‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 331 sur 336 · M. MOLLE · texte numérisé non relu

M. MOLLE

Élu au premier tour de scrutin. — 11.861 voix»

Mes chers Concitoyens,

Vous connaissez l’homme qui se présente devant vous. Le 11 mai 1924, ii sollicita vos suffrages, et dès ce moment il vous fit prévoir l'effroyable danger que courrait le pays s’il s’abandonnait à la cupidité et aux appétits des partis de gauche, groupés en Cartel.

A ce moment, il vous supplia de ne point abandonner M. Poincaré, ce grand citoyen qui s'est acquis des titres immortels à la reconnaissance de tous les Français, en sauvant la Nation de l'effroyable cataclysme financier qui la menaçait.

Hélas, vous ne l'avez pas écouté. N’esLil pas juste de soutenir aujourd'hui que si la majorité du Parlement eût été composée d'hommes comme lui au lieu de ceux que vous lui avez préférés, la France eût é vite l'expérience affreuse du Cartel, cette expérience qui lui a coûté 17 milliards et demi d'inflation, c'est-à-dire une inflation égale à celle que la guerre tout entière avait nécessitée.

Que cetle leçon du passé vous serve au moins pour l'avenir. Choisissez avec soin le candidat que vous enverrez siéger au Palais Bourbon. Vous éviterez ainsi les lourdes fautes et les coupables erreurs qui ont marqué la précédente législature, lir - y* **

Électeurs,

Par mon passé, par les témoignages répétés de ma clairvoyance, parla lutte inlassable que j’ai soutenue contre ces partis qui « n'ont pas d’ennemis à gauche », et qui, sous prétexte de progrès, sous prétexte d’une justice sociale dont les balances sont faussées à l'avance par les ennemis du peuple, mènent à la ruine tous les Français sans exception, riches ou pauvres, par cette lutte qui m'a placé périlleusement au premier rang de la défense des intérêts sacrés des consommateurs^ je suis parvenu à enrayer dans notre cher Oran, ce glissement fatal que l'on constate dans presque toutes les grandes villes de France, et qui nous conduit insensiblement vers la Révolution.

Je suis arrivé à faire comprendre au corps électoral populaire d’une grande ville de pins de 150.000 âmes que son véritable intérêt n'est pas de se porter toujours aveuglément vers le même point de 1 horizon politique ; et, grâce à mon action, une majorité d électeurs appartenant en grande partie à la classe ouvrière, a su enfin déjouer les calculs perfides de ce a capitalisme révolutionnaire » qui, posté au point vital de notre régime politique., poursuit inlassablement l’asservissement économique de la nation.

Que les arguments utilises pour arriver à un pareil résultat n'aient pas été du goût de ces politiciens exploiteurs de la crédulité populaire, qu’ils aient gêné dans ses calculs cette phalange de pillards et de mercantis qui, sous le couvert d'une fausse a république se sont rués à la curée de la France, il n’y a rien de surprenant à cela.

Mais les bons citoyens, les bons Français, notre bon peuple oranais et oranien, qui a puisé dans les sources de la latinité un esprit sain, un instinct admirable de la conservation, ceux là doivent m'être reconnaissants de mon action, ceux-là doivent me continuer inlassablement la confiance qu’ils m'ont si généreusement accordée jusqu’ici.

Voici maintenant les points principaux du programme que je défendrai si vous me faites l’honneur de m'envoyer au Parlement :

Politique générale.

Je m’engage à soutenir sans faiblir la politique de M. Poincaré et à me ranger en toute circonstance derrière cet éminent homme d'Etat.

Je suis qualifié pour prendre cet engagement.

En effet, alors que le Conseil général d’Oran votait, le 20 octobre 1924, une adresse individuelle de confiance et de sympathie à. M. Herriot, Président du Conseil et chef indiscuté du Cartel, qui venait d’abattre M. Poincaré ;

Alors que les parlementaires de FOranie reniaient publiquement M. Poincaré, dont ils s’étaient recommandés pour se faire élire ;

Alors que Fun d'eux déclarait notamment, le 20 octobre 1920, dans la salle des fêtes du Continental, au cours d’une manifestation à laquelle assistait M, B oltiix Basset, manifestation organisée par Le Comité du commerce et de lJin du strie : u Ni mon collègue ni moi, n'avons jamais été les hommes de Poincaré. 5» (Voir Echo d l()ran, du 27 octobre 1925, n° M.dâl , deuxième page] ;

Alors que le Conseil général, dans sa séance du 18 octobre 1926, votait une adresse collective de confia noe englobant M. Poincaré et les Ministres cartellisles qu’on lui avait imposé et qu’il accepta avec une abnégation, un esprit de clairvoyance et de sacrifice sans précédent ;

Alors que ce même Conseil refusait par contre de voter une adresse individuelle à Ml Poincaré, alors qu'il l'avait fait en 1924 pour M. Herriot, Ministre du Cartel ;

Je soutenais le grand Français de toute mon âme, dans la mesure de mes faibles

moyens d’action. 1

Et c'est ainsi que le 12 février 1924 je faisais voLer, par le Conseil municipal d’Oran, une adresse de félicitations et de sympathie à M. Poincaré*

Que le 20 octobre 1924, au Conseil général, je refusais, seul, de m’associer à une adresse de confiance à M. Herriot, Ministre du Cartel, (Voir comptes rendus des délibérations du Conseil général, session d’octobre, p. 16.)

