M. BIBLE
Elu au deuxième tour de scrutin, — 3% 500 voix*
Chers Concitoyens,
J ai 1 honneur de présenter ma candidature aux élections législatives du 22 avril et de solliciter vos suffrages*
Elu il y a quatre ans. sur la liste républicaine de l’Union des gauches, je suis resté i ele'au programme que je vous avais tracé et je me réclame aujourd’hui comme alors des principes de liberté, de justice et de fraternité qui sont le patrimoine commun de tous les démocrates de ce pays.
Profondément attaché aux institutions parlementaires, qui ont donné à la France cinquante années depuis sociale et d'ordre politique, je suis de ceux qui pensent qu’il faut défendre ces institutions contre les tentatives de réaction ou:de révolution qui viseraient à tes détruire ou à les affaiblir.
L œuvre, du Parlement d’hier a été difficile, celle du Parlement de demain sera lourde, i importe de s expliquer loyalement pour que le suffrage universel souverain puisse exprimer sa volonté dans la clarté et dans la vérité.
Politique financière. — L’énormité de la dette de 278' milliards de francs, et les déficits budgetaires successifs du Bloc- national avaient créé en 1924 une situation tragique.
ai .ou tenu le projet de budget de 1925 qui réalisait, pour la première fois depuis la guerre, 1 équilibré des dépenses et des recettes, par la répression de la fraude fiscale sur les gros revenus et qui supprimait l’impôt sur le chiffre d’affaires pour les commerçants uipioyant moins de quatre ouvriers ou employés.
Pour réduire la dette publique, j’ai proposé en 1925 la création d’une caisse d’amor- Iflô a lmentée par Erte contribution nationale demandant aux fortunes supérieures à -■ J francs un sacrifice unique suivant un taux progressif de 5 à 25 0/0. Le projet du F’ainlevé C0Dteiiant les parties essentielles dé mou système, j’ai soutenu ce condamné3 S‘ai atlce’ désolé Pour justice fiscale qu’une majorité de quelques voix l’ait
En revanche } je me suis élevé contre rétablissement de la taxe civique, et contre cette augmentation des impôts de juillet 1926 qui, ne tenant pas compte des facultés contributives des citoyens, frappe souvent plus lourdement le travail que le capital. Cette augmentation d’impôts procure au Trésor les sommes nécessaires à un amortissement progressif, mais n'était-il pas plus juste de faire cette opération d’amortissement en demandant aux favorisés de la fortune un sacrifice exceptionnel, comme on a demandé pendant la guerre aux citoyens le sacrifice d’eux -mômes pour sauver le pays ?
Les opérations d'ordre technique comme la création de la Caisse d’amortissement, et Ja constitution de l’Office des tabacs pour l’aménagement et le remboursement des Bons de la Défense nationale ont eu mon approbation* De même je suis prêt à voter la stabilisation légale de noire monnaie, qui en assurant la sécurité des affaires contribuera au développement économique de notre pays et consolidera sa situation financière dans le monde*
La prochaine législature aura le devoir de faire de sévères économies par une réorganisation intelligente de nos services publics* Elle devra aussi édicter des mesures sérieuses contre ln fraude fiscale.
Notre système d’impôts, compliqué, inquisitorial, injuste, demande des remaniements profonds pour devenir plus supportable et pour atteindre plus équitablement le contribuable en frappant plus lourdement le capital que les fruits du travail,
La taxe sur le chiure d’affaires notamment doit être remplacée par l’impôt à la production moins vexatoirc et plus juste. Elle doit être immédiatement supprimée pour les moutures relatives à l’échange du blé contre du pain, entre agriculteurs et boulangers.
Politique extérieure t — La situation en 1924 était inquiétante par suite de l’occupation de la Ruhr qui, sans nous assurer les paiements dus par L Allemagne, nous avait aliéné les sympathies d’un grand nombre de peuples.
Par ies accords de Londres, signés par M. Herriot en août 1924, la question des réparations a perdu son caractère politique pour devenir simplement une question financière et économique* Les principales ressources de L Allemagne, notamment les chemins de fer, les impôts de la bière et du tabac sont frappés d’une hypothèque qui garantit le versement des lourdes annuités que ce pays doit à ses créanciers.
La France a reçu pour sa part Tan dernier 4 milliards et demi de francs que notre Trésor a utilisés au payement des dettes interalliées et à la dotation de la Caisse d'amortissement.
