‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 55 sur 336 · CHARENTE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

CHARENTE-INFÉRIEURE

Circonscription de JONZAC.

Ml SCLAFER

Élu au premier tour de scrutin* — 9*032 voix*

Mes chers Concitoyens,

Désigné par le congrès républicain de F arrondissement pour tenir le drapeau de la République dans 1 élection législative du 22 avril, j’ai l'honneur de solliciter vos suffrages* L approbation par tous les conseillers generaux, les conseillers d'arrondissement et le plus grand nombre des maires, adjoints et conseillers municipaux, de ma ligne de conduite durant les quatre ans de mon mandat, me laisse espérer que ce jugement d'hommes éclairés, justement estimés et possesseurs de votre entière confiance, sera ratifié par vous*

Dans la mesure ou les circonstances et la situation financière du pays, gravement compromise par les énormes dettes contractées avant 1924, 1 ont permis, les buts proposés dans mon programme de la dernière élection législative ont été atteints*

Je Axms.les rappelle :

À l’extérieur :

La liquidation de. la guerre et le payement de la deüe allemande en plein accord avec les alliés.

Le maintien delà paix par une Société des Nations élargie*

À ^intérieur :

Le rétablissement des finances publiques par des budgets sincères, par le maintien de 1 impôt sur le revenu, équitablement établi et loyalement appliqué, par 3a diminution des dépenses excessives ou inutiles, encore si nombreuses, et par la réduction des charges militaires au minimum strictement indispensable à la sécurité nationale (service d’un an)*

La propriété agricole, industrielle et commerciale par le développement et l’amélioration de tous ses moyens de production (notamment en développant F électrification des campagnes, les associations et Fenseignement agricole) ; par la sauvegarde des intérêts généraux du pays contre les grands cartels ou groupements économiques qui, jouissant dvun monopole de lait, réalisent des bénéfices considérables au détriment des agriculteurs et des consommateurs.

L’éducation démocratique des enfants par un enseignement commun au premier degré et la possibilité pour tous ceux qui font preuve des aptitudes voulues d'accéder, sans privilège de classe, aux enseignements secondaire et supérieur*

Le respect et la défense de toutes les libertés telles qu'elles découlent des grands principes delà Révolution française,

La défense des lois de laïcité dans tous les domaines et dans leur intégralité*

Le rétablissement du scrutin d’arrondissement*

La liberté du travail par le respect du droit syndical, T amélioration du sort des travailleurs, par Inapplication méthodique des lois ouvrières et le développement des assurances sociales,

La suppression des expéditions militaires inutiles et coûteuses*

La défense des droits des mutilés et anciens combattants,

Ge programme reste le mien, avec les précisions suivantes :

Poursuite de T oeuvre financière du Gouvernement*

Stabilisation légale delà monnaie, moyennant de justes ménagements.

Allégement, par une meilleure distribution de l'impôt général sur le revenu, des charges qui, par les taxes indirectes et les impôts cédulaires, frappent trop lourdement les classes laborieuses du pays.

Révision du revenu cadastral en vue de réparer lesinjustices actuelles de l'impôt foncier et de la taxe des bénéfices agricoles, injustices déjà un peu atténuées par les lois Malvy de 11)26 et 1927,

Substitutions de plus en plus étendues à la taxe sur le chiffre d'affaires de taxes uniques.

Réfection des routes, chemins ruraux, voies fluviales et ports par le concours financier des payements allemands.

Défense paysanne.

Protection vigilante des bouilleurs de cru et des eaux-de-vie charen taises.

SaintongeaiSj

Reprenant les formules par lesquelles, en 1893, le père Dupon, mon grand prédécesseur, si justement populaire, terminait sa profession de foi, je vous dirai ;

Enfant de !a Sainionge, comme tous mes ancêtres, propriétaire en Sainlonge, maire et conseiller général de Joozac depuis seize ans, député ayant toujours défendu avec passion vos intérêts et ceux de notre région, vous me connaissez.

Tel j'ai toujours été, tel je suis maintenant.

Je ine présente comme un des vôtres, vivant au milieu de vous et que vous pouvez, aborder à toute heure.

