‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 87 sur 336 · M. BRUNET · texte numérisé non relu

M. BRUNET

Élu au deuxième tour de scrutin, — 8: 234 voix.

Cher Concitoyen,

En vous adressant 1 appel du comité électoral socialiste de la circonscription Monté” Iïmar— Nyons, et le programme essentiel et immédiat que le Parti socialiste: a la volonté de réaliser, je me fais un devoir de m'entretenir personnellement et directement avec vous.

C est pour vous dire tout d abord, combien je suis honoré d’avoir été choisi comme candidat par les sections socialistes de la circonscription et par la fédération départementale, qui, forts du patronage bienveillant des députés et militants Barthe, Félix, Antonelli,1 Mauranges, Georges Scelle, ont bien voulu me faire confiance.

Je tiens aussi a vous exprimer ma reconnaissance profonde pour l'accueil sympathique et cordial que jai reçu dans toutes les communes et le dévouement sans bornes dont les militants nTont fait si généreusement bénéficier.

On a dit malicieusement que j’étais étranger au pays ; il faut bien que L’on dise quelque

chose; mais depuis trois mois qumstailé à Montélimar, je parcours la circonscription et vis au milieu de vous, j’ai la sensation d'être beaucoup plus de la Drôme que d'une grande ville où, meme si le hasard vous y a fait naître, on ne trouve jamais la véritable

intimité.

Je pris publiquement et je renouvelle ici rengagement formel de passer parmi vous, si j’ai l'honneur d'être votre élu, tout le temps que laissent libre les sessions parlementaires ; ma porte sera ouverte à tous ; je ferai chaque année la tournée complète de toutes les communes afin de rendre compte de mon mandat, de mettre les électeurs au courant des grandes questions à l’ordre du jour, de m’assurer que je demeure en communion d’idées avec eux et de maintenir ainsi entre nous un contact permanent.

Je ne suis pas un politicien de carrière, et si, après vingt années d'études et d'efforts dans . renseignement et la pratique du droit, j*ai pu arriver à une honorable situation, ma plus grande fferlé sera: de pou voir. mettre Inexpérience elles connaissances que j’ai acquises, au service du pays qui m'aura si sympathiquement accueilli et adopté, et de consacrer mon action et ma foi ardentes au Parti socialiste, auquel jJai. librement -adhéré, après avoir loyalement examiné, étudié et comparé la doctrine des autres partis démocratiques.

Cher Concitoyen,

C’est vous qui, le .22. avril, aurez à me juger ; je me suis publiquement offert à la contradiction de tous ; , ce ne sont pas maintenant des critiques faites derrière mon dos. qui pourront vous impressionner ; permettez* moi de compter sur votre confiance ; vous pouvez compter vous-même sur mon plus entier dévouement à la cause publique.

Notre s Programme de réalisations IMMEDIATES

Programme politique et constitutionnel, — Organisation du référendum. Réforme du Sénat. Rénovation de l’Etat par l’extension des attributions du Conseil national économique. Abrogation des lois scélérates. Amnistie générale en matière politique. Suppression des conseils de guerre.

Législation du travail, — Maintien énergique de la journée de huit heures. Ratification des conventions adoptées par la Conférence du travail. Révision complète de la loi sur les accidents du travail. Réorganisation de l’inspection du travail. Perfectionnement des assurances ouvrières et agricoles, pour la maladie, la maternité, l’invalidité, le décès, le chômage et la vieillesse.

Agriculture. — Créai ion d’un office des blés. Nationalisation de la fabrication et de l'importation des engrais. Réduction des tarifs de transports pour les engrais, les machines, les produits agricoles. Création d’un matériel moderne pour le transport des denrées périssables* Amélioration du sol (irrigation, drainage, etc,). Remembrement des parcelles. Aménagement des: forces hydrauliques au profit de l'État, des communes et des consommateurs. Développement de l’enseignement agricole. Extension des caisses de crédit agricole pour l’accès aux travailleurs de la propriété terrienne.