Ainsi T Allemagne paye.
Par les accords de Locarno négociés en 1925 par M, Briand, le Rhin est devenu une frontière internationale que l’Angleterre, en donnant son alliance, garantit avec nous contre toute tentative de guerre de revanche de V Allemagne.
L’apaisement qui a suivi ces accords a facilité la tâche de redressement et d’organisation de l'Europe nouvelle et permis à la Société, des Nations d’intervenir utilement pour la paix, en attendant qu’elle devienne un organisme solide, capable de briser toutes les tentatives belliqueuses des puissances impéria’istes.
Membre de la Commission des affaires étrangères, j’ai pu mesurer jour par jour les progrès réalisés par cette politique de consolidation de la paix, à laquelle j'ai apporLé mon modeste tribut en participant à divers Congrès internationaux aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, à Genève et à Paris.
En s’attachant à étendre pendant les années qui viennent l'arbitrage, qui permet de régler pacifiquement les conflits entre Etats, en assurant par le développement de pactes de garantie mutuelle la sécurité de chaque nation, on prépare cette réduction générale des armements à laquelle aspirent tous les peuples courbés sous le poids du militarisme.
Déjà, nous avons pu en France, préparer une organisation démocratique de notre système militaire que plusieurs lois fondamentales ont adapté aux nécessités de notre sécurité, tout en réduisant pour un avenir prochain la durée du service actif à un an.
Politique économique et sociale. — En présence des problèmes économiques et sociaux*
j’ai eu le souci constant d’aider la production nationale, d’encourager toutes les initiatives et de soulager les misères qu’entraînent les risques de Loutc nature qui frappent l’individu.
J’ai notamment consacré mes efforts à défendre les travailleurs de la terre qui méritent tant de sollicitude, à cause meme de la dureté de leur travail et de l’incertitude de sa récompense.
Pour assurer au blé un prix rémunérateur et éviter les manœuvres de la spéculation, j’ai proposé et défendu à la tribune l’Office du blé qui, sans taxation, ni réquisition, ni monopole, par le simple jeu de son stock de manœuvre, aurait dominé le marché et garanti les prix. Sans aucun doute, les difficultés que nous avons connues il y a deux ans, celles même de cette année auraient été évitées si l’Office avait pu jouer le rôle protecteur auquel i! était destiné.
Dans le but de procurer à nos campagnes la main-d'œuvre indispensable pendant les grands travaux, J’ai déposé en 1925 une proposition demandant au Gouvernement d'accorder des permissions agricoles. J ai pu faire accepter cette proposition et je peux dire que ce premier pas a conduit au régime actuel des permissions agricoles de vingt jours.
L'électrification des campagnes entre désormais pour le Ribéracois dans la période des réalisations, bien que nous soyons dans une région de population dispersée où la construction des réseaux coûte très cher. Au groupe parlementaire d'électrification dont je suis vice-président* j ai propose 1 augmentation des subventions d’Etat, en raison même de la dispersion des usagers et de la faiblesse de leurs ressources.
Je me suis intéressé à la cause des planteurs de tabac qui savent que soit au groupe des planteurs k la Chambre, soit dans les congrès nationaux, j'ai toujours soutenu leurs doléances et fait les démarches utiles pour qu’ils obLiennnent satisfaction. La question de 1 évaluation du coût de production du tabac indigène pour la fixation des prix de vente, celle des primes à la finesse et à la présentation, celle aussi de la qualité de l'arbitre retien lient toute mon attention, et méritent une solution favorable aux planteurs.
Il est indispensable de faire un gros effort en faveur de notre agriculture qui traverse une crise grave et qui a besoin d'être encouragée, secondée, protégée,
D abord il faut faciliter la vente des produits agricoles en maintenant la liberté d'exportation que nous avons obtenue il y a quelques mois et en abaissant, comme je Lavais demandé à la tribune de la Chambre* les tarifs de transports.
Ensuite il est nécessaire de développer la production agricole par une utilisation plus abondante des engrais qui doivent être vendus à des prix abordables et par une instruction pratique donnée par l’école primaire à nos agriculteurs*
Enfin, il faut maintenir les jeunes ménages â la terre en facilitant leur accès à la propriété par les prêts du crédit agricole dont la dotation doit être augmentée et l’obtention facilitée.
