‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 316 sur 336 · M. GALLET · texte numérisé non relu

M. GALLET

Elu au deuxième tour de scrutin, — 8.889 voix.

Messieurs et chers Compatriotes,

Ln très grand nombre d’électeurs parmi vous : des maires, des conseillers municipaux, des habitants du Marais, du Bocage et de File de Noirmoutier m’ont demandé avec insistance! depuis plusieurs semaines, de me présenter à Téléc t ion du 22 avril dans notre circonscription.

IL veulent, comme presque vous tous, un homme de chez eux, de chez nous, pour les représenter à 3a Chambre.

Répondant à leur appel, j'accepte la candidature qui m’est offerte de façon si pressante.

Tous, vous me connaissez :

Enfant du pays, né à Beauvoir-sur-Mer, où j’ai vécu mon enfance, où j'ai toujours été électeur, et où je reviens constamment. Pendant près de cinquante ans, les fonctions de maire ont été exercées dans cette commune par un membre de ma famille.

Père de cinq enfants, -fier d’être chef de famille nombreuse, dans ce pays où les familles nombreuses sont a l'honneur et ne se comptent pas tant elles abondent.

Avocat, inscrit depuis 1903 au barreau de La Roche-sur-Yon, et ayant toujours exercé ma profession en Vendée

Catholique, profondément attaché à mes croyances religieuses.

Républicain, pour qui la République est ie gouvernement indiscuté, voulu du pays, qu’il importe de respecter et servir loyalement, sans arrière-pensée, avec une fidélité toute française et toute vendéenne.

Ami du peuple, désireux de le servir, par le développement progressif des justes améliorations sociales qui Lardent trop en ce pays et que nous voudrions tons voir plus activement aboutir.

ils *

De ce que je viens de vous dire découle mon programme politique.

Si vous me faites confiance :

Je travaillerai ; j’agirai de toutes mes forces pour le bien du peuple, voulant être vraiment le représentant aAif de ce coin de terre vendéenne sur lequel nous sommes nés et avons vécu, vous et moi, et qui est. bien notre.

Travailler pour le bien du peuple demande que s'apaisent de plus en plus les luttes d’avant guerre et que la pacification religieuse s’étende à travers le pays, par le respect de nos croyances, de nos traditions, de nos aspirations légitimes.

Qu’il s’agisse d’élargir la loi sur les associations, à la mesure de la loi sur les syndicats, sans aucune des dispositions restrictives inscrites dans les textes de 1901 et de 1904, ou d’autres aménagements à introduire dans le code de nos lois politiques, on doit s’entendre.

Aussi bien, mes chers Compatriotes, c’est une question de stricte justice que de reconnaître à tout Français sans exception, pour s’associer et pour enseigner, Légalité devant la loi.

Ne serait-il pas possible de so mettre d'accord pour ordonner et pacifier la cité que nous habitons, pour oublier d’anciennes discordes déjà fortement atténuées*,.

Les catholiques, dont je suis, obtiendront d’autant mieux satisfaction qu’ils apporteront à l’Etat un concours de plus en plus loyal et généreux*

Travailler pour le bien du peuple exige aussi que Ton dépense son effort à organiser, dans la paix, la justice internationale qui procure la sécurité de la patrie, et sauvegarde le respect des traités. Le bien do peuple commande que Ion favorise l’œuvre de la Société des Nations et que, suivant le mot récent de M, Poincaré, président du Conseil, on « travaille de plus en plus au rapprochement universel des esprits », pour éviter une nouvelle

Agir pour le bien du peuple veut dire encore qu’il faut améliorer le sort des travailleurs ; faire qu’ils obtiennent plus de bien-être, plus de sécurité dans l'exercice de leur profession et contre les risques du métier; faire que, de plus en plus, ï homme trouve dans son travail de quoi élever et faire vivre dignement sa famille.

De nombreuses lois sociales existent ; chacun se doit de les connaître, faire connaître,, expliquer, appliquer autour de soi, dans l’intérêt de ceux qui doivent en profiter. Ainsi en est-il de toutes nos lois de prévoyance et d'assistance ou de protection contre les accidents, de celles qui encouragent les familles chargées d’enfants, des lois sur 1 organisation syndicale et Renseignement professionnel.

D’autres lois doivent être complétées et rectifiées, comme celle dernièrement adoptée, et trop imparfaite, sur les assurances sociales.

D’autres enfin, qui concernent notamment la marine et l'agriculture, attendent d être votées par le Parlement. Il est essentiel de ne pas en retarder plus longtemps la réalisation.

De même, certaines victimes de la guerre, anciens combattants ou familles en deuil, souhaitent à juste titre des <t rajustements » indispensables.

L’agriculture, le commerce et l’industrie, qui font la richesse du pays, se plaignent à bon droit de taxes mal réparties et mal ajustées ; il faudra, disait encore ces jours derniers M. Poincaré, notre Ministre des Finances, y apporter « les retouches et remaniements » nécessaires.

Le progrès économique va en se développant. Il s'impose que nos petites villes, nos communes rurales, nos villages en profitent au plus tôt, qu’il s’agisse de l’électrification des campagnes, de V utilisation des engrais vendus moins cher, de 3a meilleure organisation et à moindres frsis des moyens de transport.

C’est ainsi que nous réaliserons — dans le travail cl dans l'effort, et non point par de stériles discussions politiques ou de vains regrets du passé — T union entre Français, entre Vendéens.

Réconciliés plus que jamais, fraternellement unis, nous cntr’aidant pour la prospérité de nos familles, de nos professions, de nos communes, de notre terre natale, pour la prospérité et la grandeur du pays tout entier,

Nous entendons vivre dans la République, acceptée par tous,

Sous les plis du drapeau Lricolore, unanimement respecté, acclamé et servi.

Pour le surplus, si je suis élu, je ne vous fais qu’une promesse, mes chers Compatriotes :

Je travaillerai, attentif aux intérêts de tous.

Charles GALLET

Avocat au barreau de La Roche- sur-Ton, Conseiller municipal de Beauvoir- s ur-M?r* Candidat républicain dT Action populaire.

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