‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 318 sur 336 · M. COLOMB · texte numérisé non relu

M. COLOMB

Elu au deuxième tour de scrutin, — 7.780 voix.

Mes chers Cou citoyens,

Vous êtes mécontents — et ce n’est pas sans raison. Le monde de la production (agriculteurs, commerçants, travailleurs de tout ordre) souffre d’une crise grave, ayant pour signes : la mévente, la restriction des affaires, un défaut d’équilibre entre les prix de vente et Tes prix de revient — el , pour conséquence, Ta désertion des campagnes. De plus — fâcheuse coïncidence — le volume des impôts augmente, au moment où les ressources des p ro d u c te u r s d i m i n u e n t .

C’est dans cette situation critique que vous êtes appelés à designer un représentant au Parlement.

Combien de fois avez-vous dit que vous seriez heureux d’être représentés par un des vôtres, un travailleur comme vous, ayant par conséquent les mêmes intérêts que vous, à la condition qu’il soit capable d’analyser le mal, d’étudier les remèdes possibles et de vous défendre par la parole et par la plume ?

Je crois répondre à votre vœu. Que suis-je, en effet? Je ne suis pas un politicien. Je suis un petit fabricant qui travaille pour P agriculture, pour la construction rurale. Mieux que tout autre, par conséquent, je sais ce que c’est que la crise agricole — - et la crise commerciale qui en dépend — parce que j en souffre comme vous, dans ma personne, dans mes affaires.

Cette solidarité entre vous et moi est votre meilleure garantie : nos besoins communs font nos idées communes. Je vous défendrai donc en connaissance de cause. En suis-je capable? À vous de le dire !

Principes politiques :

J’appartiens a ce vieux Parti républicain et radical dont FJiîftôire âè confond avec celle de la République elle-même, de Gambetta à M* Doumergue.

Le Parti radical est un Parti de démocratie, d’évolution scient ificjue et de progrès expérimental : il entend rester en perpétuel contact avec les réalités économiques : il n’est pas et ne vent pas être un Parti de révolution. Celle-ci n’a, d’ailleurs, pas de raison d’être dans un pays où les citoyens jouissent des libertés publiques et ont le pouvoir d'exprimer leur volonté par le bulletin de vote*

C’est dire que nous repoussons les tentatives des Partis de tyrannie et de violence qui cherchent à supprimer ou à diminuer Je suffrage universel qu’ils remplaceraient soiL par un roi, soit par la dictature d’un homme ou d’une classe. Au nom du principe de la souveraineté populaire, nous combattons royalistes, fascistes, communistes, comme dos Partis antidémocratiques.

Nous enveloppons dans la même réprobation les « faux républicains », qui veulent bien se servir momentanément du suffrage universel pour lui demander un siège de député, mais qui cherchent à l’étrangler sournoisement en réclamant le droit de dissolution « effectif» du Parlement nommé par vous ou le « renforcement y* du pouvoir exécutif, à la mode de Louis -Napoléon, de Mac-Mahon ou de M. MiHerand î

C’est pour mieux iuLter contre les suggestions de 1* Utopie — forme la plus dangereuse de l’ignorance — et contre les menaces de la Tyrannie — qui a besoin de l1 ignorance pour s’établir — que nous Fommes attachés à renseignement laïque, basé sur la raison et sur la science, et principe d’universel affranchissement. Par l'instruction gratuite, adaptée aux capacités de chacun, dans les trois ordres d’enseignement, nous entendons assurer, dans toutes les classes sociales, le recrutement de l’élite intellectuelle du Pays.

Mais, le progrès .sous toutes ses formes ne peut se poursuivre que dans la Paix. Une nouvelle guerre ferait rétrogader le monde vers la barbarie. Or, la Société des Nations nous apparaît comme l’unique et dernier rempart de la civilisation. Arbitrage, sécurité, désarmement progressif et simultané, doivent constituer le triple objectif d’une humanité qui a puisé, dans les souffrances réciproques de la guerre, comme dans les désillusions de la victoire, le sentiment plus net de son unité économique et morale. Aussi avons-nous suivi, avec une attention passionnée, de Cannes à Loearno, les admirables efforts de M. Briand pour le rapprochement des peuples ci l’organisa tien de la Paix.

Finances et démocratie :

La fixité do la monnaie, instrument des échanges et mesure dé la valeur, est la condition de la sécurité dans les affaires. Nous ne pouvons donc que nous réjouir de la stabilisation du franc, obtenue par des moyens techniques et classiques, que les chefs du Parti Républicain ont contribué à mettre en œuvre dans les conseils du gouvernement.