Je u ai point négligé le commerce et 1 industrie et je suis un partisan convaincu des accords commerciaux à longue durée qui créent des débouchés, et de la modernisation de 1 outillage qui, en accroissant la production, développera le bien-être général.
Je tiens a 1 application des lois de protection des travailleurs* au développement des syndicats agricoles et industriels, à leur participation toujours plus étroite, à la production nationale.
Jo désire 1 amélioration de la grande loi des assurances sociales, votée il y a quelques joiUh seulement ei qui par la garantie des risques : maladie, invalidité, vieillesse, charges t e amibe, donne au travailleur la sécurité du lendemain et le protège contre la misère*
Enfin ^ je souhaite que l'école unique devienne rapidement une réalité et que le fils du pain i e, aussi bien que le fils du riche, s il a l’intelligence, puisse s'élever par son travail aux plus hautes destinées.
Chers Concitoyens,
^ est est le programme profondément démocratique que je soumets à vos suffrages et sur equel je demande aux travailleurs de s'unir dans une étroite solidarité.
A Flieure où les puissances financières tentent de constituer en face de FEtat de vastes congrégations économiques qui rêvent de dominer le pouvoir politique, je fais appel à vous pour affirmer nettement la volonté de la démocratie de rester libre et maîtresse de ses destinées.
Je m’adresse à vous, républicains, qui dans le passé avez lutté pour fonder et affermir la République, et à vous, jeunes électeurs, qui représentez Ta venir et qui voulez que la France de demain soit encore dans le monde à l'avant-garde de la démocratie*
Vive la République démocratique, laïque et sociale l
M avenue BIBIÉ
Professeur à la Faculté de droit de Bordeaux.
Circonscription de SARL AT,
îvL Yvon DELBOS
Elu au deuxième tour de scrutin* — 11 .057 voix.
Mes chers Concitoyens,
j’ai l'honneur de solliciter le renouvellement du mandat que les électeurs de la Dordogne m’ont confié, en 1924, par 49.807 suffrages.
Dans ^arrondissement de Sarlat, ma petite patrie, j'ai obtenu 12.530 voix sur 21.254, c'est-à-dire, bien qu’il y eût quatre listes, près de 2.000 suffrages de plus que la majorité absolue.
J'espère n'avoir pas démérité de cette marque de confiance, dont je resterai toujours profondément reconnaissant à notre cher S srladais.
Selon moi — et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai combattu la proportionnelle — un député, en même temps qu'il représente la France entière, doit aussi se préoccuper de ceux qui Font élu. Il doit être leur interprète et leur défenseur auprès des pouvoirs publics.
Cette tâche, Faiqe remplie ? En conscience, je crois que oui. Je n'ai ni le temps ni la place de vous rappeler mes fréquentes interventions en faveur de telle ou telle catégorie de légitimes intérêts locaux, qu'il s'agisse des planteurs de tabac, des agriculteurs sinistrés, des énoiseurs, des fondations pratiques, notamment au point de vus agricole et scolaire * des subventions aux œuvres d'intérêt public, des démarches pour l’amélioration des moyens de transport, de l'électrification de nos campagnes. Des attestations sans nombre, émanant des groupements les plus qualifiés, Font maintes fois proclamé. Je crois pouvoir dire que je n'ai jamais fait de mal à personne et que j'ai essayé de me rendre utile autant que je Fai pu. J’en ai trouvé la plus douce des récompenses dans les marques d'amitié et de sympathie qui m’ont été prodiguées au cours de cette campagne.
A plus forte raison, u ayant plus à m'occuper que du Sarladais, grâce au vote du scrutin d arrondissement, pourrai-je continuer h travailler dans le même sens. Mes concurrents agiraient-ils de même ? Bien que d’un âge mûr ou avancé, ils se sont si peu occupés
de vous que, jusqu'à ce jour, les neuf dixièmes au moins d’entre vous ignoraient jusqu’à leur nom. Au cours même de cette campagne, ils ont dédaigné les populations rurales et se sont bornés à essayer d’exciter dans les centres des passions et des haines - — sans jamais rien faire connaître ni de leur personne, ni de leur programme. Ne votez pas pour ces inconnus qui vous ignorent eL qui, en ne se donnant même pas la peine de se faire connaître pour solliciter vos suffrages, vous donnent un avant- goût de ce qu’ils feraient par la suite l
Bien entendu, je n’oublie pas que le député a aussi à participer à la direction générale des affaires. A ce titre, il doit avoir un programme politique précis. Quel est le mien ?
