IV
Ge n’est pas un parti de sectarisme, mais de liberté de pensée :
Nous n’excluons pas la libre discussion des idées* Meme chez nous, avant l'action , nous ne repoussons pas la controverse, et nos congrès la font publique.
J’estime que la Représentation proportionnelle intégrale est le seul scrutin «juste et loyal » qui soit propre à maintenir la lutte électorale dans le domaine des doctrines sans l'avilir à une lutte de personnes, avec tout ce qu’elle comporte, souvent, d'inavouables compromissions.
Indéfectibles gardiens de la laïcité républicaine, nous considérons comme inviolable la liberté de conscience* Nul ne sera plus respectueux que nous de la liberté des cultes.
De même, si éloignés que nous soyons de certains moyens de propagande, nous ne reconnaîtrons jamais le délit d'opinion qui n'est aux mains du gouvernement qu’une arme d’oppression et d'injustice* Nous poursuivrons inlassablement l'abrogation des lois qui l’insLituent*
Ce n'est pas un Parti de sans-patrie mais de réconciliation des peuples :
En réduisant au minimum les charges militaires, le souci de la Défense Nationale ne lui est pas étranger, 11 entend que sous une armature protectrice, la France prenne la tête du mouvement de solidarité européenne. Son but est la proscription de la guerre toujours menaçante, par la généralisation de l’arbitrage j substituer aux vieilles routines de la diplomatie la sauvegarde des procédures de droit avec les sanctions pacihques qui doivent en
assurer Le respect. Notre position, en ce domaine, n’est-elle pas, après Jaurès, suffisamment attestée par le rôle s, éminent joué par un des nôtres, Paul-Boncour, au Parlement et à la Société des Nations?
Enfin, ce n’est pas un Parti d’équivoque mais de probité poliLique :
S! ion peut, avec nous, regretter que sous la dernière législature, l’union des forces de gauche ne se soit pas traduite par le partage du pouvoir, nous revendiquons cependant la herte d avoir, sans défaillance, maintenu avec la politique de soutien, une conduite irréprochable v^-à-vis des gouvernements radicaux. Si ceux-ci se sont lamentablement abandonnés dans Union nationale, ils ne sauraient se justifier par l’apparence de résultat que les ajournements de l'expérience Poincaré, obtenus avec leur reniement, laissent incertains et précaires. Le Pays ne comprendra pas qu’ils osent se réclamer de leur trahison pour surprendre à nouveau sa confiance*
1 resL®ra fltlèle 1 l’Union des gauches avec Paul-Boncour. 11 rejettera ces hommes qui. pour le profit électoral, tantôt nous tendent les bras, tantôt recherchent le secours, occulte ou avoué de nos adversaires. Il saura faire cesser cette inqualifiable équivoque qui erait la. démoralisation des masses démocratiques si nous n’étions pas là pour vous dire, avec la classe ouvrière et paysanne.
Electeurs républicains,
Il faut choisir! La République sera socialiste ou elle ne sera plus qu’un mot vide do sens et la proie des oligarchies économiques qui ont déjà montré leur volonté de l’asservir, é t £ hRse;;! Si elle vous est chère et si vous voulez qu’elle poursuive son chemin vers intégrale Justice et la Fraternité humaine, c’est chez les Travailleurs qu’elle devra chercher une reserve inépuisable d’énergie capable de vivifier ses forces et de les renouveler.
Vous tous, Travailleurs des usines et des champs, Employés, Fonctionnaires, indissolublement unis dans les cadres de la Confédération Générale du Travail, qui luttez avec une existence chaque jour plus difficile, je sais que vous viendrez à moi, car vous me connaissez, cL je saurai vous défendre,
, Mais vous, petits bourgeois, modestes commerçants, travailleurs intellectuels propnetaires paysans,
Vous aussi, indéfectibles républicains qui n’avez pas déserté votre idéal et pour qui egoisme n est pas la seule loi de la vie, je vous attends :
Pour Tunion féconde du Socialisme et de la République.
