‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 77 sur 336 · M. G AD AUD · texte numérisé non relu

M. G AD AUD

Elu au deuxième tour de scrutin. — 7.575 voix.

Mes chers Concitoyens,

Nous sommes appelés le 22 avril prochain k désigner nos représentants à la Chambre des Députés*

Je me prêseaLe à vos suffrages.

Par deux fois, en 1919 eL en 1924 au scrutin de liste, vous m’avez donné votre confiance.

Je viens aujourd’hui, au scrutin uninominal, vous demander de la renouveler*

Je n’ai pas besoin de vous dire que lorsqu'il a fallu, au scrutin d’arrondissement, choisir une circonscription, je n’ai jamais pu songer — et cela malgré les sollicitations nombreuses — à me présenter ailleurs que dans cette première de Périgueux où s’est écoulé toute ma vie, où sTest accompli tout mon effort professionnel, où m’attachent tant de souvenirs et où, en dehors et au-dessus des rivalités politiques, je me sens porté vers tant de nos compatriotes par un attachement profond,

L’heure de la consultation nationale du 22 avril 1928, qui va sonner aussi pour des pays voisins, esL particulièrement sérieuse. En choisissant leurs représentants, les peuples vont dire s’ils sont pour l’organisation de la paix ou pour Féventualitc volontiers acceptée de la guerre, pour rorganisation équitable du travail ou pour fînégàîUér systématique des conditions, pour des budgets sains, sous des régîmes de liberté ou pour les aventures révolutionnaires et dictatoriales.

Selon que la balance penchera dTun côté ou de l’autre, c’est l’espoir qui va luire ou le danger de nouveaux désastres qui va se préparer*

Je suis pour la paix, pour rorganisation du travail, pour les budgets sains, pour les régimes de liberté !

La paix européenne est entrée dans une phase favorable grâce à la politique qui a été suivie durant ces dernières années et qui avait été interrompue par M Millerand à Cannes. Aujourd’hui les accords de Locarno qui ont fait du Rhin une frontière commune à la France, l'Angleterre et la Belgique ; ïé développement de la Société des Nations avec ses bureaux internationaux ; les idées nouvelles d’arbitrage entre les peuples et de contrôles militaires, sont une marche permanente vers l’organisation et, selon un mol récent, vers la «technique» de la paix. J’ai foi en cette politique nouvelle, je la considère comme un devoir de notre génération et je la soutiendrai ardemment,

La restauration financière de notre pays est liée à la stabilité de la monnaie et à l'amortissement de la dette publique* Ce sont les hésitations relatives aux méthodes d’amortissement, les intérêts égoïstes qui se sont dressés contre les plus équitables d’entre elles, la panique savamment entretenue se terminant par t’alïolemenf qui en 1926 ont entraîné la chute de notre monnaie. Toujours esLIÏ que par cette chute nous nous sommes trouvés en lace d’un péril national. Gomme il l’avait fait en 1914, devant l’invasion allemande, Je Présï-

dent de la République, en vue de conjurer ce péril, a fait appel à tous les partis politiques pour constituer un véritable gouvernement « de défense nationale ». Je sais bien que le beau mot d’union nationale serait facilement accaparé par des partis politiques dont l'amour de la constitution et de l’esprit républicains sont le moindre souci. Je sais aussi que l'équilibre budgétaire, nécessité impérieuse, qui a contribué à sauver le franc, n'a pu être acquis que par une fiscalité s'éloignant par certains côtés de la fiscalité démocratique et qu'il faudra réformer sans retard. Je sais tout cela. Mais il est des heures où le souci de F intérêt général domine les controverses politiques. Et nous sommes à une de ces heures, A un gouvernement qui compte dans son sein des Briand, des îlerriot, des Pamlevé, des QueuilSe, — unis sous la présidence d'un homme dont nul ne conteste F intelligence, le désintéressement et la foi républicaine, Poincaré — le modeste républicain que je suis a donné sa confiance. Si vous renouvelez mon mandatée continuerai à le soutenir dans l'effort qu'il faiL pour arriver, par la garantie de la monnaie, par l'équilibre budgétaire, par la réalisation des conditions éconoiniques nécessaires, à la stabilisation de plus en plus complète du franc,

Les difficultés de l'heure ne doivent cependant pas nous empêcher de maintenir les conquêtes politiques, l'esprit démocratique et laïque de la République, et de développer ses conquêtes sociales.

