M. BRUN
Elu au deuxième tour de scrutin, — 5.994 voix.
Citoyens,
Pendant près de vingt-deux ans, j’ai eu l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés. Ce fut le temps, où grâce à une politique sage, prévoyante et audacieuse à la fois de justice sociale et de progrès démocratique incessant, la France a connu une ère de prospérité sans exemple, que vous fait mieux apprécier, hélas 1 et regretter davantage, le dur contraste de temps nouveaux.
L’horrible guerre est survenue, bien que le Parlement de cette époque ait tout fait pour F éviter, saris rien négliger cependant pour préparer la défense de notre territoire contre F agression toujours menaçante d’un empire de proie. La victoire, si chèrement et si douloureusement acquise, a laissé noire glorieuse Patrie cruellement meurtrie, accablée de tristesses, de deuils et de ruines, épuisée par les formidables dépenses de la guerre, qu’avaient encore accrues, dans des proportions effrayantes, les abus scandaleux, les honteux gaspillages, que, personnellement, durant les cinq années de mon dernier mandat, je n’avais cessé de dénoncer à votre indignation et à la vigilance trop souvent distraite des pouvoirs publics,
11 incombait aux élus qui nous avaient succédé, la mission redoutable, j’en conviens, difficile, de panser les blessures, de relever ces ruines et de réparer ces fautes.
Les cruelles déceptions que vous a laissées leur gestion ; la comparaison qu’ont pu vous suggérer les conséquences désastreuses de leur imprévoyance et de leur coupable incurie; les sollicitations pressantes des fidèles républicains, qui, pendant près d’un quart de siècle, m’avaient accordé leur confiance et m’avaient vu à l’œuvre, au sein de vos assemblées représentatives, m’ont déterminé à sortir de ma retraite et à venir, une fois de plus, solliciter vos su if rage s.
À défaut d’expérience, vos élus de 1919 n’avaient pas su profiter des avertissements des anciens. Le Bloc national a laissé s’accomplir l’orgie ruineuse des régions libérées ; il a fermé les yeux sur la continuation des gaspillages et l’augmentation toujours croissante de la dette publique, qui, en quatre ans de paix, s’est accrue de près de 120 milliards. II n a eu que le triste courage de chercher dans des emprunts incessamment renouvelés, les ressources nécessaires à ses formidables dépenses et de dissimuler ses responsabilités dans le système biennal d’un double budget constamment déficitaire.
Oublieux de leurs promesses, réduiLs aux mêmes expédients, les dirigeants du Cartel ont continué, pendant deux ans, cette même politique d’incurie financière, absorbes d ailleurs par les grosses difficultés extérieures qu’ils s’efforçaient de résoudre.
11 faut certes les louer, d’avoir, par les accords de Londres, de Geneve et de Locarno, collaboré, précieusement, à l’organisation de la Société des Nations, qui, esperoos-le, noua gardera pour toujours des cataclysmes sanglants qui déshonorent l’humanité.
II n’en reste pas moins déplorable que le Cartel ait été, en définitive, condamné à une imnuissance toLale, par l’alliance électorale inconsidérée qu’avaient contractée les radicaux,
défenseurs de l ordre social, des libertés républicaines et du droit de propriété avec les doctrinaires de la l'évolution sociale et de l’expropriation collectiviste, qui, après avoir su capter leurs suffrages, s’étaient empressés de leur tourner le dos.
Ces déplorables abandons devaient avoir les inévitables conséquences, que seuls quelques esprits clairvoyants avaient su prévoir et s’étaient, en vain, efforcés de conjurer’ L’émission de nouveaux emprunts usure ires d’où s écartait de plus en plus l’épargne nationa!e alarmée ; la dépréciation persistante de notre monnaie dont la valeur toujours décroissante faisait prévoir l'irrémédiable chute finale ; la défiance non dissimulée de nos anciens alliés, au crédit desquels nos gouvernants avaient fait tant de fréquents appels ; Je refus par la Banque de continuer, à nos gouvernants, les avances périodiques dont ils avaient du jusque-là consentir l'humiliante acceptation, devaient fatalement amener la débâcle qui se
produisit en juillet 19.20 et qui allait acculer notre infortuné pays à la banqueroute et à la révolution. * ^
Ü ne patriotique et quasi miraculeuse intervention nous a épargnéces calamités suprêmes • dans un sursaut de virile énergie, M. Raymond Poincaré sut grouper, en quelques heure, autour de lui, pour une œuvre magnifique de rénovation nationale, les hommes d'État les plus avertis et les plus éminents, dont la présence au pouvoir allait ramener de toutes paris, une confiance qui semblait à jamais perdue. Ensemble ils ont entrepris une tâche formidable de redressement financier que leurs premiers efforts, comme il* le proclamée l eux-mêmes, n'ont lait qu ébaucher ei que la prochaine législature aura pour miss-ion d’achever.
/ r ogra mme fi n a n ci er *
Le budget national, unifié et équilibré, fait maintenant apparaître avec clarté, une situation qui reste grave, mais qui n’est plus désespérée.
^ L enorme dette Ooltante constituée par le» bons à court terme, qui était, pour notre trésorerie, une menace redoutable et permanente a été partiellement résorbée, ou convertie en bons à échéance lointaine*
Le système des emprunts à jet continu a été enrayé et le remboursement de notre 01 mi 1 j C e^e Publique commencé, grâce à la création de la Caisse autonome d 'amortis-
se nie n c on i au ra cependant assurer 3a dotation annuelle par des moyens financiers plus
La stabilisation de fait de notre monnaie a été opérée ; mais il demeure regrettable quon ait pas osé effectuer une stabilisation légale définitive, condition indispensable de securité pour .1 agriculture, le commerce et l’industrie; mais qu’il faudra pourtant accompagner de quelques équitables compensations, instituées au profil des malheureuses victimes de la dévalorisation du franc.
y os heureux résultats n’ont pu être hélas.! obtenus, que par une énorme aggravation des impôts déjà trop lourds et mal répartis, qui sont ainsi devenus une, charge difficilement huppais «r e pour les petits contribuables; qui, dans certains cas, .risquent de dévorer et
°? e a ma^ L‘re imposable, qui, spécialement, en ce qui concerne les impôts de
consommation, pèsent si lourdement sur les classes laborieuses et menacent de les aftamer.