Je passe pour serviable et travailleur*

Mes opinions politiques nTont jamais changé, et je vous invite, en m'accordant vos suf^ frages, à vous prononcer :

Pour rUnion et la Concentration républicaine contre les partis extrêmes ;

Pour la République laïque, démocratique et sociale ;

Pour Tordre républicain par la justice;

Pour la paix des nations.

Citoyens, en avant! î

Vive l'arrondissement de J onzac 1 Vive la France 1 Vive la République I

James SCLAFER

Docteur en Droit. — Propriétaire, — Croix de Guerre,

Maire et Conseiller général de Joozac* — Député sortant Vice-président de la Commission des comptes définitifs et des économies* Secrétaire de la Commission d*adminiatraiîon générale f départementale et communale*

Membre de la Commission des travaux publics, des chemins de fer et des P. T. T*

Membre des Groupes viticole, de défense Paysanne, de mutualité et de coopération agricole, de défense des non illeurs de cru, etc*, Candidat d’tînîon des républicains.

No 3814

Circonscription de MARENNES,

M. William BERTRAND Elu au deuxième tour de scrutin, — 7.222 voix.

Chers Concitoyens,

Par deux fois, le 10 mai 1914 et le 11 mai 1924, vous m’avez fait le très grand honneur de m’envoyer siéger, en votre nom, à la Chambre des Députés,

Au terme de mon second mandat, je viens demander à vos libres suffrages de m’cn accorder le renouvellement.

Vous savez qui je suis. Enfant de Marennes, où j’ai grandi et travaillé, cb je me suis établi, je connais, pour les éprouver et les avoir déjà défendus, les besoins de cet arrondissement.

Profondément dévoué aux intérêts de nos populations agricoles, de nos marins et de \ nos ostréiculteurs, je me suis empressé, chaque fois que mon concours était demandé, de faire valoir, de soutenir et souvent de faire triompher — leurs droits auprès des pouvoirs publics. Les 475.000 francs récemment obtenus pour les victimes des calamités publi- , ques (grêle et raz-de-marée) en sont le dernier et le plus éloquent témoignage.

À la Chambre j’ai travaillé; et mon labeur parlementaire assidu et reconnu de tous; ma fait désigner comme vice -président de la Commission de la marine marchande, membre de la Commission consultative des conventions internationales de travail et de prévoyance sociale, membre de la Commission supérieure de crédit maritime, membre du Conseil supérieur des pêches, membre du Comité français de l’Office international du vin, membre de la Commission de contrôle des prestations en nature.

Mon attitude politique n’a pas dévié davantage de la ligne que je m’étais tracée. Les votes que j’ai émis à la Chambre pendant près de dix ans, les réformes auxquelles je me suis associé, attestent ma fidélité aux principes de liberté, de laïcité, de progrès social et de paix sur lesquels j’ai toujours appuyé mes convictions républicaines. Aussi ai-je été, à une imposante majorité, élu, en octobre dernier, vice-président de mon parti.

Si la législature qui s’achève n’a pas réalisé toutes les espérances qu’elle avait fait naître, il n’est pas exact de dire, comme le font les détracteurs intéressés, qu’elle n*a rien fait.

Elle vous apporte, entre autres mesures utiles ; la loi militaire d’un an, le rétablisse* ment du scrutin d’arrondissement, les assurances sociales, T amélioration du sort des anciens combattants, le développement de F électrification des campagnes, la loi sur la propriété commerciale, la protection douanière des produits agricoles, un budget en équilibre, un remaniement heureux des échéances de la dette à court terme, la stabilisation de fait du franc, le paiement par l’Allemagne des annuités du plan Dawes et, par les accords de Londres et de Locarno, la securité accrue, la paix consolidée,

J’espère; mes chers concitoyens, que îa prochaine Chambre, instruite par l’expérience et inspirée par la volonté des électeurs, saura se discipliner en vue de nouvelles et utiles réformes.