Il faut malheureusement reconnaître que ce redressement monétaire a été l'occasion de 13 milliards d’impôts nouveaux et que ces impôts, mal répartis, frappent surtout le Travail Cette superfiscalité deviendra vite insupportable, si elle ne s’accompagne pas enfin de justice fiscale. Or, la justice sociale, eh général, et îa justice fiscale, en particulier, ne pourront être réalisées que par la démocratie elle-même, représentée par des hommes de progrès, en dehors de toute compromission avec les Partis rétrogrades, w On gouverne avec son Parti pour la Nation », disait Gambetta. Telle était également la formule d’Aristide Couteau. G*est pourquoi nous n entendons pas renoncer, pour l’avenir, à cette noble émulation des Partis politiques qui, dans tous les Pays libres, est P essence même du régime parlementaire.

L’impôt sur le revenu :

Nous sommes résolument opposés au prélèvement sur le capital, proposé par certains socialistes, parce qu il a abouti, dans plusieurs pays étrangers, à l’expropriation partielle des agriculteurs et des commerçants, à des ventes en niasse, à l’avilissement des prix, à la séparation des travailleurs et des instruments de production, c’est-à-dire au chômage, ou bien à une énorme inflation de crédit dont nous connaissons les dangers. Les impôts ne

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peuvent être prélevés que sur des revenus, Mais, aux termes de la Déclaration des Droits de l'Homme, ils devraient être proportionnés aux « facultés des contribuables au

Nous regrettons que lo seul impôt dont le taux ait été diminué soit précisément l'impôt général sur le revenu qui devrait atteindre la grande richesse acquise. Et nous déplorons également la déserLion de certains capitaux mobiliers qui leur permet de se dérober à leui devoir fiscal. Comment s'éLonner, dès lors, que les impôts retombent de tout leur poids sur la terre, le magasin, les instruments de production qui se voient et sont sous la main du Fisc.

Nos adversaires prétendent que « les capitaux n'ont pas de patrie ». U conviendra de répondre à cette affirmation audacieuse, et aux Fraudes dont elle constitue l’aveu, par un contrôle précis et efficace.

La stabilisation et l'agriculture :

L'agriculture a été la principale victime de la stabilisation. La crise économique qui en est résultée a eu, à son tour, pour effet une moindre demande des produits agricoles. D'autre part, l'augmentation du pouvoir d'achat de la monnaie, en favorisant l'importation, a permis à la concurrence étrangère de sévir sur le marché français. Un ensemble de mesures de protection, accompagnant le redressement nécessaire du franc, eût empêché la chute trop rapide et Lrop accentuée des prix du blé et du bétail* Les droits de douane tardifs et insuffisants sur les blés et céréales étrangères, l'interdiction d'exportation du bétail français pendant treize ans, l'introduction du bétail allemand, au titre des réparations, ont permis l'avilissement des cours et Font même favorisé. À l'heure actuelle, la protection douanière qu’on a renforcée et la liberté d'exportation qu’on s'est décidé à nous rendre, constituent des moyens de défense insuffisants, parce qu’ils ont été compensés par un surcroît de protection pour les produits industriels. Il en résulte que l'agriculteur, avec les produits qu'il vend, ne peut pas racheter les produits dont il a besoin.

Nous nous efforcerons de mettre un terme à ce « décalage :> persistant, entre les cours agricoles et industriels, et à rechercher l’équilibre de tous les prix sur un coefficient unique, par un nouveau barème des transports, par des traités de commerce appropriés et par une révision des tarifs de douane : celle-ci devra résulter, non de mesures fragmentaires et d écousues, prises dans l'intérêt personnel des grosses sociétés d'engrais ou de machines agricoles, mais d'un phn d’ensemble établi dans l'intérêt général de l’agriculture française.

Le commerce et les impôts :

Le commerce qui souffre déjà gravement de la crise agricole et de la sous-consommalion qui en résulte, se plaint, à bon droit, de taxes qui pèsent sur les échanges et de leur mode de perception.

