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PROGRAMME ÉCONOMIQUE

Agriculture :

Encouragement réel, non seulement par des paroles mais par des actes.

Soutenir davantage les caisses de crédit agricole et en particulier mettre des cre i s nouveaux à la disposition de la Caisse nationale de crédit agricole, qui, faute de ressources, a dû suspendre depuis quelques temps tous les crédits à long terme et a moyen terme.

Encourager et développer les sociétés de coopératives agricoles.

Mettre à la disposition des agriculteurs à un prix raisonnable les engrais qui son nécessaires pour obtenir un meilleur rendement des terres, et, pour cela, intervenir irectement auprès des sociétés qui monopolisent et font le trust des engrais.

Intensifier F exploitation de nos ressources d'eogrsis, potasse d'Alsace, phosphates de 'Tunisie, d'Algérie, du Maroc, usine de produits azotés de Toulouse.

Obtenir en plus grande quantité de l'Allemagne le nitrate de chaux, le sulfate d'ammoniac qu'elîe nous livre au titre de prestations en nature.

Obtenir des Compagnies de chemin de fer une réduction des prix de transport.

Iî faut également que le Ministère de l'Agriculture inscrive à son budget des sommes plus considérables pour la défense et la production des cultures, pour la lutte contre les parasites animaux et végétaux.

Protégercfficacement les cultivateurs contre les dégâts que les divers gibiers causent à leurs récoltes.

Re viser l'impôt sur le bénéfice agricole qui, tel qu'il est perçu actuellement, est une véritable iniquité.

Il est indispensable d'étudier des mesures destinées* à arrêter le dépeuplement de nos campagnes qui est préjudiciable à la main-d'œuvre agricole.

Commerce :

Le commerce, lui aussi, subit, une grave crise, par suite d'une consommation diminuée.

La loi sur la propriété commerciale a besoin d'être re visée et améliorée,

H fauL modifier la façon d'établir le bénéfice commercial, surtout en ce qui concerne les petits commerçants, et réduire au minimum les tracasseries du fisc à leur égard,

11 serait imprudent de promettre la diminution, au cours de la prochaine législature, des charges fiscales. Cependant, est il impossible d'envisager pour la taxe sur le chiffre* d'affaires, après un accord entre le monde du commerce et les producteurs, un nouveau mode? de perception, celui d'une taxe unique, frappant l'objet IuLmême et non la transaction ?

Industrie ;

S'efforcer, par des conventions internationales et par un bon agencement dos près datations en nature, de mettre en abondance à la disposition de notre industrie les matières premières dont elle a besoin.

Révision des tarifs douaniers de façon à assurer une protection suffisante dans la limite où cela ne provoque pas la cherté de la vie*

Protéger l'industrie et en particulier l'artisanat.

Sans contester le principe de la loi de huit heures clans l’industrie, donner à son application l'élasticité nécessaire pour permettre temporairement et occasionnellement, en cas de presse, îa livraison des commandes importantes.

Toutes les heures supplémentaires, dans ce cas, étant largement payées.

Mesures communes à l'agriculture, au commerce et à l'industrie :

Supprimer les octrois, combattre l'accaparement, réprimer îa spéculation, aussi nuisibles aux producteurs qu'aux commerçants et aux consommateurs eux “mêmes.

Intensifier la production en s'inspirant de la méthode américaine de rationalisation, supprimer les fraudes par une répression énergique, améliorer les P. T. T , développer et perfectionner en France les réseaux électriques et routiers, encourager efficacement notre aviation commerciale, réduction des tarifs de transport des chemins de fer qui sont prohibitifs.

Les monopoles d’Etat doivent être réorganisés selon la méthode industrielle qui comporte, pour les dirigeants, la responsabilité et la participation aux bénéfices.

Dans la situation financière actuelle, ce n'est pas l’heure de créer des monopoles d'Etat nouveaux, mais il est indispensable de créer le contrôle de grands monopoles de fait.

Les différentes mesures préconisées ci-dessus seront les plus efficaces pour lutter contre: la vie chère.

II faut bien ajouter la nécessité de mettre en valeur nos colonies, qui peuvent, avec une politique coloniale bien comprise, respectant les droits des indigènes qui doivent être traitésj en égaux et non en esclaves, fournir à notre pays à meilleur compte la plupart des produits que nous achetons bien cher à l’étranger.

Le Conseil économique, de création récente, doit être élargi et comprendre les producteurs (agriculteurs, commerçants et industriels), les consommateurs et les associations d'usagers, les délégués des syndicats ouvriers et patronaux, des techniciens et des représentants du Gouvernement. Il devra examiner tous les projets de lois d'ordre économique et social et se prononcer sur eux. Son avis devra obligatoirement précéder le voie de la Chambre des Députés.