Pour cela l'œuvre parlementaire de demain doit être t

Questions financières.

Réduction des impôts de consommation ; pour les impôts cédulaires, abattement identiques pour les divers impôts, — un petit commerçant ou un petit agriculteur devant bénéficier des mêmes réductions que les salaries (proposition de loi déposée par moi-même avec mon collègue Lesaciié), suppression de l'impôt à la première mutation.

Evaluation plus exacte du revenu global et rendement plus grand de cet impôt qui est l’impôt le plus juste. Sacrifices supplémentaires demandés aux grosses successions. Distinction entre les revenus du capital oisif et les revenus du travail.

Âpres étude des commissions instituées par la loi d'avril 1926, extension des cas ou la taxe à la production peut se substituer à la taxe sur le chiffre d'affaires.

Que si LO ns nu h ta ires ,

Veiller à ce que soit réalisée rapidement la mise en application du service d'un an, auquel j'ai donné mon vole.

Questions sociales .

Obtenir le règlement des retraites et l'entrée en service rapide des cheminots révoqués et réintégrés.

Continuer l'action nécessaire pour obtenir de nouvelles réintégrations.

Organiser F hygiène publique et l'hygiène sociale.

Connaître les besoins delà France en préventoriums, sanatoriums, colonies de vacances et la doter des établissements nécessaires. Cette organisation va d’ailleurs de pair avec îe fonctionnement des assurances sociales déjà votées, mais devant être améliorées par des textes rectificatifs. En ce qui a trait aux soins aux malades, j'ai eu l’honneur de faire accepter par le Gouvernement et la Commission le principe d’un nouveau texte. Eu ce qui

a trait aux assurances agricoles, le texte rectificatif devra être élaboré après entente avec les chambres d'agriculture et les assurances agricoles.

Encourager de plus en plus la constitution des offices municipaux d'habitations ouvrières et de crédit immobilier.

Questions agricoles.

C’est encore en liaison avec les chambres d'agriculture et les associations agricoles qu’il faut réaliser le programme agraire si primordial dans notre région. L’action législative doit aider l'agriculture de deux façons :

En facilitant la vente des produits ;

En favorisant la diminution du prix de revient.

Afin de faciliter la vente des produits :

Liberté de sortie, ouverture des débouchés obtenus grâce aux traités de commerce,, tarifs protecteurs de l'agriculture en harmonie avec ceux de l’industrie, amélioration des prix de transports grâce aux tarifs spéciaux (comme cela a été fait récemment pour la chaux) aux tarifs saisonniers et aux tarifs forfaitaires.

Afin de diminuer le prix de revient :

Dégrèvement des petites cotes foncières, qui a un commencement d’exécution grâce à Faction particulière des parlementaires de la Dordogne, de la Corrèze et du Lot.

C’est encore avec nos collègues du Lot et des Landes que nous avons fait modifier la composition de la Commission paritaire de fixation des prix des tabacs et obtenu que ces prix soient fixés en tenant compte du prix de revient des tabacs indigènes (ce que les congrès de planteurs appellent « Loi Gadaed »).

Dans la question si essentielle des engrais, nous agirons sur les prix des engrais azotés en favorisant l'importation (au titre des réparations) des sulfates d’ammoniaque allemands et des nitrates de soude chiliens ; sur les prix des engrais potassiques par le contrôle de l’Etat sur la Société des potasses d’Alsace organisée en régie intéressée; sur les prix des engrais phosphores en obligeant les aciéries françaises à n’exporter qn’après avoir fourni à L'agriculture française.