L’impôt sur le chiffre d'affaires a pris une telle place dans notre budget (8 milliards 562 millions), qu’il est impossible à un candidat honnête d'en promettre la suppression totale sans proposer, en même temps, un impôt de remplacement. L’impôt sur le chiffre d’affaires est aiitiéconomique : il raréfie la circulation des produits et concourt à la cherté de la vie. Il désavantage le petit commerce au profit du gros. En effet, les grandes firmes, pour éviter la ré parti on de la taxe à chaque carrefour des échanges, s'efforcent, de plus en plus, de supprimer l'intermédiaire, en vendant directement au public, ou de créer des organisations * verticales » qui asservissent et prolétarisent le petit commerce. D'autre part, l’exagération même du taux de l’impôt offre une prime exceptionnelle à tout les spécialistes de la fraude qui peuvent disposer d’un état-major comptable, au détriment du détaillant de nos régions, isolé et désarmé devant le fisc. Si l'on ajoute à cela que le droit de regard des administrations a dégénéré trop souvent en inquisition, et meme en perquisition, ou comprend les doléances du commerce, 11 importe de remplacer l'impôt sur le chiffre d'affaires par la taxe à la production, payée à l'origine, dans toutes les branches d'industrie où son application sera possible. Et si la suppression de l’impôt actuel ne peut être réalisée que progressivement et

par étapes, nous demanderons, en attendant, en faveur du petit commerce, des réductions tendant à rétablir en sa faveur t 'égalité de la concurrence, une révision des impôts cédulaires, qui ont doublé en un an, et une modalité de forfait, révisable périodiquement, et peut-être automatiquement, pour mettre un terme à la tyrannie fiscale et rendre à chaque citoyen cette liberté intime qui est le parfum du foyer.

La réforme des finances départementales :

Vous vous êtes vivement plaints de l'importance eide l'injustice des nouveaux impôts départementaux. Sans prendre part à une discussion critique vis-à-vis des conseillers généraux qui les ont votés et à qui il appartient de justifier leur œuvre, je puis dire que, dans dans le domaine législatif, je demanderai la résurrection d'un projet de révision des finances départemenlales, qui dort depuis 1907 dans les cartons de la Chambre des Députés. Il est inadmissible qu'après avoir supprimé les quatre vielles contributions comme impôts d'État, parce qu'on les considérait comme injustes, on continue à s'en servir pour asseoir sur cette base les centimes additionnels. Le Département a le droit dêtre aussi difficile que l'Etat sur le choix et le mode d'assiette des impôts qu'il propose. (Le calcul des « principaux fictifs » est, en outre, un travail supplémentaire, qui absorbe et gaspille le temps des contrôleurs).

Economie et production :

Une dette de 550 milliards ne peut être allégée que par des économies et un développement de la production. Ou peut et on doit diminuer le nombre des députés, supprimer le gaspillage qui sévit dans l'armée et dans la marine, réduire le nombre des agents militaires, substituer l'administration par bataillon à l'administration par compagnie, économiser, dans les services centraux, quelques gros fonctionnaires dont l'intervention ne sert bien souvent qu'a paralyser ou compliquer le travail des employés subalternes et à multiplier les formalités tracaseières qu'on exige des contribuables ayant affaire à l'administration. Pour supprimer ie parasitisme et jeter au vent la paperasserie inutile, dont nous mourons, on pourrait s'inspirer u tilement des vues exposées par les associations de petits fonctionnaires qui proposent de judicieuses économies dans les services de contrôle et demandent plus d'initiative pour les agents d’exécution.

Une politique de production comporte la rationalisation de l'industrie, le perfectionnement. de routillage national : routes, chemins de fer, canaux, ports, stations électriques, etc. Pour encourager les compagnies d'électricité à transporter le courant dans les hameaux isolés, il faut proportionner la subvention qu'elles touchent au supplément de dépenses qu'elles doivent faire pour atteindre les agglomérations les plus modestes. Un office national de b électricité coordonnera toutes les activités et reliera les stations les unes aux autres, de manière qu'elles puissent échanger le courant, en cas de panne survenue à l'une d'entre elles.

L'utilisation du plan Dawcs pourrait nous permettre de mettre en valeur nos colonies et de nous procurer les matières premières et les denrées coloniales à meilleur marché.

Mais, surtout, il est temps de prendre, en faveur de l'agriculture, des mesures de défense et d’encouragement si l'on veut éviter le dépeuplement des campagnes et l'invasion de la main-d'œuvre étrangère. On ne retiendra le travailleur à la terre et on n'obtiendra une augmentation du rendement qu'en assurant au cultivateur un travail rémunérateur et des conditions d'existence dignes d'un homme moderne. À ce point de vue, la loi sur les assurances sociales, eu garantissant les travailleurs contre les risques de la vie, ranimera l'espoir au cœur des campagnes.