Lette œuvre fiscale nécessairement imparfaite et injuste, parce qu’improvisée hâtivement, en un jour de malheur, doit être complètement refondue
évnî,!l,faUt '''^T eintièrement les imPôts agricoles qui, injustement, établis, basés, sur des ions cadastrales inexactes ou périmées et de prétendus .bénéfices inexistants, mettent
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je cultivateur dans Fim possibilité de faire face aux nécessités de son exploitation, en tm moment où la production agricole doit être, plus que jamais, accrue et encouragée*
Il faut aussi reviser le régime fiscal du chilfre d'affaires et des bénéfices commerciaux, qui, en incorporant à la matière imposable des taxes trop lourdes et indéfiniment répétées, doivent inévitablement, de même que les majorations abusives et réitérées des tarifs de transports, perpétuer la cherté de ta vie*
Ces améliora lions semblent pouvoir être réalisées sans rompre l'indispensable équilibre budgétaire et, en attendant que l'exécution du plan Dàwes apporte à la France une partie hélas 3 dérisoire des justes réparations dues par T Allemagne, au moyen d'un meilleur aménagement de l'impôt général sur le revenu, comportant l'inexorable répression des fraudes et des évasions fiscales, et, s'il y a lieu, un renforcement des taux progressifs de l'impôt sur les successions, la seule modalité pratique, désormais acceptable, d'un prélèvement sur le capital, au moment où il passe du patrimoine du défunt aux mains de son héritier*
Programme politique, et social*
La solution de ccs difficiles et graves problèmes financiers, qui est la clé "de voûte de toute la politique générale et de notre relèvement national, ne doit cependant pas absorber exclusivement toute l'attention et toute la vigilance de vos futurs législateurs.
Elle est aussi la condition nécessaire des lois humanitaires qui doivent apporter aux travailleurs un peu de bien être et leur assurer la sécurité du lendemain,
La loi sur les assurances sociales qui vient d'être votée et qui doit les mettre à l'abri de tous risques et de toutes épreuves résultant d'accidents, du chômage, de la maladie, des infirmités et de la vieillesse, est aussi une œuvre incomplète, à remanier, ne serait-ce que parce qu’il n’y a été prévu aucun des moyens financiers nécessaires pour en assurer l'exécution.
Ce devoir impérieux de solidarité sociale ne doit pas, d’ailleurs, nous faire oublier d’autres obligations, encore plus impérieuses, et la créance privilégiée qu’ont acquise sur la France ses héroïques combattants, blessés et mutilés, les veuves, les orphelins et les ascendants de ceux qui sont tombés sur les champs de carnage ; de tous ceux qui, au prix d’indicibles souffrances, ont sauvé la Patrie, nos libertés et nos biens.
Il faut donner satisfaction entière à leurs justes revendications, notamment par l'ajustement intégral du taux des pensions aux exigences incessantes de la cherté de la vie.
La législation républicaine a enfin réalisé; dans ce pays, la paix religieuse; mais elle ne peut être consacrée que par le maintien intégral des lois laïques, se conciliant avec le respect intangible de toutes les croyances et de l'entière liberté du culte.
La réduction du service militaire à un an, dont l’expérience tirée de la guerre a démontré la possibilité sans que la défense nationale en soit compromise, vient d'être^ également adoptée; mais il importe que cette mesure si bienfaisante à la famille et qui doit ramener au plus vite, au sol natal, les bras jeunes et vigoureux dont il a tant besoin, ne reste pas davantage subordonnée à des conditions dilatoires inacceptables.
P rog Fa mm e dép a r tem en laL
En ce qui concerne la question se rattachant directement à la prospérité de notre département, je place au premier rang de mes préoccupations ;
L'électrification, déjà trop retardée, de nos campagnes;
La construction effective de la ligne de chemin de fer Argentât — Pleaux— Salers, que j’ai eu jadis, après de longs et laborieux efforts, la satisfaction inexprimable de faire déclarer d'utilité publique et dont je tenterai d’obtenir la transformation en ligne h voie normale.
Une plus raisonnable et plus équitable dotation des concours cantonaux, spéciaux et
région aux de notre belle race de Salers, que la dévalorisation du franc a fait tomber à des chiffres ridicules.
Enfin, le rétablissement de nos tribunaux d’arrondissement, dont la suppression arbitraire, autant qu’inattendue, que des parlementaires, indifférents ou résignés, n'ont osé ni réprouver, ni ratifier, ne se justifie pas même par une raison d’économie appréciable des deniers publics, et demeure une cause de ruine commerciale pour notre chef-lieu, de trouble et de dépenses onéreuses pour tous les justiciables du département.
Chers Compatriotes,
Pour continuer l’œuvre immense et difficile du relèvement matériel et moral de notre Patrie, il faut au Parlement des hommes d’énergie et de volonté, mûris par l’expérience des affaires publiques, par la méditation, par l’observation attentive et vigilante des événements tragiques que nous avons traversés et des conséquences toujours angoissantes qui en sont résultées; également exempts des préoccupations mesquines d’un égoïsme étroit et des otopies malfaisantes d’un idéalisme dangereux*
A vous de dire, par votre verdict souverain, s l’heure est venue de me rendre la coufiance dont vous m'avez si longtemps honoré.
Vive la République!
Vive la France qu’elle a sauvée î
Fernand BRUN
Ancien député.
Maire de Riom. — * Conseiller général.
Président du Comice agricole#
Avocat à la Cour d'appel do Paria.
Officier du mérite agricole. — Chevalier de la Légion d’honneur.
Circonscription de MURAT — SAINT -FLOUR ,
M. de CASTELLANE
Élu au deuxième tour de scrutin. — 8.700 voix.
Mes chers Concitoyens,
La France est en présence d’une série de problèmes de la solution desquels dépendent 3a prospérité publique, l’essor économique, le progrès social et la conservation de ce que chacun possède. 1
Le peuple français ne veut plus se laisser gouverner par les mêmes formules, par les memes passions, par les mêmes ruses verbales que jadis.
L’expérience de 1924 lui a suffi.
Il considère aujourd’hui que pour conserver et accroître tous les biens matériels, sociaux et moraux qui sont le juste fruit de son travail et d’un long efîort familial et nationa , 1 oit être représenté au Parlement par des hommes qui, par leur renom, leur tradition, leur fidélité à un programme clair et franc, incarnent l’ordre dans le progrès.
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Par tout mon passé politique j1 appartiens à ce grand parti de Tordre qui vient de sauver la France de la banqueroute et qui est seul capable de lui rendre la confiance dans î|a venir et de lui donner conscience de sa véritable force.
