‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 92 sur 336 · M. LE MIRE · texte numérisé non relu

M. LE MIRE

Élu au premier tour de scrutin. — 6.424 voix.

Messieurs les Electeurs,

Après huit années de législature, je viens* une troisième fois* me présenter à vos suffrages,

La majorité qui m’avait élu en J 924, dans 3 'arrondissement même, entendait que je continue à défendre une politique d’union nationale anti-collectiviste.

Malheureusement, îa majorité cartel liste du 11 mai 1924 a subi pendant deux ans le joug des socialistes et a conduit la France au bord du gouffre.

Grâce à l’attitude énergique des 210 députés de la minorité, soutenus par la masse de l’opinion publique, 150 radicaux et radicaux-socialistes ont écouté les exhortations patriotiques de M, Franklin-Bouillon et ont brisé le Cartel en juillet 1926, Ils sont venus avec nous et nous avons porté au pouvoir M, Poincaré, qui a constitué le gouvernement d'union nationale, La France a été ainsi sauvée de la faillite par nous.

Mais les terribles épreuves par lesquelles elle a passé pendant deux ans Font laissée affaiblie, il faut encore des années de politique prudente, des années d’union nationale qui donne à un gouvernement fort, sous la conduite de M, Poincaré, la stabilité indispensable pour continuer 1 œuvre de redressement si heureusement entreprise depuis vingt mois.

L’union nationale sera maintenue aux conditions suivantes :

Politique intérieure :

Écarter les disputes stériles et déprimantes qui divisent ceux qui devraient être unis. Consacrer toute son énergie au service exclusif et passionné de la patrie.

Défendre les droits de tous les citoyens ; ceux de la famille,, des associations, de la patrie.

Assurera chacun la pleine jouissance de ses droits : la liberté, la sûreté, la propriété.

Elaborer un statut précis pour les associations de fonctionnaires, établissant leurs droits et leurs devoirs,

ï oui sui vre une réforme administrative qui réalise des économies et un meilleur aménagement des services.

R élabür ksi tribunaux de première instance dans les arrondissements comme Pont -r Audemer, où les communications saut difficiles.

Respecter la liberté de 1’ en se i gisement, conformément à la Déclaration des Droits de T Homme,

- L'élite 'doit se recruter parmi tous les éléments de la : population, sans considération de fortune, c'est-à-dire que les bourses doivent être suffisantes pour que; puissent accéder à l'instruction technique, professionnelle, secondaire et supérieure tous ceux qui sont susceptible s de la r e ce voi r » avec fruit.

Je réprouve îe projet de f école unique qui grèverait lourdement le budget et qui corn-* porte l'exclusion de renseignement secondaire aux enfants d'un développement tardif.

En vertu du principe d’égalité, aucun citoyen ne doit être inquiété pour ses convictions religieuses.

L’Etat ne doit s’immiscer d’aucune façon dans la conscience d’aucun citoyen, qu’il Croie ou ne croie pas.

Politique extérieure :

RespecL des traites. — La morale internationale repose sur le respect de la signature donnée ; la stabilité politique mondiale exige l'exécution des obligations.

Alliances, ■ — Puisque le pacte collectif rêvé en 1019, repris par le Protocole de Genève en 1924, u’a pu aboutira une garantie sérieuse de la paix continentale, il faut en revenir à la conclusion de pactes défensifs séparés avec les Etats ayant des intérêts communs et les moyens de tenir leur signature.

Désarmement. — Je ne demande naturellement qu’à reduire au minimum les charges militaires de la France, mais sans diminuer nos moyens de i défense, tant que P Allemagne sera menaçante et que la sécurité ne sera ni assurée, ni garantie sur terre et sur mer par une organisation juridique précise et une force internationale,

La /puissance d’une armée est le meilleur moyen de ne jamais voir attaqué le pays qu’elle protège.

Nos relations extérieures. — Notre pays doit être présent partout où il est digne de P être sur pied 'cPègalitê,' à la Société des Nations, à la Haye, au Saint-Siège, à toutes les conférences diplomatiques.

Les relations cordiales avec PÂÎlemagne ne peuvent être assurées avant qu'elle ail donné des gages effectifs de sa loyauté à exécuter les réparations et donné des preuves de sa volonté de maintenir la paix,

11 faut rester en garde contre la propagande attentatoire à l’ordre républicain à, laquelle le communisme de Moscou essaie de se livrer sur les territoires français de la métropole et des colonies, et s’opposer à toute transaction qui priverait les porteurs français, d’une part de leurs créances grandissantes sur la Russie.

Politique économique internationale. — La facilité en échanges et la solidarité économique sont des facteurs puissants de paix.

La France devra poursuivre sa politique de conventions commerciales internationales dans un esprit de protectionnisme douanier modéré, les concessions accordées aux Etats contractants apportant à la France des avantages réciproques.

Pour les comptes interalliés dits dettes de. guerre, une révision des accords Mellon- Bérenger et Caillaux-Ghurehîll s'impose^ en vue d'une répartition équitable des charges de guerre subies par chacun des alliés.

