‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 327 sur 336 · ALGER · texte numérisé non relu

ALGER

lr8 circonscription d’ ALGER

M. LA.QUIËRE

Élu au deuxième tour de scrutin. — 13.570 voix.

Citoyens,

Je me présente aux élections législatives prochaines dans la lre circonscription, seul candidat ayant reçu l'investiture :

1° De la Ligue républicaine nationale, président M, Maginot, ancien Ministre de la Guerre ;

2* De la Fédération républicaine de France, présidée par M;. Marin, Ministre actuel des Pensions;

3* De T Alliance démocratique, présidée par M, Ratier, du Sénat, et dont le président d’honneur est M, Emile Loubet, ancien Président de la République.

Je suis encouragé à solliciter vos suffrages par le nombre considérable de voix que vous avez bien voulu m'accorder en 1924.

Depuis, le Cartel a démontré son impuissance, son danger, et n’a tenu aucune de ses promesses; beaucoup de citoyens, enfin, ont compris qu’ils avaient été trompés.

Je puis affirmer que je n’ai jamais varié dans mes idées. Avant les élections de 1924 comme après, j'ai soutenu la politique intégrale de M. Poincaré.

Rappelez- vous, au contraire, que M. Fiori, Poincariste au premier tour en 1924, a, depuis, soutenu le Cartel. Tout récemment encore, et à deux reprises, il a voté pour la mise en liberté des députés communistes légalement condamnés pour crime contre la patrie.

Ce que je suis :]

Un Algérien dont la famille est en Algérie depuis 1833,

J'ai 40 ans.

Avocat à la Cour d'appel depuis 1904, conseiller général, maire de Saint-Eugène, président de la Ligue républicaine nationale du département d’Alger ; Croix de guerre.

Les groupements qui m’ont donné l'investiture prouvent que je suis nettement républicain.

J'ai une indépendance absolue, je ne dois rien h personne, je n'ai d'engagements avec personne et surtout pas avec M. Duroux, sénateur d'Alger, chef du Cartel,

No 3814

M<m Programme,

Seul, j'ai le droit de revendiquer le titre de Candidat républicain d1 Union nationale*

Mes concurrents appartiennent au Cartel néfaste, dont la politique a été condamnée ainsi par le Président du Conseil, le 2o mars 1928, à Bordeaux I

« Nos finances étaient de plus en plus avariées, les caisses du Trésor s'étaient vidées,., ».

fc Je me demandais, avec anxiété, s'il n’était pas trop tard pour nous sauver du désastre dont la France était ménaeée. * . »

« La Chambre elle-même venait d'entendre au seuil du Palais-Bourbon les rumeurs da la foule, »

Elu, je soutiendrai fermement le Gouvernement Poincaré, pour le relèvement de notre France, le maintien de la paix intérieure, de la paix extérieure, dans le respect de nos droits et de notre dignité.

Lois sociales ;

J’ai un programme social et mieux encore un programme de paix sociale.

Jé préconise la collaboration légale et fraternelle entre le capital, le travail et l'intelligence.

Je désire le développement des sociétés d’habitations à bon marché, de crédit immobilier et de jardins ouvriers pour assurer un logement sain.

Je veux le bien de famille insaisissable et exempt d’impôts avec modification du maximum de la valeur.

La mise au point de l'organisation professionnelle et des syndicats est à prévoir dans un esprit de progrès.

11 ne faut pas oublier que c'est la Chambre du Bloc National qui, par la loi du 1 2 mars 1920, a donné aux syndicats la pleine capacité civile.

Il convient de développer les syndicats mixtes entre patrons et ouvriers et de multiplier les contrais de travail entre les syndicats ouvriers et patronaux.

La- loi de huit heures doit rester intangible ; mais la réduction des heures de travail ne doit pas restreindre la production nationale. A une époque nouvelle doivent s’adapter des méthodes nouvelles : la standardisation et la rationalisation.