Programme économique et financier, — Nationalisation des services publics. Retour à la nation des monopoles de fait. Contrôle ouvrier et participation ouvrière à la gestion. Contrôle des prix. Développement de la coopération. Encouragement moral et financier à l’artisanat. Règlement équitable des dettes interalliées. Stabilisation légale du franc. Consolidation de la dette flottante. Reprise de la vie économique. Remaniement des charges fiscales. Suppression de la taxe sur le chiffre d'affàires et son remplacement provisoire par

une taxe à la fabrication. Prélèvement sur la fortune acquise avec dégrèvement à la base. Abattement à la base pour tous les impôts. Réduction des impôts de consommation et sur les instruments de travail, notamment sur les tracteurs agricoles, camions, autos, etc.

Éducation nationale. — Défense laïque. Enseignement gratuit à tous les degrés. Obligation de la fréquentation scolaire par des allocations aux familles nom rcuscs. Organisation et développement parallèle de l'apprentissage. Création d'un enseignement populaire ; cinéma, T, S. F,, etc,

ïîyrj iè ne, ns s is ta nce et p rév oya nce soc ia les « — P ro te c tio n de Y e n fa n ce : consul ta li o n s de nourrissons, gouttes de lait, inspection médicale des écoles, visiteuses de l’enfance et d’hygiène, réorganisation complète du service des enfants assistés. Refonte des lois d'assistance aux infirmes, incurables, vieillards, aux familles nombreuses, femmes en couches, allaitement maternel. Lutte contre les maladies sociales : tuberculose, syphilis, cancer, Large dotation du budget de l1 hygiène et création d’un service spécial de surveillance et de protection de la santé publique, etc.

Politique internationale, — Représentation directe des peuples à la SociéLé des Nations, Organisation de la paix : arbitrage et désarmement. Organisation économique internationale, Suppression de la diplomatie secrète* Réforme militaire : réduction progressive à neuf et six mois du temps de service. Condamnation formelle de toute politique d'extension ou de conquête coloniale,

R en k BRUNET

Professeur de droit international et de science financière* Candidat socialiste.

1™ circonscription de VALENCE.

M. MOGH

Elu au deuxième tour de scrutin. — 10.799 voix.

Citoyens,

Lorsqu'il y a six mois, Léon BÎum et Vincent Auriol, députés socialistes, m’ont engagé à me lancer dans la bataille électorale, je n’y songeais guère. Ingénieur sans fortune, mais ayant acquis par mon travail une situation certes plus rémunératrice que celle de député, rentré en France après de longs voy ges à travers l’Europe, j’avais, depuis bien des années, consacré tous mes loisirs à mon parti et à son idéal, collaborant ici à ses organes d'études économiques et financières, luttant ailleurs par la plume ou multipliant les réunions de propagande et les campagnes en faveur de candidats du parti.

Mes amis m ont rappelé que le Parti socialiste a toujours voulu peupler son groupe parlementaire d'hommes qui, à la Chambre, sont capables de se spécialiser dans quelques matières essentielles. La Fédération de la Drôme, au sein de laquelle je comptais nombre d’excellents amL, et notamment nos deux élus, Valette et Nadi, me pressait en même temps d’accepter la candidature à Valence. Elle insistait si chaleureusement que, venu

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m entretenir avec mes amis Valeniinois, je cédai à leurs sollicitations, me présentai au Congrès fédéral de Bourg-lès-Yalence, qui me fit l'honneur de me désigner comme candidat du Parti à F unanimité et par acclamations.

Persuadé qu'on ne peut faire deux choses à la fois, j’ai, en acceptant cette candidature, renoncé à mon emploi dans l’industrie, trop heureux de pouvoir me consacrer entièrement à Fidéal socialiste pour hésiter à lui sacrifier mon avenir matériel.

Des adversaires, qui ont renoncé à critiquer de front le programme immédiat du Part, socialiste, ont multiplié contre moi les attaques mensongères. Je ne relèverai pas ici toutes les calomnies qu'ils ont répandues, mais veux m’expliquer avec vous, citoyens, au sujet de ce défaut « capital » que je présente et qui consiste, paraît-il, à être « étranger ». Oui, sans doute, je suis né à Paris de parents parisiens. Mais la Révolution n’a-t-elle pas aboli les frontières intérieures? Un Parisien n’est-il pas en France a Valence, de même qu’un Val enlin ois à Paris ? On vous a dit ; « Élu, il ne s'occupera plus de vous et ne sera jamais là î » C’est ¥n mensonge ; ceux qui le disent savent que, quoiqu’il arrive, je m’installe à Valence, que vous pourrez donc y rencontrer votre élu, non pas certes pendant les sessions parlementaires, car ii travaillera à la Chambre - son passé garantit son avenir ! — mais pendant les vacances parlementaires.

