EURE
Circonscription des ANDELYS.
M, FORCINÀL
Élu au deuxième tour de scrutin. — 7.113 voix.
Résumant VEcho du Vexin Normand et mes conïévencts, j’ai l'honneur de solliciter vos suffrages.
Vous avez pu juger que, soit à la guerre, soit après, j'ai su déployer une activité désintéressée et très profitable à mon pays et à mes électeurs. G et te activité est une garantie que je suis un homme apte à rendre des services à notre arrondissement.
Mes directives sont les suivantes :
— Une action indéfectible vers la paix, génératrice d’œuvres constructives; développement de l’influence de la Société des Nations. Sans ft stabilisation » de la Faix mondiale, il est chimérique de parler sérieusement de paix intérieure ou d1 améliorations sociales.
— Respect de la propriété individuelle et de la liberté de conscience,
— Souci de la sécurité des démocraties ; intangibilité des lois laïques.
— Application et perfectionnement de la loi d’un an,
— Suppression des conseils de guerre et des lois scélérates.
— Gratuité de renseignement ; égalité des enfants devant l’instruction
— Défense des intérêts des victimes de la guerre et du travail,
~ Amodiation des monopoles. Stabilisation de la monnaie.
— Contrôle des banques, des trusts et des cartels.
- — Suppression de 1 impôt sur le chiffre d’affaires qui est une des principales causes de la vie chère.
— Réaménagement des impôts ; les travailleurs et petits créateurs de richesse étant imposés durement au point de causer souvent du découragement. 11 reste bien dans mon esprit que ces mêmes hommes furent aussi, généralement, les plus imposés de 1914 à 1918 par l’impôt du sang. Les impôts doivent être payés proportionnellement aux ressources.
— Modernisation de l’outillage national,
- — Protection de F&rtisanat et amélioration des loi s de protection ouvrière et paysanne ; organisation du suffrage universel.
— Habitations à bon marché comme à Gisors (location-vente).
- — Amélioration du sort des populations rurales (habitations, électrification , mutuelles, coopératives, etc.),
— Abaissement du prix des transports et des engrais; achat des grands domaines libres pour créer de nouveaux petits fermages.
— Mise en valeur de notre domaine colonial.
Tout ce qui précède concerne tout ce qui me semble souhaitable dans l'intérêt général, national et international. L'intérêt général de V arrondissement des Andelys compte aussi grandement pour moi, car j'aime cette terre où je suis né et à laquelle je suis attaché pour toujours* Nombreux sont les électeurs qui ont jugé ma façon de causer, d’agir et de les accueillir chez moi, et ces électeurs, seront, j 'en suis sur, des hommes qui diront partout que je mérite pleinement la confiance de tous ceux qui veulent la République forte et aimée.
Albert FÜRCINÀL
Conseiller général de PKure.
Candidat Républicain socialiste*
Circonscription de BERNA Y*
M. JOIN-LÂMBERT
Elu au premier tour de scrutin* ™ 6.508 voix*
Mes chers Concitoyens,
Elu en 19 R), réélu en 1924, je me présente à nouveau devant vous* Nous espérions en 1924, que M. Poincaré pourrait sans interruption continuer l’œuvre qu'il avait entreprise, soutenu par des amis parmi lesquels on nous avait toujours comptés, 11 n’en a pas été ainsi. Le Cartel des gauches ayant réuni une majorité, d'ailleurs faible, a pris le pouvoir et immédiatemenl occupé toutes les places* La responsabilité lui incombe donc pleinement, de la situation critique dans laquelle s'est trouvée la France, après deux années d une politique qui a gravement compromis les résultats obtenus en 1924.
En juillet 1926, la trésorerie était h sec, les avances de la Banque de France épuisées, îe crédit public aux abois, la livre anglaise valait 240 francs. Nous n'avions cessé de signaler le danger et d’indiquer les remèdes :
1° Ecarter du pouvoir les socialistes qui, voulant non point consolider mais supprimer la société actuelle basée sur la propriété et la famille, pour la remplacer par la société communiste dont l’expérience nous prouve qu’elle accumule les misères et la destruction, inquiète le pays et chasse la confiance.
2® Equilibrer le budget, limiter et contrôler sévèrement les dépenses, veiller au maintien des recettes, amortir la dette.
3" Assurer le respect de tous les engagements pris au nom de la Franco.
Le rappel de M. Poincaré, exigé impérieusement par l’opinion publique, a permis de pratiquer cette méthode. Elle a, en quelques mois, produit ses fruits : la livre a été ramenée de 240 à 124, le fonctionnement de la Trésorerie a été assuré, un large amortissement a été prévu : la confiance est revenue. Je m’honore personnellement d’avoir participé par ma propagande, mon travail et mes votes au succès de cette politique qui doit être continuée avec une inlassable ténacité au cours de la prochaine législature.