Nous encouragerons les offices agricoles pour qu’ils procurent à bon compte les semences de blé. Nous veillerons à ce que soit augmentée la dotation du crédit agricole.

Nous continuerons l’action déjà menée par les parlementaires du sud-ouest pour que ne soit pas exigée la taxe du chiffre d’affaires sur les moutures destinées à l’échange direct de blé en pain entre cultivateur et boulanger.

Enfin, nous nous préoccuperons avant tout de l’électrification des campagnes, au point de vue législatif en précisant l'intervention de l'État dans la construction des réseaux à haute tension ; au point de vue réalisation, en établissant la liaison entre les syndicats de commune, le génie rural et le le Ministère de F Agriculture pour ce qui concerne l 'approbation rapide des projets et F obtention des subventions.

Telles sont* mes chers concitoyens, les principales questions qui me paraissent devoir être résolues par la prochaine Chambre. Les questions dominantes restent bien celles que j’indiquais au début de cet exposé, à savoir la stabilisation de plus en plus assurée de la monnaie et le fonctionnement régulier de l’amortissement -— l’un et l’autre avec le plein rendement de l'activité économique de la Nation,

La gravité et la difficulté de ces problèmes n'échappent à personne. Ce que je vous «remets, c'est de les aborder avec les sentiments dTun Français qui aime passionnément son pays et d un démocrate qui croit la République capable de conjurer les pires dangers qui menacent la France — et elle Ta prouvé — et d'offrir en même temps toutes les possibilités de progrès qui conduira les sociétés à plus de justice et à plus d'égalité entre les hommes.

Ce sera l'honneur de notre pays, malgré l’exemple pernicieux des dictatures donné par deux nations européennes, la dictature conservatrice italienne et la dictature révolutionnaire moscovite, de se sauver par son régime de liberté.

Vive la République l Vive la France !

Dr Félix GÀDÂUD

Maire de Périgueu*.

Député sortant.

Candidat républicain d* Ou ion des gauches*

2e circonscription de PBHIGUEUX.

M. CAZÂÜD

Elu au deuxième tour de scrutin. — 5.672 voix.

Mes chers Compatriotes,

J’ai l'honneur de me présenter à vos suffrages à l’élection législative du 22 avril 1028, .avec le programme radical-socialiste^ que je n’ai cessé d'avoir depuis le commencement de ma yie politique, car mes idées n'ont jamais change.

Voici ce que je disais dans ma profession de foi, lors de 1 élection au Conseil général de 1922, aux électeurs du canton de Savignac-les-Eglises :

« Je me suis fais toujours l'avocat des humbles. Je crois pouvoir dire avec vérité que j'ai beaucoup aidé dans le canton à faire aimer la République par la bonté eL la justice... Si j'ai des concurrents, répondez à leurs attaques, vous qui me connaissez bien, que je suis un républicain laïque convaincu, patriote désirant ardemment le progrès, mais dans 1 ordre et la légalité * que je suis un adversaire résolu du bolchevisme. Dites-leur que ma devise n a jamais varié : Ni réaction ni révolution. Vous ajouterez que je souhaite voir 1 Etat donner gratuitement l’instruction secondaire et supérieure aux enfants intelligents de parents pauvres et aussi que ce serait un bien à mes yeux de voir les familles nombreuses toucher de fortes primes, » .

Ces idées, je les ai toujours. Je trouve, en effet, que la société no fait pas son devoir, qu'elle est égoïste. Il faut que TEtat soit plus généreux pour les vieillards, les familles nom-

tireuses, les jeunes mères. Le laboureur qui a semé le blé, le maçon, le charpentier, etc ont travaillé pour la société et il serait juste qu’elle fût reconnaissante; il ne faut plus que la solidarité soit un vain mot.

Notre budget va s’améliorer. Bientôt les pays dévastés par la guerre ne nous demanderont plus d’argent. Nos finances vont mieux et nous pourrons faire des conversions. Nous trouverons donc facilement les ressources nécessaires pour améliorer le sort des humbles” Cette politique empêchera les idées holchevistes de -faire du chemin.