Kde devra se donner les buts suivants que je propose à votre adhésion ;

Dans l’ordre financier :

Achever l’oeuvre de redressement par là stabilisation légale, le règlement des dettes interalliées, la répression de la fraude fiscale, l’abaissement des impôts de consommation,

la simplification et le remaniement de l’impôt sur le revenu, rélargissement des abattements à la base et le renforcement des grosses cotes, ia révision de l'assiette de l’impôt foncier, la substitution à la taxe sur le chiffre d'affaires d’une taxe unique â la production, déjà demandée par mes collègues et moi,. dans une proposition de loi, en novembre 1924.

Dans Tordre économique :

Gontrôle des banques et amodiation des monopoles d'Etat, accords commerciaux de longue durée, protection de L'artisanat et développement du crédit mobilier, du crédit agricole et du crédit maritime, suppression des octrois, abaissement du prix des engrais et des tarifs de transport , mise en valeur des colonies, création d'un office national des routes, ayant des ressources distinctes intégralement et uniquement employées à la réfection et à l'entretien de notre réseau.

I Dans Tordre politique :

In tangibilité des lois laïques, application et perfectionnement de la loi d'un a n, suppression des conseils de guerre, égalité des enfants devant .l'instruction à tous les degrés, respect et défense de toutes les libertés dans le cadre de la Constitution.

Dans Tordre social :

Contrôle des monopoles de fait, développement des associa lions et de renseignement agricoles, aide aux familles nombreuses, respect du droit syndical, lutte contre la vie chère, défense des victimes de la guerre et du travail, application et perfectionnement de la loi sur les assurances sociales.

Dans Tordre extérieur :

Suppression des expéditions militaires inutiles et coûteuses, continuation' de la politique d'entente, de rapprochement et d’arbitrage inaugurée à Londres, suivie à Genève -et à Locarno, sous le contrôle de ia Société des Nations,

C'est à cette oeuvre que j'entends consacrer mes efforts, si vous me maintenez votre confiance. Je m-y donnerai de tout cœur, comme peut et doit le faire un homme de 46 ans, instruit par l'expérience de près de dix années de Parlement, et chez qui l’âge n'a pas encore tari l'énergie, ni glacé l'enthousiasme.

Travaillons ensemble à préserver la France républicaine de toutes les servitudes et de toutes les oppressions, de toutes les révoltes et de toutes les dictatures afin que, dans Tordre, dans la liberté, dans la joie du travail fécond, elle poursuive sa marche en avant T guidée par son rayonnant idéal de fraternité, de justice et de paix.

Vive Tarrondissement de Ma rennes î

William BERTRAND N

Avocat, ^

Président de la Société de crédit. agricole daM&rcimes, Vice-président de la Caisse d'épargne de l’a rrondiase ment* Conseiller général, — Député sortant.

Circonscription de ROGHEFORT.

M, POUZET

Elu au deuxième tour de scrutin* — 6,612 voix.

Citoyens,

Je me présente à vos suffrages avec un programme qui contient les idées auxquelles je guis profondément attaché et dont la réalisation, immédiatement possible, constituerait un progrès certain sur Tétât de choses existant.

Ce programme correspond aux aspirations de tous ceux qui s'affirment en faveur de Ja République laïque, démocratique et sociale.

Je le soumets donc à votre libre examen en vous donnant l'assurance que tous mes efforts tendront h le faire triompher :

Pro^râmmG politique y

Dans le domaine politique, mon action tendra toujours à :

Assurer la souveraineté du Peuple ;

Défendre le suffrage universel contre la menace réactionnaire et fasciste ;

Sauvegarder les libertés publiques : liberté d’opinion, liberté de la presse, liberté de réunion ;

Lutter conLre les décrets-lois ;

Pour hâter la solution des problèmes urgents, je préconise :

Le recours au referendum ;

La limitation des pouvoirs du Sénat (suppression de son veto) ;

L'extension des attributions dn Conseil national économique, ,

Je suis en outre partisan :

De l'application immédiate de la loi militaire votée sur le service d’un an ;

De la suppression des conseils de guerre et des cours martiales ;

De l’amnistie générale en matière politique ;

De l'abrogation des lois scélérates.