Voici mon programme.
Réorganisation administrative :
P Je veux une refonte complète de l’Etat, réalisée par la délimitation de ses attributions, la modernisation de ses organes et le renforcement de son autorité.
2fl Je venx une réforme administrative basée sur les besoins économiques et Les transformations sociales de la France d'aujourd'hui.
Elle doit favoriser le développement des forces provinciales, faciliter les relations et transactions de région à région t et donner aux petits centres urbains qur sont l’armature du pays un nouvel essor.
C’est pourquoi je réprouve et je combattrai par tous les moyens en mon pouvoir, la réforme judiciaire qui a supprimé les tribunaux de Sai'nt-Ftour eide Murat, sous le prétexte d’économies inexistantes et qui se traduit au contraire prjr un supplément de dépenses certaines pour le contribuable.
La réforme administrative doit régler la question des fonctionnaires.
Ils doivent être moins nombreux, être payés comme il convient pour pouvoir servir pEtat avec *èle, et être dotés d’un statut qui les protège contre le favoritisme ou contre le ressentiment des partis.
Les impôts :
3° Je veux une refonte complète du système des impôts, seul moyen d’espérer uns réduction progressive des charges fiscales.
La fiscalité actuelle ne s’inquiète que du total des recettes à encaisser.
Elle ne se préoccupe pas suffisamment des répercussions sociales qu’elle entraîne.
Ainsi sous le couvert de l’impôt sur les successions, les fondements même de la famille française sont détruits.
Sous le couvert de la taxe sur les mutations, le patrimoine rural est dévoré par le fisc, et la terre devient la première victime du prélèvement sur le capital.
Sous le couvert de la taxe sur le chiffre d’afïaîres, le petit commerçant tracassé et accablé finît par se décourager.
Les commerçants de détail ne devraient pas être astreints à cette taxe.
Ils devraient egalement obtenir un abattement à la base au même titre que toutes les autres catégories de contribuables des professions non commerciales, car ils ont besoin pour vivre, comme l’ouvrier ou l’employé, d’avoir à leur disposition un minimum de ressources net d’impôts.
Il faut en résumé que les deniers publics soient administrés avec la conscience de la peine qu’ils ont coûtée à gagner par les contribuables.
Je veux la suppression de tous les monopoles qui n’ intéressent pas la Défense nationale, comme celui des tabacs et celui des allumettes. Cette mesure permettra une augmentation considérable des recettes fiscales par une gestion meilleure que celle de TEtat, et une diminution sensible du nombre des fonctionnaires.
Au point de vue économique :
1° J’appuierai de toutes mes forces, une organisation rationnelle de la production et du crédit.
Seul, le rendement intense de toutes les branches de T activité nationale, peut nous permettre de faire face aux charges écrasantes de la guerre et de tenir notre rang dans la concurrence des peuples.
Mais pour produire davantage, il faut vendre davantage, pour vendre davantage, il faut développer le marché intérieur cl étendre les marchés extérieurs.
2° D’où nécessité d’avoir une politique douanière qui tienne compte de l’infinie com.plexité de la production nationale et nous fasse bénéficier de toutes les possibilités internationales»
3° Une politique économique et une politique douanière exigent l’utilisation de toutes les compétences techniques de la nation.
Je suis donc partisan d’une organisation professionnelle plus complcLe et d’une collaboration méthodique des professions organisées avec les pouvoirs publics.
Les syndicats et les chambres corporatives ne doivent pas se borner à défendre leurs intérêts particuliers.
L'intérêt général doit bénéficier de leur expérience par le moyen des Conseils consultatifs régionaux et nationaux ;
4° L’agriculture occupant 20 millions de Français sur 40 millions et formanL l’assiette de notre économie nationale a droit à la sollicitude éclairée du Parlement et du Gouvernement.
Les cultivateurs longtemps délaissés n’ont obtenu satisfaction que quand ils ont fait entendre leurs plaintes.
On leur a donné satisfaction par des mesures, contradictoires, incohérentes, et par suiteinopérantes, 1
Ils ont droit aux mêmes égards, à la même protection et au même appui que les autres branches de ^activité économique.
Pour que cette protection et cet appui soient efficaces, il faut une politique agricole, cest-a-dire une connaissance complète, clairvoyante et prévoyante de l’ensemble du problème rural.
Or, une politique agricole est à la fois une politique technique et une politique internationaie.
, Meconnaitre ce fait' c esl vouer à l’impuissance et promettre aux paysans ce qu’onn est pas capable de leur donner.
Une politique agricole doit avoir pour but pratique.
a) De conjurer les crises de prix et de mévente.
h) De maintenir le prix des denrées commerciales et des produits industriels dont les cultivateurs ont besoin, au niveau du prix des denrées agricoles.
4 D’assurer en matière douanière aux cultivateurs les mêmes droits que ceux dont bénéficient l’industrie et le commerce*
„ <l\^ ou vnr dcs débouchés à l’exportation des produits agricoles qui doivent jouir de la meme liberté que les pioduils industriels. Or, jusqu’à une date récente, la presque totalité
taüon°^UltS a^'1COleS 5 éié soumise au r(1eimo des restrictions, des prohibitions à l’expor-
e) De hâter l'électrification rurale qui rendra le travail plus facile et la vie à la campagne plus agréable.
f) De procéder à des enquêLes périodiques et rapprochées sur la situation exacte de 1 agriculture afin d’asseoir les impôts sur des bases justes et de les remanier aussi souvent que les circonstances economiques fexigent.
L est ainsi que l assiette de J impôt forfaitaire sur les bénéfices agricoles devrait être
C,d ie ° rendement réel de la terre, et non sur k valeur locative majorée d’un coefficient arbitraire. 4
13 est juste aussi que la rémunération du patron et de sa famille soit exceptée du caïeu. des bénéfices, agricoles et que ïes dégrèvements pour charges de famille soient plus jmpo t î uts. 1
B-ef, demander que la France ait une politique agricole, c’est demander que le Parle-
ment et le Gouvernement tiennent compte des réalités et des nécessites qui intéressent la moitié des producteurs et la totalité des consommateurs français.
C'est consolider ainsi par da base, l'économie nationale, car le commerce et l'industrie sont avant tout tributaires de l'agriculture nationale.
