LA GUADELOUPE
îra circonscription.
M, GAN DAGE
Elu au deuxième tour de scrutin, — 5,834 voix..
Cli ers Concitoyens,
Après seize ans d’action méthodique et d'une politique pleine de résultats appréciables pour la Guadeloupe, je ne vous exposerai pas un long programme» Mon passé répond de mon avenir. Je n’ai jamais connu ni défaillance ni trahison, c’est vous dire que si votre NsÇônffànce me maintient à la Chambre des Députés, je continuerai de défendre avec passion le&’iqtérêts de la grande et de la petite patrie. Je ferai tout ce qui dépend de moi pour mériter ^davantage l’éloge que M. Raymond Poincaré ,, Président du Conseil des Ministres, m’adressai! publiquement à la séance du U décembre 1927 :
« M, G ra tien. C and ace a parfaitement raison de dire que, quand il défend les interets des colonies, il défend les intérêts français.
« Nous sommes tous dTaeeord avec lui sur ce point ^ nous. sommes ment pour rendre hommage à Fardeur~et au patriqüsme^ lesquels il détend les intérêts coloniaux et les intérêts français. (Très bien ! très, bien ! ) »
Pour le maintien de ï1 Union nationale :
Àu point de vue national, je placerai toujours mon action dans le1 sens des grands intérêts de la France. Mon mot d’ordre restera toujours : d’abord servir notre mère commune la France, qui nous a fait monter des profondeurs de l'ignorance et de la souffrance vers la lumière de la liberté et de la justice. La meilleure façon de la servir est de poursuivre la politique d’union nationale que M* le Président Raymond Poincaré a inaugurée en juillet 1926, avec le concours dé tous les chefs de parti républicain. C’est l’union qui a permis de gagner la guerre, c’est Pu ni on seule, qui permettra de gagner complètement la paix. Donc trêve de discorde entre les partis de gouvernement. Il faut placer l'existence t l'intérêt supérieur de 3a Patrie au dessus des préférences doctrinales. En face du danger, qui menace le patrimoine commun, tous les bons Français ont pour premier devoir de s'entendre pour le sauver. Le mot d’ordre doit être : la France au-dessus de tout ef par dessus tout.
L’œuvre de demain, - — Le redressement financier et economique ;
Si vous me renvoyez au Palais Bourbon je donnerai par mes actes et par mon vote tout mon concours et toute ma confiance aux hommes de gouvernement, qui e a tend root poursuivre avec méthode et une inflexible volonté l'œuvre de redressement financier et. de restauration économique entreprise depuis août 1926. La prochaine législature devra résoudre notamment la stabilisation du franc, le réglement des dettes extérieures, le réajustement des impôts trop lourds et mal répartis pour les classes pauvres et les classes moyennes, îa réorganisation économique de la nation, la mise en valeur de toutes les ressources de la France continentale et de la France coloniale, le développement de tout notre outillage économique, notamment de notre marine marchande, de nos ports et de notre réseau routier avec l'appoint des prestations en nature servies par l'Allemagne.
Contre le communisme ;
J’ai été de ceux qui ont dès la première heure apporté l'appui le plus énergique à la politique d union nationale, j’y resterai fidèle, de même que je resterai attaché à toute politique, aidant à l’évolution de îa démocratie et au progrès social dans Tordre et dans la légalité. Je continuerai de combattre tontes les doctrines subversives, qui ne se concilient pas plus avec 1 amour et la défense de la Patrie qu'avec les libertés, et les lois, qui constituent les assises fondamentales de la République et de ses institutions.
Pour la politique de paix :
Partisan de la politique de paix, dont M. Aristide Briand est un des plus prestigieux artisans, je désire en tonte circonstance que la volonté pacifique de la France se concilie avec le souci de sa sécurité et de sa défense. C'est pourquoi j'ai donné ma pleine adhésion à la reforme militaire en cours. Toute la politique sociale et économique de demain aura intérêt à s’inspirer dans une large mesure des résolutions votées par le Conseil national économique, auquel il pourrait être donné dans un avenir prochain un caractère constitutionnel.
Pour les colonies en général :
En ce qui concerne noire politique coloniale, je continuerai de la servir ci de la défendre avec ce dévouement, qui m'a valu tant de témoignages de sympathie de mes collègues à la Chambre et de fous les milieux coloniaux français.