D'ailleurs la Fédération socialiste a décidé que son élu devrait faire au moins un compte rendu de mandat par an dans chacune des 51 communes de 3a circonscription et c’est moi qui lui ai suggéré cette décision, tellement j’estime indispensable une liaison étroite et permanente avec les électeurs, d’une part régionalement groupés clans leurs communes, d’autre part professionnellement réunis dans leurs associations ou syndicats, L’élu — qui ne saurait être universel — ne peut remplir entièrement sa tâche que s’il y est aidé par cette collaboration permanente des premiers intéressés en chaque matière.

On vous a dit également que, n’étant pas né sur les bords du Rhône, je saurais moins qu’un autre connaître les hommes et leurs besoins. Mais tout d’abord, combien y a-t-il de mes concurrents qui soient nés et aient toujours vécu clans la circonscription ? Ensuite, croyez-vous que les quelques milliers d’amis qui m’ont déjà si généreusement adopté ne m’ont pas fait connaître tout ce que peut savoir un homme « du terroir » ? Croyez-vous que, lorsqu’on a parcouru quelques continents, on n’arrive pas à connaître à fond cinq cantons, lorsque, depuis près de six mois, on en a, comme moi, visité toutes les communes et jusqu’aux plus petits hameaux, parcourant plus de 4.000 kilomètres du Royans au Rhône et de 1 Isère à la Drôme, parlant dans plus de 250 reunions, recevant on faisant des centaines de visites, m’entretenant avec les municipalités et les associations? Je m’adresse à votre loyauté, citoyens, comparez le candidat du Parti socialiste à ses concurrents et demandezvous si, bien que né aux rives de la Seine, il n’a pas, mieux que d’autres, les qualités requises pour vous représenter dignement et si, depuis longtemps déjà, il n’a pas reçu droit de cité parmi vous?

Citoyens,

De 1919 à 1924, vous avez vu le Bloc national à l’oeuvre. Il a gouverné pour les profiteurs de guerre, les mercanüs, les rois de l’industrie et de la banque. Par sa folle politique des emprunts accumulés et du « Boche 'payera », il a fait passer la dette publique de Di milliards (fin 1919) à plus de 325 milliards en 1924. Il a laissé à ses successeurs des échéances redoutables, dont celles de 1925 ont atteint 25 milliards, condamnant ainsi cette législature à une quasi totale impuissance, de F aveu même d’un de ses chefs, M. François Marsal.

Il a, enfin, par sa politique extérieure, donné à la France, aux yeux du monde, une figure d’impérialisme qui a retardé et compromis f établissement de la paix.

Nous avions cru, en mai 1924, l'avoir terrassé. Le voici à nouveau debout, qui représente comme hier la réaction capitaliste et cléricale, qui livre aux conquêtes républicaines, aux libertés ouvrières, aux progrès sociaux et à F Ecole laïque un inlassable combat.

Pourquoi notre victoire de 1924* d'ailleurs plus apparente que réelle, a-t-elle été sans lendemain, sauf dans Tordre extérieur, puisque M. Poincaré, l’homme de la Ruhr, est contraint aujourd'hui de suivre la politique de Locarno?

G est que ceLLe majorité républicaine a pris peur, dès ses premiers pas dans la voie de la justice fiscale, MÊgiè nos conseils d'énergie, le Ministère Herriot, passionnément attaché à la cause de la paix internationale, mais ne mesurant pas la gravité de la situation financière léguée par le Bloc national, s'est laissé étrangler par les féodaux de la Banque férocement dressés pour la conservation de leurs privilèges* Les organisateurs de la panique ont librement perpétré leur mauvais coup. Les riches déserteurs fiscaux, qui sont allés cacher leurs milliards à l'étranger, les réactionnaires qui ont prêché la présentation des bons au remboursements le retrait des dépôts des caisses d’épargne ou la grève de l'impôt n’ont pas été punis comme des malfaiteurs. Et leur audace s’en est accrue.