Au point de vue social :
Je veux la paix, condition sine qua non de Tordre politique ci de la prospérité économique,
£p Je veux la paix religieuse parce que je considère qu'il n’y a pas de pires troubles que ceux qui résultent de la révolte des consciences défendant le plus sacré des droits. Par neutralité de TÉtat en maLière religieuse, j’entends le respect scrupuleux de la liberté de conscience et la faculté donnée à chacun d'organiser sa vie comme il lui convient.
Je suis un partisan résolu de la liberté d’enseignement qui découle de la liberté de conscience et j'estime qu’à titre égal et à mérite égal, les bourses doivent Être accordées aux élèves de l'enseignement libre comme aux élèves de renseignement de T Etat.
Je veux la paix sociale fondée sur T accroissement général de la richesse et sur Y augmentation du bien-être dans les classes ouvrières.
Je suis partisan résolu de la législation protectrice des travailleurs et des assurances
sociales.
J'estime toutefois que les lois doivent tenir compte, dans leur application, des conditions spéciales à l’agriculture et je m’efforcerai de les faire modifier et améliorer dans ce sens, notamment en ce qui concerne les assurances sociales.
3° Je veux la paix internationale.
Elle doit être assurée :
D’abord , par une organisation rationnelle de la défense nationale qui demande toujours plus à T outillage technique, sans détendre le ressort personnel du pays.
Mais la France pacifique doit surLout s’appuysr sur les forces morales qui tendent au
règlement des conflits sans recourir aux armes.
Je crois être en complet accord sur ce point, avec mes camarades les anciens combattants auxquels j’adresse, en dehors de toute idee de parti, un souvenir ému.
Je fais les vœux les plus ardents pour le triomphe d une République large, tolérante, hardiment réformatrice et la continuation d’une politique d'Union républicaine nationale, seule capable de promouvoir la prospérité du pays et T améliora lion du sort de tous les citoyens.
Vive la République !
Vive Sain t-Flour- Murat!
Stanislas de CASTELLàNE Ancien députe du Cantal-
Candidat dlhiion républicaine et de défense paysanne.
Cîfojeiis,
M- 611 1 924, Clé s’allier avec d’autres partis pour défendre Ia République et la
Ü Ù H T, Ste " féItCUC d’aVOi*' relt'OUVé’ Par le -tour au scrutin JS
7llT 1 < ant,°n- 11 S>* fé,idte d'aUtarit PlHS ** la citation actuelle S
dans des circonstances par h c uîi ërement troubles.
A'J:\!éS'T'UV qHi ** fim'' 3 P^^ment déçu les citoyens qui attendaient
ïX&gz s:*1'0”1' r— * >«£*§* *&£
Certes, il serait injuste de contester que les accords de Londres et de I ocarno ont amené une heureuse- détente dans les rapports des puissances - europia uÏÏTZ£ doux ans 1 œuvre ainsi commencée n’a pas progressé. ’ P
tinnnai adleurstqui pourrait-nie». qjie, grâce aux manœuvres criminelles des partis réac-
ur le^r “T 1C6S " f0rC6S d’aP^01* 168 d,a^eS «“•**»"» de la guerre ont éï rej e ées sur les classes iaboneuses sans que le redressement financier obtenu par là présente de suffi
ZlZTl C;tiibi!lté- US mimards d’™Pfe °ou veaux Uq- la ind h ^SonCltlTnSOmmiÜOn qUifraPPe C°mmerçants> industriels et salariés!
forcée nar l’additif dl ^ I’°US aV°nS COtl,lue’ la vie chère consolidée et ren-
■S£ p ; douanœr ne justifient que trop nos craintes et notre opposition à l’expé-
ence Poincaré Enfin, a la faveur de difficultés financières dont il est en partie responsable
; 16 l° artl rad>caI. dont les incertitudes, les hésitations et les reniements ont
mk le. iemoor.!», ,1 1. Parti oommnni.te, aveo !cs mélhodes Je violenco eH , acte
‘ZZ: ’ ‘;,Part* t»0**""* ■ >* m *= Ifouper autour d, lui la. homnm. d é™l , “
‘ Voilà’™ * * C.ert“"“ ie *»«*• au* «tWta» profondes des travailleurs, do la Charento «"vouuTd””1 “tt4""1* l'°"t P"™a. la Fédération socialiste
l’idéal socialiste et les . s aux a ccleul’f ‘e moyen de se prononcer ouvertement pour daine législature’^ ™ "* P»»b,e de faire aboutir co»r, d, Jpro-
Au point de vue politique :
Suprématie du suffrage universel. Limitation des droits du Sénat. Amnistie. Abrogation des lois scélérates*
Au point de vue international :
Sécurité par l’arbitrage et le désarmement contrôlé. Evacuation de la Rhénanie. Maintien des relations avec la Russie,.
Au point de vue militaire ;
Servies de neuf mois, préparant le service de six mois. Suppression des périodes de réserves jusqu’à la refonte complète de notre organisation militaire*
Au point de vue .financier :
Stabilisation immédiate, Contribution progressive prélevée sur la fortune acquise, avec dégrèvement à la base. Nationalisation des monopoles de fait (assurances, pétrole, engrais, etc*.,, etc..,)*
Au point de vue de renseignement ;
Ecole pour tous et à tous degrés. Ecole primaire nationalisée. Développement de l’enseignement agricole* Défense de la laïcité*
Au point de vue social :
Déiense des revendications ouvrières : les huit heures, les contrats collectifs, lc contrôle ouvrier ; garanties contre le chômage ; large participation de l'Etat aux. assurances sociales.
Au point de vue agricole :
Otlice public des blés et des engrais. Action énergique de l’Etat en faveur des petites et moyennes exploitations. Application des lois sociales aux travailleurs agricoles.
An point de vue economique :
Grands travaux d’intérêt public : hygiène, habitation, outillage. Lutte contre la vie
chère.
Electeurs,
En cette heure décisive :
\ ous ferez confiance aux candidats placés sous l’égide de la discipline socialiste!
\ o us. ferez. confiance à ce Parti qui, au’, cours de ces vingt dernières années, sous la conduite des Vaillant, Guesde, Jaurès, Léon Blom, Vincent Aurkd, Pfeml-Boncour; a- seul mis au service cl une politique cohérente une pensée claire et une volonté inébranlable*
ous lerez confiance à ce Parti qui^ malgré les i oc ont préhensions, les sarcasmes * les 10 enees, les haines aveugles, a travail! è à la prospérité; du pajs et à l’œuvre hardiment réformatrice qui en est la condition,
Botits commerçants, artisans menacés par les Lrusts, livrés aux tracasseries d’une fiscalité exigeante ;
RajfSangj exploités par les agioteurs et par les grandes firmes ;
Gu \ liera, fonctionnaires, retraités et pensionnés de guerre, victimes de: la vie chère;
Démocrates, justement inquiets des prétentions politiques de la ploutocratie;
Venez à nous, soyez nos auxiliaires dans cette tâche immense : la rénovation de la société, par T épanouissement de la démocratie politique en une démocratie sociale.