Tous aux urnes, pour la Justice et pour la Paix,
Vive la République sociale î
Docteur Laurent CAMBOULIVES Conseiller municipal d’Aîbi.
Noi 3814
2e circonscription d ALBI.
M. PAUL-BONCOUR
Élu au premier tour de scrutin. — 7.292 voix.
Citoyens,
Il y a quatre ans, vous m'avez choisi comme représentant, par un acte de confiance qui s’augmentait pour moi de la fierté de succéder ici à notre grand Jaurès,
Cette confiance, je ne crois pas fi avoir déçue. Je me représente devant vous n’ayant pu, certes, accomplir tout ce que j'aurais voulu, mais avec la conscience d’avoir travaillé toujours dans le sens que je vous avait promis.
Je vous avais dit que, comme Jaurès, y étais un socialiste qui ne séparait pas le socia^ lisme de la République. J'ai fait tous mes efforts pour que fi union des gauches, scellée aux élections du 11 mai ] 924 et qui fit notre victoire, se continuât par la prise en commun du pouvoir, par la constitution d’un gouvernement de Salut public, qui eût réalisé l’immense espoir que la démocratie avait mis en nous.
Avec la Fédération socialiste du Tarn, qui m’a toujours soutenu dans cette lutte au sein de mon propre parti, j'en reste plus que jamais partisan.
Je vous avais dit que, comme Jaurès, je ne séparais pas lesocialisme de la défense nationale, A la Commission de l’armée, h la présidence de la Commission d 'études du Conseil supérieur de la défense nationale, j'ai travaillé sans répit à l'organisation d'une défense nationale, qui réduise au minimum le temps de caserne et qui cherche son point dT appui dans la nation elle-même, préparée pour sa défense. Le service d'un an est maintenant voté ; d dépend de la majorité de la prochaine Chambre d’obliger le Gouvernement à le réaliser.
J’ai rapporté et fait voter une loi, déformée par les injustes calomnies du communisme, dont le seul but, acclamé alors par toute la Chambre, était de mettre chacun à sa place, de supprimer les profiteurs de guerre dont le poids pèse encore si lourdement sur nous, cause principale de notre détresse financière et des impôts accablants; enfin d’empêcher la guerre, en supprimant ses avantages pour ceux qui ne la font pas et qui s’y enrichissent. Le Sénat a mutilé cette loi dans ses dispositions essentielles et le Gouvernement a laissé faire. Il dépendra de la majorité d’y revenir.
Comme Jaurès, je vous avals dit que, tout en veillant avec soin a la défense nationale, le salut de la paix était le point essentiel ; c’est la guerre qui est cause de toutes nos souffrances; c’est la guerre dont il faut empêcher le retour. Pendant ces quatre ans, délégué de la France à la Société des Nations, vous savez que j'y ai consacré le plus clair et le meilleur d’une activité politique, que j’cxcerce en votre nom, en vertu du mandat que vous m’avez confié.
Mais, l’œuvre de Genève est en péril. De grandes puissances réactionnaires ou conservatrices, n’apportent pas à Genève l’esprit international nécessaire pour aboutir à une organisation internationale de sécurité, et an désarmement, qui doit on être la conséquence, qui fut la promesse suprême faîte à nos morts. Il faut que les élections françaises soient un exemple et qu’avec les élections qui s’apprêtent en Allemagne et en Angleterre, une poussée des forces de gauche, au sein des grandes puissances, redonne à la Société des Nations l'élan qu’elle a connu au lendemain du il mai 1924.
Ces hauts soucia ne m’ont jamais fait oublier le soin des réformes sociales, ni les intérêts de la région et de mes commettants; les uns et les autres ont toujours trouvé et trouveront toujours en moi un défenseur actif: lutte pour les salaires, amélioration continue des retraites des ouvriers mineurs depuis quatre ans, amélioration de J 'indemnité pour les accidentés du travail, tous mes soins donnés à Fëlec trifîcation des campagnes, aux chemins ruraux, etc.*, témoignent de ce qui n'est, d’ailleurs, que F accomplissement de mon devoir.
