‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 89 sur 336 · M. BRIQUET · texte numérisé non relu

M. BRIQUET

Elu au deuxième tour de scrutin. — 6.205 voix. f

Electeurs,

J’avais pris la décision de renoncer à la vie politique, mais tous vos élus cantonaux sauf un seul, 1 1 sur 12 (5 conseillers généraux sur 6, 6 conseillers d’arrondissements sur 6) accompagnés de 5 maires de chef-lieux de cantons sur 6 et des présidents et des délégués de tous les comités républicains de le deuxième circonscription, sont venus me trouver pour me faire revenir sur ma détermination.

Modeste Leroy, votre ancien député, ancien président du Conseil général, lui qui vous a représentés pendant vingt-sept ans, qui tant de fois vous a menés au succès, parla en leur nom 11 sut trouver les mots qui m’émurent ; tous insistèrent auprès de moi et, après bien des hésitations, profondément louché et légitimement fier de la grande marque de sympathie et de confiance quTiIs me donnaient, j'ai accepté.

Vous savez tous maintenant, comment, pourquoi et dans quelles conditions je suis candidat à l’élection législative du 22 avril prochain.

Républicain radical, adversaire résolu de toute dictature, décidé à combattre énergiquement le fascisme comme le communisme, je m efforce de grouper sur mon nom tous ceux, et ils sont nombreux, qui, fermement attachés à nos lois laïques, repoussent tonte idée de révolution et de violence.

Partisan d’une trêve nationale entre les différents partis lorsque l'intérêt supérieur du pays l’exige, je considère comme nécessaire de réaliser clans la circonscription aussi bien que dans la France entière une large concentration de gauche, qui, tenant compte des réalités, dans une cordiale union républicaine, durable celle-là parce que réelle et sincère, réalisera les réformes indispensables qu attend Je peuple tout entier, avec le souci de mener à bien notre restauration financière.

Ce programme de réformes et de réalisations, je veux vous en tracer les grandes lignes.

Au point de vue social :

Attaché au principe de la propriété individuelle et résolu à la défendre, je reconnais la nécessité de lutter contre les abus commis en son nom par les grands trusts, les grandes sociétés financières, en résumé les puissances d'argent qui exercent sur le pays une véritable dictature.

Je lais miennes les légitimes aspirations de la Confédération de l'artisanat et celles de la classe ouvrière, formulées dans un manifeste par la Confédération générale du travail, dont les diverses propositions sont acceptables pour tous, patrons et ouvriers, selon des modalités à examiner et des conditions judicieusement établies.

Les travailleurs, en effet, doivent être garantis non seulement contre la maladie,

I nvalidité, mais encore contre le chômage. Les conflits du travail doivent être soumis à 1 arbitrage obligatoire.

Il est de toute urgence de protéger réellement les familles nombreuses, la maternité et de résoudre au plus vite la crise des logements ouvriers.

A côté des mesures à prendre pour améliorer le sorL de la classe ouvrière, il faut envi- ' gager toutes celles qui apporteront plus de bien-être aux classes petites et moyennes et particulièrement aux petits rentiers et aux petits retraités.

Aux anciens combattants :

Pour moi qui ai vécu avec eux pendant la guerre, qui ai pu voir de près leur vaillance et leur misère, j’estime que doivent être tenus tous les engagements pris envers eux. Ma sollicitude s’étend à tous les mutilés et réformés dont je connais particulièrement les besoins en ma qualité de membre du Comité départemental des muLilés et réformés.

,1e suis résolument hostile à la révision globale de la loi du 31 mars 1019 que 1 on peut considérer comme la charte des victimes de la guerre et je suis prêt à étudier les moyens d’y apporter les retouches et les améliorations dont les nécessités sont proclamées par les anciens combattants.

Instruction :

Je veux rendre effective l'obligation scolaire, développer l'enseignement post-scolaire, chercher à multiplier les patronages laïques, les colonies de vacances et a mettre au point l’éducation physique de nos entants.

Demain, il faudra mettre sur pied ce que bien improprement on appelle l’école unique. En réalité, ce sera pour les enfants du peuple le droit d’accéder comme tous les fils de la haute bourgeoisie, à la fois à l’enseignement technique, professionnel et agricole, et aussi à tous les degrés de l'enseignement secondaire et supérieur, en se basant uniquement sur les facultés intellectuelles de l'enfant et sur son mérite.

Il ne faut pas voir dans l’école unique, comme le répètent nos adversaires, un moyen détourné d’arriver au monopole de l’enseignement, dont je me déclare, comme je l’ai toujours été, l'adversaire, mais une œuvre de jusLice sociale dont les effets seront d ailleurs productifs pour le pays.

Laïcité :

La laïcité de l’Etat- doit être rigoureusement maintenue, car le pouvoir civil doit être indépendant du pouvoir religieux ; la laïcité n attaque personne, elle concède à chacun le droit de pratiquer son culte comme il lui plaît, ou de n’en pratiquer aucun s il le désire.

L’école laïque, ,où l’on donne l’enseignement neutre qui peut être entendu par tous, doit être protégée contre ses détracteurs. Il importe de maintenir parmi les générations nouvelles d'iustiLuteurs et d’institutriass les traditions anciennes, dans le corps enseignant, de l’amour du métier et de k pratique des vertus morales et civiques par lesquelles leurs aînés ont protégé l’école laïque et bien mérité de la République.

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