, apporte ses solutions que ni les calomnies des uns, ni l’incompréhension des autres, n’empêcheront d’etre la réalité de demain.

No 3814

H faut que vous le sachiez :

Le Parti socialiste, ce n'est pas un parti de violence, mais d’ordre :

Car il sait qu’une victoire politique, obtenue par un coup de surprise, est trop infailliblement vouée aux pires réactions. Ce n’est pas lui qui a inventé la lutte de classes il se barnev h'êlasl à constater un fait de plus en plus brutal. Mais il n’èntèad pas la perpétuer, car il est, de cœur et d’esprit, pour la fraternité humaine et c'est dans le calme et par une organisation méthodique qu’il compte établir l’ordre nouveau*

Ce n'est pas un parti d'utopie, mais de réalisations*

Sans perdre de vue le but final de son acLion, il s’attache à la rendre plus facile par une série cohérente de ré formes qui doivent libérer le Travail en sauvegardant la dignité de rhonime. Ü s’inspire d’une large politique de prévoyance et d'hygiène sociales r et revendique l'intégration des organismes syndicaux dans la gestion des entreprises, à ce titre le programme dressé par la G, G* T* et dont certaines formations politiques se réclament impudemment, lui seul est qualifié par sa doctrine pour le mettre en action.

Mais son principal souci, que soulignent les nécessités de l’heure, c'est la distribution de la Justice fiscale si radicalement méconnue par i’Union nationale* Il ne faut pas que, pour liquider un passé dont ils ne portent pas la responsabilité, les petits soient écrasés sous une charge proportionnellement plus lourde que celle qui est assignée aux grosses fortunes* Il ne faut pas, surtout, que celles-ci puissent impunément se concerter pour éluder leur j uste part de cet effort et substituer, avec la complicité des banques, la souveraineté de l'argent à la souveraineté nationale.

Ce n'est pas un parti de suppression, mais d’extension dé la propriété :

Ce que nous voulons, en effet, c'est la délivrer de la dépendance directe ou indirecte des* grosses puissances financières* et la protéger contre son isolement qui la livre à toute» les incertitudes des courants économiques* Gomment, dès lors, ose-t-on répandre que nous nous proposons d'arracher aux paysans cette terre qui est à la fois leur instrument de travail et lieur oeuvre? Mensonge trop facile de ceux qui craignent la force de la vérité*

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