Agriculture :
Ayant représenté, durant deux législatures, mon pays d’origine, une circonscription rurale, je connais bien la peine des cultivateurs* Fils de médecin de campagne, j’ai grandi parmi eux. Aussi bien c’est une absurdité de prétendre que le socialisme, parce qu’il veut nationaliser les grands moyens de production, ou l’évolution capitaliste elle-même a supprimé la propriété individuelle, en veuille à celle-ci* La propriété paysanne est sacréeicomme l'instrument de travail de celui qui l'exploite. Le socialisme la défend et veut la libérer des charges qui pèsent .sur elle. Ces charges résultent des impôts, qui ont subi sur ce po^nt, comme sur tous les autres, des augmentations, dont, je vais dire la cause : elles résultent de -la spéculation, des trusts, qui font vendre le blé du cultivateur moins cher qu'il n’est payé par Je boulanger, acheter ses engrais au prix qu’il plaît aux puissantes firmes qui les ont accaparés. Les syndicats agricoles, les coopératives, ce magnifique mouvement d'association qui est en train de rénover nos -campagnes et qu’il faut encourager, ne suffit pas à corriger ces a b 13 : il y faut l1 action de l’Etat et que ccIohcÎ prenne les mesures nécessaires poumat teindre la spéeuh tion et en finir avec ce scandale, qui fait coexister l’augmemtation croissante du coût de la vi-' et rabaissement du prix auquel le cultivateur vend ses produits.
Réformes sociales :
J’accepte, sans hésitation ni réserves, tout le programme de la C. G, T.
Il y a dix-sep t ans, c’est moi qui, comme Ministre du Travail, ai procédé à la première application de la loi des retraites, Ën même temps, je préparais un projet de loi d'assurance contre la maladie, l ’invalidité et Je chômage. C’est vous -dire si j’ai donné ions mes elForls à la réalisation, qui vient d’en être faite enfin. La loi est votée* il .faut Rappliquer. Il faut l'améliorer. Il faut. que la participation de l1 État* qui existait dans -la loi des retraces que fai appliquée, vienne soulager les versements ouvriers et patronaux. M faut Réaménager en ce qui concerne les campagne et les intéressés ruraux.
Il faut davantage. U faut que le chômage, jee risque terrible, qui menace fa famille ouvrière, et que la crise qui s’apprête rend particuliérement menaçant soit cote vert au même titre que -la vieillesse,, les accidenta, la maladie et; T invalidité.
L u 1 1 er p o ur © b tenir las su rance c entre i e c h dm âge doi t ê bre u ne des ta ch e s -es s en tieîles du socialisme dans la prochaine Chambre*
L’assurance cont re le chômage doit se compléter par une assurance contre %$ risques agricoles qui ce est i équivalent pour les campagnes : grêle, gelées, intempéries, etc..* Une Collaborât ma effective de R Etat, autrement que isous forme de secours insuffisants et arbitraires, doit être donnée aux mutualités agricoles* Un système général doit être organisé qui permette d éviter que le cultivateur sort privé, par une calamité, du fruit de son labeur, comme l'ouvrier, parle chômage, de son salaire,
Liiifftmîctkm pouvions :
La République nous ,a dooné l’école primaire gr^tuite^ donc ouverte a lou«, Inique, donc respectueuse de tou tes les croyances. Il if a ut défendre et oonlinmer son œuvre : i«nseigneraenl primaire supérieur, Rensoignemmai secondaire, renseignement supérieur doivent également être ouverts à tous, sur un pied complet d’égalité* À tons les degrés, il Faut
que renseignement soit donné non pas seulement à ceux qui peuvent le payer, mais à ceux, qui ont témoigné par leur intelligence, qu'ils sont capables de le recevoir.