La ïcgrsbjfnre de 1928 Résoudre le m *r * ■■ i . ■ n n ■ n rv— a ^ 1 , i ^ ^ p T p f . n \ î r> n par*
ementaire des colonies. Il faut que la prochaine exposition coloniale soit la consécration des libertés accordées aux indigènes évolués sous la tutelle maternelle de la Nation protectrice en même temps que la manifestation d'un prodigieux effort économique accompli par la France selon la formule heureuse de sa politique d’association.
Pour la Guadeloupe :
Nous poursuivons pour la Guadeloupe la politique de développement et de prospérité économique, dont les résultats obtenus au cours de seize années de législature sont appréciés de tous.
L aisance et la richesse des uns font malheureusement apparaître dans toute son acuité îa misère du plus grand nombre. Si le crédit à long terme, appliqué au Crédit agricole, s impose sans délai pour permettre en toute sécurité et en toute confiance la constitution et le développement de la petite propriété rurale, soit par T acquisition individuelle, soit par système des concessions domaniales, il n’est pas moins urgent de rechercher le moyen d aider à la création de banques populaires, favorables à l’agriculture à l'artisanat, au petit commerce et à îa petite pêche côtière.
Pour une politique sociale hardie :
L'Etat, la colonie et les particuliers devront conjuguer leurs efforts pour donner une impulsion aux œuvres sociales à la Guadeloupe. ïl n'est pas admissible qu'il n\y ait ni maternités, ni crèches, ni aucun de ces organismes protecteurs de la mère et de l'enfance dans un pays, où la natalité est très grande mais où aussi la mortalité est effrayante. Les hospices et les hôpitaux entretenus par la colonie ont besoin de l'aide de l’Etat et des partie culiers. Les asiles de vieillards sont encore à i’état embryonnaire. Partout des foyers de misères physiques et morales appellent h générosité de ceux qui peuvent. Il faut sans tarder organiser une véritable croisade contre toutes les plaies sociales, qui rongent une partie de nos populations. Contribuer à entretenir et à développer la santé morale et physique de la masse, c'est contribuer à augmenter la production et le bien-être général du pays.
Si vous me maintenez au poste de combat et d'action que j'occupe j’ose le dire sans crainte, avec dignité, je seconderai ou prendrai toutes les initiatives, tendant au développement des œuvres d'assistance et d’hygiène, de l’enseignement pubLc dans les villes, les bourgs et les hameaux, à une meilleure organisation de l'enseignement secondaire et de l'enseignement professionnel dans nos principales villes»
U est indispensable de faire de renseignement post-scolaire et de l’éducation des adultes une obligation de façon à éclairer le plus grand nombre sur îa portée des lois telles que celles sur les syndicats professionnels, sur les accidents du travail, sur les coopératives de production et de vente, sur les habitations à bon marché, sur les assurances sociales, sur l'aide aux familles nombreuses, etc.
Lne politique économique hardie et féconde doit nécessairement avoir pour corollaire une politique sociale et hardie, profitable à toute la démocratie laborieuse.
Chers Concitoyens, je vous demande de me renouveler votre confiance pour que je poursuive sous les auspices de l'union et de l'apaisement la politique d’action économique, de solidarité et de paix sociale, à laquelle je suis fidèlement attachée depuis plus do seize ans.
Vive la France !
Vive îa République l
Vive la Guadeloupe l
Gratiin CÀNDÀCE
Député sortant.
- ÿirpP^réaidgBfr-rte Tfl Coq
de J& ChamB rendes Députés.
Rapporteur des budgets de la Marine marchande et de la des invalides de la mariée»
Membre de la Commission des boisson?.
2° circonscription*
M. GEAE VJE
Elu au premier tour de scrutin. — 8 .026 voix*
Chers amis,
<i Boisneuf est mort; il .est bien mort 3 » C'est l'aboiement, moins de sauvage satisfaction que d’appétit exaspéré, de la meute des adversaires du parti se ruant à ia curée 1 Quelques-uns manœuvrent; lotis se trompent.
