‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 54 sur 336 · M. PAYS · texte numérisé non relu

M. PAYS

Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.501 voix.

Mes chers Concitoyens,

Nos efforts unis on t, il y a vingt-deux ans, acquis cette circonscription à là République*

Dans le dessein de la lui conserver, et pour prendre les décisions nécessaires, vos représentants qualifiés, maires, conseillers d’arrondissement, conseillers généraux républicains, se sont réunis le 8 octobre 1927, à Mansle, à happe! du plus éminent M'entre eux, M. le Sénateur Lsmouzain-L api anche.

Par un nombre de voix, qui ne m’a pas permis do me dérober à leur choix, ils m ont confié la mission de conduire le Parti républicain à la bataille, aux prochaines élections législatives.

J ai donc 1 honneur de solliciter vos suffrages, et c’est avec confiance que je soumets à votre approbation, les directives dont je m’inspirerai si je suis votre élu.

Politique extérieure. — La France doit poursuivre inlassablement la réalisation de la paix, par la politique des accords européens.

El faut que les traités ne puissent être conclus que dans le cadre et sous le contrôle de la Société des Nations.

Les pouvoirs de celle-ci devront être accrus, son champ de compétence élargi, ses recommandations obligatoires.

Défense nationale. — Aussi longtemps que les garan ti es juridiques seront impuissante s h maintenir la sécurité de la France, il faut une organisation militaire conforme aux enseignements de la guerre avec la réduction au strict nécessaire, ds la durée du séjour sous les drapeaux.

Dans V ordre politique . — ‘Je suis pour le maintien du scrutin actuel, et, pour la consultation des compétences techniques préalablement à 1* élaboration des lois.

Je repousse toute idée de dictature, notre pays ayant fait une expérience suffisante des hommes providentiels.

Je suis pour l'indépendance du pouvoir civil, pour le maintien et l’intangiblité de la laïcisation de l’État qui nous a assuré pratiquement la complète liberté de conscience.

Dans l’ordre judiciaire. — Il faut: une justice rapide* moins onéreuse, à la portée des justiciables ;

La protection effective des citoyens contre les abus de l’arrestation et de la détention préventives ;

La refonte du code de justice militaire en vue de la séparation des infractions proprement militaires relevant d'un pouvoir juridictionnel spécial, et les infractions relevant de la justice ordinaire.

Enseignement. ~ Il faut, pour tous les enfants qui réclament renseignement de l’État établir l'égalité devant Y instruction ; permettre à ceux qui en ont les capacités, d’accéder à tous les degrés de l’enseignement, et mettre à la disposition des autres un solide enseignement professionnel.

Production agricole „ — L’État doit accroître sa sollicitude pour tous les problèmes qui commandent le développement de l’agriculture ;

Pratiquer une politique de la main-d’œuvre, poursuivre le perfectionnement et la vulgarisation du machinisme agricole, subventionner les achats collectifs :

Faciliter l’emploi judicieux et large des engrais, rendre les transports moins onéreux, plus souples et plus rapides, faciliter la protection des agriculteurs contre les risques de la profession h des conditions avantageuses, par les assurances mutuelles, développer le crédit agricole individuel et collectif, aider à Inorganisation des syndicats agricoles et de coopératives agraires puissantes ;

Développer l’enseignement agricole ;

Améliorer les conditions d’existence des populations rurales, le réseau des chemins ruraux, hâter F électrification des campagnes ;

Placer enfin, par une organisation scientifique de la production, et par un système douanier judicieux, l'agriculture dans les conditions d’égalité avec les autres industries.

Production industrielle. — Il faut conduire la production industrielle vers la rationalisation pour la rendre plus abondante et plus rémunératrice ;

Etablir F aménagement industriel et commercial des monopoles d’Etat pour les rendre plus productifs.

L’Etat doit exercer son contrôle sur les puissances financières issues du développement et de la concentration de la production : dans l’intérêt de l’État qui doit comprimer leurs tendances impérialistes, dans l1 intérêt de l’épargne qui alimente la production.

Questions sociales. — Opposé à la lutte de classes, je suis pour le respect elle développement de la législation du travail et des libertés syndicales ; pour Ladaption des conditions du travail h la production collective ; pour la réalisation au plus tôt des assurances sociales avec les retouches indispensables aux conditions de l'agriculture., pour les mesures propres

à faciliter toujours davantage l'accession des travailleurs à la propriété, garantie nécessaire de la dignité et de l’ activité humaine.

Questions financières J — 11 fauL un l'èglement dea dettes interalliées comportant les réserves nécessaires.

Le Gouvernement et le Parlement doivent au plus tôt réaliser la stabilisation de la monnaie. Celle-ci doit être faite à un taux qui soit au niveau des forces de l'économie nationale, et appuyée sur une politique financière conforme à la justice et à l'intérêt public.

11 faut un plan d'amortissement à longue échéance, comprimer les dépenses de la bureaucratie, rétablir Tordre dans l'excès actuel de la fiscalité qui tarit un grand nombre de sources de richesses et d'impôts ; rechercher les moyens propres à alléger les charges qui pèsent trop lourdement sur la consommation ; réaliser la justice dans l'aménagement des impôts commerciaux, conformément aux expériences de remplacement déjà commencées, dresser chaque année un inventaire de la situation financière du pays.

Citoyens,

C'est à dessein, et dans un but de clarté, que j'ai réduit cet exposé à ses éléments essentiels.

Ils se résument en quelques mots :

Simplifier, moderniser, suivre attentivement le progrès des idées, les développements nouveaux de l'économie nationale et leur donner un statut à leur mesure, fondé sur la science, la morale et la justice.

Paix à l'extérieur par une politique franchement appuyée sur la Sociétés des Nations,

Paix à l'intérieur par le développement normal de nos institutions républicaines, par la liberté, le travail, la justice sociale.

Vivant au milieu de vous, agriculteur comme vous, au courant par vingt années de vie publique, de la répercussion des lois sur les affaires du département, de la commune, et sur vos propres affaires, instruit de vos difficultés et de vos aspirations, désigné à vos suffrages par vos représentants directs, je viens vers vous avec confiance, et je mets à votre disposition toutes mes forces, toute mon activité, tout mon dévouement.

Vive la circonscription de Rufiec ! Vive la République !

Docteur L. F A\ S

Maire de Enflée. — Conseiller général de la Charente.

Membre de la Commission départementale.

Chevalier de la Légion d'honneur.

Candidat du Congrès des gauches.

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