Votez pour René Gounm I
Votez pour le socialisme libérateur !
La Fédération socialiste de la Charente,
Circonscription de BARBEZ1EUX.
E Jean HENNESSY
Elu au premier tour de scrutin, — 7*525 voix
Electeurs !
Désigné par vos élus républicains comme candidat « d'Union des républicains », je me présente à vos suffrages dans un arrondissement que j'ai eu, à deux reprises, le plaisir et l'honneur de représenter à la Chambre avant la terrible guerre que nous avons subie.
Les profonds bouleversements et les ruines qu'elle a provoqués nous placent au jourd'hui devant une situation extérieure et intérieure bien différente de celle qui existait en 1914.
De nombreuses causes de guerre subsistent encore, même en Europe* L'équilibre européen, recherché jadis par des alliances offensives etfdéfensives, ne saurait nous en garantir*
Dans F économie moderne qui rapproche les nations et les rend plus dépendantes les unes des autres, seule, la Société des Nations dont toutes les nations européennes, y compris l'Allemagne, font désormais partie, est capable de préparer et de maintenir la paix mondiale et surtout la paix européenne.
Son œuvre est déjà grande ; elle s'amplifiera par la démocratisation de ses institutions*
L'heure du désarmement n’est cependant pas encore venue* Une armée solide comprenant le nombre d'engagés et de rengagés nécessaires pour permettre aux hommes du contingent une durée réduite d'instruction, une marine et une aviation dotées de naviies et d’appareils modernes, doivent, avec l’appui de notre force industrielle et économique, pourvoir à la protection de notre pays, comme elles doivent aussi assurer la sécurité des territoires situés au delà de nos frontières où la France apporte, avec son drapeau, les bienfaits de sa civilisation régénératrice.
Notre Constitution républicaine, comme l’affirmait récemment à Bordeaux M, Poincaré, a perrhis à notre démocratie de traverser sans révolution les angoissantes heures de la guerre et de l’a près guerre et a donné des preuves de sa solidité : notre esprit républicain nous sauvegarde des folles conceptions acceptées en d’autres Etats.
Nous combattrons avec acharnement les idées et la propagande communistes et fascistes qui tendent à supprimer la souveraineté du peuple pour l'attribuer à des groupements de citoyens qui se recrutent par cooptation, prétendent opposer leur volonté à la volonté populaire et substituer leur autorité aux pouvoirs municipaux, provinciaux ou nationaux légalement constitués.
Un Président de la République placé au-dessus des hommes et des partis, soucieux de ne pas exercer le pouvoir personnel, jaloux de conserver l’indépendance nécessaire pour présider les séances du Conseil des Ministres et, en temps de crise, désigner l'homme politique susceptible de former un nouveau Conseil ; un Conseil des Ministres à qui appartient la direction des affaires de l'Etat, responsable devant les Chambres, dont, les membres eux-mêmes sont responsables devant le Pays : telle est la salue doctrine démocratique et républicaine dont nous ne devons pas dévier.
Notre République a trois grandes charges sociales : les mutilés, les pupilles de la Nation et les enfants des familles nombreuses.
Les pensions des mutilés doivent toujours correspondre au prix de la vie et être majorées, sans complications, au fur et à mesure que disparaissent prématurément leurs forces réduites par des blessures ou l’absorption de gaz nocifs qui vieillissent l’homme avant 1 âge.
Les justes revendications des fédérations d’anciens combattants et victimes de la guerre doivent recevoir satisfaction. La loi sur les conseils de guerre doit être -revisée, et les militairas injustement condamnés ou exécutés doivent être réhabilités.
I/Iîtat ne doit cesser de veiller aux besoins matériels et moraux des pupilles de la Nation } ainsi qu'à leur éducation.
La politique de la natalité doit êLre intensément poursuivie. Les conditions du logement des familles nombreuses doivent être facilitées, des allocations importantes, progressives selon le nombre des enfants, versées par l’Etat, de larges réductions d'impôts consenties.
Il faut que tous ceux qui accroissent le nombre de leurs enfants, quelle que soit leur situation personnelle, qu ils habitent la ville ou la campagne, aient le sentiment que l'extension de leurs familles ne viendra pas les faire déchoir de leur situation acquise.
L'accroissement de la famille apporte à notre Patrie une force nouvelle. La France a le devoir de développer la race française.
L avenir de notre race dépend non seulement du nombre des Français, mais de leur qualité.
Une société où les individus peuvent, par leur instruction, aisément s'élever, est une société saine. Si le paysan russe avait des écoles, il ne supporterait pas le communisme.
Les programmes des écoles que fréquentent les jeunes Français doivent être unifiés et l’Etat doit faciliter aux plus méritants, sans débours pour les parents, l'instruction à tous les degrés.
Je voterai cette loi salutaire de l'école unique qui, comme le disait un de vos maires,
« fera tomber le dernier voile qui cache tant d'intelligences désireuses d'apparaître au grand jour ».
L'activité économique dépend des conditions suivantes r de la saine monnaie, de la juste répartition des impôts, de la bonne condition des travailleurs, d’une judicieuse réorganisation administrative, d’une intense production industrielle et surtout agricole.
Sans des contrats de longue durée, le développement économique est précaire. La stabilité des changes peut précéder, mais n’est pas la circulation libre de la monnaie métallique qui, seule, a une valeur intrinsèque. Tant que les billets de banque ne seront pas échangeables contre du numéraire, nous ne saurions affirmer que l'œuvre de restauration monétaire est achevée.
ü importe de la terminer et de faire retour à la libre circulation de la monnaie d'or, en lui attribuant, conformément à son poids, une valeur légale différente de celle d'avant guerre.
Une (elle opération lèse ceux qui, avant la guerre, avaient acquis des rentes de l'Etat c i des obligations garanties par lui. De justes compensations devront leur être données, U devra aussi en être accordé aux retraités.