La loi sur les assurances sôeîalesVest un progrès, mais incomplet, il sera bon de reprendre l’œuvre. Sa mise en application doit être assurée en respectant tous les intérêts en cause.

Je désire l'extension deschambres de métier, des caisses de compensation, ainsi que l'amélioration de l'artisanat. C’est la Chambre de 1919, encore, qui a établi le crédit à l’artisanat et qui a exonéré les petits artisans de ) impôt sur le chiffre d'affaires et sur les bénéfices commerciaux et industriels,

La lutte contre les maladies sociales, spécialement contre la tuberculose, doit être menée vigoureusement.

La famille ;

Je puis en parler : j’ai quatre enfants.

Il est indispensable de favoriser les familles nombreuses : par la réduction des impôts et des charges militaires ; par des primes croissantes à la natalité ; par l'entretien gratuit par l’Etat à compter du quatrième enfant; par le payement des frais de naissance et de maladie ; par la diminution des frais de succession.

La famille doit être sauvegardée par une répression sévère 'des propagandes anticoncep* duomielles et pornographiques.

Le vote des femmes :

J’en suis .parlisen, car la France doit enfin admettre une réiorme déjà consentie par dix-sepL peuples. Je ne comprends pas pourquoi la moitié des habitants rf aurait pas' droit à participer à la gestion des intérêts de la Nation* La femme française a fait ses preuves pendant la guerre*

L'école ; la religion :

L ’ E i a i ?doi t ê tr e . I a ïque * ; La ici té s i g jaifi e me u trali té sans parti pris * Le domaine de la conscience esLsacré* iNul n'a le droit .d’y pénétrer*

L'esprit vraiment républicain exige la tolérance réciproque et la liberté entière*

L’école publique aussi doit être laïque, mais rien ne s’oppose à l’enseignement libres justement au nom de la liberté*

L'enfant appartient à ses parents ; ils ont droit de le faire élever suivant leur idéal*

Tout ceci est,; d’ailleurs , • conforme aux principes .posés par AL Poincaré, dans son discou rs de B o rdo a urx du sm ars 192 8 *

Victimes de la guerre ; anciens combattants ; prisonniers ;de guerre; pensions :

De grands discours on Uété prononcés; les 'intéressés préféreraient des . actes plustlarges. Pour moi, adoptant la proclamation de la Confédération nationale de la France f meurtrie et combattante ;

Je prends l’engagement de voter lajus tement des pensions suivant l'indice du coût delà vie; la péréquation des pensions de veuves au taux des invalides de 50 0/0.

La suppression descatégorisations s'impose,, l'augmentation des pensions doit être établie proportionnellement au pourcentage des invalidités, suivant les principes mêmes de la loi du 31 mars 1,919*

Les mutilés, d’après guerre (S jirie, Maroc) méritent de .voir réparer les injustices dont ils sont l'objet*

Les .prison mers .blessés doivent recevoir l'indemnité compensatrice de la pension qu’ils auraient, obtenue s’iîs n'étaient pas tombés aux .mains de l'ennemi après leur blessure*

Pour réaliser ces désirs primordiaux de ceux auxquels la France doit tout, il ne faut pas .oublier cette déclaration de M* Poincaré ; a La question des pensions des victimes de la guerre est 'Liée, au sort du, pays »*

Retraités :

Leur situation mérite aussi une attention sérieuse, surtout en Algérie. Ils peuvent être assurés de mon concours. Ils connaissent, d'ailleurs, mes sentiments*

Fonctionnaires :

Ils u' oublieront pas que. c'est .le .Ministère d'Union nationale qui a . réalisé .en 3 grande partie leurs justes revendications *llls ont, un intérêLmajeur à envoyer à la. Chambre .un représentant qui soutienne, kipolitique Poincaré, c'esbà-dire la valeur du, franc et son pouvoir d’achat*

Les fonctionnaires, que j’ai souvent défendus, peuvent compter sur moi.