Fiscalité :
L'impôt personnel a été introduit nnlgré nous dans notre législation. La conséquence
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inéluctable est l'inquisition* nous nous efforcerons d’en limiter les inconvénients en rendant pratique et en étendant le régime du forfait facultatif.
Législation sociale :
La loi de 1898, sur les accidents du travail, a été remaniée par la Chambre, Nous nous sommes associés et nous associerons à son amélioration quand le texte reviendra du Sénat-
La loi sur les assurances sociales a été votée par la Chambre sans l’examen sérieux et les modifications indispensables. J’ai protesté contre cette manière de procéder, je m’associerai h la révision de cette loi au sujet de laquelle le Gouvernement a pris des engagements formels. Un statut spécial pour T agriculture devra être prévu.
L'enseignement et la famille :
Je m’opposerai à rétablissement du monopole de renseignement, mais m efforcerai d'obtenir que soit améliorée et complétée la législation sur la fréquentation scolaire, l'inspection médical© et l’hygiène dans les écoles, L'Etat a le devoir d’aider matériellement et moralement tous les Français à élever les enfants qui assurent la prolongation de la vie du pays. Les bourses devront être multipliées et accrues dans toutes les branches de renseignement.
Liberté de conscience :
Il ne suffit pas d'en proclamer le principe, il faut encore en prévoir et en permettre les conséquences. Elle ne peut être limitée que parle respect de l’ordre public, des bases de 'organisation sociale et de la liberté de conscience d'autrui.
Organisation administrative et judiciaire :
Pour permettre le redressement du pays, on a dû encore recourir aux décrets-lois, tant critiqués par tous nos adversaires en 1924, Ils ont permis de réaliser des réformes, d'en amorcer d’autres qui devront être mises au point. Les conséquences de la réforme judiciaire devront, être étudiées de près et des remèdes devront être apportés à des inconvénients dont certaines régions trop éloignées de la justice souffrent gravement, il est grand temps de donner un statut aux fonctionnaires. Pour que le travail qu’exigent des fonctions qu’ils ont librement acceptées, ail son plein rendement, il faut qu’ils soient à l’abri de l'arbitraire et assurés d'être traités avec justice.
Politique économique :
Le tarif des douanes a été enfin révisé et voté et la liberté rendue à l’exporta Lion des denrées et produits agricoles. Malgré nos efforts, ces mesures ont été prises trop tard par une Chambre paralysée encore par l'influence socialiste. Les tarifs de transports devront être réduits aussitôt que la situation financière des réseaux le permettra, en faisant porter les premiers dégrèvements sur les matières premières destinées à accroître la production du pays.
Les dettes interalliées :
Grâce à l'intervention de M, Louis Marin, le chef du parti de la Fédération républicaine auquel j’appartiens, les conventions relatives aux dettes interalliées proposées par M, Caill aux n’ont pas été ratifiées par le Parlement, et la France a conservé son indépendance, Je m’efforcerai d'obtenir la révision de ces conventions et l'adoption de clauses garantissant notre sécurité financière.
Politique extérieure et sécurité ;
La situation européenne est encore trouble* Nous devons maintenir nos alliances avec 3a petite entente et nos pactes avec nos anciens alliés*
h Allemagne est entrée à la Société des Nations, l’influence dç cette dernière, que nous serions heureux de voir grandir et qui doit devenir un facteur essentiel de la paix, ne paraît pas en avoir été accrue*
Notre armée doit donc rester forte et garantir notre sécurité* Les conditions exigées par le Ministre de la Guerre, M. Painlevé, pour rétablissement du service dTun an, devront être sévèrement respectées.
Union de tous les Français :
Ces événements ont prouvé que le redressement du. pays ne pourrait être effectué que par 1 union de tous les Français' qui veulent le maintien et V amélioration de l’organisation sociale actuelle*
L expérience de politique de parti, tentée par le Cartel des gauches, en association avec les socialistes, a échoué, et le pays a failli en. mourir*
La nécessité de ! union réalisée par M* Poincaré n’est plus discutée : beaucoup de ceux qui la combattaient sont maintenant acquis à cette politique et s’en, réclament* Je suis per** soenellemenl heureux de cette preuve éclatante du succès de mes idées.
Ouvrier de ra première heure, fidèle à mes votes et a mon parti, c’est avec confiance que je me présente aujourd’hui à nouveau devant vous.
AarniÉ -JOIN-LAMBEHT
Chevalier de la Légion d’hoaffOur.
Cruir de guerre, — ■ Mutilé de guerre.