G est alors que les trahisons ont envahi les rangs des partis républicains, le nôtre excepté. Ce sont des hommes de la majorité qui ont poignardé leur chef dans le dos. Seuls les socialistes lui sont, par leurs votes, restés fidèles jusqu'à la fin,,. Abdications et capitulations des autres ramenaient au pouvoir le Bloc national de M. Poincaré qui, baptisé Union nationale, protège, comme en 1924, les fraudeurs et les déserteurs fiscaux dont il réduit les impôts de moitié, tandis qu'il accable sous le poids de taxes accrues ceux qui, pour vivre doivent travailler tout le jour...

Démocrates et socialistes,

C'est plus que jamais une grande bataille sociale engagée par les réacteurs déguisés contre la République des classes laborieuses, bataille politique pour le maintien de la féodalité économique. L'Union nationale, à laquelle quelques républicains ont eu la faiblesse de donner la caution de leur nom et de leur passé, se confond avec T Union des intérêts économiques qui la subventionne et que dirige M. Billiet, bien connu des Vaïentihois. De même que, jadis, Maurice Faure triompha aisément de M. Billiet, de même vous ferez battre tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, qui se réclament aujourd'hui* plus ou moins ouvertement de l'Union nationale de MM, Billiet et Poincaré 1

Il n’y a pas de milieu ; entre la réaction, avouée au camouflée et le Parti socialiste, rempart vivant de la démocratie politique et économique, il faut choisir !

Citoyens !

Vous ne céderez pas au chantage de la haute finance, aux menaces de la réaction politique ou financière. Vous vous écarterez des hésitants, de ceux qui pratiquent une politique à la Chambre et une autre dans le pays. Vous protégerez les libertés démocratiques, si insuffisantes soient-elles. Par leur extention continue, par les réformes politiques et sociales que notre parti vous propose ci-après, vous accroîtrez voire force d'organisation, hâterez la disparition de cette féodalité capitaliste internationale qui vous rançonne et l'avènement de la paix et de la justice universelle, objectifs finaux du socialisme.

Vive la lre circonscription de Valence !

Vive la République sociale !

Vive la paix et la justice internationale I

Jules MOCH

Ancien èlève de THeole polytechnique.

Ancien ingénieur de la marine*

Candidat du Parti socialiste S. F, I* O,

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Électeurs* réfléchissez î

Agriculteurs !

Si vous voulez que cesse ce prélèvement sur votre travail qui a fait tomber le blé de 250 à 160 francs sans que le prix des machines agricoles baisse ; qui a réduit de près de moitié la valeur de votre cheptel sans que la vie diminue, si vous voulez le remplacer par un prélèvement sur les grosses fortunes qui ne travaillent plus, si vous n’acceptez plus que les fabricants d engrais syndiqués prélèvent dans votre poche plus d'un milliard de bénéfices annuels, votez pour Jules Moch î

Si yous êtes satisfaits de votre sort* votez pour les autres 1

Commerçants et industriels !

Si vous voulez faire payer les gros fraudeurs, dont l’impôt sur le revenu vient d'être réduit de moitié, remplacer V inquisition du chiffre d’affaires par une taxe à 3a production, activer le commerce et fin dus trie par une politique financière féconde et accroître le pouvoir d’achat de la masse, votez pour Jules Moch !

Si vous approuvez les récompenses des déserteurs hscaux, si vous admettez les impôts qui accablent la masse et Y empêchent d'acheter selon ses besoins, votez pour les autres 1

Travailleurs des usines et des champs 1

Si vous ne faîtes nulle différence entre Blum, Daladier et Maginot, vous pouvez voter pour réimporte quel candidat battu d'avance* Mais si vous voulez le maintien des conquêtes ouvrières et leur amélioration, la lutte contre les injustices et pour la paix, votez pour Jules Moch !

Car si vous éparpillez vos voix au premier tour, vous risquez de faire effacer le socialiste au second tour, donc de faire passer un candidat qui vous défendra moins bien î Et si vous les éparpillez au second, vous favoriserez la réaction qui vous combattra toujours !

Artisans î

Le parti socialiste entend réunir dans la même main la travail et la propriété* II se doit donc de vous aider, au même titre que le propriétaire exploitant lui-même sa terre, de favoriser votre accession à la propriété des moyens de production* Si vous voulez voir défendre vos légitimes revendications, votez pour Jules Moch î

Si vous trouvez que tout va bien, votez pour les autres î

Fonctionnaires et cheminots !

Si vous voulez un élu qui vous défende en liaison avec vos organisations syndicales, dont le parti a toujours soutenu vos revendications, votez pour Jules Moch !