Secours contre les intempéries :

il importe que le petit cultivateur, dont la récolte est détruite par les intempéries et qui perd ai nid le fruit de son travail, puisse bénéficier d'un secours au même titre que le chômeur

des villes. Les deux situations sont analogues. Il est scandaleux qu'on ait pu Jusqu'à ce jour, découvrir aucune somme disponible, ni au budget de F Intérieur, ni au budget de l'Agriculture, pour indemniser le petit cultivateur victime des intempéries, alors que lui contribue à assurer, par son impôt, un secours aux chômeurs des villes. On devra améliorer la législation sur ce point.

Le droit de chasse :

Tl faut rendre la vie agréable dans nos campagnes et considérer les distractions saines, comme le moyen le plus -efficace de retenir la jeunesse à la terre. À ce point de vue, le plaisir de la chasse est particulièrement indiqué puisqu'il nous est fourni par la nature. La chasse est un des droits les plus anciens do l’homme; c'est un droit naturel qui remonte à la préhistoire. Or, certains abus aboutissent à une confiscation du droit de chasse au profit de quelques-uns et à une privation pour le petit chasseur. N’est-ilpas scandaleux, par exemple, qu'un métayer se soit vu dresser procès-verbal parce qu'il chassait sur la terre qu'il cultive? C'est pourquoi sans porter aucune atteinte au droit de propriété, je demanderai une mise au point de la toi sur la chasse dans Fmtérêt des petits chasseurs.

Conclusion :

Mes chers concitoyens, pour défendre l'agriculture, le commerce, le travail, il me suffit pas de vouloir, il faut encore ]5onvw. Ce n'est pas seulement avec de « F amitié » pour les agriculteurs et les travailleurs qu'on viendra à bout de la situation pénible clans laquelle ils se débattent. C'est avec de la science. C’est aussi avec de l'énergie et un minimum indispensable de moyens oratoires, la parole étant nécessaire à l'homme pour exprimer sa pensée et aæ volonté. Si vous voulez sauver la République et le Parlement — que d'aucuns commencent à accuser d'impuissance — et si vous voulez sauver vos intérêts généraux cl particuliers: menacés par la crise actuelle, sachez choisir votre représentant. Envoyez k la Chambre des Députés un ferme républicain et un homme capable de vous défendre.

Vive l'arrondissement de Civrayl

Vive la République démocratique!

Pierre COLOMB

Docteur eu droit.

Ancien avocat à la Cour d’appel de Paria,

Diplômé des sciences politiques et économiques.

Fabricant. — Entrepreneur,

Candidat Républicain radical désigné par le Parti,

Circonscription de LOUBUN,

M. SEVËSTRE

Elu hu deuxième tour de scrutin. — 5,782 voix*

Mes chers Concitoyens,

Âu moment où vous êtes appelés à choisir votre représentant au Parlement, je veux vous dire, loyalement, quelle sera mon attitude en face des grands problèmes qui solliciteront l'attention de la prochaine Chambre.

Maire de Maulay depuis 1919, deux fois élu au Conseil d’arrondissement par des majorités accrues, j’ai eu l’honneur de présider aux délibérations de cette assemblée jusqu’à la mise en application des malencontreux décrets qui rattachèrent Loudun à la sous-prélecture de Châtellerault et qui n'ont, je l’espère, qu’un caractère provisoire.

Ma candidature signifie que la génération issue de la guerre a le droit de s’occuper des destinées du pays. Je reconnais, cependant, toutes les difficultés de ceLte tâche, surtout quand il s’agit de remplacer, à la fois, deux grands parlementaires comme MM. Raoul Péret et Victor BoreL

La nouvelle loi électorale a supprimé, en effet, des circonscriptions rurales au profit de circonscriptions urbaines ou suburbaines et le Parlement comptera, en définitive, plus de députés que jamais alors que beaucoup avaient justement escompté en voir diminuer le nombre.

