‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 57 sur 336 · M. LONGUET · texte numérisé non relu

M. LONGUET

Élu au deuxième tour de scrutin. — 10.094 voix.

Chers Concitoyens,

Choisi par le Congrès républicain du *26 février dernier comme candidat unique de l’Union des républicains de gauche, je vous demande de ratifier le choix de vos délégués en me renouvelant le mandat que vous m'aviez confié le 11 mai 1924.

Fidèles au programme que nous vous avions proposé, nous avons, mes collègues et moi, mis tout en œuvre pour le réaliser*

En prenant ïe pouvoir, en juin 1924, le Ministère Herridtse trouvait devant une situation extrêmement grave. Il réussit, cependant, à signer les accords de Londres, à liquider l'occupation de la Ruhr, à appliquer le plan Dawes, qui assure à notre pays des versements réguliers de T Allemagne (6 milliards de francs en 1 928), à présenter à Genève le Protocole qui aboutit aux accords de Locarno, à commencer à solder les formidables dettes du Bloc national (78 milliards d'échéances pour 1925), à réaliser Tu ni té budgétaire, à dégrever un million d'artisans et de petits commerçants de la taxe sur le chiffre d'affaires.

Mais les hommes du Bloc ne voulurent pas permettre que cette sage .administration continuât. — Dès T automne 1924, ils organisèrent la campagne défaitiste contre le franc, qui sera dans l'histoire la honte de leur parti, en spéculant contre la monnaie nationale, en organisant la propagande contre l'emprunt de liquidation Clémentel, en faisant passer la frontière à plus de 25 milliards, en refusant de voter le budget. Us arrêtèrent ainsi la réalisation des réformes promises et obtinrent le retour au pouvoir des vaincus du 1 1 mai.

Se refusant à toutes représailles, les Gauches firent, par îa suite, voter le scrutin d’arrondissement, amorcèrent la réforme de Técole unique, votèrent la loi sur les assurances sociales.

Dans la prochaine législature, les républicains de gauche chercheront à obtenir :

A V extérieur. ~ La consolidation définitive de la paix par la Société des Nations eh développant la politique de Locarno, en instituant l'arbitrage obligatoire, en multipliant

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les accords internationaux, en ne négligeant rien pour la défense du territoire, tout en limi* tant au minimum indispensable la durée du service militaire;

A F intérieur, — La stabilisation légale, dans le plus bref délai. Le rétablissement Bnancier par une meilleure adaptation de l'impôt aux facultés de chacun et la réduction des dépenses au minimum compatible à la bonne marche des services ;

La prospérité économique par une production plus intense, moins coûteuse, par une meilleure utilisation de nos ports et de nos voies d’eau, de notre houille blanche et de notre sous-sol, par la mise en valeur de notre domaine colonial ;

Le maintien des monopoles d’État qui, modernisés, doivent donner d’utiles revenus à ïa nation, et le contrôle des monopoles de fait ;

L'application de toutes les mesures jugées utiles pour combattre b accaparement, la spéculation et la vie chère et notamment la transformation de la taxe sur le chiffre d'affaires en une taxe unique à la production sur Jes produits manufacturés ;

La prospérité agricole par une politique d’engrais à bon marché, par le développement de 1 électrification des campagnes, par un meilleur entretien des routes, par légalité douanière et fiscale, par la coopération, par l’organisation de l'école rurale ;

L'amélioration du sorties travailleurs par le respect du droit syndical, par îa mise en vigueur de la loi sur les assurances sociales, par une meilleure application des lois de protection, à assistance et d hygiène, par une large politique de l'habitation, parla transformation du salariat ;

La défense de l 'école laïque et des lois de laïcité ;

La réalisation de I école unique pour permettre à tous ceux qui le méritent par leur intelligence et leurs efforts, sans distinction de fortune, racées à renseignement secondaire et à renseignement supérieur S

Le respect de toutes les libertés issues des principes de la Révolution française ;

La défense des droits sacrés des mutilés et des anciens combattants ;

Le droit syndical pour les fonctionnaires;

La suppression des conseils de guerre, des lois scélérates et des périodes de réserve ;

Le rétablissement du tribunal de Saint-Jean-d’Angély.

Chers Concitoyens,

Ln collaboration constante avec vos élus du Sénat, du Conseil général et des conseils municipaux, je continuerai, comme par le passé, à défendre les intérêts de l'agriculture, de la viticulture et vos intérêts particuliers quand ils ne seront pas contraires aux intérêts généraux de la Dation,

Attaché a 1 idée de la propriété individuelle, adversaire irréductible de toutes les dictatures, aussi éloigné de la réaction que de la révolution, je ferai tous mes efforts, pour essayer de vous donner, dans l'ordre et dans la paix, plus de justic e! plus de liberté.