Ouvriers, 11e regardez pas du coté de la Russie, pays de servitude et de misère. Tournez vos regards du côté des Etats-Unis, pays de liberté et.de hauts salaires. Il faut qu’eu France comme en Amérique vous soyez intéressés aux bénéfices, dans les concessions d’Etat et les sociétés anonymes,

Ï1 ne faut plus que l'argent soit un obstacle à Instruction des enfants intelligents, L’Etat a le devoir d’assurer, par sélection bien entendu, le droit à l’instruction intégrale à tous les jeunes Fr an çais *

Les impôts ne doivent pas être perçus sur ce qui est nécessaire à la vie, mais seulement sur le superflu. Il faut percevoir les impôts sur le chiffre d’affaires à la production pour que les commerçants ne soient plus ennuyés. Je repousse toute inquisition.

Je suis un chaud partisan de la paix, il ne faut plus de guerre, aussi j’applaudis de tout cœur à la création du tribunal de Genève et aux traités de Locarno.

Mes chers Compatriotes,

Je suis un agriculteur viticulteur. J’ai crée ma propriété de Sarliac-sur-lTsle dont le vignoble a obtenu au concours d’arrondissement le prix d’honneur, je la travaille par domestiques. Je connais donc vos besoins, vos intérêts puisque je suis un des vôtres. Je demanderai que les produits agricoles soient protégés au même titre que les produits industriels, que les droits de sortie soicnL supprimés et que l’instruction agricole soit répandue. 11 faut que l’Etat ait une politique du blé, des engrais et des transports. S’il nous donnait à un prix bas les engrais, nous aurions tôt fait de produire le cinquième qui

manque à la France pour sa nourrilnre et nous n’aurions plus besoin de donner notre or à l1 étranger.

Pour augmenter aussi notre production, un tracteur agricole serait nécessaire dans certaines communes. Il faut que l'Etat aide à le payer.

Tl faut songer à créer une caisse de secours pour toute la France, de façon que les agriculteurs soient indemnisés des deux tiers de leurs pertes : trois ou quatre pour cent sur aos impôts suffiraient largement à alimenter cette caisse. 11 faut aussi que l’Etal fasse un large effort pour que 1 électrification soit dans- toutes les communes.

Mes chers Compatriotes,

Je me présente à vos suffrages avec un long passé de bon républicain. Il y a trente et un ans que je suis maire de la commune de Snrliac-sur-lTsle. Il y a vingt et un ans que pour la première fois j’ai été nommé eonceiller d'arrondissement, puis conseiller général,

toujours à des majorités magnifiques. C’est que je ne suis pas un sectaire et que ma maison est accueillante.

Ne pensez-vous pas que s il y avait à la Chambre beaucoup d’agriculteurs. les affaires des cultivateurs iraient beaucoup mieux? C'est l’avis de beaucoup. A vous de choisir.

Et vous, artisans, industriels et commerçants vous savez très bien que lorsque l’agriculture va, tout va. Vous aussi avez intérêt à voter pour un agriculteur.

La France a besoin de confiance pour relever se? finances, vous savez qu’elle a été à deux doigts de la faillite. Je suis de ceux qui font passer les intérêts de leur pays avant les

intérêts des partis politiques. F ramie d'abord ! Aussi je prends l’engagement de soutenir le Ministère d’union Poincaré eL je le soutiendrai parce que je suis bon Français. Ma politique peut se résumer en trois mots : progrès,, justice, bon Lé,

Vive ïa République laïque,, démocratique et sociale !

Clément CâZAÎjD

Pr opr i éta i re agric al te ur- y i ü culteur,

Chevalier de la Légion d’honneur, — Commandeur du Mérite agricole. Licencié en droit.

Maire de Sarliac-sui-risïe. ~ ConseNler général*

Candidat agricole f radical-socialiste.

Circonscription de RIBÉRAG

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