M. G ON ST AN S
Elu du premier tour de scrutin. — 9,527 voix.
Chers Concitoyens,
Demain, il vous faudra faire choix du représentant qui, pendant quatre ans, aura, à la Chambre, la lourde charge de défendre en votre nom les intérêts du Pays,
A celui qui sollicite F honneur d'être votre mandataire, vous avez le droit de demander de quels principes il entend s'inspirer, quelles directives il veut donner à son effort.
Fermement attaché au régime que la France s’est, librement donné il y a près de soixante ans, j'ai toujours souhaité que la République soit la Maison habitable pour tous; je veux que la fraternité républicaine devienne une réalité : c'est-à-dire que l’union de tous ceux qui ont le souci de la propérité et de la grandeur de notre Patrie soit le témoignage permanent d une fraternité hors de laquelle nous n’aurions pas eu la Victoire et hors de laquelle le redressement économique et financier actuellement en voie d’exécution n’aurait jamais pu être ébauché.
Programme de politique extérieure ,
Je le résume en un mot : la Paix 3
De toutes mes forces, je veux contribuer à garantir les générations qui nous suivront des horreurs de la Guerre ; notamment en renforçant les pouvoirs de la Société des Nations, en la dotant des moyens d’action répressive qui jusqu’ici lui ont fait défaut, en favorisant la conclusion des pactes qui, dans le cadre du Traité de Versailles, rendront plus difficiles les agressions, plus rares les motifs ou les prétextes des conflits armés.
Je n’oublie pas cependant que les représentants du Pays partagent avec le Gouvernement la grave responsabilité d’assurer la sécurité et l'inviolabilité du sel national. La guerre ou la Paix ne dépendent pas d’un seul peuple 1 Si tenace et si résolue que soit ncLre volonté de Paix, notre devoir est d'avoir une armée cT autant mieux outillée, d'autant plus entraînée qu'elle sera moins nombreuse et que la durée du service actif sera plus réduite. Affaiblir notre défense nationale, donner au Monde le spectacle d’une France désarmée ou mal armée serait susciter les convoitises, provoquer les agressions, compromettre la cause de la Paix,
Programme de politique intérieure.
L’ordre, la liberté ; telle est la synthèse de mon programme.
L’autorité de 1 Etat doit être restaurée ; la lutte contre la propagande communiste doit se manifester autrement que par des harangues ministérielles. L’établissement d'un statut doit, en définissant leurs droits et leurs devoirs, garantir les fonctionnaires contre l'arbitraire et le favoritisme ; en échange de ces garanties, les services publics ne doivent pas jouir du droit de grève.
Pour assurer un meilleur rendement, pour réaliser des économies sérieuses, pour diminuer le nombre des fonctionnaires, nous devons moderniser les services administratifs,
L ordre dans la nation doit avoir pour indispensable corollaire ; ia Liberté. Dans notre France divisée au point de vue religieux, je voudrais que, non contente de considérer
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comme inviolable et sacré le domaine de la pensée et de la conscience, la Loi accorde aux différentes croyances la meme protection, les mêmes égards. Je voudrais que tout citoyen puisse ouvertement pratiquer sa religion et conformer ses actes à ses opinions sans qu’il en résulte pour lui le moindre dommage : c’est pour cela que doivent disparaître des lois du V( juillet 1901 et du 7 juillet 1904 les articles qui donnent un régime d'exception aux religieux.
G’est pour cela que les associations religieuses doivent être admises au bénéfice de la loi du 21 mars 1884 sur les associations professionnelles. En un mot, pour tous les citoyens je réclame la liberté de conscience, la liberté d’association, la liberté d’enseignement garanties par Inapplication du Droit commun; Les lois d’exception sont Parme des gouvernements de dictature ; elles ne peuvent avoir place dans une constitution démocratique.
Programme économique , social , financier.
Je demande la liberté economique de produire, de transformer, de vendre, d’épargner, seul moyen efficace de lutter contre la vie chère.
Formellement opposé h l’établissement de tout nouveau monopole, je veux la suppression, la limitation ou l'amélioration, suivant les cas, des monopoles existants, qui ne doivent être considérés que comme des moyens et non comme des fins.
Je souhaite la suppression des entreprises commerciales ou industrielles de l’Etat ou des communes, onéreuses pour les contribuables, stériles pour le fisc.
Opposé à la lutte des classes, j’estime que la loyale collaboration des classes doit le plus souvent éviter les conflits surgissant entre ces trois facteurs économiques de la production : le Travail, le Capital, ITnteîligence.