Vive Saint- Jean -d'Angel y !

^ ive la République laïque, démocratique et sociale !

Théophile LONGUET Député sortant.

Candidat d*0aîûn des républicains de gauche

GMER

Ve circonscription de BOURGES*

M. AÜTRAND

Elu au deuxième tour de scrutin, — 7. 130 voix.

Mes chers Concitoyens,

Désigné par le Congrès du ] 7 décembre dernier comme candidat de la Concentration républicaine et sociale, j’ai accepté ce grand honneur et cette responsabilité, parce que le scrutin du 22 avril sera l’un des plus graves de notre histoire.

Il s'agit de savoir si nous conserverons la propriété individuelle ou si nous passerons à la « propriété sociale », mot d'apparence généreuse, mais qui recèle au fond le bouleversement le plus complet, parce que « nationaliser», <c socialiser a la propriété, c'est la remettre a l'Etat.

It faut donc opter entre ces deux formulés : l'individu propriétaire ou l'Etat seul propriétaire.

Socialistes unifiés et communistes ont choisi la seconde ci les caHëllistes impénitents marchent politiquement avec eux.

Devant le danger de régression sociale ou un tel régime ferait tomber le pays, nou& avons scellé dans notre circonscription le meme pacte d'union qui, au Parlement, en juillet 1926, a sauvé le franc, alors à deux sous, d'une chute irrémédiable.

Hautement convaincu que nos pères de 1789 nous ont légué la vraie pensée française, ] entends rester fidèle à cette forte tradition républicaine qui a fait ses preuves depuis un siècle, qui a permis à, chaque génération de marquer la route de progrès nouveaux.

Je veux Tordre pour le progrès et le progrès dans l'ordre.

De vieille souche républicaine, membre de TÀIliance démocra tique, fondée par Ad, Carnot, et partisan de Tunion de tous les Français, je veux une République ouverte à tous pour être aimée de Lous,

Assez des ostracismes entre les enfants d’une même mère I Nous avons vu en 1926, sous le règne du Cartel, que la division mène à la ruine.

V union, au contraire, fait la force des peuples.

Le pays d'abord, les partis ensuite !

D'abord notre redressement économique, et puis la politique !

G est dans cette pensée que je présente à vos libres suffrages le programme suivant :

Défense et stabilité du franc.

Nouvel aménagement des impôts dans le sens d'un dégrèvement du travail ; suppression de toute inquisition Escale.

Redressement :

Agricole : Par la protection douanière, la liberLé d'exportation et une politique des engrais et du blé,

Industriel et commercial : Par des facilités légales accordées k la rationalisation et par les encouragements de l’Etat à l’esprit d’entreprise.

Financier : Par la mise en valeur de nos colonies*

Restauration de l’autorité de F Etat*

Création d un Conseil national économique désigné par les organisations professionnel les T patronales et ouvrières.

Pour ta famille. — Vote familial, allocations familiales, assurances sociales, développement des sociétés d’habitations à bon marché et de crédit immobilier*

Pour le commerce, - iaxe a la production* abattements à la base pour charges de famille* patente calculée seulem nt sur les locaux commerciaux*

Pour les campagnes . — Je donne mon adhésion sans réserve au programme agricole établi par la Fédération régionale des associations agricoles du centre et je m’engage à en réclamer la réalisation*

Ordre politique. — Pas de religion d’Etat, pas d’irréligion d’Etat ; neutralité de l’Etal, neutralité de h école ; liberté d’enseignement sous le contrôle de F Etat ; liberté des consciences ; la loi égale pour tous.

Ordre social . — Association du capital et du travail pour la fin de la lutte des classes; défense de l épargne française*

Accession de toutes les classes à tous les degrés de renseignement*

Salaire national pour les O. E, M.

Développement de P éducation physique sous contrôle médical et par instructeurs diplômés*

Aménagement rapide des règlements pour l’application de la nouvelle loi militaire.

Paix extérieure par la Société des Nations, par l’arbitrage international et par les ententes de peuple à peuple*

La légalité souveraine et non « mise en vacances » î

République et non révolution I

Ainsi, à cette heure solennelle où le pays va jeter sa volonté dans l’urne, en raison des pi ogres acquis, vous ne ‘faillirez pas à maintenir, citoyens, le régime politique et social qui nous assure la liberté dans nos foyers et qui nous permet de crier :

Vive la République I

Jean AüTRAND Candidat républicain unioniste.

2* circonscription de BOURGBS.

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