Si vous préférez voir triompher vos adversaires ou des indifférents, votez pour les autres E

Pères de famille î

Si vous voulez la paix, les ententes internationales, le renforcement de la Société des Nations, la fin des campagnes lointaines, le développement de l'arbitrage obligatoire et le désarmement progressif, la réduction immédiate du service militaire à neuf, puis à six mois et l'organisation des milices démocratiques, plus fortes défensivement que les armées permanentes, votez pour Jules Moch 3

Si vous voulez toujours consacrer 10 mlljfrds à notre armée — 2 milliards d'avant-

guerre, plus qu’en 1913 — si vous êtes partisan de la diplomatie secrète, de la politique de force, des expéditions coloniales et du service à dix-huit mois jusqu’à nouvel ordre, votez pour les autres !

Anciens combattants 3

Si vous voulez défendre vos intérêts eu élisant un des vôtres, resté quatre ans dans une unité combattante, connaissant les horreurs de la guerre, votre martyre et voire volonté de pa i x , vo tez p o u r J u I es M o ch 3

Préférez-vous un combattant de l’arrière ou de l'inférieur ? Il eu est parmi les candidats, et plus d’un !

Mutilés du travail S

Le parti socialiste vous a toujours défendus I Vous connaissez l’œuvre de notre ami Gros* Si vous voulez voir cesser la honteuse exploitation dont vous êtes victimes, au profit des actionnaires des compagnies d’assurances, votez pour Jules Al oc h î

Si vous admettez que vos versements servent à enrichir ces actionnaires, votez pour les autres I

Démocrates !

Si vous voulez abolir les lois d’exception « scélérates », et les conseils de guerre, si vous exigez l’amnistie politique et affirmez comme les Constituants de 1789 que « nul ne peut être inquiété pour scs opinions », votez pour Jules Mocli I

Si vous approuvez la répression politique, les « erreurs » des juges militaires, la violation des Droits de l’Homme, votez pour les autres !

Républicains sincères 1

Si vous voulez un élu do haute valeur, capable d’étudier les grands problèmes locaux et nationaux, de s’imposer à la tribune et dans les commissions, d honorer le Parlement en bien servant la circonscription et le pays, votez pour Jules Moch î

Si vous préférez la république des camarades, des incompétents, des machines à voter ou des fantaisistes, votez pour un autre î

Mais ne dites pas: « Je vote pour un autre au premier tour, car c’est un vieux « copain » et pour Jules Moch au second, car il fera mieux l'affaire ! » Si l’autre avait des milliers de « copains », vous le feriez passer ou le placeriez en bonne posture pour le ballotage ! C’est dès le premier tour qu’il faut reconnaître la compétence !

Programme d’action immédiate*

Il faut choisir :

Pour ou contre l'imion nationale, édition revue et grossie du Bloc national de 1919 I il faut choisir :

Entre la coalition des intérêts d’argent, de la réaction politique, du conservatisme social, aujourd’hui maîtresse du pouvoir,

Et le parti socialiste, prêt, comme en 1924, h seconder tout effort de progrès, et porté au pouvoir, à briser les résistances aux volontés du pays*

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Il faut choisir :

Entre uue politique qui, par les armements, les alliances particulières et les vieux errements de la diplomatie secrète, mènent fatalement à la guerre,

Et la politique, qui sous l’impulsion du parti socialisLe, organise la paix par le rapprochement des peuples, et prépare le désarmement.

Il faut choisir ;

Entre la politique financière de l’Union national e qui, épargnant ceux qui peuvent payer et ne veulent pas payer, écrase d’impôt injustes la classe qui travaille et produit,

Et la politique de justice fiscale et de réveil économique qui allège les charges des producteurs et des consommateurs, et doit permettre enfin les grandes réformes sociales impatiemment attendues.

Il faut choisir :

Entre l’impudence des gouvernements de réaction, ou la timidité des gouvernements d'intention démocratique, qui n'ont dpposé aux forces d’argent que des velléités de résistance impuissante,

Êt les méthodes, dès longtemps indiquées par le parti socialiste comme les seules capables de barrer la route au fascisme, de réaliser la démocratie et 1 émancipation des travailleurs.