Docteur eu droit*
À gri eu Ueur-êl e reu r à Live Hiip-à « tbou .
Conseil ter général* — Député sortant- Membre du Conseil supérieur des cadres d'épargne .
Membre du Comité directeur do la Fédération républicaine de France.
Cau d i dat d u Com i té ré p u bl i ca in d’o ai en te nationale et d'action; sociale du département de ls Eure.
l10 circonscription d’EVREUX.
M, LAUVRAY
Elu au deuxième tour de scrutin. — 7,139 voix.
Mes chers Concitoyens,
Po vrcfuo i je me pr êseri (e*
Résultats de la politique du cartel :
* Quand, le 11 mai 1924, le Cartel des gauches parvint au pouvoir, la situation financière était saine, le budget en équilibre, la livre sterling était à 70 francs, le franc a 0 IV. 35, la trésorerie à Taise.
Le Cartel avait fait de belles promesses : il nous avait assuré que nous aurions la paix, que le contribuable serait soulagé (suppression de la taxe sur le chiffre d affaires et le double décime) et que le Gouvernement ri’aurait plus recours à l'emprunt,
La Syrie, paisible sous Weygand, s'est révoltée sous Sàrraiï, F envoyé du Cartel, et une coûteuse expédition a été nécessaire.
Au Maroc, le Cartel a refusé les renforts demandés en décembre 1924 par Lyautey, ce qui a permis les succès d’Abd-eUKrim en 1925 et il a fallu 140,000 hommes pour l’arrêter et le vaincre en 1926,
Ce n était pas la paix! Outre les milliards dépensés nous avons lieu de déplorer les pertes irréparables des fils de France tombés sur ces terres lointaines.
Le Cartel a fait deux emprunts ; T un en 1924 et Tautre en 1925,
Il n a diminué aucun des impôts (le double décime est devenu le quintuple décime) et il a fait 17 milliards ;d 'inflation,
1 ar incurie, par des projets et des paroles imprudentes, il a divisé les Français, inquiété l'épargne et amené la chute de notre monnaie. En juillet 1926, le franc valait deux sous or, la livre 248 francs. Si la situation s était continué, c était 5 brève échéance la ruine de tous i employés, ouvriers et patrons, modestes rentiers, industriels, agriculteurs.
Résultats de la politique d’union nationale ;
A cette heure critique, le Présidée t de la République fit appel à M, Poincaré contre lequel avait été fait la campagne de 1924.
Grâce h 1 Union nationale et aux habiles mesures prises par le Président du Conseil et Ministre des Finances, la confiance revint; le franc s’est relevé; la livre, abaissée à 124 fr,, est demeurée stable! depuis décembre 1926; l’or en dépota l’étranger est rentré dans les cofFres de la Banque de France; le fonds Morgan est reconstitué, les rentes françaises sont remontes aux environs de leurs cours d émission, la Banque de France est approvisionnée de 2 u mil liai ds de devises étrangères, les budgets sont en équilibre et, grâce aux plusvalues, le cabinet, d Union nationale a réalisé quelques-unes des promesses du Cartel, relèvement du taux des pensions des mutilés et réformés, et du traitement des fonctionnaires en concordance avec le coût de la vie,
h Ce qui nous reste à faire est au moins aussi difficile que ce nous avons fait » vient de déclarer M, Poincaré.
Ma candidature n'a d'autre but que de soutenir cette politique de sagesse et de progrès dans Tordre.
Les efforts de la prochaine législature devront, au milieu dune atmosphère de concorde et de paix, porter sur quatre points principaux : la question financière, la question de politique extérieure, la question économique et agricole et le progrès social.
Politique financière ;
Tout le monde s’accorde sur la réforme nécessaire d'un système d'impôts qui n'a eu d’autre mérite que de sauver une situation désastreuse. M. Poincaré Ta reconnu a Bordeaux ; « 0 conviendra donc de remanier peu h peu les contributions en vigueur de manière à décharger toutes les formes du travail et à favoriser l'essor économique du pays. )>
Je connais les lourdes charges qui pèsent sur l'agriculteur, le commerçant, Tin dus trie!. Il faut favoriser la production nationale et répartir plus équitablement les charges fiscales. Notre système d’impôts doit être simplifié, et il serait fort souhaitable que chaque contribuable put voir clair dans la feuille d avertissement qui lui est envoyée, et savoir s’il est justement imposé.
Les fonctionnaires, et notamment ceux chargés de famille, doivent recevoir des traitements qui leur permettent de vivre honorablement ; par contre les emplois inutiles et superflus devront être supprimés, car les économies s'imposent.
Je suis 1 adversaire de tous les monopoles proposés (assurances, pétroles, T. S. Fr, engrais, importations de céréales). Le monopole des P. T. T. , qui intéresse la sûreté de PElat, doit être conservé, mais son outillage modernisé.
