‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 51 sur 336 · E, FLANDIN · texte numérisé non relu

E, FLANDIN

Député sortant.

Vice-Président du Conseil général.

Chevalier de la Légion d'honneur* — Croix de guerre. Candidat d1 Union nationale républicaine.

Circonscription de VIRE,

M. CAUTRU

Mes chers concitoyens,

Le 22 avril, vous serez appelés, dans le cadre de l'arrondissement, à élire un représentant à la Chambre des Députés.

Fort de la confiance qu'à deux reprises déjà vous m’avez témoignée, je sollicite T honneur de vos suffrages.

La France a connu, depuis quatre ans, des heures graves. L imprudente politique suivie au début de la législature, sous la pression socialiste, a profondément troublé le pays. Une crise monétaire sans précédent, la vie plus chère, les impôts plus lourds, le crédit de TÉtat compromis, Tordre menacé — cependant quà T extérieur la guerre éclatait en Syrie et au Maroc — tels ont été les navrants résultats d’erreurs contre lesquelles les représentants du Calvados n’ont cessé de s’élever.

Le péril est aujourd’hui éonjuré. Le Gouvernement d’union nationale qui s est constitué le 23 juillet 1926, sous la présidence de M. Raymond Poincaré, a rétabli la paix extérieure et commencé T œuvre nécessaire du redressement financier. Le budget en équilibre, la partie la plus angoissante de la dette publique librement consolidée, son amortissement progressif désormais assuré par une Caisse autonome^ les cours de nos rentes relevés, notre monnaie nationale protégée contre les mouvements des changes et de la spéculation : tout nous permet d’envisager l’avenir du pays avec confiance.

L?œ livre commencée doit être poursuivie.

Elle ne s’achèvera que par l’effort soutenu et coordonné du travail et de la production.

La prospérité de l'agriculture est la condition essentielle du bien-être gênerai, 11 faut donc assurer au cultivateur une légitime rémunération de son travail, éviter 1 endettement

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de 3a propriété familiale et fortifier rattachement des travailleurs à la terre, en rendant la vie rurale plus douce et plus agréable.

La production industrielle ne peut s’intensifier sans une confiante collaboration du patron et de l’ouvrier, à l'abri d’une législation généreuse et humaine qui donne aux uns et aux autres la sécurité du lendemain. C’est à celte pensée que répond la loi sur les assurances sociales, qui protégera le travailleur et sa famille contre les risques de l'existence, tout en lui garantissant une vieillesse à l’abri du besoin.

Le commerce est l’agent naturel des échanges et de la circulation des richesses. Les pouvoirs publics lui doivent la sécurité, la confiance et l’amélioration continue de notre outillage national, des routes régulièrement entretenues et des tarifs ferroviaires mieux entretenus.

Mais le développement économique du pays serait vite paralysé, si les impôts votés en 1926 sous le coup d’une impérieuse nécessité, ne devaient pas être à bref délai mieux aménagés .

Une fiscalité excessive décourage ie travail et l'épargne,

La compression sévère des dépenses publiques obtenue par une simplification hardie des méthodes administratives; la diminution progressive des charges budgétaires par un amortissement annuel de la dette, et les versements croissants de l'Allemagne en exécution du plan Dawes permettront, sans compromettre 1 équilibre budgétaire indispensable au salut du fianc, de modérer les impôts et notamment certaines taxes de consommation qui pèsent lourdement sur les foyers modestes et les familles nombreuses.

Les procédés d inquisition dont s'accompagne le recouvrement de certains impôts et notamment les visites domiciliaires chez les houilleurs de cru, contre lesquels j’ai tant de fois protesté, sont proprement intolérables et doivent disparaître de notre législation*

Ces mesures de sagesse et de justice exerceront une heureuse influence sur la prospérité générale et permettront à îa République de poursuivre l’œuvre sociale qui demeurera son honneur, de marquer sa sollicitude aux victimes de la guerre et aux anciens combattants auxquels le pays doit son indépendance, et de développer l'instruction à tous les degrés et notamment les écoles professionnelles et d'enseignement technique, afin d'assurer à notre démocretie l'élite dont elle a besoin pour diriger ses destinées.

Cette œuvre de progrès et de réorganisation sociale ne pourra s'accomplir que dans Tordre et dans la paix.

La France veut la paix,

La Société des Nations poursuit à Genève, non sans difficultés, une entreprises géné reuse à laquelle nous devons coopérer loyalement et de toutes nos forces, mais nous devons en meme temps assurer notre sécurité. L'armée doit être assez forte pour protéger nos frontières* C’est à cette condition que le service d'un an, que .j’ai voté, pourra être appliqué.

Mes chers concitoyens.

Depuis que vous m’avez confié un mandat politique, j’ai conscience d’avoir travaillé de toutes mes forces, en parfait accord avec tous vos élus, au maintien de l’union et, de la concorde, sans autre souci que celui de l'intérêt public.

Républicain sincère, je répudie tout esprit d'intrigue et de faction. f ^[çnve'^an^e aux travailleurs, juste pour tous, respectueuse des libertés par lesquelles s affirment les droits de la conscience, respectueuse aussi de la propriété individuelle qui est la légitime récompense de l’effort personnel el de l’épargne, la République assurera par J Union nationale, dans l'ordre et la paix, la grandeur et la prospérité de la Patrie.

Camille GÂUTRU

Maire de Lagsy* — Député sortant* Candidat dUnîon républicaine nationale

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