‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 112 sur 260 · LOIRE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

LOIRE-INFÉRIEURE

Circonscription d’ANCENIS.

M. de LA FERRONNAYS, indépendant.

Elu au premier tour de crulin. — 6.926 voix.

Messieurs les Electeurs,

Los Français aspirent tous à la stabilité et h la sécurité.

Pei-es de famille, artisans, commerçants, cultivateurs, fonctionnaires ou petits rentiers, tous ont, en ce printemps de 1932, les mêmes craintes de voir leur épargne ou le fruit de leur travail s’évanouir dans les fluctuations des cours, la dépréciation de la monnaie, ou êlre détruits par la spéculation.

Ces inquiétudes ne peuvent être apaisées que par <t l'ordre à l’intérieur », « la paix et la sécurité à l'extérieur ». J

Four les réaliser, 1 union de tous les Français est plus que jamais nécessaire.

Maintenir l’équilibre budgétaire — alléger le contribuable — réduire les dépenses de l’Etat — voilà le premier effort qui s’imposera à la nouvelle Chambre ;

La réiorme des assurances sociales par un référendum régional et professionnel ;

. *je maintien et 1 achèvement des mesures de défense agricole prises par les Ministères Poincaré, Lavai et Tardieu.

Kn un mot, la defense de tous les intérêts légitimes des familles et des professions conti e les menace?» du socialisme envahissant et contre la crise économique qui se prolonge.

Voilà les grandes lignes du programme qu’il faut réaliser à l’intérieur du pays, dans 1 ordre et dans Raccord social.

A l'extérieur, tous, nous voulons la paix*

, QueI est ceiui d’entro nous qui ne voudrait pas consacrer à d’autres œuvres le poids écrasant des armements de sécurité ?

Mais cette sécurité ne peut être abandonnée pour les illusions dangereuses qui nous ramènera lent de nouvelles catastrophes.

Si, de toute manière, il faut tendre au désarmement général des esprits, à la collaboration loy.de entic les peuples, il no faut pas perdre de vue les avertissements que nous donnait le chef de l’Etat, en 1930 et 193), rappelant au pays qu’il ne pourrait pas, sans manquer à la prudence, restreindre les mesures de securité.

Electeurs*

Vous m avez choisi eu 1907 pour voire représentant au Parlement.

Je persévérerai dans l’attitude que je me suis imposée depuis cette date, en plein accord

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Mettant l'intérêt du pays au-dessus de celui des partis* nous inspirant de l’union natior naîe et catholique qui résume toutes nos aspirations, nous ne voulons ni du socialisme qui aboutit à la révolution, ni du radicalisme qui s'efface devant elle.

Nous croyons à la morale éternelle qui doit régir les peuples comme les individus.

Epris du même idéal, nous voulons maintenir la France en tête des nations dans le respect des traités, avec sa volonté de résister à toutes les entreprises démagogiques*

C'est ce programme, qui est le vôtre, et qui n'a pas changé, que je vous demande de faire triompher au scrutin du F’r mai.

Vive la France !

Vive la circonscription d'Ancenis î

Marquis de Là FERRONNÀYS

Circonscription de CHATEAU B RIANT.

M. BR É A NT, républicain de gauche.

Je résumerai en quelques lignes mon programme :

Les questions d’ordre international seront au premier plan dans la prochaine législature.

Je soutiendrai la politique du rapprochement des peuples car cette politique s'impose plus que jamais non seulement pour assurer la paix, mais pour faire disparaître le chômage, plaie sociale qu'il faut guérir au plus tôt. L'isolement étant néfasLe pour une nation, les armements même les plus puissants ne sauraient la préserver indéfiniment ; il faut donc renforcer les pouvoirs de la Société des Nations, arbitre des différends entre les peuples. Je suivrai la voie magnifiquement tracée par le plus grand de nos compatriotes dont j'ai été et reste le plus fervent admirateur.