Boisneuf, en effet, n’est pas mort* il est vivant ; ci doit vivre, des générations encore, dans 3a mémoire et la vénération de ses concitoyens \ Un homme qui fut grand comme lui, ne mourrait vraiment que si tout ce qui fut lui, ses idées, son oeuvre, devait être enseveli dans le tombeau. Et c'est parce que je vous barre la route; pitoyables fossoyeurs qui pensiez ensevelir aussi F esprit et le parti de Boisneuf, que vous bavez de la sorte 1
Amis, c’est à vous que je m’adresse, amis personnels sans doute, amis politiques surtout, amis de Boisneuf î pas à vous, adversaires injustes et irréductibles, qui me donnez la pieuse satisfaction de vous retrouver tous contre moi, sans discrimination de poil ni de couleur; et qui eussent tous été contre mon chef, mon frère et mon ami, s’il avait été vivant et combattant votre troupe hypocrite, ingrate et scélérate î
Boisneuflstes, un congres qualifié de votre parti m'a désigné, par 79 voix sur 90 votants, pour succéder à Boisneuf, comme porte-drapeau et candidat de F Union républicaine aux élections législatives dans l'arrondissement de Pointe-à-Pitre, Ce congrès a-t-il bien fait? A-t-il, au contraire, mal fait ? Vous devez tenir jalousement a en être les seuls appréciateurs*
Quel droit ont-ils donc à critiquer le choix fait de ma personne par des « boisneufistes », les adversaires éternels. du parti et de son chef, qui feignent de me combattre parce que blanc et usinier, mais qui auraient, avec autant d’acharnement et de mauvaise foi, combattu le nègre et F avocat Boisneuf, apêtre de sa race, charnu ion de son parti ? Paix, effrontés 3 Vous n’avÇz pas vo i ffivtons dé lamüie LArriére les fourbes 3 Vous ne hJi'llmi la main sur le parti de Boisneuf î
Boisneufistes, pour qui donc allez-vous votez? Sera-ce pour le Lazare d’une politique morte et enterrée, par Boisneuf et vous mêmes, après qu'elle vous a, Jvous et lui, tant fait souffrir ? Pour l'homme de 1996 et do 1910 ? Ou pour le grotesque échantillon d’humanité en qui Boisneuf n'a reconnu qu’une « indécrottable bourrique » ? Sera-ce pour le jeune « sauteur »,sî jeune et déjà stupide, contempteur de Boisneuf et même de Schœchèhr, pantin à la ficelle maintenant cassée, que Liraient, en 1926, les puissances d'argent et les forces de réaction, pour faire échec à Boisneuf et au parti ? Ou bien pour îe « communiste honteux», adversaire camouflé en ami, qui n'a eu de critiques que pour Boisneuf, et qui serait aujourd'hui, si Boisneuf eut vécu, candidat contre lui comme il est candidat contre moi 7
Boisneufistes, vous voterez pour votre parti, pour le candidat do votre parti, votre candidat.
Amis, si un congrès, ou rentrait une poussière de blancs, une poignée d’hommes de couleur, une énorme majorité de noirs, m'a choisi, moi « blanc et usinier p, à la quasiunanimîté, ce n'est évidemment pas pour faire simplement, à ia Guadeloupe et à la France, la démonstration que dans le parti de Boisneuf l’on n’est pas L’esclave des contingences de
races ni de classes. Il faut, encore que, dans mou passé, Tentait rencantré quelques mérites, que, dans ma vie an milieu de vous et dans mon caractère. Ton ait trouvé des garanties à Finèigne confiance qui m'est avancée, que Ton ait mis enfin en mon activité, mon entregent, mon amour-propre, T espoir des réalisations dont le pays et la démocratie ont soif.
J'ai un programme complet : politique, économique, social. Complet: ce qui ne veut pas dire qu'il ne puisse et ne doive, suivant les circonstances, être complété.
Ma politique locale, c’est celle de Boisneuf, la nôtre, dans la voie tracée par Boisneuf,
avec l’exempte de Boisneuf. Politique de liberté . et de sincérité des élections, de désintéressement, et de probité des élus, d entente et de fraternité des ^citoyens, au-dessus des pré¬
jugés de races et des antagonismes de classes, de nivellement par en haut, dans le développement matériel , intellectuel et moral, de prospérité et de paix, enfin dans le travail fécond et la rémunération équitable.