Que le 18 octobre 1926 je votai, au Conseil général, la motion Jaulîret, comportant une adresse « individuelle » de confiance à M. Poincaré, adresse refusée par la majorité du Conseil général, comme je Fai écrit plus haut. (Voir compte rendu des délibérations du Conseil général, session d'octobre, p, 28.)

Que le 26 octobre 1926, je n'assistai pas à la manifestation du Comité du commerce et de F industrie et que je la réprouvai dans le journal dont je suis le directeur politique.

Cette fidélité à la politique de M. Poincaré dans le passé est le gage de ma fidélité il sa politique pour l'avenir. Elle constitue il elle seule tout un programme de politique étrangère et de politique intérieure sur lequel je ne m'étendrai pas davantage.

No 3814

Politique sociale.

Trop de français appartenant à la classe moyenne ignorent l'importance primordiale de cette question tant au point de vue de h justice et de l'humanité qu'à celui plus terre à terre de leurs propres intérêts.

Alors quon abandonne sottement à la démagogie déchaînée par les plus hautes puissances financières de la planète, les territoires insoupçonnés que sont l'esprit et la conscience populaires, il faut, sans se lasser, s'attacher à les explorer, il faut savoir utiliser pour leur conquête les armes mêmes que les implacables exploiteurs du peuple emploient avec l'infernale habileté que l'on sait.

Le peuple français a besoin de logements salubres. Il faut poursuivre une politique d\* logement.

Le peuple français a besoin de réformes économiques profondes modifiant les conditions du travail à l'avantage commun du salarié et de l'employeur, il a besoin d'une législation libérale du travail : respect de la loi de huit heures, réorganisation de l’inspection du travail, extension et amélioration de la législation des prud'hommes, mise en application rapide et amélioration progressive de la loi sur ïassurance-maladie, etc.

Il faut poursuivie une politique de réformes économiques féconde, car le peuple français a besoin d'être défendu contre la vie chère.

Je prends rengagement formel, si je suis envoyé au Parlement, de m’associer pleinement à toutes les tentatives de législation qui seraient proposées dans ce but. Dans ce compartiment de la politique sociale, mon passé répond de mon avenir.

Le peuple français veut que tous ses enfants, même ceux dont les familles n'en possèdent pas les moyens, reçoivent une éducation proportionnée à leurs aptitudes et à leur application; il veut que, sur le terrain de l'éducation, une égalité complète existe entre tous, riches ou pauvres; il exige que le problème de l'instruction gratuite reçoive enfin une solution digne d'une grande démocratie comme la nôtre.

Je prends rengagement de m'associer k toutes les mesures qui seront proposées dans ce but.

Quelques-uns ont cru voir, toutefois, dans les projets de lois déjà mis sur le chantier à ce sujet, une menace qui consisterait à associer à ce que l’on a appelé « l’école unique » une tentative d’étranglement de la liberté de renseignement

Je prends l'engagement de lutter énergiquement contre une pareille tentative. Ge serait une honte pour un grand peuple comme le nôtre de voir refuser à une catégorie de citoyens ce que, d'autre part, le traité de Versailles a solennellement accordé à certaines minorités ethniques de la Pologne. Si cet affront nous était infligé, je trouverais, j'en suis certain, dans cette admirable population oranaise, qui me soutient avec tant de persévérance et d'énergie, toute l'aide morale nécessaire pour protester et lutter contre une aussi honteuse abdication de nos droits.

De tous les dangers qui menacent le peuple français, le plus grave est indiscutablement la diminution de la natalité.

Si je suis élu député, je m’engage à lutter énergiquement contre ce fléau. Les moyens les plus efficaces consistent à protéger les familles nombreuses par tous les moyens et, en particulier, par les mesures suivantes :

Relèvement des allocations de la loi d'encouragement à la natalité;

Généralisation des allocations familiales professionnelles;

Institut et prix nationaux à la natalité ;

Institution du vote familial, etc.

Pour donner des enfants au pays et pour le défendre demain, il nous faut aussi des

hommes Torts et robustes. Je ferai tous mes efforts au Parlement et ailleurs pour encourager le sport sous toutes ses formes.

Politique algérienne*

La politique algérienne ?e résout presque uniquement dans des questions d'ordre économique, Qr, la grande et, pourrait-on dire, l'unique richesse de notre belle colonie repose *ur la production agricole.

Chaque foh que j'ai eu l'occasion 4® le faire, j'ai proclamé bien haut l'étroite solidarité qui unit les travailleurs de la ville et les travailleurs des champs, les producteur? du §ç>I et les consommateurs de l'atelier,

Est-il besoin, en effet, d'insister beaucoup pour comprendre que la prospérité de grand port do l’Ouest est liée à celle de l'agriculture dans son hinterland ?