Contrairement à mes concurrents qui se sont bornés à des critiques, sans dire par quoi Üs remplaceraient ce qu’ils déclarent mauvais, ni ce qu'ils auraient fait, ce qu’ils feraient à ma place, partout, au cours de ma campagne, j’ai soumis loyalement mes idées et mes actes au verdict du suffrage universel* Confiant clans votre jugement et votre bon sens, j’ai la conviction que vous préférerez un programme sérieux, sincère, pratique, au « bluff », au {t bourrage de crânes » habituels aux partis extrémistes, réactionnaires ou révolutionnaires.
Mon programme est celui que le ParLi républicain radical-socialiste a élaboré à la fois pour satisfaire à son idéal démocratique, pour répondre aux nécessités pratiques de l’heure et pour réaliser le maximum de concorde républicaine* Du fond du cœur, je suis un démocrate, que n’effraie aucune idée de réforme, pourvu quelle soit juste et s’accomplisse dans l’ordre et la légalité. Tout mon dévouement fraternel est acquis aux travailleurs, à ceux des champs, dont le travail nourricier est le plus indispensable de tous, dont le calme, le bon sens et le tranquille courage ont si souvent sauvé la République, à ceux des villes, dont les impatiences et les élans généreux, à la condition qu’ils soient disciplinés, sont des éléments de progrès.
La démocratie* ~ Aimer vraiment le peuple, lui faire vraiment confiance, c’est être Contre toute dictature, pour le suffrage universel et la République parlementaire. Je ne reconnais comme loi que la volonté de la majorité des citoyens, librement exprimée ; et je refuse à une minorité de droite, comme en Italie, ou d’extrême gauche, comme en Russie, le droit d’opprimer dans une dictature illégale le reste de la Nation. Je repousse donc la dictature du prolétariat et les méthodes d’illégalité que représentent MM* Vigieret Lasserre, comme la dictature de la finance que représente M. Latour.
Le problème social et V instruction* — Aimer vraiment le peuple, c'est être pour une politique de fraternité et de justice sociale. Je suis donc contre l'oppression patronale, contre l’arrogance et l'insolence des privilégiés, qui s'imaginent être d’une essence supérieure et que défend le parti de M, Latour. Au servage qu’ils veulent à l’atelier et à l'usine, il faut opposer l'émancipation des ouvriers et des employés, qui doivent progressivement accéder aux bénéfices et à la gestion des entreprises. Cette méthode de la collaboration des chefs avec leurs employés est celle que j’ai appliquée la seule fois où j’ai eu du monde sous mes ordres — quand j’étais sous-secrétaire d’Etat ou Ministre. Pour la meme raison , je suis contre la lutte des classes c’est-à-dire la haine et la guerre civile^ prècliée par les communistes comme M, Vigier et par les socialistes (non pas les réformistes à la manière de Paul-Roncour, mais les révolutionnaires à la manière de M* Lasserre), Je suis pour la collabora (ion des classes, J a paix et la bonne entente entre les citoyens.
C est ainsi que Ton pourra progressivement introduire plus de justice dans la répartition des richesses et améliorer le sort des travailleurs. Mais c’est folie de croire qu’une transformation totale peut s’accomplir d’un seul coup : les réformes, corn mes les récoltes, ne poussent pas en un jour. C’est folie surtout de chercher le progrès dans la guerre civile, dans le sang. Ces idées sont de plus en plus celles de la C. G. T, qui représente, contre le communisme et le socialisme révolutionnaire, l’immense majorité de la classe ouvrière.
Lu autre aspect du problème social est celui de l'instruction, auquel je me suis particulièrement voué. L’idée de l'école unique, qui est la mienne et qu’on essaie en vain de
caricaturer, n’a rien à voir avec l'étroit sectarisme qu'affectent d’y trouver les ennemis de la laïcité et de l’instruction du peuple. Elle ne menace aucune liberté légitimé, mais consiste à vouloir dégager l’élite véritable, qui doit être celle de l'intelligence, non pas celle de la fortune, et à donner à tous les enfants, avec une culture générale suffisante, un enseignement pratique, destiné à leur faire connaître le mieux possible le métier qu’ils exerceront. C'est à quoi j’ai travaillé, non point seulement par des paroles, mais par des actes, en généralisant les prêts d'honneur pour les étudiants pauvres, et en faisant voter la taxe d’apprenlissags, payée uniquement par les patrons ayant trois employés ou ouvriers, ou davantage, et destinée à donner cet enseignement pratique au x enfants du peuple.