La République, désormais incontestée, est le régime de la souveraineté nationale et de la liberté personnelle contre la dictature des individus ou des factions* C’est la forme de gouvernement qui a résisté, victorieusement, aux secousses de la guerre et de l'après-guerre ; c est autour d’elle que doivent se grouper ceux qui, brisant le cadre périmé des vieux partis, entendent subordonner la politique au relèvement économique et à la prospérité du pays'

C est ainsi qu il convient de faire trire nos vieilles querelles et d’établir une entente sur les bases suivantes :

Neutralité absolue de l’Etat eu matière confessionnelle ;

Respect de la liberté de conscience et de la liberté d’enseignement ■

Respect de la propriété individuelle ;

Sécurité assurée aux travailleurs*

Partisan déterminé de îa paix, celle-ci ne peut être réalisée que dans la sécurité par le service d’un an, dans la justice par la réparation, dans la loyauté par le respect des traités, et dans la boeiété des Nations par 1 arbitrage. Je suis de ceux qui ont fait la guerre et & qui, comme 1 a dit M. Briand, en portant les traces sur leur corps, sont particulièrement qualifiés pour collaborer à la lutte contre la guerre, sans rien abandonner de leurs sentiments patriotiques ».

L’œuvre du redressement financier commencée sous le Ministère d’Unlon de M. Poincaré et basée sur la confiance, devra être continuée dans la prochaine législature*

Mais l’avenir financier est conditionné par l’avenir politique.

Les lourds impôts, acceptés dans des heures graves, ont surchargé le pays et entretenu la vie chère ; ils ne doivent pas avoir un caractère définitif.

11 faut refondre le bloc fiscal avec des principes plus démocratiques, plus équitables et plus simples.

Une bonne politique financière doit tenir compte du principe d'égalité fiscale ; elle ne doit pas brimer telle ou telle catégorie de citoyens ; elle doit éviter le gaspillage, ménager les deniers publics et assurer P équilibre budgétaire.

D’où nécessité :

De mieux aménager la masse des impôts indirects qui pèsent sur les travailleurs ;

De rejeter l'impôt sur le capital et la notion de P Etat héritier ;

De remplacer la taxe sur le chiffre d'affaires par une taxe unique à la production ;

De maintenir le forfait dans f évaluation des bénéfices commerciaux avec abattements â la base ;

De faire des économies par suppression des dépenses somptuaires et par diminution du nombre des fonctionnaires des administrations centrales en restreignant la paperasserie débordante ;

de supprimer la notion de rétroactivité en recettes comme en dépense?,

11 importe aussi de reviser nos dettes avec l'Amérique en établissant le parallèle de nos sacrifices et de ses bénéfices et de ne verser, en tout cas, à nos anciens alliés des sommes qui ne pourraient être supérieures aux prestations du plan Dawes,

li faut songer également à stabiliser notre monnaie en assurant sa convertibilité en orf à un niveau conciliant les intérêts du pays et des diverses catégories de citoyens*

Le Parlement pourra alors entreprendre la discussion des lois sociales attendues :

Lutte contre les fléaux sociaux (tuberculose, cancer) ;

Lutte contre le taudis et pour l'hygiène de l’habitation ;

Encouragements a la natalité et aux familles nombreuses ;

Organisation de la retraite du combattant sans création de ressources nouvelles j

Maintien de notre prestige intellectuel en permettant aux enfants bien doués et désignés par le concours de poursuivre leurs études ;

Réouverture des tribunaux fermes par l’institution du juge unique.

L'importance économique et sociale de l’agriculture qui est la profession de la moitié des Français ne deit pas être méconnue. Intéressé directement à sa prospérité, je souscris volontiers au programme qui favorisera la production tout en enrayant l'exode rural :

Enseignement agricole scolaire et postscolaire ;

Amélioration générale de la vie dans nos campagnes ;

Etablissement d’un régime douanier durable conciliant les grands intérêts économiques de la nation en assurant F équilibre entre J 'agriculture et l’industrie ;

Suppression de foute entrave à la libre vente des produits du soi ;

Adoption d'une politique économique permettant aux employeurs et aux ouvriers agricoles une rémunération équivalente h celle que peut donner l’industrie ;

Accession à la propriété par l'extension du crédit agricole;

Recrutement régional de l'armée.

Si j'ai l'honneur d'être votre élu, j'entends m'appliquer à îa réalisation de ce programme qui nécessite l'union par l’apaisement des vaines discussions de partis ; la paix en France

entre les Français m’apparaît comme indispensable au relèvement de ce pays qui a forcé l'admiration du monde par son courage et qui veuf tendre, dans Tordre et k sécurité, vers le progrès social le plus fécond.

Vive la circonscription de Loudun !

Vive la France !

Vive la République démocratique !

Docteur SEVESTRE

Chevalier de la Légfoït d'honneur.

Croix de guerre fl 14e Rég, tTInt).