Pas de malentendu sur ce point : collaboration ne veut pas dire duperie. La sécurité d'abord dans le respect des traités mais sans méfiances inutiles* Il faut assurer la défense nationale, mais sans nationalisme provocateur.

Devant le désordre économique et financier je m'engagea suivre les hommes qui tenteront, de prendre des mesures énergiques pour comprimer les dépenses publiques. Plus de gaspillages démagogiques ni d'augmentation d'impôts. Suppression de tous les rouages inutiles ou ruineux des administrations aux budgets mal équilibrés.

Je serai favorable au remplacement de la taxe sur le ch dire d’affaires par des taxes à la production chaque fois que cela sera possible, jusqu’à la disparition de cet impôt de vie chère si particulièrement désagréable aux petits commerçants.

Je continuerai ù voter toutes les mesures en faveur des cultivateurs et des classes laborieuses et toutes les protections de Tagricu ture soit par des contingentements soit par des encouragements de toute nature*

J'étais et je reste partisan d'encourager les familles nombreuses, les mutilés du travail, les médaillés du travail, les anciens combattants qui n’ont pu encore obtenir la carte qu’ils

ont bien méritée* Je voterai le bénéfice de k carte çk combattait aux ■ vieilles clap^es et en faveur de certains exclus cependants méritants.

Je resterai le républicain modéré qui n'est pas modérément républicain, d'esprit ktqiie et respectueux des lois républicaines ainsi que de toutes les croyances*

Je m'associerai à une majorité de concentration républicaine qui, j’espère,, sera possible dans la prochaine législature et qui pourra seule assurer la stabilité ministérielle indispensable*

Je serai adversaire de la politique de deux blocs ennemis qui, par des jeux de busçu.ie et des majorités incertaines, ne peut que diviser le pays dans des luttes stériles.

Le redressement économique el financier ne pouvant être opéré par un seul parti ? il sera nécessaire de réaliser funion de tous les républicains ayant le môme idéal démocratique, le même respect de la propriété et de la liberté, le même souci de la grandeur du pays.

Electeurs, c'est à la réalisation de ce programme que je me propose de collaborer* Je fais appel ü la confiance de fous les hommes de bonne volonté, h tous les républicains des plus modérés aux plus avancés afin d'assurer, une fois de plus, le triomphe des idées démocratiques, des bleus contre les blancs, en conservant à la République cet arrondissement si vaillamment enlevé à la réaction en 1928,

Vive la République l

Vive l'arrondissement de Châteaubriant !

En n est BRÉANT

lre circonscription de NANTES*

M. MERLANT, U* R. -D.

Elu au deuxième itour de scrutin. 9.870 voix*

Mes chers Concitoyens,

Aux élections legislatives de 1928, vous avez bien voulu, par une majorité imposante, me renouveler le mandat que vous m’aviez confié en 1924*

Si, aujourd'hui, je viens pour la troisième fois, dans cette première circonscription jde Nantes, faire appel à votre confiance et vous demander vos suffrages, c'est pour continuer 1 oeuvre de travail, de paix sociale et de défense des intérêts de tous à laqn^ile, vous le savez, je reste et resterai toujours profondément attaché*

Dans le bouleversement économique qui s'étend sur toutes les nations et dont lgs conséquences menacent de nous Irapper avec encore plus d'intensité qu'elles ne l'ont fait jusqu'à ce jour, c est dans un esprit d’union nationale et ,de concorde républicaine que nous devons envisager les événements a-ctuels.

Aucune crise, aucun péril no seront conjurés à l'inférieur et au dehors qu’au prix d'un effort de concorde pacifique.

Quels que soient nos discussions intérieures, et les conflits de thèse en présence ; les formules et les étiquettes ne servent à rien en face d'une situation qui requiert l'abnégation, une discipline, une raison lucide et patiente, et j’estime que la politique d'union de tous les Français est la seule qui puisse notre pays.