Adopter une sévère politique d'économies, diminuer le nombre de nos hauts fonctionnaires qui émargent des sommes considérables au budget et mieux payer les humbles, ceux qui travaillent réellement : supprimons Sa routine et l'irresponsabilité qui régnent en maîtresses dans nos administrations.

Finances :

ltéaliser la justice de l’impôt. Pour cela le mieux adapter aux facultés contributives de chacun*

Les impôts qui frappent les petits sont trop lourds* Ceux qui frappent aujourd’hui les petits commerçants et les petits agriculteurs sont trop nombreux eL sont souvent perçus sur des évaluations injustes* Il faut les simplifier et les modifier dans un sens plus équitable*

II faut faire une discrimination entre les revenus du capital et ceux du travail.

Je suis résolument hostile à l’impôt sur le capital, mais j'estime que c'est à la richesse acquise, aux grosses et aux très grosses fortunes qu'il faut demander, dans le cadre de l’impôt général sur le revenu et les taxes successorales, les ressources nécessaires à l'exécution d un programme de rénovation économique et social. 11 faut poursuivre et réprimer impitoyablement la fraude fiscale*

J’estime que c’est à la consolidation progressive et volontaire qui! faut recourir et non à la consolidation forcée* Pour la stabilisation légale, ce devra être une des premières tâches à réaliser pour la première législature*

Un accord général doitrégler définitivement la question des dettes interalliées. En aucun cas, notre pays ne peut accepter un arrangement en vertu duquel il aurait à verser à ses anciens alliés plus qu’il ne recevrait de ses anciens ennemis*

Politique extérieure :

Une nouvelle guerre ruinerait non seulement notre pays, mais l'Europe elle-même n'y survivrait pas*

Il faut s'attacher par dessus tout à l'oeuvre de paix*

L'œuvre du Parti radical et radical socialiste qui s'illustre par la mise en vigueur du plan Dawes, nous assuranL les payements réguliers de l1 Allemagne et, par le protocole de Genève qui aboutit à)a signature des accords de Locarno, garantissant notre ; sécurité, doit être poursuivie autour des mêmes principes d’arbitrage, de désarmement, de sécurité*

Réprouvant toute politique de jactance nationaliste qui méconnaît les intérêts véritables du pays, je m'appuie sur la Société des Nations et sur les autres organismes internationaux* Je voudrais multiplier les conventions d’arbitrage obligatoire, apporter mon concours à toutes les tentatives rationnelles de désarmement matériel et moral*

En ce qui concerne les relations avec l'Allemagne, je soutiendrai une politique d'apaisement qui, sans rien sacrifier de la sécurité de notre pays oujdes recettes que le plan Dawes lui apporte, permet un rapprochement dont la grosse industrie a déjà bénéficié, et qui doit, en fait, servir aux deux peuples*

Ayant le souci constant de la Défense nationale, je suis d'avis dejl’assurer solidement par la signature d'accords internationaux et par la mise en application de la loi d’un an.

scion les dispositions prévues dans la nouvelle loi militaire qui, de l'avis des techniciens les plus éminents, donne à notre pays l'armée défensive qui assure notre sécurité.

Le retour heureux au scrutin d'arrondissement fait que 3e dépuLé, en outre de ces grands problèmes, doit s'intéresser tout spécialement à toutes les questions locales qui se posent dans sa circonscription.

Je n’aurai garde d’y manquer. Je prends l'engagement, si je suis élu :

1* De siéger régulièrement h la Chambre et de voter moi-même, car j'estime que le vote par procuration, tel qu'il existe actuellement, doit être limité, sous peine de jeter 3e discrédit complet sur le Parlement;

2° De rester en contact avec les populations, avec leurs représentants qualifiés ; de venir rendre compte de mon mandat au cours de la législature ;

3° Considérant que le député doit être avant tout un honnête homme, libre et indépendant, de ne jamais faire partie d’aucun conseil d'administration.

Enfin, je puis assurer que tous, qu'ils aient voté ou non pour moi, aussi bien les adversaires politiques que les autres, trouveront en moi un homme accueillant, prêt à examiner avec bienveillance toutes les affaires qu'ils me soumettront et à défendre en toutes circonstances leurs intérêts.

Si mon programme et ma méthode vous plaisent^ si je vous semble digne de votre confiance, vous voterez pour moi le 22 avril prochain.

J’ai foi dans votre bon sens, dans votre esprit de réflexion et j'attends votre verdict avec confiance.

Je compte sur vous pour faire triompher sur mon nom la cause de la République de justice, de progrès et de paîx.

Docteur Camille BRIQUET

Maire de Pacy-s tir-Eure.

Conseiller général de l'Eure.

Décoré de la Cvoi* do guerre.

Candidat radical.

Circonscription de LOUVIERS.

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