Los années de- sécheresse et de sous-production sont, pour les citadins, des années Calamiteuses au même titre que pour les colons entreprenants et courageux qui voient perdre en quelques jours le. fruit de leur travail.

Comment, dans ces conditions, un seul de ces électeurs ruraux qui appartiennent è !a lrc circonscription d’Qran, pourrait- il croire un instant que ses intérêts ne seront pas convenablement défendus au Parlement si le maire da la grande ville voisine y était envoyé ?

[1 est inutile d'insister sur une pareille question, et, pour me résumer, je prends l'engagement formel dta défendre énergiquement et sans aucune exception, toutes les rçvçndi^ cations agricoles, numérotées de un à dix dans le texte qui m’a été soumis par 1$ Fédération des syndicats agricoles de L’Oranie et qui est ainsi conçu *

i” Maintien intégral du régime de l’Union douanière avec la métropole sans aucune dérogation et sans aucun contingentement, et conséquemment suppression de la double taxe sur ïe chiffre d’affaires.

2° Révision des coefficients des tarifs douaniers appliqués aux produits agricoles entraînant leur relèvement pour les mettre à parité avec ceux applicables aux produits industriels et rétablir ainsi la protection d'avant guerre.

3* Liberté absolue d'exportation à l'étranger de tous les produits agricoles et sans limitation,

4° Augmentation de la production agricole par la mise à la disposition des producteurs de semences et d’engrais appropriés à bon marché,

5* Réduction des frais de transport des produits agricoles par terre et par mer et tarifs de pénétration, Bi H - >■■■■ ..

6q Encouragement à la coopération et h ïa mutualité sous toutes leurs formes,

7® Limitation des monopoles d'Etat pour que celui-ci ne se substitue pas aux initiatives individuelles.

8° Reboisement des pics et des mamelons dam les terrains impropres à la culture. Répression énergique de» menées boîchevistes et communistes,

10° Le Parlement français accessible aux seuls Français élus par des citoyens français.

Je ndassocie entièrement aux légitimes revendications des cheminots oraniens ot en particulier à celles qui ont pour but d'exiger lanification des réseaux sur tout le territoire algérien. Je me déclare prêt à me mettre toujours è îentière disposition des travailleurs du rail pour soutenir leurs dioifs et leurs justes exigences.

Il existe une autre question qui intéresse particulièrement U département d’Oran, c’est : Oran tête de ligne du Transsaharien.

Est-il besoin de dire que je m'associerai de toutes mes forces aux efforts qui seront tantéa dans ce but en commun par toute la représentation de l'Oranie au Parlement,

Enfin, en ce qui concerne plus particulièrement la ville d’Oran, je m'efforcerai par

mon intervention inlassable à faciliter la marche de nos affaires municipales à travers le maquis administratif»

Ï1 est encore un dernier engagement que je prends solennellement devant vous c'est, de m'opposer avec la dernière énergie au vote de la loi tendant à la naturalisation en masse aux Israélites marocains ou tunisiens, loi qui aurait pour effet de donner la nationalité française aux nombreux sujets tunisiens et marocains habitant sur le territoire algérien.

Électeurs,

Je vais donc affronter la lutte le dimanche 22 avril prochain. Vous pouvez être certains que mon programme de défense française, latine, contre l'envahissement d 'influences indésirables sera énergiquement poursuivi. Si j'en juge par les résultats obtenus aux dernières manifestations électorales, vous ne demandez pas autre chose. Vous savez que là est la vérité, là est le salut du pays»

Si le succès couronne mes efforts, je serai à la Chambre ce que j'ai été à la mairie d'Oran, un défenseur énergique des intérêts du peuple, des intérêts de la nation étroitement solidaires les uns des autres»

ï/arme que j 'utiliserai pour cette défense consistera à dénoncer inlassablement h chaque occasion, les agissements des puissances occultes, qui nous manœuvrent* Je proclamerai cette vérité, hélas, trop peu connue et qui consiste à affirmer que plus un homme politique tend à se solidariser avec les partis d'extrême gauche, plus sûrement Ü est vendu à la finance et à la mercante.

Électeurs,

Dans ceüe dernière bataille, vous soutiendrez sans défaillàncè Thôtriitté qui vous a menés si souvent à la victoire* Vous ne permettrez pas que l'édifice si laborieusement élevé par lui depuis ces dernières années s'écroule et ensevelisse sous scs décombres vos franchises et vos libertés»

Si le docteur Molle succombait sous la coalition immorale qu'on a tenté de dresser contre lui, ce serait le retour vers un passé abhorré, ce serait à nouveau la chute prochaine et irrémédiable dans un esclavage dégradant, dont il Vous a libéré»

Electeurs or&nais,

Électeurs latins,

Nous nous comprenons tous» Serrons les rangs et marchons à Tassant pour la France, pour la République des Français,

Vive îa France libérée de i&t chaînée î

Vive l'Algérie !

Vive TÜranie 1

Vive la République I

Docteur J. MOLLE

Maire d’Oran, — Conseiller général.

Candidat Ôù répubiicaîh démoÈHtidtté indépendant.

2e circonscription d'ORAN*

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