Tous nos e (Torts doivent donc tendre :

À poursuivre notre œuvre de redressement financier;

A lutter contre les menées du socialisme révolutionnaire et internationaliste ; À ramener dans les esprits le calme et ia confiance*

Politique extérieure .

Dans la législature qui va s’ouvrir, la politique générale du pays est dominée, plus que jamais, par la politique extérieure*

Nous voulons une politique extérieure qui maintienne sans défaillance les droits sacrés que la France a acquis au prix de tant de sacrifices*

Nous voulons la paix, nous sommes prêts, de tout notre cœur, à l’assurer dans une collaboration universelle.

Nous avons déjà donné 1 exemple de la réduction des armements, mais nous ne saurions aller au delà des limites que la prudence impose, pour garantir la sécurité du pays et son indépendance.

Politique intérieure.

C’est par une politique de bon sens, de sagesse et de loyauté que la France surmontera (ouïes les difficultés extérieures, mais pour rester forte dans la défense de ses droits, elle réclame à l'intérieur une politique qui unit et non qui divise*

Le pays est fatigué de ces luttes sournoises et insidieuses qui cherchent à faire lever les citoyens les uns contre les autres.

Nous voulons ïa paix religieuse par la liberté de conscience loyalement pratiquée, par la proscription de tout sectarisme honteux et par le libre respect des croyances individuelles

La gratuité de l’enseignement doit être largement facilitée; mais non pas par des mesures qui conduiraient infailliblement au Monopole : car nous restons toujours partisans de la liberté de renseignement.

Une politique hardiment sociale, fondant le progrès sur l’accord des classes, nous assurera la paix à 1 intérieur.

Des réformes nombreuses s’imposent, aussi bien dans les méthodes administratives que dans les méthodes parlementaires!

Les services publics, figés dans un cadre séculaire, doivent être réorganisés dans la clarté et la simplicité ; la limitation de l’initiative parlementaire en matière de dépenses est indispensable pour F équilibre du budget*

En matières financières et économiques.

De grands sacrifices ont été demandés au pays pour participer à l’œuvre du redressement financier.

Les commerçants et les industriels ont été plus spécialement frappés par de lourdes charges qui leur furent imposées en des circonstances exceptionnelles. Aujourd’hui, en raison de la crise économique mondiale, qui s’étend au cœur même de la nation, ils snocombenL sous le poids des impôts.

Nous demandons la cessation de la course à l'accroissement des dépenses publiques et la réalisation — réclamée à juste titre par les syndicats de contribuables - d’une vigoureuse politique d’économie qui permette seule l’allégement des charges écrasantes du contribuable b ançais, actuellement le plus imposé du monde.

Membre du groupe parlementaire de la défense du contribuable, je continuerai, avec mes

collègues, l’étude des importantes questions qui ont déjà lait Tôbjet de nos travaux sur les réformes législatives.

Nous demandons ;

La simplification et la, coordination de notre système fiscal, de telle sorte que chacun puisse comprendre aisément sa feuille d'impôt, afin d’éviter les froissements et les inquisitions; inutilement vexatoires;

L'abattement, à la base, uniformément, pour tous les contribuables;

Le remplacement de l'impôt sur le chiffre d'affaires par une taxe unique;

La suppression dp la taxe de luxe;

La modification de la patente;

La défense de V épargne française, source de la restauration nationale, etc.

Nous voulons que la production nationale, sous toutes ses formes, se développe en pleine liberté; la magnifique exposition coloniale de Tannée dernière nous a convaincus que la mise en valeur de notre domaine colonial est une nécessité vitale du pays,

E n m a t ière soc iale .

La « collaboration sociale », seule, est capable de soulager les détresses' de l’heure, alors qu'au contraire « la lutte des classes » 11'aboutit qu’à la ruine des Etats, comme T Angleterre, l’Australie et l'Allemagne viennent d'en faire la triste expérience.

C'est pourquoi nous nous attacherons à toutes les réformes qui nous conduiront au câline et à T apaisement.