Politique financière ;

L'équilibre du budget est la condition nécessaire de l’assainissement monétaire.

Abandonner les douzièmes provisoires qui ouvrent la voie aux amendements dangereux et aux irrégularités.

Réduction des dépenses* — Les tentatives faites dans la voie des réformes sont insuffisantes* Le l'apport Louis Marin est tout prêt; il sauvegarde les droits acquis par les fonctionnaires et donne au pays l’ administration rajeunie qu’il réclame*

Augmentation des recettes* — Stimuler l’initiative privée et amodier les monopoles coûteux pour l’Etat qui servent mal la clientèle*

Réforme des impôts. — Les 15 milliards d’impôts, dont le vote a été rendu nécessaire par les fautes du cartel, doivent être soumis à une refonte sérieuse qui permettra de modifier ceux qui, par F exagéra Lion même de leur taux ou les défectuosités de leur assiette, sont un" obstacle au développement économique du pays*

Justice fiscale sans inquisition et évaluation des bénéfices industriels, agricoles et commerciaux, par moyenne de cinq ans qui permettra le report des pertes d’exploi la üon* Réduction des impôts indirects comme l’a laissé prévoir M* Poincaré.

La Trésorerie doit reprendre son rôle normal qui est, non pas d'alimenter d’une façon permanente les finances, mais de pourvoir temporairement aux besoins du Trésor*

Go nti n uer I a p oüti q n e d ; ’ a mo r ü b se ment v ol o nt ai-re^-s ans cortso li dation f o rcé e*

P oïl biq u e léfl onomi que.i;

La richesse dTnn pays dépend avant tout de sa productivité* Du développement de notre agriculture, de la modernisation. de notre industrie et de l'essor de. notre commerce, dépendent notre redressement définitif*

Agriculture*. — En protégeant et en développant la population agricole, la France doit exporter L'excédent qu’elle peut et doit produire.

Il faut développer l'électrification des campagnes, maintenir et développer ia petite propriété rurale, véritable rempart contre le collectivisme et le communisme*

Industrie. — L’augmentation de la production industrielle, qui abaissera le coût de la vie, devra être sO b tenu, par un développement du machinisme qui laissera à la campagne la main-d'œuvre dont elle a besoin*,

Commerce . — La liberté du., commerce en général et l'augmentation de la capacité de consommation individuelle amèneront , de larges courants d’affaires, tant à l'intérieur du pays que vers les colonies et l’étranger*

La liberté laissée aux capitaux procurera les facilités bancaires*

Enfin le commerce, réalisation du travail agricole et industriel, a besoin de communications faciles et d* un taux réduit*

Chemins de fer * — Des améliorations de communication sont indispensables, en même temps que l'abaissement des tarifs marchandises, notamment par la réduction de l’impôt sur les transports.

Voies routières * - — - Les taxes très lourdes supportées par les usagers de l 'automobile devraient être spécialisées pour servir h la réparation des routes*

Les canaux, les ports maritimes, la marine marchande doivent être l'objet de la sollicitude du Parlement pour le développement des transactions à l’intérieur du pays et vers nos colonies.

Les services des postes, télégraphes et téléphones et la radiodiffusion devront être améliorés.

La navigation aérienne devra être encouragée par des subventions aux initiaiives privées, maintenant entre elles l’émulation et la concurrence, génératrices du progrès*

Politique sociale :

Protection des travailleurs contre les risques professionnels;

Amélioration des conditions de travail et de F hygiène dans les ateliers;

Il est nécessaire de re viser la loi sur les assurances sociales pour en rendre F application, possible, sans créer des charges inégales sur certaines professions et notamment chez les agriculteurs, tout en sauvegardant les droits de la mutualité ;

Poursuivre une politique d’habitations ouvrières, à la campagne comme à la ville, par le développement du Crédit immobilier destiné aux habitations à bon marché et à F acquisition de la petite propriété rurale*

Conclusion ,

Tel est, Messieurs, succinctement résumé, F ensemble des questions que le Parlement devra étudier dans la prochaine législature*

Le programme des améliorations qui, progressivement, relèveront notre pays des désastres de la guerre et le conduiront vers plus de bien-être pour tous, est considérable*

Il ne pourra être réalise que par le travail patient de toutes les bonnes volontés, en. écartant les rivalités départis, en écartant les théories collectivistes et étathtes, en substituant 1 Union nationale à l’Union des gauches, qui tend à la domination d'un parti sur Je reste de la nation.

C’est seulement dans un esprit de concorde et de fraternité que la République peut et doit donner à la France la prospérité,

Henry LE MIRE

Chevalier de [a Légion d'honneur, — Croix de guerre* Vice-président de la Commission des douanes et des accords commerciaux de la Chambre des Députés, Président de l'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises* Conseiller général de l'Eure.

Député s or tant*

Candidat républicain d’Union nationale.

No 3814

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