Programme économique et financier y

Dans le domaine économique, je demande r

Le contrôle sévère des banques par l’État, la gestion par des groupements comprenant des usagers, le personnel et les représentants de LÉtat, des assurances, mines, pétroles, sucres, engrais, etc,,,, qui constiluent actuellement des monopoles de fait détenus- par une minorité de privilégiés

L’encouragement et la défense de l’artisanat ;

La protection des baux à usage industriel qu commercial (amélioration de la loi du 30 juin 1926).

Dans le domaine financier, je préconise ;

La stabilisation légale du franc;

La consolidation de la dette flottante ;

La répression de la fraude fiscale ;

L’exonération à la base des cédules, identique pour chaque catégorie de contribuables ;

La suppression de l'impôt sur îe chiffre d'affaires, contre lequel j'ai déjà voté ;

Une plus équitable répartition des charges fiscales par la réduction des impôts de consommation et des impôts cédulaires compensée par l'augmentation des coefficients applicables aux gros revenus et une contribution portant sur les fortunes les plus élevées et les capitaux oisifs.

Programme agraire et ruraL

Je propose :

La création d'un office national des blés protégeant les agriculteurs et les consomma” leurs contre la spéculation ;

Le développement de renseignement agricole ;

U extension et le perfectionnement des mutuelles coopératives agricoles et caisse de crédit agricole ;

La réduction des tarifs de chemins de fer pour les engrais, machines et produits agricoles ;

L’électrification rurale généralisée et intensifiée ;

L'amélioration du réseau routier ;

L’appui financier pour l’installation de salles de fêtes dotées de cinéma.

Programme social f

Je suis favorable :

A la généralisation des habitations à bon marché ;

A une large dotation du budget de l’hygiène en vue d’assurer la surveillance et la protection de la santé publique ;

À l'amélioration des lois d’assistance ;

Au perfectionnement de la législation du travail ;

A l’ex tension du droit syndical aux travailleurs de l’Etat, des départements et des communes ;

A la majoration des retraites ouvrières et paysannes ;

A la participation de l’Etat aux assurances sociales en vue d’une meilleure application de la loi sur cette matière ;

Aux revendications des victimes de la guerre et des pensionnés de toutes catégories ;

A toutes dispositions d’ordre financier, fiscal, moral et juridique susceptibles d'aider les familles nombreuses.

Programme d* éducation nationale. t

Si je suis votre élu, je favoriserai ou défendrai :

La laïcité;

L’enseignement égal pour tous ;

L’organisation de l'apprentissage et de renseignement technique ;

Le développement de l’enseignement post-scolaire,

Politique extérieure.

Le maintien de la paix doit dominer tout ce problème*

Pour réaliser la concorde entre les Nations, il faut :

Renforcer la Société des Nations, élargir ses pouvoirs et sa compétence ;

Supprimer la diplomatie secrète ;

Assurer la bonne gestion de nos colonies et les démocratiser ;

Lutter contre toute expédition ou aventure coloniale ;

Rentre la Syrie indépendante, en faire une unité territoriale libre, aflranchie de toute occupation militaire ;

Favoriser par nos rapports diplomatiques le développement et la consolidation de la République dans les autres pays d^Europe.

Politique générale.

Je suis partisan résolu de T union des partis de gauche, non compris le communisme qui s’exclut lui-même de la démocratie.

Je suis favorable à la participation an Gouvernement des représentants de tous ces partis ;

Fidèle à mon passé, je suis de ceux qui luttent inlassablement pour le triomphe de la paix, pour la liberté et le bien-être de tous les Citoyens.

Vive la République laïque, démocratique et sociale !

Vive l'arrondissement de Rochefort 1

Edouard PO U Z ET Député sortant.

Conseiller général de la Charente-Inférieure Conseiller municipal de Rochefort.

Circonscription de LA ROCHELLE.

M. André HESSE

Elu au deuxième tour de scrutin. — 10.523 voix.

Mon cher Concitoyen,

La législature qui se termine, née dans de terribles difficultés financières, a accompli cependant une œuvre importante : vote du scrutin d'arrondissement et des assurances sociales; amélioration delà loi sur les accidents du travail; réduction du service militaire; réforme des conseils de guerre. Telles sont les principales lois qu'elle a menées à bien.