U importe aussi, selon les termes mêmes employés par notre Ministre clés Finances, dé remanier peu a peu les contributions en vigueur, te de manière â décharger foutes les formes du travail et à favoriser l'essor économique du Pays >?.
Pour arrêter .la' dévaluation totale de notre monnaie, de lourds impôts sur la consommation ont été Nécessaires 11 faut les diminuer. La taxe sur le chiffre d'affaires notamment, qui .grève toutes les transactions et qui aurait pour effet de supprimer nombre de commerces et d'industries et de favoriser l'éclosion de <t trusts », doit être abolie et remplacée par une taxe, une fois payée, sur ia production En ce qui concerne les produits agricoles, cette taxe ne devra être perçue que lors de leur transformation.
Le droit d'échange doit être maintenu, mais réglementé, pour éviter des abus. Il faut faciliter a&x récoltants l'échange de leur blé contre le pain nécessaire à la consommation famil ale.
Superposer aux lourds impôts directs actuels un prélèvement sur le capital ne me semble plus opportun et il faut même supprimer la taxe sur la première mutation, à laquelle trop de personnes se dérobent, par la formation de sociétés dont les titres sont transmissibles à peu de frais.
La révision des évaluations du cadastre, vieux de près de cent ans, sur les estimations duquel est basée la perception des impôts fonciers, doit être faite. Le régime du forfait pour les bénéfices agricoles, maintenu. Les petits propriétaires exploitants devront être dégrèves.
Si les impôts actuels étaient payés par tous ceux qui les doivent, les ressources d*i Trésor seraient énormes et le taux des impôts pourrait être allégé.
Le droit d'investigation donné au lise pour la juste évaluation des impôts ne doit pas s'étendre au passé.
L’amélioration du sort des travailleurs des champs et des villes doit être une des préoccupations constantes de l’Etat.
La loi si juste et si importante relative aux assurances sociales a été tardivement votée par le Parlement,
De l'aveu de tous, il sera nécessaire de lui apporter des améliorations. En ce qui concerne son application dans les campagnes où elle m'apparaît tout aussi nécessaire que dans les villes, alin de retenir h la terre ceux qui la fécondent par leur labeur, les Chambres d'agriculture, récemment créées, devront être chargées d'en fixer les modalités.
Les fonctionnaires doivent être dotés d'un statut qui définisse justement leur situation légale.
Il faut donner à la province une vitalité nouvelle. Seule, l'organisation de la région et dans le cadre régional, la représentation professionnelle permettra d'atteindre ce résultat* En attendant, une répartition plus équitable des charges communales et départementales doit être faite ; la vie de la commune et T intensification de la vie cantonale assurées.
Le budget de notre agriculture est insuffisamment doté. Il ne lui est attribué, sur 42 milliards de recettes totales, que 44i millions, alors que la démocratie paysanne représente la plus grande force économique du pays, que la population rurale atteint la moitié de la population totale et que ia valeur .annuelle des produits de la terre forme les deux tiers du revenu total de la France.
La grande enquête agricole, déjà votée par le Parlement, qui doit être menée avec la collaboration de louLes les associations professionnelles agricoles, fera ressortir la véritable situation de l'agriculture et apparaître la nécessité do rendre la production agricole plus intense.
Dans notre France, l’agriculture doit êtrefla première industrie nationale*
Dès lors, il importe d’avoir une politique agricole agissante*
Pour être prospère, l'agriculture doit être enconragëe et soutenue.
Les tarifs douaniers ne doivent pas mieux protéger les industriels que les agriculteurs.
Les agriculteurs doivent avoir le droit d’exporter librement les produits de leurs terres* Il faut que les engrais parviennent à bon marché sur le sol où ils doivent être répandus. Le Gouvernement doit avoir une poliLique des engrais et des transports» qui vise à la réduction du prix des engrais et notamment ceux des potasses d'Alsace et du sulfaté d'ammoniaque .
La culture do la terre demande aujourd’hui des connaissances approfondies. Dès son jeune âgf% de 11 faut des campagnes doit recevoir de l'instituteur les premiers éléments des connaissances agricoles.
Mais il faut bien davantage. Des écoles d'agriculture cantonales doivent, tout au moins l’hiver, permettre aux cultivateurs de suivre des cours appropriés aux cultures de la région.
Les campagnes ne doivent plus être privées de l’électricité ; celle-ci doit gagner rapidement les demeures les plus isolées, portant avec elle la lumière, condition d'agrément et de propreté, et le moteur léger qui multiplie les forces du travailleur.
Les chemins ruraux doivent être bien entretenus là où ils existent. 11 faut en créer de nouveaux là où ils font défaut. Le lit des rivières et des ruisseaux, soigneusement entretenus pour empêcher la stagnation des eaux dormantes. Il appartient au département de le faire avec le concours de FEtat, selon un plan d'ensemble.
Le crédit agricole doit être perfectionné, avec des principes modernes, de telle façon que le cultivateur puisse aisément déposer dans la caisse de crédit, les sommes nécessaires au fonds de roulement de ses cultures et emprunter, s’il en a besoin, celles équivalentes à la presque totalité de ses récoltes, afin de ne pas être contraint de les offrir prématurément toutes ensembles sur le marché, ce qui provoque fatalement un abaissement des cours préjudiciable aux moins fortunés*
Toutes les organisations tendant à assembleiydans une coopération utile, les agriculteurs doivent être favorisées*
Les Chambres d’agriculture doivent avoir les mêmes prérogatives que les Chambres de Commerce,
L'entente paysanne, envers laquelle je me suis engagé à avoir une attitude bienveillante, et dont j’approuve les revendications professionnelles, pourra d'autant mieux concourir au développement agricole que son action régionale dépasse le cadre trop étroit du département*
La culture intense des terres de notre arrondissement est la condition même de la prospérité de notre commerce local et de notre industrie locale.
Pour continuer la politique extérieure et intérieure du présent Ministère et ie relèvement économique de la nation, M, Poincaré a fait récemment appel 5 une majorité qui soit avec lui non seulement d’esprit mais de coeur et qui, dans la solution des graves problèmes restant en suspens, ne lui ménage pas sa collaboration.
Cette collaboration, demain comme hier, j'entends la lui apporter*
Et avec lui je dis :
« Nos lois républicaines doivent être scrupuleusement respectées, notamment celles qui proclament la laïcité de l'Etat et la neutralité de l’école* *>
Nos institutions démocratiques et sociales ne doivent cesser d'être perfectionnées. Nous devons toujours conserver devant nos yeux, pour l’appliquer sans cesse, la triple devise de notre République ; Liberté, Égalité, Fraternité*
Jean HENNESSY
Ambassadeur de France.