Maire do Mauïay. — Conseiller dTar rond tsse ment, Gandidat d1 Union républicaine et diction sociale.

Circonscription de MONTMOKILLON,

M. Adrien ANDRÉ

Elu au deuxième tour de scrutin. — 10.720 voix*

Chers Concitoyens,

La consultation électorale du 22 avril présente un caractère de gravité exception neL

Le mécontentement qui sévit chez nous ne doit pas pousser les esprits aux résolutions extrêmes*

Le suffrage universel enverra à la nouvelle Chambre des hommes de réalisation pratique.

La politique a son importance. Nul ne saurait en disconvenir. Elle ne doit pas, cependant, subordonner h son action les questions économiques si Intéressantes de l’heure actuelle.

Notre pays, mal remis de la guerre, souffre d’uno crise pénible ; la circonscription de Montmorillon plus particulièrement encore. Il lui faut, au Parlement, un représentant habitué au contact des dures réalités de sa vie agricole et commerciale.

Si les circonscriptions de la province n’élisent pas un des leurs, ce n’est pas aux grandes villes qu’il appartient de le faire.

C’est dans cet esprit que, sollicité par mes amis politiques, je me présente à vos suffrages.

Electeurs, voici mon programme :

Politique générale et sociale.

Le régime républicain démocratique exige une affirmation continuelle.

La souveraineté du ^suffrage universel doit seule guider notre ligne de conduite politique.

Toute pratique avouée ou occulte de pouvoir personnel sera énergique ment combattue par les républicains*

Les lois laïques demeurent intangibles, La liberté de conscience, des opinions, également,

La démocratie veut se réaliser par une évolution réformatrice dans la collaboration de tous, non par la lutte des classes et des individus,

La neutralité de l'école doit être complète.

La République a besoin de toutes les forces que la lia tare met à sa disposition pour accomplir son œuvre. Âfiu d'élever son niveau moral, intellectuel et social, les enfants de toutes les classes de la société, reconnus aptes, ont droit à l’éducation intégrale,

La loi sur les assurances sociales garantira les travailleurs et leur famille contre la maladie, l'invalidité, la vieillesse.

La durée du service militaire d'un an pourra sans doute, dans l'avenir, cire réduite davantage, à condition que la défense nationale soit assurée.

De même, sans compromettre la sécurité du pays, il sera possible de diminuer les périodes militaires des réservistes et d’en envisager plus tard la suppression*

Les rigueurs militaires doivent être adoucies; la composition des conseils de guerre, modifiée; les jugements de ces conseils, révisés; les condamnés sans jugement pendant la guerre, r ébahi! t s.

Les sacrifices que les mutilés et autres victimes de la guerre ont consentis pour le salut du pays leur donnent droit à toute notre reconnaissance*

Politique financière.

L’équilibre de notre budget sera rigoureusement maintenu.

Toutes les économies possibles seront réalisées.

Les impôts sont écrasants et entravent le travail* La prochaine législature aura pour tâche de les réduire et de les répartir plus équitablement, plus justement*

L'impôt général et progressif sur le revenu devra être mieux appliqué.

L'impôt direct doit avoir la prédominance sur l'impôt indirect qui atteint si lourdement les consommateurs.

Avant de remplacer la taxe sur le chiffre d’affaires, inquisitoriale et génératrice de vie chère, un impôt à la production sera mûrement étudié. Une dégression à la base doit être envisagée pour les petites cotes; les relations du fisc avec les particuliers, améliorées; le système du forfait, étendu.

Enfin, l'ensemble des citoyens veut être protégé contre les trusts et l'accaparement*

L'association toujours plus étroite des diverses branches de la production sera favorisée.

P o l il iq il e a g r ic oie.

L’agriculture traverse un passage difficile* Le mécontentement des ruraux est général. Allons-nous laisser Ja barque agricole flotter à la dérive avant qu'elle ne sombre définitivement ?

La. prochaine législature doit à la terre tonie sa sollicitude.

Le dur labeur des champs implique l’amélioration du sort des cultivateurs*

Enrayer la désertion des campagnes, l’exode vers la ville est une question viLalc, L’organisation, l’amélioration do la production, la juste rémunération des travaux ou entreprises agricoles eu sont d'autres*

Il est nécessaire d'électrifier rapidement les campagnes, d'améliorer par des subventions nos chemins ruraux, de développer davantage notre enseignement agricole*

U faut intensifier remploi des engrais en faisant baisser leur prix trop élevé, et imposé par le monopole de quelques grandes compagnies.