Mamne :

Mes amis marins savent combien je les aime. Toujours je me suis occupé d'eux. J© leur promets, mon appui spécialement pour l'amelioration des retraites et invalides. Les questions maritimes, le développement de notre marine m'intéressent au plus haut point.

Les arts; les sports :

Une République doit être instruite, amie des arts en même temps que forte. 11 convient donc de s'intéresser aux choses de l’esprit, aux arts, aux sports. J y porterai un intérêt particulier. En ce qui concerne les sports, vous me permettrez de rappeler que je suis’ un des créateurs du stade de Saint-Eugène, Je suis président d’une des pkuv anciennes sociétés de gymnastique.

La chasse mérite une^mise au point sérieuse en France et en Algérie, Comme président de la Fédération des trois départements algériens et de l'Union syndicale du département d’Alger, il vous paraîtra que je peux être utile.

Questions algériennes :

An premier rang, il faut poser le principe de la suppression définitive de toutes querelles de race ou de religion. Il n’y a qu’un peuple algérien, Français de cœur et d’esprit. Pas de catégories.

Travaillons tous ensemble, il y a de quoi occuper tout le monde.

S'il appartient aux Assemblées algériennes de conduire les destinées économiques de l’Algérie, encore leur faut-il le concours des parlementaires pour mener à bien leurs efforts.

Elu, ma collaboration sera d'autant plus e flic ace que j'ai eu l'honneur, pendant six ans, de siéger dans ces Assemblées.

Je peux même avancer que, seul parmi les candidats, je suis passé par tous les rouages algériens : mairie, conseil général, délégations financières, conseil supérieur.

La chambre de commerce, Je syndicat commercial savent que1 j'ai toujours eu le plaisir de collaborer avec eux. En 1921, j’ai eu l’honneur d’obtenir les félicitations delà Chambre de commerce sur la question des transport maritimes.

Vous estimerez peut-être que ces différents mandats ou fonctions m'ont donné 1 expérience nécessaire.

La Charte algérienne, ne1 correspond plue aux nécessités de notre époque.

Nos assemblées sont à modifier dans leur statut. Elles méritent plus large confiance et plus gr a Jid s p ou v oins.

Une déaeuiralisation. s’impose poqç certaines attributions du .Gouverneur général. Il est in admissible. que des projets purement algériens ne soient pas solutionnés sur place puisque c’est le budget algérien qui paye.

Les relations commerciales, industrielles, agricoles entra la France et l'Algérie doivent être réglées de façon à n'amener aucune injustice à notre détriment, aucune charge

vexa Loire-

Dans l'application des lois métropolitaines à J’ Algérie, le vote de nos parlementaires doit être de veiller davantage aux intérêts algériens.

Nous ne devons pins revoir des* anomalies qui froissent* des erreurs qui préjudicient.

Certains de mes. concurrents vous parlent des impôts. Gela Indique leur ignorance, car les députés algériens qni votent les Impôts en France, ne peuvent , pas s’occuper de la question en Algérie où les questions financières sont réservées aux Assemblées algériennes.

Je me suis efforcé. Citoyens, de me. montrer à vous, tel que je suis. Vôus pouvez être certains de ma loyauté, de mon honnêteté, de, mon activité.

D'ailleurs, au moment grave, dont nous approchons, les idée? seules doivent retenir votre attention.

Rappelez- vous, en votant, le désir exprimé par M. Poincaré dans son discours de Bordeaux ;

« Si Ton estime que nous sommes dans une mauvaise voie, il faut nous désavouer ( « sinon, il faut choisir des représentants qui s’engagent à nous soutenir, »

Si vous voulez bien de moi, je serai un de ces hommes,

Vive la France I Vive l'Algérie 1

Raymond LÀQUIERE

Avocat à la Cour d'appel d'Alger,

Conseiller général, — Maire de Saint-Eugène*

Croix de guerre.

Candidat républicain d’Oruon n a Lion ale.

2* circonscription dJ ALGER.

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