L’accession à La propriété doit être facilitée a tous les travailleurs : le bien cle famille doit être protégé.
Les assurances sociales doivent garantir le travailleur contre les conséquences de la vieillesse, de la maladie et du chômage. Par l’hygiène sociale, nous devons lutter contre les grands fléaux qui déciment la race.
Par la protection vraiment pratique des familles nombreuses, nous devons combattre le fléchissement alarmant de la natalité.
Nul ne peut nier que nos finances publiques sont en voie de redressement, conséquence heureuse de l’union que mes amis politiques et moi avons préconisée depuis 1919.
Ce serait une erreur profonde de croire que l’œuvre entreprise touche à sa fin et une coupable duperie que d’affirmer la possibilité immédiate d’alléger toutes les charges qui accablent actuellement le contribuable. Mais, l’on peut et l’on doit aménager plus équitablement les impôLs. Pour cela il est nécessaire, avant tout, de simplifier le régime fiscal. Opposé aux formules spoliatrices d’impôt sur le capital, je veus, pour encourager la production et l’ épargne, réduire les taxes exagérées et rendre possible, par un plan de sérieuses économies, la suppression de certains impôts particulièrement odieux : Chiffre d’affaires, Double décime.
Programme agricole .
L’Agriculture, depuis quelques mois, subit des difficultés qui pourtaient devenir redoutables si une sage politique financière, fiscale et douanière ne venait les conjurer i Elle souffre de ne pas avoir un statut fiscal adapté à ses capacités, elle souffre du déséquilibre existant entre le prix de ses produits et le prix des produits industriels, elle souffre enfin de l’attrait exercé par les villes sur les campagnes, précisément parce que son rendement ne suffit plus à retenir l’homme à Ta terre. Les prix des matières nécessaires à la culture, des machines, des engrais, le niveau des salaires de la main-d’œuvre agricole se maintiennent très élevés, alors que le prix de vente de tous les produits de la terre diminue sans que d’ailleurs le consommateur en ressente l’effet. Quels remèdes apporter à celte crise ? Ils
doivent évidemment s’approprier aux causes que j’ai très brièvement énumérées. Il ifaut poursuivre une politique des engrais qui permette à nos agriculteurs d’augmenter leur production a meilleur compte, diminuer les tarifs des transports, encourager les groupements, les coopératives, les syndicats agricoles, préconiser 1 "emploi collectif des machines. M ,ne faut pas oublier que le cultivateur s’est défendu plu s. difficilement que ^industriel contre les fluctuations du change et qu’au surplus il a connu de fréquentes et nombreuses interdictions d’emporter ses produits,
1.1 est nécessaire d'opérer une nouvelle évaluation de la matière imposable, de révisai? les coefficients applicables selon la nature de la culture et de soi et de trouver enfin un tarif douanier résolument protecteur. Pour lutter contre la désertion des campagnes, il faut augmenter le bien-être de leurs habitants, faire bénéficier ceux-ci de tous les. progrès modernes, diffuser notamment la force et la lumière électrique»
Pour être efficace, une véritable politique agraire doit s’attaquer à tous les dangers que présente la situation actuelle.
Les Victimes de la Guerre . — Les Anciens Combattants .
Les années, en passant, nous éloignent de la tourmente. Nous ne devons pas moins nous souvenir de la dette sacrée contractée par la Nation.
Pour les Mutilés, il serai L équitable, en conservant comme chiffre de base les taux de pension fixés par la loi du 31 mars 1919, de créer une échelle mobile s’adaptant automatiquement au coût moyen de la vie.
La situation de fortune des ascendants ne doit pas entrer en ligne de compte pour la liquidation de leurs pensions : Légalité dans l’épreuve crée Légalité des droits,
L’Office des Combattants doit fonctionner sans retard, Les moyens propres à créer la retraite du Combattant seront mis à L étude dans le plus bref délai,
11 faut reconnaître les souffrances morales et physiques qu’ont endurées les prisonniers de guerre et arriver h dédommager leurs 1 ami liés des sacrifices qu’elles se sont imposées pour soulager leur détresse.
Ces améliorations seront réalisées par priorité au fur et à mesure que le redressement de nos finances s’accomplira.
Electeurs,
Au moment où, dans la plénitude de votre liberté, vous allez exercer voLre souveraineté, vous avez sous les yeux 1 ensemble de la législature qui s’achève.