Nous continuerons la lutte contre ces taudis qui entraînent la misère, l'alcoolisme et la tuberculose i :

Par l'application et l'extension de la loi Loucheur pour la construction des habitations L bon- marché, ce qui permet' à tous l’accès de petites propriétés donnant le bon air et la sanie à la famille;

Par l'application de la loi sur les lotissements, et nous nous efforcerons de faire: obtenir le?; subventions nécessaires à l'aménagement des lotissements défectueux, (Loi du 15 mars 1928).

La vie même de la France impose aux législateurs ime politique familiale et de natalité.

La natalité s'accroîtra grâce à V institution de primes nationales ei à la réforme du régime successoral. Le vote .familial accordera enfin un juste droit à la famille française.

La loi des assurances sociales ne pourra exercer ses effets bienfaisants tant qu'elle conservera sa forme étatiste et ne fonctionnera pas dans le cadre de la mutualité; les exclus ne peuvent rester en dehors de cette œuvre sociale et la revalorisation des retraites des vieux mutualistes est une œuvre de justice.

Les combattants, les ascendants, les veuves, les orphelins de la guerre, les mutilés, continueront toujours a trouver en moi un défenseur de leurs revendications, en accord avec la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de la guerre.

Nous ne saurions resler indifférents à T application de la péréquation des pensions. Nous poursuivrons le vote définitif du statut de retraite aux anciens employés municipaux et départementaux.

Pour assurer îe recrutement des équipages de la flotte, nous demanderons : pour les inscrit Si maritimes, que leurs droits soient réservés jusqu’à la limite du premier obstacle des fleuves ; pour le personnel de la marine marchande* le réajustement dé leurs pensions des caisses des invalides et dé prévoyance.

Membre du groupe de défense de l’artisanat français, nous continuerons à étudier le développement de cette intéressante œuvre sociale-

No 2145

Programme local.

Nantais f profondément dévoué aux intérêts de notre cité, je les ai défendus pendant les huit dernières années de mon mandat par mes interventions, soit à la Chambre, soit auprès clés pouvoirs publics,

Nous travaillerons encore ensemble pour rendre Nantes plus beau et plus florissant, par ;

Le développement de notre port qui, un jour prochain, verra une nouvelle ligne1 de quai s’étendre sur la rive gauche de la Loire ;

Le dégagement de nos voies ferrées intérieures ;

L’intensification de la batellerie;

L’assainissement de noire ville, etc.

Ce programme n’est pas au-dessus nos forces ; rions devons en continuer l’exécution avec persévérance et énergie, afin de rendre à notre ville toute son activité économique qui permettra à notre population ouvrière, si laborieuse, de reprendre un travail qui la mettra à l’abrî du chômage et de la misère.

Gomme par le passé, tous les travailleurs, les pêcheurs, les maraîchers, les petits commerçants, les industriels, les mutilés du travail, peuvent compter sur moi. J’aiderai au développement de nos œuvres sociales et de nos admirables groupements -d'enseignement technique pour lesquels j’ai consacré tant d’années de ma vie I

Electeurs,

Né à Nantes, ayant toujours vécu au milieu de vous, j’ai conscience d’avoir Rempli les mandats que vous m’avez confiés avec Tunique souci de l’intérêt public. Je fais appel, de nouveau, a votre confiance, et je sais que vous ne me la refuserez pas.

Cette confiance, je ne la sollicite nullement par ambition politique; mais, dans les joürs graves qui peuvent venir, je tiendrai à affirmer, une fois de plus, votre volonté de concorde nationale et de paix sociale.

Toujours pénétré de mes devoirs, je continuerai à défendre avec vigilance, vos libertés, vos droits et vos intérêts, et, de coeur avec mes concitoyens, je resterai, comme je Tai toujours été, accessible à tous et en communication étroite avec vous.

Vive Nantes I

Vive la République I

Francis MERLÀNT

Officier de la Légion d honneur.

Député sortant.

Candidat républicain.

2e circonscription de NANTES.

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