Président du Collège libre des sciences sociales.
Vice-Président de la Fédération des associas ions françaises pcmr la Société des Nations*
Président d'honneur du Comice agricole de l'arrondissement de Barbessieux, Président du Comice agricole de l'aîrondisFement de Cognac*
P rop r ïé ta! re-ag r ieulteù r e L n égoeî a n t *
Député sortant*
Candidat d* (Jn ion des républicains*
Circonscription de COGNAC.
M. MËNIER
Mes chers Concitoyens,
Arrivé au terme de la campagne électorale, je tiens à vous exprimer mes remerciements pour raccueiî vraiment Sympathique qui m'a été réservé dans toutes vos communes.
Au cours de mes explications, vous avez constaté que, enfant de ce pays et y ayant toujours vécu, j'ai la connaissance complète des divers besoins des ruraux et des citadins. Vous avez compris que mon passé et la conscience que je n’ai cessé d’apporter dans Faceomplissement de mes mandats électifs sont pour vous la garantie que je servirai avec attention et avec zèle vos intérêts particuliers et les intérêts généraux du pays.
Ma profession de foi a été publiée. J'ai développé dans mes réunions un programme d’ordre, de liberté, d’égalité, de justice et de progrès qui a reçu votre assentiment, parce qu’il répond aux aspirations de la démocratie et s'inspire des nécessités de la situation actuelle.
J’cn rappelle les grandes lignes :
La paix à l’extérieur, par le développement de la Société des Nations ;
La continuation d’une politique prudente et attentive, pour le rétablissement de la prospérité nationale ;
Une plus juste répartition des charges fiscales et moins d'inquisition vexatoire ;
L’allégement des impôts dès que le permettra le redressement de notre situation financière ;
La protection de l'agriculture, de ia viticulture et du commerce ï
L’amélioration du sort des travailleurs et rabaissement du coût de la vie ;
Le maintien strict des lois laïques, dans le respect absolu des croyances ;
La paix à l’intérieur, par îa répression énergique des menées révolutionnaires des agitateurs de droite et de gauche.
L’exécution de ce programme doit se poursuivre, non pas dans une « union nationale » qni ne comprendrait que les hommes d’extrême-droite et ne manquerai pas de nous ramener aux luttes néfastes des partis, mais — à l'exemple du ministère Poincaré — dans Punion de tous les républicains qui sont décidés à placer au-dessus des questions de nuances et de sous-nuances l’intérêt supérieur du pays et la grandeur de notre France immortelle.
C'est à cette union que je vous convie ; c’est elle qui, demain, assurera la victoire.
Vive la France î Vive la République I
Georges MÉNIER
Maire de Cognac. — Conseiller d’arrondissement*. Candidat radical tTUnioa républicaine.
No 3814
Circonscription de GONFGLBNS,
JVL P ASC AUD
au deuxième tour de scrutin. — 7*936 voix.
Citoyens,
Si je n'avais écouté que le souci de mes intérêts personnels, et ma propre tranquillité, je n'eusse point été candidat aux élections législatives de 1928, dans 1 arrondissement de C on fol en s* Mais ayant, depuis plus de vingt-sept ans, pris une part active à la vie politique de notre Confolentais, j'ai dû céder aux démarches instantes de mes amis, et aux sollicitations de nombreuses municipalités.
Fidèle à mon passé politique, entièrement dévoué à l'élite républicaine qui m'a désigné comme candidat aux élections législatives, j'ai l’honneur de vous exposer les grandes lignes du programme radical-socialiste pour la défense et le triomphe duquel, j emploierai tous mes efforts et mon dévouement*
Politique financière.
Un Gouvernement démocratique doit avoir des finances saines, G est pourquoi les questions financières et économiques ont une importance primordiale*
Je considère comme indispensable le maintien de 1 équilibre budgétaire, la stabilisation légale et immédiate du franc, et non sa revalorisation qui aurait pour effet de détruire l'harmonie qui existe entre le taux actuel des changes et celui des prix.
L’indépendance complète de FEfat vis-à-vis des banques, qui ont empêché 1 œuvre de redressement financier esquissé au début de la dernière législature.
La continuation de l’amortissement de la dette publique, la consolidation de la dette flottante à court terme*
En matière d’impôts, diminution des taxes indirectes et des impôts de consommation qui pèsent trop lourdement sur tous les travailleurs.
Réparti Lion équitable des charges fiscales ; demander au superflu avant d imposer le nécessaire,
Application stricte de î 'impôt sur le revenu, en maintenant l’idée de progression inscrite dans la loi, répression sévère des fraudes fiscales sans distinction de personnalités.
Politique économique ^ sociale agricole .
Pour augmenter la prospérité économique du pays, surtout parmi la classe des travailleurs, il est urgent d'envisager le vote de toules les mesures propres à enrayer la vie chère, d'accroître la production industrielle en développant et en appropriant 1 outillage, d assurer tous les travailleurs contre la dureté de la vie matérielle, par le développement des oeuvres de solidarité, amélioration des retraites ouvrières et paysannes, et la mise en application de la loi sur les assurances sociales, élaborée par le Parti radical.
L'alliance du capital et du travail, la participation aux bénéfices, la collaboration des fiasses, au lieu de la lutte des classes.
L amélioration du sort des combattants et des mutilés de guerre, qui ont droit à toute notre reconnaissance, et qui doivent être traités sur le même pied d’égalité sans distinction de grades*
L encouragement et L’aide plus efficace aux familles nombreuses*
La création d'habitations à bon marché*
La collabora Lion de la Confédération générale du travail avec le Gouvernement*
La reconnaissance absolue du droit syndical à tous les travailleurs, employés, fonctionnaires, car c est par le syndicat que se fera révolution pacifique de la démocratie.
Assurer aux fonctionnaires, serviteurs de l’État, une situation pécuniaire en rapport avec les exigences du coût actuel de la vie*
Le contrôle rigoureux et impartial par la Nation des exploitations des chemins de fer, des mines, et des principaux services publics*
La réorganisation* scientifique et rationnelle des monopoles fi’ÉJat déjà existants.
La simplification nécessaire au bon fonctionnement des grandes administrations de d -Étal.