Il faut choisir ;

Entre le conservatisme et le progrès social, entre la paix et la guerre, le parti socialiste a choisi et vous propose comme programme d'action immédiate les réformes et mesures suivantes, détaillées dans le numéro de La Drôme du 10 avril 1928.

1° Suprématie du suffrage universel. Limitation des droits du Sénat. Amnistie. Abrogation des lois scélérates ;

2Ü Sécurité par l'arbitrage et le désarmement contrôlé. Evacuation de la Rhénanie, Maintien des relations avec la Russie ;

3° Service militaire de neuf mois, préparant le service de six mois ;

4° Stabilisation immédiate. Contribution progressive prélevée sur la fortune acquise, avec dégrèvement à la base. Nationalisation des monopoles de fait ;

5° Ecole pour tous à tous les degrés. Défense de la laïcité ;

6° Défense des revendications ouvrières de la C, G, T. : les huit heures ; les contrats collectifs ; le contrôle ouvrier ; garanties contre Je chômage. Large participation de EÉlat aux assurances sociales ;

7|J Offices publiques des blés et des engrais. Action énergique de À' État en faveur des petites et moyennes exploitations. Application des lois sociales aux travailleurs agricoles ;

8° Grands travaux d’intérêt .public : hygiène, habitation, outillage. Lutte contre la vie chère.

2e circonscription de VALENCE.

M. Jules NADI

Elu au deuxième tour de scrutin, — 10.298 voix.

Citoyens,

Le mandat que vous m'aviez confié, pour la troisième foie, en mai 1924, est révolu*

Quatorze ans de labeur parlementaire ; trente ans de lutte poui la cause des travailleurs me permettaient le droit au repos.

Notre parti ne me l a pas accordé. 11 estime, avec les véritables démocrates, que, seul, par ma fidélité aux principes de la République laïque et sociale* par les services que fai rendus, je puis défendre, victorieusement, le siège de la 2e circonscription,- que M. Joseph Pouzin* candidat de rUnion nationale, réactionnaire, prétend vouloir leur arracher.

J’ai cédé à ces sollicitations. Elles constituent, pour moi* un impérieux devoir. Je ne puis pas livrer les démocrates et les socialistes au représentant de la réaction.

Car* sous sa nouvelle figure, T Union nationale, c'est le Bloc national ressuscité.

Citoyens,

De 1919 à 1924, vous l'avez vu à l'œuvre. Il a gouverné pour les profiteurs de guerre, les mercantis, les rois de l'industrie ou de îa banque. Par sa folle politique des emprunts accumulés et du 9, Boche qui payera », iî a fait passer la dette publique de 171 milliards (fin 1919) à plus de 325 milliards en Î924. 11 a laissé à ses successeurs des échéances redoutables, dont celles de 1925 ont atteint 25 milliards, condamnant ainsi cette législature* et peut-être celle de demain* :à une quasi totale impuissance.

Il a enfin, par sa politique extérieure, donné à la France, aux yeux du inonde, une figure d'impérialisme qui a retardé et compromis l'établissement de la paix.

Nous avions cru. en mai 1924* l'avoir terrassé. Le voici à nouveau debout. Sous son masque d’union sacrée, il représente* comme hier, la réaction capitaliste et cléricale* qùi livre aux conquêtes républicaines, aux libertés ouvrières, à l'école laïque* un inlassable combat, il est prêt à mater le peuple français en faisant appel à un Mussolini*

Hélas, notre victoire de mai 1924, d’ailleurs plus apparente que réelle, a été sans lendemain. Sans doute* sans le Cartel des gauches* le stupide système électoral de 1919, par ses primes à 3a majorité, à la plus forte moyenne eûL livré le pays à un parlement si farouchement réactionnaire qu'il ouvrait, sans délai, la voie au fascisme triomphant.

L'union des républicains* sur des listes communes, a barré la route à la réaction et au coup d’Etat. Et c'est déjà un immense résultat dont* républicains comme socialistes* doivent se souvenir.

Mais* cette majorité républicaine a pris peur* dès ses premiers pas, dans la voie de la justice fiscale. Le Ministère Herriot* malgré notre soutien, fidèle jusqu'au dernier jour* a été étranglé par les féodaux de la banque, férocement dressés pour la conservation de leurs privilèges. Il n'a pas duré dix mois. Les organisateurs de la panique ont perpétré trop librement leur mauvais coup. Les déserteurs fiscaux qui sont allés cacher leurs milliards â l'étranger; les coupables qui ont prêché aux petits épargnants la vente de leurs bons ou le retrait de leurs dépôts aux caisses d'épargne, n'ont pas été traités comme des malfaiteurs. Et leur audace s’en est accrue.