Un crédit agricole plus étendu favorisera V accès à la propriété pour les travailleurs* Celle-ci es! un droit inviolable et sacré. Elle est le prolongement de la personnalité humaine et le couronnement du travail.

Il importe de développer les associations agricoles. L’heure est aux efforts collectifs, Ta venir à ceux qui sauront organiser leur production. Bref, sans négliger aucune des classes laborieuses, le devoir des républicains est de rechercher f amélioration générale du sort des habitants des campagnes.

Si le Gouvernement, par de justes interventions, relève leur condition, nul doute que ceux-ci lui en sauront gré* Ils ne manqueront pas de donner au pays, par l’intensification de leur production, la prospérité à laquelle il aspire.

Politique extérieure.

Le bien suprême, c’est la paix.

Nos gouverner. ts doivent employer tous les moyens pour éviter la guerre.

C’est rendre à leurs semblables un immense service*

La paix sera consolidée par le respect des traités et garantie par la Société des Nations. Cet organisme, dont la souveraineté s’imposera aux divers Etats, doit être perfectionné et étendu*

L’établissement d’une paix solide repose sur la conciliation, le rapprochement entre les peuples*

Electeurs,

Tel est mon programme*

Jugez-le en toute franchise, en toute sincérité. Et si, comme j’en ai le ferme espoir, vous me croyez digne de votre confiance, le 22 avril prochain, vous m'accorderez vos suffrages*

Vive la République démocratique !

Adrien ANDRE Agriculteur*

Membre de la Chambra départementale d’agriculture de la Vienne, Couse 1 1 i er d ’aïf ondîsseme n t .

Adjoint au maire de Béthinea,

Candidat républicain radies!

- ms -

Circonscription de POITIERS

M. Edgard de MONT JO JJ 1È lu a u ' premier feou r de e cru tin, — < 8 . 64 5 voix .

Depuis vingt-six ans, j’ai d'honneur de- vous iropréaenter à la 'Chambre des Députés ; .ce long mandat- dort L j' évoque Je souvenir>ayee me recoonaissanoe profonde .pour votre amicale ©ûB&nc^cbitemejdi^ienfiarid«d©^gU!^d^daration3 ôt d inutile promesses.

Républicain loyal lettsmcème,.] ai toujours -cous id éré que la République avait pour raison d'être îa liberté. Qu'elle nous devait à tous toutes les libertés : liberté de conscience et respect de toutes les croyances, liberté d’enseignement et d’association, liberté du commerce, de l’industrie et du travail*

Qu’Elle avait le droit d’assurer la paix à l'intérieur et à* l’extérieur, la sécurité ét Tordre, de donner *au pays un budget en. équilibre, des Finances administrées avec économie et honnêteté,

Qu’Elle devoir avoir aussi le souci constant d’accroître la prospérité nationale ; d’améliorer, par tous les moyens possibles, 'le sort des "déshérités de la fortune et de faciliter aux travailleurs l’accès à la propriété*

Ces principes, mes Chers concitoyens, m’ont toujours guidé. Ils me guideront encore, si vous me continuez votre confiance.

Sans m’attarder à de vaines récriminations sur des erreurs ou des fautes commises, je dis seulement — c’est, du reste, un Fait reconnu par ses adversaires — que le Gouvernement d’Union nationale présidé par M/ Poincaré est le seul qui, depuis la guerre, dit réussi l’opération, considérée comme presque impossible, de -redresser notre situation financière, et ce Gouvernement, je m’honore de l’avoir inlassablement soutenu de mes votes*

Qui donc pourrait oublier ou méconnaître que le 24 juillet 1926, jour où il prit le pouvoir, le franc rie valait plus que dix centimes*

Xes indations ,s accédai eu t a ux inflations. Xe Trésor était aux .abois - hes fonds publics s'effondraient. Xa panique, signe précurseur des révolutions, s’étendait déjà sur la T rance tout entière*

Vingt mois se sont à peine écoulés et déjà nous devons à ce Gouvernement d’Union nationale de voir Ja confiance, revenu^ des budgets ,en équilibre. Le franc remonté au double de sa valeur et de monde .du travail enfin délivré ale Taqgoiesan te instabilité des .changes qui paralysait son labeur.

11 appartiendra à la prochaine législature d’achever cette tnu vrq , de ;salut public.