Le problème économique. — Il faut une politique réaliste, À la base du problème social, qui consiste principalement à bien répartir les richesses, il y a îe problème économique, qui consiste à en produire. Si on produit moins, tout le monde en pâtira. C’est pourquoi je suis pour une politique réaliste qui ne se paye pas de mots, mais qui consiste à accroître le rendement, dans tous les domaines, par l’appli cation des progrès de la science, de méthodes industrielles et commerciales de plus en plus pratiques et rationnelles. C'est dire que je ne suis pas pour un étatisme bureaucratique et routinier. Mais je suis contre l’abandon à des sociétés financières des services publics et des richesses nationales, pour le contrôle, par la Nation souveraine, de ces services et de ces richesses, auxquelles elle a le droit de participer afin d’accroître le rendement et non pas pour le paralyser.
Pour la même raison, je suis partisan de la propriété individuelle. Si j’estime qu’il faut y faire accéder les ouvriers qui n’en ont pas, ce n’est pas pour l’ôter à ceux qui en ont une. Non seulement il faut respecter cette propriété individuelle, fruit du travail et de l’épargne, mais elle a 1 immense avantage d’être un stimulant au travail, par l'intérêt. Si, comme îe demande le programme communiste de M. Vjgier ou le programme socialislecoilecüviste de M. Lasserre, on supprimait la propriété individuelle, les hommes n’auraient plus de goût au travail, puisque le paresseux aurait autant d’avantages que le travailleur. Dans la caserne, où ils n’ont pas d’intérêt au travail, les soldats ne font pas de zèle... En Russie, où a été supprimée la propriété, c’est à qui travaillera le moins. La production a diminué dans des proportions effroyables et c'Sst la misère pour tous* Le collectivisme, qu’il soit communiste ou socialiste, tue l’initiative, l’effort et par conséquent le bien-être.
Le problème Agricole: — En matière agricole comme dans toutes les questions d’ordre pratique et professionnel, la politique pure doit être bannie. Les planteurs de tabac, les producteurs de blé ou de vin, ont les mêmes intérêts quelle que soit leur opinion. Pour défendre ces inlérêls, je me suis toujours efforcé et je m’efforcerai toujours de faire triompher les désirs légitimes d’ordre professionnel exprimés par les divers groupements de notre région ; chambres d’agriculture, groupes d’entente paysanne, syndicats agricoles, mutuelles, etc.
D’accord avec eux, je suis pour le développement du crédit, des mutuelles et des assurances agricoles (j’ai personnellement déposé un projet d’assurances nationales pour les agriculteurs victimes des calamités atmosphériques) — pour l’amélioration de la loi sur les assurances sociales — qu’il faudra notamment mieux adapter aux conditions de la vie agricole — pour le développement de l’électrification des campagnes, des voies de communication et des moyens de transport — pour rabaissement des prix des engrais et de l’outillage — pour une protection douanière modérée et pour la liberté d’exportation des produits de la terre — pour l’allégement des impôts qui pèsent sur le paysan f je suis de ceux qui ont proposé et voté le dégrèvement de la cote foncière des propriétaires exploitant eux-mêmes) — pour la ction des droits de mutation et de succession sur les petites propriétés — pour l'enseignement agricole donné dans les écoles primaires et techniques par un corps d'instituteurs ruraux (j’ai fait créer cet enseignement à l’école normale de Périgueux et ailleurs) — - pour que soit faite une place plus grande dans le Conseil économique national aux groupements agricoles (je fiai réclamé dans un ordre du jour).
No 3814
Politique commerciale * — Fai la même volonté de collaboration, sur le terrain pratique* avec les groupements commerciaux* El je suis avec eux pour l'extension de la propriété commerciale, pour la liberté du commerce et le minimum de tracasseries fiscales (je l’a i prouvé par plusieurs interventions), pour la suppression aussi rapide que possible de l’impôt sur îe chiffre d Affaires (on Fa supprimé sur certains articles, mais c’est beaucoup trop peu ; on serait allé beaucoup plus vite si la politique soutenue à cet égard par mes amis et moi avait eu la majorité) et pour le remplacement de cet impôt (quand on supprime des recettes il faut bien les remplacer) par une taxe à la production.