Du 11 niai 1924 au 26 juillet 1926, un parti a gouverné avec son programme appliqué par ses seuls chefs ; en vingt-six mois le trésor public a été épuisé, la livre est montée de soixante- cinq francs à deux cent quarante huit-francs. A la veille de la -faillite, un homme d Elat qui avait déjà bien mérité de la Patrie a pris le pouvoir. En pratiquant la politique et le programme d’union préconisés par le Parti auquel j’appartiens, il a restauré à la fois la confiance et les finances publiques. Par ces résulfats vous pouvez juger la valeur des deux méthodes entre lesquelles vous avez le choix. Votre bon sens, votre patriotisme ne me laissent aucun doute sur votre décision I
N’attendez pas de moi des promesses que l’état de nos finances ne permet pas encore de réaliser. Mais si, avec moi, vous esLimez que Leflbrt nécessaire pour reconstruire le pays doit être poursuivi dans Lordre, dans l’union et dans la paix, si, comme moi, vous jugez que c est au prix de la ténacité et de la persévérance que seront restaurés la prospérité économique et financière du peuple de France, vous pouvez me faire confiance. Mon entier dévouement vous est acquis.
Docteur A, CONSTANS.
Circonscription de BRIGNOLES.
M, GARMAGNOLLH
Élu au deuxième lourde scrutin. — 5,114 voix.
Citoyens,
Le Parti socialiste (Section française internationale ouvrière) adresse à tous, les travailleurs et démocrates. de France l'appel suivant :
Appel à tous les travailleurs,
Appel à* tous les démocrates,
Les élections législatives appelant la France entière à se prononcer sur la route qu'elle entend suivre.
11 faut choisir :
Pour ou contre F Union nation.a!et édition revue et grossie du Bloc national de 1919 ;
li faut1 choisir :
Entre la coalition des intérêts d’argent, de la réaction politique, du conservatisme soci h 1 a n j o u rd ' hui m aï t ress e du pou v o i r *
Et le Parti socialiste, toujours disposé, comme en 1924, à seconder tout, effort de marche en avant et prêt, s'il était porté au pouvoir, è briser les résistances aux volontés du Pays.
Il faut choisir :
Entre une politique qui, par les armements, les alliances particulières et les vieux errements de ta diplomatie secrète, mène à la guerre,
Et la politique qui, sous F impulsion du Parti socialiste, organise la paix par le rapprochement des peuples et prépare le désarmement.
Il faut choisir :
Entre la politique financière de F Union nationale quL épargnant ceux qui peuvent payer et ne veulent pas paver, écrase d’impôts injustes la d.asye qui travaille et produit.
Et la politique de justice fiscale et de réveil économique qui allège les charges des producteurs et des consommateurs, et doit permettre enfin les grandes réformes sociales, impatiemment attendues par le monde du travail.
11 faut choisir :
Entre l’impudence cynique des Gouvernements de réaction et de répression, la timidité des Gouvernements, d’intention démocratique, qui n'ont opposé aux forces d'argent que des velléités de réyis tance impuissante.
Et les méthodes, dès longtemps indiquées par le Parti socialiste comme les seules capables de barrer la route au fascisme, do réaliser la démocratie et de déblayer la voie à Pémancipation des travailleurs.
Entre le conservatisme et le progrès social, entre la paix et la guerre, le Parti socialiste a choisi.
Sans jamais oublier que l’émancipation complète du travail n'est possible que par 1 avènement de ia propriété sociale, il vous propose comme programme d’action immédiate, les réformes et mesures suivantes :
Programme nu Parti socialiste S, F. I. O.
1° Programme politique et constitutionnel :
Referendum sur les questions vitales du pays*
Suppression du Sénat, ou en tout cas, limitation immédiate de ses pouvoirs*
Rénovation de 1 Etat par l'extension des attributions du Conseil national économique.
Egalité civile et politique des sexes.
Représentation proportionnelle, juste et loyale, sans primo, ni panachage.
Abrogation des lois scélérates*
Amnistie générale en matière politique.
Suppression des conseils de guerre et des cours martiales.
2° Programme de législation de travail :
Interdiction d’employer les enfants avant Page de 14 ans dans les établissements industrieis et commerciaux*
Limitation de la durée maximum du travail à huit heures par jour ou à quarantehuit heures par semaine. La durée du travail établie sur une antre période de temps ne peut dépasser en moyenne les ’niaxima ci-dessus.
Droit pour les travailleurs salariés à un congé annuel payé et non récupérable en heures supplémentaires*
Révision complète de ïa loi de 1898 sur les accidents du travail et extension de ladite loi aux maladies d’origine professionnelle.
Pat ticipaüon du personnel à 1 élaboration des règlements d'ateliers et de toutes entreprises industrielles et commerciales* Interdiction ^aux patrons de frapper leurs ouvriers d'amendes ou de retenues sur les salaires.