Ainsi s'élargira et se renouvellera cette recherche des élites dont la Démocratie, moins que tout autre régime, ne saurait se passer, puisqu'ayant abattu l'aristocratie de là naissance, elle veut secouer la domination de l'argent.
Jus lice fiscale :
Pour tous les travailleurs de T usine ou de la terre, ouvriers artisans, cultivateurs, commerçants, l'heure est décisive. Faute de ce prélèvement sur ïe capital. Tait en son temps, au lendemain de la guerre, comme Pavait demandé, en 1920, le Parti socialiste, et qui aurait libéré la Nation 'du poids de sa dette, le rétablissement du franc, d'ailleurs heureux pour tous, et^dont il faut se réjouir, n'a pu cire obtenu que par une fiscalité qui écrase la production, la terre, le commerce et le travail
Je m'engage à lutter pour que soil modifiés, dans le plus bref délai possible, les impôts actuels; qu’une contribution progressive sur la foi tune acquit e permette de dégrever les impôts de consommation et les impôts cédulaires concernant les revenus du travail, les bénéfices agricoles et commerciaux, le chiffre d'affaires, de libérer le travail et la produc lion.
Ce rétablissement du franc est d'ailleurs précaire, lant qu'une stabilisation légale ne sera pas opérée. Le§ Gouvernement actuel pouvait la faire ; Il devait la faire; il s'était constitué pour la faire. Elle est donc inévitable au lendemain des élections, comme est inévitable la rationalisation de ^production pour adapter le pays aux nécessités de l'aprèsguerre. Or, sacbez-le bien, elles entraîneront des crises, des restrictions, du chômage. Suivant quelles seront faites par un Gouvernement, où les travailleurs auront leurs délégués ou par un Gouvernement, dont ils seront absents, la classe ouvrière etla petite propriété paysanne en feront ou non les frais.
Amnistie :
Combattant énergiquement le communisme, combat Lu et calomnie par lui plus que tout autre, mais ^confiant, dans la clairvoyance de la classe ouvrière et dans la force de ma propagande, je répudie l'inutile répression des idées, j ai voté et continuerai de voler l’amnistie pour tous les condamnés politiques et 1 abrogation des lois de 1894,
Rénovation de F Etat :
Outre la Représentation proportionnelle, voulue par Jaurès, et à laquelle le Parti socialiste reste fidèle, sur ce point aussi, je suis en plein accord avec le programme de la C. G. T. 11 y a trente ans, je saluais dans le syndicalisme la rénovation de la République ; je l'ai toujours dé fendu; dans toutes ses manifestations, ouvrières et agricoles, syndicats de fonctionnaires, professions libérales. Malgré les tentatives de division du communisme, le mouvement syndical est arrivé aujourd'hui à sa pleine maturité, à une haute sagesse qui commande le respect* Bien coupables seraient les Gouvernements, qui ne chercheraient pas en lui, par une franche collaboration, avec lui* comportant pour lui des responsabilité* correspondantes, les fondements de l’ordre nouveau, de moyen de redonner, en l'élargissant,
à l'État républicain une autorité qu’il n'a plus.
L'acceptation de ce programme doit etre îe point de rencontre de tous les i épublicaïms, qui veulent alterne Lavant, qui rejettent, non pas seulement la réaction de droite, c’est trop facile, mais aussi F équivoque d'une concentration soi-disant républicaine, mais dont serait précisément exclu le Parti socialiste, dont le rôle historique est d être 1 animateur de la démocratie.
L’acceptation de ce programme doit constituer la plateforme précise d’une majorité capable de gouverner, mais de gouverner à gauche :
Pour Je travail !
Pour la production î Pour la paix !
C'est là l'idéal du socialisme réalisateur, tel que je l’entends, tel que je le défendrai contre toutes les réactions et toutes les équivoques.
Vive la République sociale !
J. PAUL-BONCGUR
ire circonscription de CASTRES,