Politique de P État envers les fonctionnaires, ™ Je suis partisan de la collaboration de tous, aux divers degrés de la hiérarchie, dans le respect des lois. J’ài volé à propos des fonctionnaires, comme d’autres catégories, des ajustements de traitements ou de pensions en fonction du prix de la vie Mais je me suis arrêté il la limite des possibilités budgétaires et j'ai voté contre les surenchères, il est facile de flatter tout le monde en votant d'une part toutes les augmentations de dépenses, d’autre part toutes les diminutions de recettes. Mais si la majorité agissait ainsi, il n’y aurait-plus de budget et tout irait à vaud’eau, Si la majorité avait voté tous les amendements des -communistes, des socialistes et de la droite, on aurait ajouté des milliards de dépenses et supprimé des milliards de recettes. Ce n’est pas sérieux! Dans le même ordre d’idées,, j’ai voté des mesures d’économies, précisément pour que les augmentations fussent compensées par une réduction des effectifs. Des suppressions d’emploi ont été ainsi opérées. IF faudra continuer en accélérant la marche, dans cette voie des économies.
Politique financière-. — En cette matière, j’ai non seulement voté mais proposé avec mon parti et avec le Gouvernement Pain levé dont je faisais partie, un système financier comportant tout le contenu de mon programme de 1924 : progression dans les sacrifices et dans l’impôt, mesures contre l’évasion et. les fraudes, etc. G© système a été repoussé, mais je ne saurais en être rendu responsable, car un député est responsable de ses actions et de ses votes, non de ceux des autres. Mais si je suis d’un parti el si je souhaite -avec lui la réalisation de notre programme, je pense qu' au-dessus de mon parti, comme de tous les autres, ü y a la France et la République. C’est pourquoi ■— plus patriote que les su per “patriotes qui avaient déchaîné une abominable campagne de panique contre les gouvernements de gauche qui leur déplaisaient* sans craindre dec ruiner la France — avec Herriot, Painlevé, Briand (les trois Présidents du Conseil de gauche), j’ai accepté la trêve du franc, qui a été pratiquée sous la présidence de M. Poincaré* Elle était nécessaire, puisqu’aucun parti n’était assez fort pour gouverner* C’est ce qui a. été fait en Belgique avec le concours des socialistes unifiés : en France ils ont refusé leur concours, mais ils ont, néanmoins, proclamé la nécessité de cette trêve qui, en fait; n’a été combattue que par les communistes*
Quelques-uns des résultats obtenus peuvent être contestables, mais il n’en est pas moins certain que cette trêve à mieux servi la France que ne l'aurait fuit la continuation des crises auxquelles elle a succédé. Eh tout cas, depuis 1925, la politique néfaste des emprunts, qui avait été celle du Bloc national, a pris fin, et le Gouvernement actuel* obtenant, pour cela une majorité qui avait été refusée aux autres, a même commencé a amortir la dette. C’est la. condition première du salut financier, car la politique des emprunts menait fatalement à la banqueroute, c’est-à-dire à J’ anéantissement du capital sacré constitué par l’épargne, le travail et la privation des familles. Pour équilibrer le budget, si l’on veut éviter cette catastrophe, c'est à l’impôt, non à l’emprunt, qu’il faut avoir recours. La reprise du franc, la stabilisation de fait, l’aménagement delà dette, la hausse des rentes et des valeurs sont aussi des résultats qn il convient d’énregislrer
Reste à améliorer sérieusement FassieUe des impôts, dans le sens que mes amis et moi avons toujours indiqué et que M Poincaré lui-même a reconnu juste, notamment dans sort discours de Carcassonne : taxes mieux proportionnées à la fortune de chacun; diminution
progressive des impôts (notamment des impôts de consommation) qui pèsent sur les classes laborieureS, et qui seraient remplacées de plus en plus par des contributions atteignant davantage la richesse, celle surtout qui dort au lieu de seconder le travail; répression de la fraude fiscale, de V accaparement, de la spéculation malhonnête ; équilibre rigoureux du budget obtenu par une compression des dépenses et une réorganisation des services centraux. En un mot, pour l'avenir, je serai, comme je l’ai toujours été, pour la justice fiscale,
Politique intérieure militaire, etc. — Maintien de la politique de laïcité voulue par tous les partis républicains et pratiquée par le Gouvernement actuel comme par ceux qui l’ont précédé. Qui donc a été persécuté pour ses opinions politiques ou religieuses? S'il y a eu des condamnations contre des royalistes et quelques députés communistes, ce n’est pas en raison de leurs opinions, mais pour des délits de droit commun.