Réorganisation de I inspection du travail i augmentation du nombre des inspecteurs et création de délégués ouvriers chargés de veiller à l’application des lois sur le travail, la sécurité et l’hygiène*
Ratification sans conditions, ni réserves des conventions adoptées par la Conférence internationale du travail.
Extension du droit syndical aux travailleurs de l’État, des départements, des communes.
Institution des assurances ouvrières et sociales en vue de protéger les ouvriers, les ouvrières et leur famille en cas de maladie, de maternité, cTinvalidité, de vieillesse, de
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décès, de chômage* — Large participa Lion financière de l'Etat, — Majoration de l'allocation accordée par l'État aux vieux travailleurs pensionnés de la loi dite des retraites ouvrières et paysannes de 1910.
Développement des contrôles collectifs.
Révision des lois sur la Caisse dis invalides et sur la Caisse de prévoyance des marins français*
3e Programme agraire :
Création d’on Office des blés*
Mise à l'étude immédiate d'un programme ayant pour objet l'amélioration du sol* Aménagement des forces hydrauliques.
Nationalisation de la fabrication et de l'importation des engrais.
Remembrement des parcelles.
Développement général de renseignement agricole.
Développement et extension, avec la collaboration des pouvoirs publics, des syndicats, des mutuelles et des coopératives agricoles.
Extension des Caisses de crédit agricoles.
Etablissement, de tarifs réduits,
Application de toutes les lois ouvrières et de prévoyance sociale aux travailleurs agricoles.
Fixation, parles syndicats ouvriers et patronaux, d'accord avec les municipalités, d un minimum de salaires.
Organisation du placement paritaire.
Institution d'une journée de travail normale.
Institution de Commissions d'arbitrage.
Institution du bail mobile*
Nationalisation des services publics et retour à la Nation dus monopoles de fait. Contrôle ouvrier et participation ouvrière à la gestion.
Contrôle des prix et développement de la coopération ;
â) action des pouvoirs publics pour mettre en vente certaines marchandises :
b) mise en répartition des denrées de remplacement ;
c) contrôle des associations d'intérêts ;
d) création d'offices publics d’approvisionnement ;
e) établissement d’un service général de statistique des prix et des quantités ;
- f) don aux sociétés coopératives d'un statut en rapport avec les nécessités de leur développement.
g) lois contre la spéculation illicite*
5* Programme financier :
Règlement des dettes inierailliées.
Stabilisation légale du franc.
Consolidation de la dette flottante*
Reprise d'une intense vie économique.
Remaniement des charges fiscales*
Contribution à prélever sur la fortune acquise, avec dégrèvement h la base. Nationalisation des monopoles de fait.
6* Programme d 'éducation nationale :
Lutte pour la défense do la laïcité.
Renseignement pour tous à Loua les degrés,
Nationalisation de renseigne ment, en commençant par l’Ecole du premier degré. Organisation sérieuse de l'éducation populaire par le développement de l’enseignement post-scolaire.
7” Programme d'hygiène, d'assistance et de prévoyance sociale :
Créa Lion ci 'œuvres en faveur de l’enfance.
Assurance sociale des enfants.
Réorganisation complète du service des enfants assistés sur des bases plus humaines. Refonte des lois d'assistance.
Création d’un vaste service d’hygiène en vue d assurer la surveillance et ta protection de la santé publique et toutes mesures propres à atténuer les souffrances, à garantir de l’injustice sociale, a sauvegarder la vie humaine.
Large dotation du budget de l'hygiène et de l’assistance en faveur des vieillards, des femmes en couches, des familles nombreuses ou nécessiteuses, de fa lutte contre la tuberculose, la syphilis, le cancer, etc.
Politique active du logement et de 1 habitation. — Offices d’habitations municipaux, d é p a r tem e n ta u x et n a t i ona u x .
8° Programme de politique internationale :
Démocratisation de la Société des Nations*
Organisation de la paix. Protocole et désarmement.
Organisation économique internationale.
Suppression de la diplomatie secrète.
Abandon du système de l’équilibre et des alliances particulières.
Réforme militaire. Préparation au service de six mois,
Effort dans le sens d'une politique col oniulè combattant toute espèce d’expéditi on ou d aventure coloniale et visant àil indépendance: des colonies et à la libération de leur peuple* Liquidation de la Sarre*
Evacuation de la Rhénanie.
Le Parti soemit$te (S. F * /. O,)*
Vu le candidat :
H en eut G A RM AG N 0 LL B
Député sortant.
Circonscription de DRAGUIGNAN.