J estime que, si les monopoles des tabacs et des allumettes peuvent être concédés à des compagnies donnant satisfaction aux consommateurs et aux employés, il serait sage de le faire, la redevance dont bénéficierait ainsi le Trésor servirait à dégrever le contribuable.
Politique extérieure. — Société des Nations :
Grand blessé de guerre et père de quatre fils, dont deux sont mobilisables, personne plus que moi ne desire la paix. Nous voulons, de tout notre cœur, que nos fils ne revoient plus les mauvais jours que nous avons connus; que les pères et mères de familles françaises no tremblent plus pour leurs enfants.
Nous devons faire crédit à la Société des Nations. Il faut lui donner la puissance et i autorité suffisantes pour qu elle puisse aplanir pacifiquement les conflits qui pourraient s élever entre les peuples. Mais, jusqu’au jour ou elle sera capable de faire respecter ses décisions, nous devons conserver les moyens d'assurer le respect des traités.
Politique economique :
La prospérité économique dépend, avant tout, de l'initiative des citoyens ; mais l'État ne oit lien négliger de ce qui peut les aider : aménagement des chutes d’eau pour îa distribution clectiique, entretien des fleuves et des rivières pour éviter les inondations, perfectionnement de nos canaux, réduction des prix de transports, doivent entraîner une diminution du coût de la vie.
Ta production industrielle et agricole doit être encouragée par des mesures d’ensemble, en complet accord entre les chambres de commerce et d'agriculture. Les intérêts des agricu leurs, des commerçants, des industriels, des employés et ouvriers de l’agriculture, de m usine et du commerce, ne sont- ils pas intimement liés les uns aux autres?
a mise en valeur de notre domaine colonial ne saurait être négligée, car nos colonies, en exploitées, pourraient nous fournir les matières premières nécessaires à notre industrie
, ,,a P llPcïrt des produits que nous importons (blé, vin, café, riz, coton, caoutchouc, bois, huiles végétales, etc.)
La loi de huit heures doit être appliquée avec méthode, dans L’esprit et non dans la lettre. Les ouvriers — ceux du bâtiment, en particulier — qui n’ont pu, par suite des intempéries, travailler pendant 1J hiver, doivent pouvoir récupérer le temps perdu.
Il faut aménager le travail de manière à le réserver aux ouvriers français, les étrangers qui viennent toucher une partie des salaires dont les nôtres devraient profiter, et manger le pain français, sont une des causes de vie chère.
Poli tique sociale.
Au point de vue social, je crois avoir donné des preuves de mon activité et de mon initiative : membre du conseil d'administration de la Caisse locale et régionale de Crédit agricole, j'ai eu l'occasion de favoriser l'accession de nos travailleurs des champs à la propriété»
Membre également de la Société de Crédit immobilier, j'ai pu, par mes modestes effort^ aider des travailleurs des villes à construire ou à acquérir leur maison. J'ai été un des promoteurs de la Caisse de sursalaire familial pour les ouvriers agricoles, la deuxième qui ait fonctionné en France.
Je suis, en effet, partisan d’une politique de la natalité et de la famille et c'est pourquoi j'ai adhéré au programme de TAU lance nationale.
Toutes ces œuvres sociales sont appelées à se développer et, à cet effet, des fonds devront être trouvés, particulièrement en dehors des budgets.
L'enseignement doit être largement dispensé ; il ne faut plus qu'il y ait d’illettrés en France. Les programmes gagneront à être simplifiés, mEiis une instruction solide sera donnée à Y enfant, qui, si les ressources pécuniaires lui font défaut, pourra, par des bourses d'enseignement et d’entretien, recevoir renseignement qui lui convient ; secondaire, supérieur, professionnel ou agricole.
Je suis, enfin, un ardent défenseur de la liberté de conscience, car il m'est impossible de comprendre pourquoi un Etat républicain ne serait pas respectueux de toutes les croyances et de tous les cultes.
Telles sont, mes chers Concitoyens, les idées que je me propose de soutenir si vous m'envoyez au Parlement. Je ne serai pas le député d'une coterie, mais le représentant effectif de tous et le défenseur de toutes les causes justes.
Ma seule ambition est de mettre toute ma compétence et toute ma bonne volonté à coopérer au bien général, à la paix intérieure et extérieure, à la grandeur et au rayonnement mondial de la République Française.
Léon LAUVRAY
Ingénieur agronome. — Agriculteur.
Chevalier de la Légion d'honneur.
Médaillé milita ire. — Croix do guerre.
Candidat républicain d'Union nationale.
2* Circonscription d’EVREUX.