Ma politique métropolitaine sera celle du parti radical et radical socialiste, auquel était inscrit Boisneuf, qui a pour chef actuel Daladier, le Ministre des Colonies de 1924,
T exécuteur du bandit Jocelyn-Robert, le libérateur de Boisneuf.
Un soldat qui, comme moi, a fait la guerre, en a connu les souffrances, en a vécu les horreurs, ne peut être désormais qu’uri pacifiste, même quand il demeure im patriote.
Un patriote qui suit avec admiration l'œuvre de redressement financier poursuivie par le Président du Conseil, M. Poincaré, ne pourra qu'offrir, comme les trois quarts du groupe parlementaire radical et radical socialiste, son modeste appui au grand Français devant qui tous s’inclinent, sauf la vermine des communistes sans patrie, pour son fervent amour du pays, sa lumineuse intelligence, sa haute confiance, sa probité immaculée.
Mon programme économique est vaste, ambitieux même. 11 m eût effrayé si je ne savais pas pouvoir compter sur le concours zélé et démesurément puissant de mon grand ami le sénateur Henry Bérenger, avep qui j’espère pouvoir l'amorcer largement avant les élections municipales de 1929 et le mener ensuite rapidement h bonne fin.
L’essentiel de ce programme suffirait à remplir honorablement une législature :
^\Aménager, dans le lit d’une rivière du Petit-Bourg, d'énormes réserves d’eau, créer une dlv^plu sieurs usines hydro-électriques, devant donner à la Grande-Terre entière la lumière et, meme aux fabriques de sucre, l'appoint de force mécanique dont 3e besoin se fait sentir chaque année davantage avec la pénurie embarrassante du bois*
Donner une solution pratique au problème de l’eau, lié dans certaine mesure à celui de la force;
Attraire ici une société de travaux publics, puissamment pays tfmjt en droit d'attendre l’exécution ‘Correcte* cco^uniiqu
soit pas astronomique, du grand programme d'utilisation des prestations allemandes en nature, avec Lout ce qu’il comporte d’avantages et de progrès matériel, notamment de belles et de bonnes rentes : l'assainissement, la transformation, la modernisation de nos villes et do nos bourgs, au premier rang de la capitale Grandeterrienne, Pointe-à-Pitre ; les ouvrages d'art, les usines, les bâtiments d’exploitation, les édifices coloniaux et municipaux, les maisons particulières, t’ habitation à bon marché !
Les idées ne m’ont jamais fait peur, qui soient sur la voie du progrès humain et de la justice sociale.
Défenseur intraitable de la propriété individuelle, je considère 3’acccssion du prolétariat à la propriété de la terre, — la propriété type, — comme la barrière la plus efficace à Tentrée chez soi des idées subversives, de l’anarchie et de la ruine communiste. Je suis donc, par sagesse autant que de cœur, partisan du morcellement des terres domaniales. Je préconise en outre l'acquisition à l’amiable et le lotissement aussi par la colonie de celles des terres qui ne sont pas indispensables, ni même utiles, à la vie 'et au développement des centrales sucrières de la Grande-Terre.
La stabilité et la paix sociales, et la seule assimilation vraiment souhaitable, sont, selon
moi, dans l'application ici, sans les modifications que les conditions spéciales de vie et d'organisation rendent nécessaires, de toutes les lois métropolitaines de prévoyance et de solidarité. JTy tiendrai la main.
D'aucuns me traitent de fou dangereux, qui devraient êt re les premiers à me eom^ prendre et à me soutenir, s’ils n'étaient des sots à la vue basse et au cœur atrophié. Pour ceux-là, « boisneufistes », je dois être, paraît-il, plus mauvais encore que Boisneuf ! Relevons ensemble l'insolence, ï’înjustice, le blasphème I
Amis, je voudrais simplement me montrer digne, et je saurai me montrer digne, de votre choix, — que seul Boisneuf a rendu possible, — d'un blanc pour succéder au plus grand et au plus noble des noirs.
Bois neufis tes, au drapeau î
Tous aux urnes le 22 du présent mois !
Pour le Parti I
Pour Boisneuf I
Et vive Boisneuf, toujours I
E. GRAEVE
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