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Alors les trahisons ont envahi les rangs des républicains. Les « Saxons », — il ne s'en est pas trouvé un seul chez les socialistes — ont poignardé leur chef dans le dos. Et, d’abdications en forfaitures, voici que, comme avant mai 1924, le bloc national, revenu au pouvoir avec Mi Poincaré depuis le 23 juillet 1926, prépare la revanche de la réaction.

Travailleurs,

C'est donc, plus que jamais, une grande bataille sociale, engagée par les réacteurs déguisés, contre la République des travailleurs. Bataille politique pour le maintien de la féodalité économique, L’Union nationale, qui se prétend républicaine, c'est l’Union des intérêts économiques de M, Billiet, qui la subventionne, c’est Funion des puissances d'argent, qui ont dépouillé la Nation,

Démocrates,

L’Union nationale a beau s'affirmer républicaine, elle n’égarera pas un seul républicain véritable. Regardez autour de vous ceux qui s’apprêtent à voter pour son candidat M. Pouzin ; vous serez fixés. Les rouges ne voteront pas pour les blancs.

Et vous comprendrez que si l’Union nationale nous réserve toutes ses attaques, tous ses coups, c’est que nous sommes ses adversaires les plus résolus, les plus hardis, les plus laïques. C’est que nous sommes Fobstacle le plus sur à ses entreprises fascistes. C'est que nous défendons le mieux les foyers de tous contre le césarisme et la guerre.

Entre là réaction et nous, il faut choisir.

L’Union nationale a osé écrire : « Le Bloc des gauches, c’est la guerre I » L'honneur {fHerriot et de Briand c’est d’avoir bien travaillé pour la paix humaine à Londres, Genève, Lecarno, Tlioiry, en préparant Farbitrage, en fortifiant la Société des Nations, que les peuples devront faire leurs.

Tandis que nous luttions contre la guerre, nous, Y internationale des travailleurs, que faisait donc, avant la guerre, celte autre internationale dont le chef est au Vatican? Elle rêvait de la guerre, elle la désirait pour que, dans la défaite du pays, elle puisse étrangler l’école laïque et la République.

Laïques,

Quelques années avant la guerre, en effet, voici ce que disait le préfet de la propagande romaine, le cardinal Gc^tti. Ce cynique a veu a été publié, sans démenti, par M. Jean de Bonne! o n, dans sa revue Les Paroles françaises et romaines :

w Nous ne craignons plus rien pour LEgHse en Francee, a dit le cardinal, la République est perdue. Dans moins de trois mois F Allemagne déclarera ou se fera déclarer la guerre. La France sera vaincue. Et une des conditions de la paix sera le rétablissement du Concordat*

Sa Majesté TEmpereur d’Allemagne nous l’a promis. »

Certes, cette sombre prophétie ne s’esl point réalisée. Mais elle montre *ux républicains et aux socialistes, s’ils étaient tentés de Foubîier, que la réaction cléricale, tonte puissante dans le hloc enfariné de l’Union nationale, demeure l'étemel et commun adversaire de îa République, du socialisme et de Ja paix humaine.

Citoyens,

4'ous ne céderez pas au chantage de la haute finance, aux menaces de la réaction capitaliste et cléricale. Vous protégerez les jibertés politiques ou économiques, si insuffisantes qu elles soient. Par leur extension continue, par la voie des réformes politiques et -sociales que notre parti vous propose ci-après, vous accroîtrez votre force d 'organisa tisn, vos capa-

cités d'administration. Et votre effort de libération, joint a ceux des travailleurs des grands, pays d'Europe, hâtera la disparition de la féodalité capitaliste internationale et h avènement de la République des travailleurs, de îa paix et de la justice universelles.

Vive la République sociale I

Jules N A DI Député sortant.

Maire de Romans. — CouseiUer général.

Candidat socialiste.