Elle ne saurait être réalisée que par l’union de tous ceux qui ont soutenu le Ministère Poincaré et sont résolus à continuer sa politique en dehors de tout contact avec les colleeUvistes, les communistes ou leurs alliés, ennemis avoués de la richesse acquise, de la petite épargne, et même de la petite propriété rurale,, dont ils veulent îa destruction, ennemis aussi de l’ordre: social indispensable à l’existence même du pays.

Des principales directives de la prochaine législature je vous dirai :

Qu’à l’extérieur, elles devront £tre la continuation de notre politique de paix, dans le cadre du traité de Versailles approuvé parle Sénat tout entier en février dernier, politique, que :tout accroissement de la Société des Nations, tout traité d arbitrage ne peuvent que

renforcer, étant bien entendu que nos alliances seront maintenues, que notre armée basée sur le service d'un an; les rengagements et les réserves, sera solidement organisée, que r Allemagne ne saurait se soustraire à ses obligations envers nous et qu'aucun territoire occupé ne soit abandonné sans compensations qui garantissent notre sécurité et le payement des indemnités qui nous sont dues.

Au point de vue financier :

L'Etat doit être honnête et tenir scrupuleusement tous ses engagements.

En outre, rien ne doit être négligé pour amoindrir les charges excessives ou injustement réparties qui frappent le contribuable.

Dans cet ordre d'idées, la réduction au minimum des industries d'État et des monopoles, si préjudiciables au Trésor, s'impose ainsi que la suppression des fonctions inutiles de même que la révision de l’impôt sur les bénéfices industriels, commerciaux et agricoles dans un esprit de modération, notamment par un abattement à la base.

La taxe sur le chiffre d'affaires, sujette à tant de contestations entre le fisc et le contribuable, et dont 1* application met Fun et l'autre en état de perpétuel conflit, devra être remplacée, après une étude approfondie mais poussée avec la plus grande activité possible.

Dans l'ordre social ;

Respect à la propriété individuelle.

Respect et dévouement aussi à toutes les institutions ayant pour but de procurer à chacun plus de bien-être.

Aide et protection aux anciens combattants et victimes de Ja guerre, aux mutilés du travail, à 1 artisanat, à la famille et spécialement aux familles nombreuses, à la natalité, à F épargne, aux œuvres de prévoyance,

Miée en œuvre de la loi sur les assurances sociales, avec le concours notamment des organismes privés.

Développement de 1 instruction à tous les degrés; bourses accordées, sans limitation de nombre, à tous les enfants de parents peu fortunés lorsque, par feur intelligence et leur labeur, ils auront été reconnus aptes à recevoir renseignement secondaire et supérieur.

Lutte contre le logement insalubre, foyer de maladies destructives de la race ; contre la tuberculose.

Au point de vue agricole :

In s Lit u lion et. maintien d'un régime douanier favorable à l'agriculture éprouvée en ce moment.

Extension du crédit agricole; de l'électrification des campagnes, de renseignement agricole.

Protection de la petite propriété; diminution des impôts qui la frappent.

Abattement, à on minimum de faveur, du prix de transport des engrais et des machines agricoles.

Suppression de toute entrave à la vente des produits du sol.

Electeurs,

Vous aurez à choisir entre deux politiques :

Y une, celle du cartel des radicaux socialisants et des socialistes dont ils sont les prisonniers*

Elle conduirait la France à la faillite et la ramènerait infailliblement à Fabime si elle triomphait de nouveau.

Elle provoquerait, à coup sûr, la chute définitive de notre monnaie et nous conduirait

-fatalement à la lutte des classes, à la vacance de la légalité, sœur jumelle de la dictature communiste, peut-être à la guerre civile.

L’autre, la politique d’union nationale, dont vous connaissez les heureux résultats.

En envoyant siéger au Sénat ses défenseurs ; MM. Péret, Boret et Dupkntier, vos délégués sénatoriaux l’ont déjà acclamée et conduite à la belle victoire du 11 janvier 1927.

Électeurs, ,

Cette politique est la mienne. Vous en confirmerez le 22 avril l’éclatant succès et je puiserai dans votre confiance déjà tant de fois affirmée des forces nouvelles pour servir, avec un inaltérable dévouement, ce programme national et démocratique qui seul peut assurer la prospérité de îa France par la conquête de tous les progrès et Je respect de toutes les libertés.

Vive la République î

Edoakd de MONTJOU

Maire de Marçay. — Conseiller général.

Député sortant.

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