Elle a redressé la situation financière.

Elle a, à l'exterieur, par les entretiens de Londres, de Genève et de Thoiry, par les

accords de Locarno, par la Société des Nations, préparé toute une série d'ententeg internationales et inauguré une politique de rapprochement entre les peuples.

Je n'ai pas la prétention de discuter ici tous les problèmes politiques de l’heure, mais, à la veille d'une consultation électorale dont dépendra l'avenir du pays elle sort de ia paix, je voudrais cependant vous exposer très simplement le programme et les idées principales qui, dans les circonstances actuelles, me paraissent conformes aux intérêts du pays.

La France veut la paix» Ayant, par le vote de ses dernières lois militaires, organisé la défense et la sécurité de son territoire, elle doit, chaque jour davantage, appuyer sa politique extérieure sur la Société des Nations et faire effort pour que de plus en plus les différends internationaux soient réglés par une procédure pacifiste.

La formule « arbitrage, sécurité, désarmement » constitue l'objectif de tous nos efforts.

La République se doit à elle-même, elle doit au monde de poursuivre juridiquement et diplomatiquement la paix.

Le problème financier est au premier rang des préoccupations nationales.

Si la situation actuelle se présente en amélioration sensible sur celle de fancienne législature, l’œuvre de restauration financière de la France meurtrie par la guerre n’est pas achevée, il convient de la poursuivre avec le seul souci patriotique de sauver définitivement le pays et le franc.

Mais les résultats acquis ne Font été qu’au prix de lourds sacrifices que la prochaine législature devra s'efforcer d’atténuer. 11 faudra opérer la stabilisation légale de la monnaie, gage de sécurité pour le commerce, l'industrie et l'agriculture ; atténuer, par un meilleur aménagement de l’impôt progressif sur le revenu, les charges qui, par les taxes in directes et les impôts cédulaires, frappent lourdement les classes laborieuses; favoriser le développement de l'épargne, notamment par l'allégement des impôts que supportent les valeurs mobilières ; poursuivre et réprimer impitoyablement les Fraudes fiscales, instituer le contrôle des grands monopoles de fait.

Les problème des dettes interalliées doit trouver sa solution dans un règlement général entre tous les peuples débiteurs et créanciers*

Si l'on veut retenir l'agriculteur à la terre, il faut lui permettre de gagner largement sa vie et améliorer les conditions de son existence.

Nous devons poursuivre une politique de production fondée sur une protection douanière respectant f équilibre entte les diverses branches de l'économie nationale ; modifier le régime fiscal applicable aux biens ruraux, régime injuste parce que basé sur un cadastre inexact; poursuivre la réduction du prix des engrais, l'électrification des campagnes; étendre le crédit agricole pour faciliter l’accession de tous à la propriété inviolable et sacrée; perfectionner l'enseignement agricole,

La prospérité de la classe rurale est un des facteurs les plus importants du rétablissement économique et financier de la France.

Au cours de cetle législature, j'avais déposé une proposition de loi qui a été écartée pour des considérations tenant à la situation financière. File avait pour objet de remplacer l’impôt sur le chiffre d’affaires par une taxe sur les matières premières, les objets importés ou fabriqués.

Je pense qu'il convient de continuer à substituer progressivement, comme on fa fait déjà pour un certain nombre de produits, la taxe à la production à la taxe sur le chiffre d’affaires, développer les banques populaires, réaliser l'égalité d abattement à la base entre les petits commerçants et les autres contribuables, encourager les chambres de métiers et l’artisanat, défendre le petit et moyen commerce contre les tentatives d'accaparement et de monopolisation des grandes organisations économiques et financières. Il faut plus de clarté el plus de simplicité dans notre organisation fiscale. Il ne faut pas que le fisc étouffe les forces économiques de la Nation.

La République doit de tous ses efforts protéger et développer son école laïque* Les lois laïques sont intangibles.