Service militaire d’un an et réduction progressive des charges militaires au fur et à mesure du désarmement général et de la pacification mondiale. Réforme do Gode de justice militaire. Simplification de la procédure et codification méthodique des règles administratives. Accélération du travail parlementaire. Décentralisation judicieuse des pouvoirs publics. Appui aux groupements régionaux et aux initiatives privées.
Politique extérieure. — Sur ce point, la politique des partis de gauche, dont je me réclame, est conforme aux vœux sacrés des mutilés et anciens combattants; c'est cette politique qui a pleinement et heureusement triomphé. Elle préconise la concorde entre les peuples, condition indispensable de la paix, qui ne saurait durer longtemps dans les chicanes et dans les haines. Cette politique se caractérise par les accords du Plan Dawcs et de Locarno. Elle s’appuie aussi sur la Société des nations, que combattent les partis de MM. Vigier et Latour {ce dernier, qui a l’audace de se prétendre « poïncariste », alors qu’il est fasciste, est en désaccord avec M, Poincaré, sur ce point comme sur bien d’autres); la Société des Nations nous apporte, en effet, les moyens de réaliser la paix entre les peuples comme on l'a fait entre les particuliers, par l’introduction d’une justice, d'un droit, d’une loi, qu’édicte le tribunal de Genève et donL l'autorité est faite de la force de presque tous les peuples de l'uni vers qui y sont représentés.
Mon programme comporte aussi un règlement général des dettes interalliées qui ne nous oblige pas à payer nos créanciers plus que ce que nous recevrons de nos débiteurs — la généralisation des traités d'arbitrage obligatoire - une organisation économique internationale de nature à atténuer les déplorables effets de la guerre économique»
Mes chers Concitoyens,
Un programme est un idéal dont on doit se rapprocher le plus possible, un plan de travail que l'on doit exécuter avec méthode. J'aime mieux ne pas vous faire de promesses mirobolantes, mais vous dire qu’agissant dans l'avenir comme dans le passé, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour la réalisation de ce programme, tant régional que général. Ï1 ne dépend pas de moi seul de l'exécuter, il faut pour cela une majorité républicaine, qui, je l'espère, sera envoyée au Palais-Bourbon. En ce qui me concerne, je ne faillirai pas à ma tâche.
Je fais appel à tous les républicains, à ceux qui, comme moi, sont pour l'idéal le plus démocratique, comme k ceux qui, républicains modérés, ne sont pas modérément républicains. Les premiers, plus pressés, doivent de temps en temps s'assurer que les autres suivent; ceux-ci, moins pressés, doivent de temps en temps allonger le pas, pour rejoindre les premiers. C’est ainsi qu'on fera de bon travail dans la concorde républicaine, tour à tour réclamée, ces temps derniers, par MM. Maurice Sarraut, Daladier et Poincaré.
Cette politique républicaine n'est sans doute pas parfaite. Il s'agit de savoir si elle ne vaut pas mieux que la politique réactionnaire et fasciste de M. Latour, que la politique révolutionnaire de MM. Vigier et Lasserre. Examinez, réfléchissez et choisissez!
L’accueil que jTai rencontré dans les communes où je suis passé, c’est-à-dire dans toutes celles de notre Sarladais, me donne confiance dans votre verdict, il sera en laveur de la politique réformatrice dont je me réclame, de celle qui ne veut ni la poigne brutale d'un dictateur, ou d'une féodalité financière, ni les violences démagogiques et sanglantes d une révolution que rien ne justifie ou n^excuse, dans un pays de suffrage universel et de liberté; fi sera pour l'amélioration du sort du paysan et du travailleur des villes, dans une République de progrès, de justice et de fraternité.
Vive la République des Droits de lf Homme, de la paix entre les peuples et les citoyens Vive la Démocratie Sari ad aise !
Yvon DELBOS
Député sortant, — Ancien Ministre, Président du Comice agricole de Sarlat.
Président du Conseil d’arrondissement.
Candidat républicain radical-socialiste*