Le problème agricole se pose avec une acuité tous les jours grandissante ; c’est une question vitale pour l'avenir du pays; surtout pour notre Gonfolentaîs. Elle doit préoccuper 1 esprit de ceux qui ont l’honneur de représenter le peuple, et qui doivent rechercher les solutions aux problèmes nombreux et complexes que soulève ceLfe question*
Le Parti radical et radical-socialiste dont je me réclame, parti d’avant-garde, ennemi des extrémistes de droite ou de gauche, défenseur né de la petite propriété paysanne, a toujours consacré une grande partie de ses efforts au développement du progrès agricole,*
Il est de toute nécessité en premier lieu de combattre l’exode rura!, en réduisant au strict minimum la durée du service militaire. La jeunesse agricole rendue ainsi plus vite a ses habitudes et à ses occupations, sera moins exposée à perdre dans le séjour des villes, le goût de la campagne*
Mais pour Py retenir bien d'autres choses sont nécessaires* Dès î’enfance, il faut se préoccuper d orienter l'enfant vers le goût de la terre, d’ou la nécessité dès l’école communale de créer un enseignement agricole, qui se fasse non dans un livre mais dans dans un champ approprié* Que nos écoles supérieures professionnelles, lycées et collèges soient pourvus d installations, où la routine traditionnelle soient laissée de côté, pour faire place à la technique scientifique agricole, qui assurera une production rémunératrice, que la terre de France devrait donner*
Il faut également une politique d’engrais, de façon à obtenir aux. plus bas prix les potasses, les azotes de synthèse de l’usine de Toulouse, les engrais azotés livrés par l’AUemagne au. titre prestations, et rétrocédés par Je Ministère des Finances, enfin l’abaissement des prix de transport pour tous les engrais*
Un meilleur fonctionnement* des Caisses de crédit agricole (prêt à long et à court terme) créés par la loi du 5 août 1020, dont les avantages semblent avoir favorisé jusqu’ici une seule catégorie rî^agricul Leurs au détriment des touts petits,
La création de coopératives et de syndicats agricoles pour les achats en commun (outillage, engrais, semences).
Activer P électrification rurale tant pour la lumière que pour la force, en demandant le concours financier et technique de l’Etat*
La mise en état carrossable de tous les chemins, les crédits votés allant actuellement aux routes nationales et départementales ; iî est enfin temps qu’une partie s oit employée aux chemins ruraux et: que le geme rural accorde son concours*
L’accession à ÎÂi propriété : il faut que le plus humble des cultivateurs par son travail son honorabilité, puisse obtenir le prêt à Joug terme, qui lui permettrai d’acquérir un petit bien rural.
H faut également pour notre Cnnfolentais qui est un pays d’élevage, que les comices', agricoles soient dotés de larges subventions^ et que l’on crée un berd-book. analogue à celui qui fonctionne dans la Haute-Vienne.
Il faut organiser de grandes manifestations agricoles, où petits et gros exploitants recevront une récompense d’autant plus méritée qu'il y aura davantage d'émulation.
Mise à la disposition des agriculteurs dans tous les cantons du Confolentais, de vastes propriétés placés sous le contrôle de professeurs spéciaux d'agriculture, et qui sont autant de champs de démonstration et de leçons pratiques d’agriculture.
Développer l’industrie laitière par la création d'organismes nouveaux, qui apporteront au Confolentais, et principalement dans la région de Champagne-Mouton et de Saint-Claud une prospérité nouvelle et des revenus importants.
La lutte enfin contre le taudis et la masure, en demandant l’application à la campagne du concours immédiat de l'Œuvre des habitations à bon marché, dont jusqu'id les citadins seuls ont bénéficié.
Po lit iq ue int êr te u re .
A l'intérieur comme a l’extérieur îa paix est indispensable pour la prospérité de la nation.
J'adhère au maintien absolu du principe de laïcité, qui seul garantit la liberté de conscience en respectant toutes les croyances.
L'établissement de l'école unique permettant aux enfants de toutes les classes de la sociéLé, de se mieux connaître, de s'apprécier, de s'aimer, et aux pauvres de pouvoir aspirer par leur travail, et leur intelligence aux plus hautes fonctions sociales.
La défense absolue de l'école et de ses maîtres qui trop souvent méconnus sont injustement attaqués.
Le maintien de la séparation des Eglises et de l’État, et V indépendance complète du pouvoir public.
La suppression de l’ambassade au Vatican.
L'application stricte de la loi sur les congrégations, me prononçant nettement contre la représentation proportionnelle scolaire.
Au point de vue de la justice :
Suppression des conseils de. guerre.
Abolition des lois dites « scélérates en vertu desquelles on bâillonne un adversaire politique gênant. Dans un pays libre chacun doit avoir le droit de penser et d'écrire ce qu'il croit être l’expression de la vérité.
Amnistie générale pour les condamnés politiques. Les élus du peuple ne pouvant être privés de l’exercice de leur mandat.
Le maintien du scrutin majoritaire.
Le maintien nes prérogatives de la Chambre des Députés.
L'abolition des décrets*! ois.
Le contrôle absolu du Parlement sur le Gouvernement ; et comme Gouvernements, seuls ceux qui répondent aux aspirations légitimes de la démocratie.
Au point de vue militaire :
L'application immédiate du service militaire d'un an ; étant bien spécifié que îe soldat soit tout à son métier, et non le serviteur de ceux quile commandent.
L'organisation de la nation armée, solution qui, concilie les intérêts de la défense nationale, avec Tardent désir de désarmement de la France.
Fervent partisan de la paix entre les peuples, mes efforts tendront àaccroitre l'influence et la force de la Société des Nations, véritable1 organisation,) uridique et diplomatique de la paix.
Le Parti radical et radical-socialiste est ardemment patriote et résolument attaché à la paix. Sa politique extérieure se résume en ces mots : entente cordiale entre les peuples, extension de la pratique de l'arbitrage internationaljen cas de difiérend grave ; maintien de la paix clans la dignité.
Citoyens,
Telles sont les grandes lignes do programme auquel je suis attaché depuis longtemps par l1 unique souci de donner à mon pays :
A l’intérieur : la paix sociale, dans la liberté, le travail et la justice.
À l'exterieur : la paix internationale par le désarmement général et simultané des peuples.
Vive la République laïque, démocratique et sociale.
Édouard PÀSCAUD.
Agriculteur, — Industriel.
Membre de la Chambre de commerce dAnpralèroe, Maire de Chasaeneuil, — * Conseiller général de la Charente, Candidat radical-socialiste.
Circonscription de RUFFEG.