Respectueux de la liberté de conscience* mais désireux d'égaliser les classes sociales dans le domaine de l'instruction, je suis partisan de l’école unique et de îa gratuité de renseignement secondaire. Une seule idée et un seul but doivent nous guider en matière d’enseignement : dégager et élever toutes les élites, quelle que soit leur origine.

Le vote de la loi sur les assurances sociales* qui comportera certains aménagements, a pour but de donner au monde du travail la sécurité du lendemain; mais TetTort social ne doit pas etre seulement une œuvre d assistance et de prévoyance* niais aussi une œuvre de justice et de liberté.

Le développement des contrats collectifs , la participation des ouvriers à îa gestion des grandes entreprises, ^amélioration du sort des mutilés du travail, le respect de la loi de huit heures et du droit syndical doivent être poursuivis et assurés dans l’intérêt, non seulement d’une classe sociale, mais du pays tout entier.

Une production plus intense et moins coûteuse que viendront seconder et compléter de grands travaux publics, une meilleure utilisation de nos ports, de nos voies d’eau, de notre houille blanche, une exploitation méthodique de nos richesses coloniales en collaboration généreuse avec les populations indigènes, assureront à noire pays la prospérité qui lui permettra de faire face aux lourdes charges que la guerre et l’après-guerre lui ont imposées.

Le parti radical a toujours affirmé sa sollicitude allectueuse et éprouvée pour les combattants. Il n a pas tenu à lui, mais seulement a des considérations financières, que tontes leurs revendications ne fussent satisfaites. Nous devons continuer l’œuvre de réparation et acquitter la dette de la Nation à leur égard.

La tâche de la prochaine législature sera encore rude et difficile.

Four la réaliser, je fais appel à tous les républicains, à tous ceux qui, ayant le sens des réalités, également éloignés des utopies et des idées extrémistes de droite ou de gauche, veulent, dans un esprit très large, se grouper sur un programme à la fois national, laïque et démocratique, permettant de constituer une majorité républicaine de Gouvernement) à tous ceux qui, mettant l’amour du pays au-dessus des passions politiques, veulent, avant tout, achever l’ œuvre de restauration financière et pensent que le relèvement et le développement du pays ne peuvent se poursuivre que dans la paix, Tordre et la liberté.

Le représentant d’un grand arrondissement comme le nôtre se doit tout entier à son développement et à sa prospérité.

Mes adversaires eux-mêmes ont bien voulu, dans leurs réunions, me rendre cet hommage que je n’ai, à cet égard, marchandé ni mon temps, ni ma peine*

En parfait accord avec les conseillers généraux et les conseillers d’arrondissement, hs municipalités, la Chambre de commerce, la Chambre d’agriculture, le Comité de propagande coloniale, je me suis efforcé de régler toutes les questions locales*

Qu il se soit agi du port de La Pallice, des habitations à bon marché, de l’exposition coloniale, de l'électrification des campagnes, des constructions scolaires, de la défense des boucholeurs et mytiliculteurs, de celle des marais-saîants, des travaux de la Sèvre-Niortaise ou de défense des côtes, sans jamais me préoccuper de la moindre question politique, j’ai multiplié les démarches et les interventions qui m’ont été demandées.

Mon cher Concitoyen,

i codant treize années, j ai eu le grand honneur de vous représenter à la Chambre des Députés.

Successivement membre de îa Commission des fînances3 rapporteur du budget des chemins de fer, rapporteur du budget des services de santé, vice-président de la Commission de la marine marchande, président de la Commission dé la législation civile et criminelle, membre du Haut Conseil colonial, Ministre des Colonies et Ministre des Travaux publics, je me suis toujours efforcé de justifier par mon travail et mon dévouement à mon pays et à vos interets la confiance que vous aviez placée en moi, Je remets entre vos mains mon troisième mandat.

II vous appartient de me dire par votre suffrage si voua voulez me le maintenir ou si j'ai démérité.

le vons prie de croire, mon cher Go 21 citoyen, à mes sentiments les plus dévoués ul cordiaux.

àzsdré HESSE

Àvacât à la Cour d’appcL — Docteur en droit. Conseil 1er général.

Député sortant. — Ancien Ministre.

Circonscription de SAINTES.

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