Notre programme de réformes

Programme politique et constitutionnel. — Organisation du referendum. Limitation des pouvoirs du Sénat et sa suppression. — Rénovation de FElat par l’extension des attributions- du Conseil national économique. — Egalité civile et politique des sexes, — R, P. juste et loyale, sans primes ni panachage, — Abrogation des lois scélérates. Amnistie générale en matière politique. — - Suppression des conseils de guerre. — Laïcisation complète de FEtat, etc.

Législation du travail — Maintien énergique de la journée de huit heures. Ratification, sans conditions, des conventions adoptées par la Conférence du travail. Interdiction d’employer les enfants de moins de 14 ans dans les établissements industriels et commerciaux: — Révision complète de la loi sur les accidents du travail, — Réorganisation de l’inspection du travail ; création de délégués ouvriers. — Extension du droit syndical aux fonctionnaires. — Perfectionnement des assurances ouvrières et agricoles, pour la maladie, la maternité, l'invalidité, le décès, le chômage et la vieillesse* — Majoration de l'allocation de F Etat aux pensionnés de la loi de 1910, retraites ouvrières et paysannes, etc.

Agriculture . — - Création d un office des blés. — Nationalisation de la fabrication et de 1 importation des engrais. — Réduction des tarifs de transports pour les engrais, les machines, les produits agricoles, — Création d’un matériel moderne pour le transport des denrées périssables. Amélioration du sol (irrigation, drainage, etc*)* — Remembrement des parcelles* — Aménagement des forces hydrauliques au profit de l’Etat, des communes et des consommateurs. — Développement de F enseignement agricole. — Extension des caisses de crédit agricole pour l’accès aux travailleurs de la propriété terrienne. — Extension du bénéfice des lois ouvrières et de prévoyance sociale aux agriculteurs* — Institution du bail mobile, suivant les récoltes, les intempéries et les prix, — Commissions arbitrales statuant sur les contesLaLions relatives aux baux à ferme, etc.

Programme économique et financier , — Nationalisation des services publics. — Retour à la Nation des monopoles de faiL. — Contrôle ouvrier et participation ouvrière à la gestion*

’ — Contrôle des prix* Développement de la coopération. Encouragement moral et financier à l'artisanat, — Règlement équitable des dettes interalliées. Stabilisation légale du franc. Consolidation de la dette flottante. Reprise de la vie économique. Remaniement des charges fiscales. ~ Suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires. — » Prélèvement sur la fortune acquise avec dégrèvement à la base* — Abattement à la base pour tous les impôts. Réduclion des impôts de consommation et sur les instruments de travail, notamment sur les tracteurs agricoles, camions, autos, etc.

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Education nationale. — Défense laïque. Enseignement gratuit à tous les degrés Nationalisation de l’enseignement en commençant par l’école du premier degré. Obligation de la fréquentation scolaire par des allocations aux familles nombreuses. Prolongation de la fréquentation scolaire jusqu’à 14 ans minimum. Organisation et développement parallèle de l’apprentissage. Création d’un enseignement populaire : Cinéma. T. S. If. , etc.

Hygiène, Assistance et Prévoyance sociales. - Protection de l’enfance: Consultations de nourrissons, gouttes de lait ; inspection médicale des écoles; visiteuses de l'enfance et d’hygiène ; réorganisation complète du service des enfants assistés. Refonte des lois d’assis tance aux infirmes, incurables, vieillards, aux familles nombreuses, femmes en couches allaitement maternel. Lutte contre le taud.s : logements sains à bon marché; cités-jardins! Lutte contre les maladies sociales ; tuberculose, syphilis, cancer. Lar-e dotation du budget de 1 Hygiène et création d’un service spécial de surveillance et de protection de la ? santé publique, elc. *

Politique internationale. — Représentation directe des peuples à la Société des t 'a l0rîS'. ' rgamsation de la paix : protocole et désarmement. — Organisation économique internationale amorce des Etats-Unis d’Europe. - Suppression de la diplomatie secrète. - Le orme militaire, réduction a six mois du temps de service. Condamnation formelle de toute politique d extension ou de conquête coloniale. Accord avec l’Allemagne pour la libération an icipee des pays annexés. - Pratique obligatoire du referendum en cas de guerre, sous le contrôle de la Société des Nations, etc.

Programme agricole départemental. - Pour les sériciculteurs : augmentation des prîmes au coefficient b. — 1 our les planteurs de tabac : fixation des primes à 60 francs comme dans 1 Isere. — Développement des organismes de protection des betteraviers.

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